Syrie : Quand l’AFP ment.. les média suivent !!!

Le 28 Mai 2011, selon l’AFP, une manifestation contre le régime Syrien de Bachar al-Assad a rassemblé deux cents personnes sur la place du Trocadéro.
La chaine de Monsieur Bouyges ( TF1 ), comme d’autres média reprennent cette information sans prendre la peine de la vérifier…
Dommage, car il ne s’agissait pas d’une manifestation contre le régime Syrien, mais en sa faveur comme le prouve ses images.

Au regard du traitement médiatique manichéen qui fut réservé à la Côte d’ivoire et à l’absence totale d’information sur ce qui se passe aujourd’hui en Libye, on peut difficilement imaginer que cette bévue est involontaire.

D’autant, qu’il y a bien eu une manifestation anti gouvernement syrien sur la place du Trocadéro couverte par les média français… mais le dimanche 29 mai.

Or sur la manif du 28, bien plus importante et qui était pour le régime en place, pas une ligne dans les média…. si ce n’est pour la transformer en manifestation anti- Bachar al-Assad comme sur TF1.

Le bon docteur DSK et son ami socialiste Ben Ali.

La presse et la classe politique française sont formels: DSK était un bon directeur du FMI.

Mais c’est quoi un bon directeur du FMI ?.

Selon la doxa, un bon directeur c’est celui qui mène des plans d’ajustement structurel visant à imposer la privatisation des services publics, le démantèlement de l’État, la chute des salaires et des pensions ainsi que la suppression des protections aux frontières dans les pays où il est censé intervenir.

Un bon directeur c’est un docteur qui prescrit du poison tout en faisant croire à son patient qu’il est en train de le guérir.

Et au regard des résultats obtenus en Irlande, au Portugal ou en Grèce , on peut dire que ce bon docteur DSK mérite les honneurs qui lui sont rendus.

Est-ce-que ce sont ses talents d’économistes qui lui ont valu d’être décoré par son camarade de l’internationale socialiste ben Ali … ou doit-il cette reconnaissance à ses qualités de prévisionniste ?.

L’UE contre la préférence nationale pour les notaires.

N’en déplaise aux grincheux de la gauche morale, en France la préférence nationale existe. Il est par exemple impossible pour un étranger de travailler dans les services publics, le concours d’entrée y est réservé aux seuls citoyens français. Idem pour les notaires.
Or la Cour de Justice de l’Union européenne a, dans 7 arrêts rendus le 24 mai 2011 (Aff. n°C-50/08), jugé que les Etats membres ne pouvaient pas réserver à leurs nationaux l’accès à la profession de notaire. Elle explique que « même si les activités notariales (…) poursuivent des objectifs d’intérêt général, celles-ci ne participent pas à l’exercice de l’autorité publique au sens du traité CE ».

En l’espèce, six Etats membres de l’Union européenne – la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, la France, le Luxembourg et l’Autriche – réservent à leurs ressortissants l’accès à la profession de notaire, ce qui constitue selon la Commission européenne une discrimination fondée sur la nationalité interdite par le traité CE. Aussi, elle introduit des recours en manquement à l’encontre de ces Etats. En outre, la Commission reproche au Portugal, ainsi qu’aux Etats précités, sauf à la France, de ne pas appliquer aux notaires la directive sur la reconnaissance des qualifications professionnelles.

Encore une fois la préférence va à la discrimination positive !!!!

Source: Net-iris

Extrême droite, extrême gauche, par Maxime Tandonnet

Populisme, extrême droite, extrême gauche… voilà la batterie de mots-censeurs employés à tort et à travers par la police de la pensée. C’est l’arsenal pour intimider et interdire tous les débats qui dérangent. Maxime Tandonnet, proche de Chevenement et aujourd’hui conseillé de Sarkosy revient de façon assez convaincante sur le sens que l’on donne à ces mots.

Qui est d’extrême droite, qui est d’extrême gauche ? Les définitions varient selon les époques. Ces notions prennent de l’importance sous la Troisième République, au début des années 1870. Elles ont alors un sens bien précis, un contenu lié à un projet : sont considérés comme d’extrême droite les partisans de l’Ancien Régime, les Légitimistes qui refusent le drapeau tricolore et exigent le retour à la monarchie traditionnelle que symbolise le drapeau blanc ; tandis que l’extrême gauche, à l’inverse, se compose des républicains radicaux, en avance sur leur temps, partisans d’une révolution pour l’époque : la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, Clémenceau est alors, jusqu’au changement de siècle, considéré comme étant d’extrême gauche !

Au XXe siècle, les notions d’extrême gauche et d’extrême droite convergent, dans le sens d’une entité unique : l’extrémisme, le totalitarisme. Elles portent sur un mode d’exercice du pouvoir – négation de toute valeur et de tout scrupule – plus que sur un contenu, un projet de société. Elles préconisent le rejet du modèle de la démocratie pluraliste, prônent au contraire la dictature sous différentes formes, le recours à la violence, à la contrainte, à l’arbitraire, la négation du suffrage universel, des libertés publiques et individuelles, de la liberté d’expression. L’extrême droite se confond avec les partisans des régimes fascistes ou de solutions autoritaristes – les ligues d’extrême droite en France dans les années 1930 – tandis que le parti communiste, puis les mouvements trotskistes ou maoïstes dans la deuxième moitié du siècle, incarnent l’extrême gauche. Les extrêmes se rejoignent dans le rejet et la haine de la démocratie bourgeoise et par leurs procédés quand ils accèdent au pouvoir : abolition des libertés, indifférence à la vie humaine, délation, dénonciation, recours aux camps de concentration, exaltation d’une entité collective, classe ou race, au détriment de l’individu, pratique des persécutions et du lynchage. Extrême droite et extrême gauche se confondent dans le système totalitaire, au sens où Hannah Arendt utilise ces termes.

Nous sommes en ce moment dans une troisième phase. Tout d’abord, celle du découplage entre extrême droite et extrême gauche. Les deux notions ont toujours été liées. A l’heure actuelle, si la formule « extrême droite » est d’un usage courant, on ne parle plus vraiment ou beaucoup moins de l’extrême gauche, ou alors de manière bienveillante. Mais surtout, une banalisation de l’expression « extrême droite » est en train de s’accomplir . En gros, le mot échappe à un sens précis, devenu plus ou moins synonyme de populisme, de réaction, et se présente avant tout comme une formule creuse, ultra-péjorative, une insulte qui sert à diaboliser l’adversaire idéologique, à lancer l’hallali quand on est à court d’argument ou qu’on dédaigne le débat d’idées. Exemple tiré d’un récent meeting « anti-raciste » : « Malheureusement le 10 mai (abolition de l’esclavage), comme chacun peut le constater, ne s’est pas imposée dans l’esprit de l’opinion publique mais, pire, elle est aujourd’hui remise en cause par une extrême-droite qui, derrière Eric Zemmour et les députés de la Droite populaire, veulent abolir ce qu’ils qualifient de « loi mémorielle »…. Par notre mobilisation, nous devons montrer que nous ne laisserons pas la mémoire être manipulée ou occultée par l’extrême-droite. »

Sans vouloir verser dans l’excès que je dénonce – tout est extrême droite – il me semble tout à fait salutaire et urgent de réfléchir et de repenser l’extrémisme : qui, aujourd’hui en France, veut abolir ou réduire la liberté d’expression, pratique l’inquisition et la censure morale ? Qui, en France, pratique la dénonciation, la délation, la chasse aux sorcières, le lynchage médiatique, au détriment de la dignité des personnes, dans l’indifférence absolue pour l’humiliation ou la souffrance engendrées ? Qui, dans notre pays, joue sur la haine, l’intolérance, le rejet de l’autre, celui qui ne pense pas pareil, stigmatise, cherche à humiler, avilir ? Qui, en France, montre du doigt, dénonce, accuse, livre en pâture, lâche la meute sur tel ou tel bouc émissaire, personnes désignées à la vindicte générale, comme à la pire époque des polices politiques, des mouchards et des bourreaux ? Oui, l’extrémisme, au sens vrai du terme, continue de sévir, moins puissant, moins nuisible que l’extrémisme du siècle dernier, mais toujours aussi hargneux, s’inspirant des mêmes méthodes, mais sous une forme adoucie, policée, édulcorée, conforme à un autre temps. Il avance aujourd’hui le plus souvent masqué, doucereux, diffus, donneur de leçon, mélangé à l’air du temps, imprégnant l’idéologie dominante, avec ses faux airs de générosité, d’ouverture, de modernité, son visage de sainte nitouche, son odeur d’ordre moral et sa méchanceté intrinsèque.

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

DSK: Sarkosy et ses flics savaient ….

L’Elysée, bien plus que les médias, n’ignorait rien de la vie privée de Dominique Strauss-Kahn. Le pouvoir, alimenté par ses relais dans la police, sait tout des secrets les plus intimes des hommes politiques, jusqu’à user des informations graveleuses dont il dispose.

Ainsi, des proches de Nicolas Sarkozy avaient pris soin de laisser « fuiter » auprès du Monde, ces derniers mois, l’existence d’une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base. Quelques lignes signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l’occasion d’un banal contrôle.

Sollicités, ni la Préfecture de police de Paris ni le ministère de l’intérieur n’ont souhaité confirmer – ou démentir – l’existence de cette note. Trois sources différentes ont pourtant assuré au Monde que ce rapport avait existé, et qu’il avait été porté à la connaissance de l’entourage de M.Sarkozy.

Selon l’une de ces sources, l’original de cette note a été passé au broyeur. A l’époque des faits, il fut décidé, en haut lieu, de ne pas donner de suites à cette affaire sur le plan pénal – ou médiatique. Candidat malheureux à la primaire du PS fin 2006, DSK ne présentait pas alors le même enjeu pour le pouvoir. Et c’est en parfaite connaissance de cause que M. Sarkozy, une fois élu, le propulsa à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

Mais ces derniers mois, au fur et à mesure de la progression de DSK dans les sondages, des hommes de confiance de M.Sarkozy se sont vantés devant des journalistes de « tenir » le patron du FMI, dont ils menaçaient de révéler les frasques. C’est ainsi que cette note a refait providentiellement surface. Au même moment, le chef de l’Etat se posait en « moine trappiste », par opposition à la réputation de coureur de jupons de DSK.

ÉQUIPE LA MIEUX RENSEIGNÉE DE FRANCE

C’est un fait : M.Sarkozy, depuis 2002, connaît certains aspects de la vie privée des personnalités susceptibles de présenter un jour un danger électoral. A son arrivée au ministère de l’intérieur, il a constitué une équipe de fidèles qui lui doivent tout. De Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Claude Guéant, ministre de l’intérieur, en passant par Alain Gardère, directeur adjoint du cabinet de ce dernier, ou Michel Gaudin, préfet de police de Paris, cette équipe est la mieux renseignée de France.

Fin avril, DSK avait d’ailleurs identifié le danger, comme l’a rapporté Libération : son appétence pour les femmes, certes, mais surtout les méthodes supposées de M. Guéant, à l’origine selon lui de la propagation des rumeurs sur sa vie intime.

De tout temps, la police a été l’instrument du pouvoir. Avant d’accéder à la présidence de la République, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont tous passés par la Place Beauvau. Lors de son retour à l’intérieur, en juin 2005, M.Sarkozy avait confié : « Je serai mieux protégé. »

De fait, il en profita pour retourner l’affaire Clearstream en sa faveur, et surtout placer ses hommes aux postes clés. L’une de ses premières mesures fut de renvoyer Gérard Dubois, un conseiller du préfet de police – chiraquien – Philippe Massoni, accusé de s’être répandu sur la liaison de son épouse de l’époque, Cécilia, avec Richard Attias.

Il est vrai que les policiers, qu’ils appartiennent aux renseignements généraux (RG, désormais fondus dans la DCRI), à la sécurité publique, voire à la brigade de répression du proxénétisme, reçoivent des renseignements ultrasensibles. Ainsi, les patrons de boîtes échangistes ont pour coutume de signaler à la police – avec qui ils soignent leurs relations – la présence de personnalités politiques dans leurs soirées.

Etablissement connu du centre de Paris où le libertinage se célèbre au quotidien, Les Chandelles ont ainsi inspiré plus d’un « blanc » (note sans en-tête ni signature) aux RG. Les services sont aussi capables d’aller creuser des détails incongrus : durant la campagne présidentielle de 2007, les RG planchèrent ainsi sur le coût de la garde-robe de Ségolène Royal…

MÉCANIQUE EXTRÊMEMENT EFFICACE

Les renseignements les plus « utiles » remontent naturellement à l’Elysée. C’était déjà le cas sous d’autres présidences. Dans les années 1990, les RG enquêtèrent ainsi sur la vie privée de Bertrand Delanoë ou de Jack Lang. Des notes blanches furent même établies. Rien n’était étayé, mais plus d’un journaliste fut bénéficiaire de drôles de « tuyaux »…

Etiqueté chiraquien, Yves Bertrand, patron des RG de 1992 à 2004, joua un rôle central dans ce dispositif. Mis en cause pour s’être intéressé à la vie intime des politiques, il assume ses enquêtes très « privées », se voyant même « réhabilité » par l’affaire DSK, qu’il qualifie de « victoire posthume » ! « Je ne sais rien de l’affaire du Sofitel, mais de manière générale, cela prouve qu’il est légitime de s’intéresser à la vie privée des hommes politiques. D’ailleurs, on me commandait parfois des enquêtes pour savoir si une personne pressentie au gouvernement avait des fragilités« , dit-il.

L’un de ses principaux interlocuteurs était Claude Guéant. « Lorsqu’il était directeur de la police (1994-1998) puis du cabinet du ministre (2002-2004), je lui rendais compte de tout. Il notait ce que je lui rapportais, y compris les éléments privés, dans des petits cahiers« , affirme-t-il.

M. Guéant avait pourtant assuré en 2008 à Mediapart : « Concernant des éléments de vie privée relatifs à des personnalités, il n’en a jamais été question dans nos discussions. » Arme de déstabilisation – ou de dissuasion – contre un adversaire menaçant, la « police des mœurs » sert, parfois, à défendre le président.

La DCRI a ainsi mobilisé ses forces en 2010 pour savoir d’où provenaient les ragots sur le couple présidentiel. Suspectée, Rachida Dati fut mise sous surveillance. Même les plus fidèles des sarkozystes ne sont pas à l’abri de cette mécanique extrêmement efficace.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Article paru dans l’édition du Journal le Monde du 25.05.11

Sarkosy: Ce serait scandaleux d’enlever les panneaux qui préviennent les radars !( Vidéo)

En 2007, au micro de christophe Hondelatte, Sarko-candidat disait: « Ce serait scandaleux d’enlever les panneaux qui préviennent les radars ! « . En 2011, Sarko-président fait le contraire. Décidément sarkosy aura élevé le mensonge et le cynisme a une niveau rarement atteint.
Aujourd’hui, Guéant additionne les déclarations électoralistes sur l’immigration, qui contredisent la politique menée par ce gouvernement depuis 5 ans… Nous prendraient-ils pour des grosses buses ????

À Lire une interview de Jean-Luc Nobleaux auteur du livre: Radars, le grand mensonge
Riposte laïque.

Allemagne: l’Euro à terre.

Il y a encore quelques semaines toute personne qui osait remettre en cause l’euro passait pour un cassandre. Aujourd’hui au sein du sérail de la bienpensance, l’hypothèse de voir l’euro s’effondrer est de moins en moins tabou.

Ce week-end, dans l’émission « les clés de l’éco » (1) sur Itélé, l’économiste libéral Marc de Scitivaux a enfoncé le clou  » ceux qui avaient prévu lors de l’instauration de l’euro que celui-ci ne serait pas viable, comme Milton Friedman, avaient raison… et leurs analyses étaient absolument impeccables. »

Dans la classe politique française on ne peut compter que sur Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen pour apporter des réponses concrètes à une éventuelle disparition de la monnaie unique européenne.

( voir vidéo de l’émission « les clés de l’éco  » du 22 ami 2011: http://www.itele.fr/emissions/magazine/les-cles-de-leco)

Aujourd’hui c’est dans les pages du journal Le monde que l’on peut lire une tribune d’Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD. Elle nous explique comment l’euro est sérieusement remis en cause Outre-Rhin:

Allemagne: l’Euro à terre.

Le débat existe depuis longtemps, mais il a commencé à prendre de l’acuité à l’occasion d’un succès en librairie d’un ancien patron de l’industrie [Hans-Olaf Henkel], fin 2010. Le livre s’appelle Sauvez notre monnaie ! (Rettet unser Geld !), et il préconise la partition de la monnaie européenne en euro du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Luxembourg, Finlande essentiellement) et euro du Sud (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce essentiellement).

Retraçant l’histoire de la monnaie commune, l’auteur souligne que l’euro est le fruit d’un deal franco-allemand qu’on peut réduire à l’équation : réunification allemande (revendication allemande) contre monnaie européenne (revendication française). L’euro est donc né parce que la France craignait une superpuissance allemande et pensait pouvoir la briser en l’impliquant dans une solidarité monétaire. Si Helmut Kohl voulait sa réunification, il n’avait pas le choix.

Tous les Allemands ne partagent pas cette analyse, mais voilà la force des best-sellers : un thème dont tout le monde parle, dans les médias ou dans le café du commerce, parvient à s’insinuer dans l’esprit de tous.

Dans les mois précédents, plusieurs tabous de la politique économique allemande avaient déjà été brisés : il y a d’abord eu dès 2009 les plans de relance imposés par les autres pays européens, France et Grande-Bretagne avant tout, qui allaient frontalement à l’encontre de la religion que la chancelière souhaitait imposer à tous, y compris ses partenaires de coalition sociaux-démocrates : une réduction constante des dépenses de l’Etat et la baisse des prélèvements obligatoires. Merkel fît mauvaise mine et accepta à la fin de coopérer pour éviter que la machine économique européenne sombre.

Puis, tout au long de l’année 2010, la Banque centrale européenne (BCE) a racheté des obligations de l’Etat grec pour que leur prix ne s’effondre pas. Cette décision a été prise exceptionnellement sans consensus au sein du Conseil des gouverneurs, et notamment avec le désaccord du président de la Bundesbank Axel Weber qui craignait que le bilan de la BCE, pilier de l’orthodoxie monétaire, se remplisse d’actifs de valeur douteuse. Weber a, quelques mois plus tard, démissionné de son poste et d’une possible succession à Jean-Claude Trichet. Le futur banquier central européen sera, avec très probablement l’Italien Mario Draghi, un représentant de l’Europe du Sud.

Ensuite, l’influence de l’Eurogroupe que certains n’hésitent pas à appeler un gouvernement économique, s’accrut. Si les Allemands pensaient encore éviter une coopération renforcée car ils ne veulent surtout pas d’un transfert décisionnel notamment dans les domaines budgétaire, fiscal et social vers une structure multilatérale, 2010 a été l’année de toutes les concessions pour eux.

Aujourd’hui, il n’y a guère que les directions des partis politiques établis (les chrétiens-démocrates, les sociaux-démocrates, les libéraux et les Verts) qui argumentent en faveur du maintien de la zone euro dans sa configuration actuelle. La base a commencé à se mobiliser contre ce dogme officiel, et un nombre croissant de députés se singularisent en réclamant la fin des opérations de sauvetage monétaire. De toute façon, partout ailleurs, le démontage est en cours : des économistes influents, des grands journaux nationaux (Bild bien sûr et son tirage de 3 millions d’exemplaires, mais aussi les très sérieux FAZ et Die Welt) et, surtout, les innombrables talk-shows télévisés dont les Allemands sont tellement friands : tous considèrent déjà cette aventure monétaire comme un échec, et, en tout état de cause, comme préjudiciable aux équilibres économiques de l’Allemagne. Ainsi, les finances publiques seront à nouveau sur une mauvaise pente en cas de sauvetage de pays du Sud, alors même que l’Allemagne s’est dotée d’une obligation constitutionnelle de ne quasiment plus s’endetter à partir de 2016. Mais il y a aussi le spectre de l’inflation qui guette la zone euro en raison d’une politique de taux trop laxiste durant les trois dernières années.

Sur le plan plus émotionnel, la messe est également dite : pour une raison un peu mystérieuse, et en tout cas pas très compréhensible historiquement, les Allemands considèrent qu’ils sont les vaches à lait de tout le monde. Est-ce le traumatisme du Traité de Versailles de 1919 qui imposa des réparations impossibles à honorer à l’Allemagne ? Ou n’a-t-on pas besoin de chercher une référence historique, et est-ce tout simplement la cure économique des dix dernières années qui a donné la rage à ceux qui se sont serré la ceinture, sur le ton de « si j’ai souffert, d’autres le devront également ».

Le grand philosophe Jürgen Habermas constate en tout cas que cette nouvelle mentalité allemande s’est installée au moment de la réunification et s’est renforcée depuis l’élection d’Angela Merkel en 2005. Il parle d’un recul de la « culture de la réserve » au profit d’une « conscience auto-centrée », aussi dans le domaine de la politique européenne qui vise désormais à installer « une Allemagne européenne dans une Europe germanisée ».

L’opinion publique allemande semble imposer sa volonté d’agir en faveur de l’intérêt allemand avant tout, et la zone euro et sa gouvernance actuelle sont perçus comme contraires à cet intérêt. Tant que les dirigeants politiques ne s’émanciperont pas de cette pression, l’euro et la politique impulsée par l’Eurogroupe sont en danger de mort.

Elisabeth Humbert-Dorfmüller, consultante, spécialiste de l’Allemagne, et membre du PS et du SPD

Zemmour et Los indignados.

L’ Espagne va mal. A l’occasion des dernières élections municipales, les socialistes au pouvoir ont été sanctionnés pour leur politique d’austérité contre la crise et un chômage record.

Depuis plusieurs jours déjà, un mouvement spontané de chômeurs et de précaires s’est rassemblé autour de la Puerta del Sol. Ce sont les indignés. Selon El Païs ils seraient plus de 15.000 personnes a être concentrées autour de cet endroit symbolique de la capitale espagnole.
Qui sont-ils ?.
Los indignados sont en majorité des jeunes qui subissent de plein fouet les conséquences désastreuses des politiques européistes et mondialistes menées depuis de nombreuses années par la droite et par la gauche espagnole.

Jusqu’où ira la chute de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande, de la Grèce ?????


"Z comme Zemmour" du 23 mai 2011 par rtl-fr

DSK : Ses amis redoutaient le pire

Un proche de Dominique Strauss-Kahn révèle à France-Soir comment, depuis longtemps, il craignait le pire, en raison de son appétit sexuel.

« Depuis plusieurs mois, j’ai demandé que Dominique ne se déplace plus sans être accompagné par deux ou trois gardes du corps. Il ne faut jamais le laisser seul. Non pas pour le défendre contre une quelconque agression, mais je choisis les mots justes, non diffamatoires, pour empêcher mon ami disons… de céder à la complexité de sa vie sexuelle. Cela, bien sûr, dans l’éventualité de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. »

Ce proche de Dominique Strauss-Kahn nous a fait cette déclaration alarmiste, il y a environ trois mois, lors d’un déjeuner à Paris. Curieusement, ce responsable du PS n’a pas été écouté. Les conseillers du directeur du FMI préfèrent alors ressasser de vieilles affaires politico-financières qui ont plombé son ascension politique au début des années 2000 : sa relaxe finale dans le dossier de la Mnef, le salaire de son ancienne secrétaire payé par Elf et sa curieuse détention de la fameuse cassette Méry, illustrant le financement illégal du RPR. Pourtant, cette alerte ne faisait que refléter ce que beaucoup chuchotaient, depuis une quinzaine d’années, parmi nombre de journalistes politiques parisiens et de caciques des grands partis français. Ce proche et ami de DSK ne se contentait pas de le décrire comme « un grand séducteur de femmes, flambeur et dilettante ». Ce militant socialiste n’avait qu’une idée en tête : protéger contre lui-même son ami et patron.
Risque de scandales

Son objectif restait, comme en 2006, de le voir arriver à l’Elysée et s’asseoir dans le fauteuil de président de la République. Ce qui n’était pas évident, malgré les bons sondages de son candidat, vu le risque de scandales sexuels à répétition. Comme nous l’a affirmé notre interlocuteur, il y a trois mois : « Dominique, sorte de funambule aux nerfs d’acier et à la prodigieuse intelligence, constitue en fait une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment… »

Dimanche dernier à New York, ses « pompiers » experts en communication de crise et situation d’urgence sont arrivés trop tard, pour la première fois. Leur erreur : ils n’avaient pas prévu le pire.

Un journaliste avait eu l’intuition (ou le courage ?) de prévoir ce pire et de briser l’omerta médiatique autour de DSK et, plus généralement, sur la vie privée des politiques dans l’Hexagone. Correspondant de Libération auprès du Parlement européen à Bruxelles, Jean Quatremer écrivait sur son blog Coulisses de Bruxelles le 9 juillet 2007 : « Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. […] La France ne peut pas se permettre un nouveau scandale. »

Plutôt que de tirer les leçons de cette mise en garde, les « pompiers » de DSK ont fait pression pour que le journaliste de Libération censure son blog de toute allusion à DSK. Ce qu’il n’a pas fait.

Aujourd’hui, comme tous les autres proches du directeur du FMI, notre interlocuteur se voit obligé de tenir un discours consensuel au nom de la présomption d’innocence. C’est-à-dire de déclarer et de répéter que « le prétendu viol d’une femme de ménage, à l’hôtel Sofitel de New York, ne ressemble pas du tout à l’ancien député maire de Sarcelles ». Bien sûr, plusieurs de ses conseillers et proches n’ont cessé de mettre en garde DSK contre ses penchants particuliers. L’intéressé refusait à chaque fois de discuter du fond de « l’affaire », se contentant d’en rire ou d’en sourire, d’encaisser les critiques, sans réagir dans un sens ou dans un autre. Son intelligence, il est vrai, brillantissime, lui permettait de noyer le poisson sans avoir à s’expliquer, rendre des comptes ou même accepter de prendre quelques précautions.

Une succession d’affaires ?

Or les « affaires » se seraient succédé en France et à l’étranger. La quasi-totalité n’aurait jamais débouché sur le plan médiatique ou judiciaire à l’exception de deux d’entre elles. L’une concernait en France une journaliste et l’autre aux Etats-Unis une haut fonctionnaire du FMI. Les autres se seraient déroulées en l’absence totale de la moindre procédure de police ou judiciaire ainsi que de la moindre allusion dans la presse. Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l’égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l’amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. Ces derniers auraient réussi à calmer, avec beaucoup de difficultés, ces sympathisants socialistes (certains s’étaient armés d’une hache ou d’un couteau, selon notre source) les persuadant de ne pas déposer plainte.
Des éléments de vie privée « indécents »

Dans leur ouvrage de référence Sexus Politicus (éd. Albin Michel-2006), les deux journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois consacrent six pages au patron du FMI sous le titre « L’affaire DSK ». Ils y décrivent l’énergie déployée par les « pompiers » de Dominique Strauss-Kahn pour récupérer auprès d’eux des « blancs (documents de police, NDLR) relevant du sordide et comportant des éléments de vie privée indécents » sur leur patron. En fait, il s’agit simplement d’une visite de DSK dans une boîte échangiste très connue située dans le Ier arrondissement de Paris. Une visite tout à fait légale qui n’avait rien de répréhensible aux yeux du Code pénal français. Comme quoi, ces « pompiers » avaient décidé d’instaurer une drôle de hiérarchie dans les dangers qui menaçaient leur patron. Au point de vouloir contrôler toute publication dans la presse ou dans l’édition plutôt que de protéger leur patron « contre les penchants complexes de sa vie sexuelle », selon l’expression de ce proche qui nous a parlé sous le couvert de l’anonymat. Comme l’écrivaient mardi la plupart des journaux français, les « frasques » de DSK étaient, à Paris, un secret de polichinelle.

Même s’il est présumé innocent, les accusations de viol qui pèsent désormais contre lui aux Etats-Unis ont révélé au monde entier cette « vie sexuelle complexe ». Notre interlocuteur s’en mord les doigts : « On ne m’a pas écouté. Il ne fallait pas le laisser seul. »

Par Yvan Stefanovitch

Jean-Michel Apathie, Cassandre et DSK

Pour se défendre, les journalistes disent: « nous ne savions pas ». Ou bien: « Nous n’avions pas suffisamment d’éléments pour enquêter ». Or plusieurs livres évoquaient le comportement instable de Dominique Strauss-Kahn. L’un d’entre eux était sorti en 2010: « DSK, les secrets d’un présidentiable ». Ce livre signé par un auteur anonyme a été littéralement descendu par la presse. Le chroniqueur de Canal + Jean-Michel Apathie n’ a rien trouvé de mieux que de le « jeter » à la poubelle sans même évoquer les révélations qu’il contenait.
Aujourd’hui, à la lumière des récents évènements, le manque de discernement et la morgue du petit plumitif de la chaine des Bobos de gauche apparaît comme une faute professionnelle.
Les journalistes français seront-ils capables de se replonger dans ce livre et faire enfin leur travail comme a su le faire cette semaine l’agence de presse mexicaine Notimex qui nous apprend notamment que Dominique Strauss-Kahn a déjà à son actif plusieurs agressions sexuelles présumées dont une employée de maison mexicaine lors d’une visite de travail. ?.

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Petit à petit les langues se délient. Certains commentateurs semblent se rendre compte que défendre l’euro n’est plus tenable. Dernièrement dans la rubrique « Indiscrets » du journal L’Express on pouvait lire ceci:

« La sortie de l’euro inquiète :

L’aveu émane d’un ministre : si le discours de Marine Le Pen sur la sortie de l’euro trouve tant d’écho dans la population, c’est bien parce qu’il s’appuie sur une réalité. ‘Notre monnaie est surévaluée et on n’a pas les moyens de la ramener à sa juste valeur, face aux Chinois et aux Américains’, note ce membre du gouvernement »

Sur BMF le Chroniqueur Nicolas Doze se lâche:

« La Grèce ne pourra pas rembourser sa dette, tout le monde le sait, personne ne le dit »

(BFM TV – Rubrique Eco du 18-05-2011)

Et ce n’est pas fini. Cette semaine dans le journal le Monde on a pu lire cette tribune de Stéphane Madaule essayiste et maître de conférences à Sciences Po Paris…. les temps changent…

La Grèce est sous la dictature de l’euro.

Décidément, la potion libérale imposée à la Grèce depuis mai 2010 ne passe toujours pas : allongement des délais de remboursement des prêts de 110 milliards d’euros accordés par les Européens et le FMI, dégradation simultanée de deux crans de la notation de la dette publique à court terme et à moyen terme par l’agence Standard&Poor’s, le 9 mai, rumeurs avec de plus en plus d’insistance de restructuration de la dette publique, déficit budgétaire toujours hors contrôle, activité en berne, climat social dégradé… Annoncé en 2000, « le bouclier euro » qui devait assurer notre prospérité à tous s’est progressivement transformé en un objet non identifié qu’il convient de soutenir à coups de milliards et qui est si fragile qu’il devient l’objet de toutes les attentions, de toutes les dépendances. Qu’on en juge.

Chaque Etat de l’Eurogroupe n’est plus libre de fixer sa propre politique économique, sa propre politique financière, et doit ajuster ses principaux ratios d’endettement et de déficit public sur le plus vertueux des Européens. A l’inverse et de manière symétrique, la fiscalité et les transferts sociaux qui sont encore de compétence nationale, doivent flirter avec le moins-disant, c’est-à-dire le gouvernement le plus libéral. Chaque attaque sur la dette souveraine d’un Etat de l’Eurogroupe – Grèce aujourd’hui, Irlande et Portugal demain, Espagne et Italie après-demain – renforce les mécanismes d’une gestion commune qui voit les pays forts prêter aux pays faibles, en échange de programmes d’ajustements structurels élaborés par eux sous la houlette du FMI, ce qui les dépossède progressivement de leurs souverainetés économiques respectives. Baisse des déficits, modération des salaires, réduction de la protection sociale et des services publics sont devenus « les incontournables » d’une bonne gestion de la dette souveraine en euro.

Alors que reste-t-il aux gouvernements de l’Eurogroupe en matière de liberté d’action face à la dictature d’un euro sujet de toutes les attentions. Que reste-t-il aux libéraux de tout poils qui nous vantaient les mérites de l’euro et se trouvent en retour progressivement corsetés dans un dédale de contraintes toujours plus nombreuses à respecter ?

Mais si le prix à payer pour l’euro avait pour contrepartie une croissance économique plus forte que celle d’autres zones économiques, si le prix à payer pour l’euro était compensé par un bien-être supérieur en Europe, on pourrait à la rigueur accepter des sacrifices. Mais rien de tout cela. Aucun bénéfice de ce type. Depuis 2000, la croissance de la zone euro est systématiquement plus faible que celle des grandes zones économiques comparables. Les inégalités s’accroissent et se creusent au sein de l’Union. Globalement, à l’exception de l’Allemagne, l’emploi industriel et l’activité en général fuient la vieille Europe qui essuie sans réagir les dumping social, environnemental et monétaire de ses principaux concurrents.

RÉPARTITION ÉQUITABLE DES EMPLOIS

Alors à court d’arguments, les thuriféraires de la zone euro s’échinent à nous convaincre que la sortie de l’euro ou la fin de l’euro serait une catastrophe, comme si un tel système était installé une fois pour toute sans possibilité d’en changer, comme si toute évolution de ce type signifierait la fin de l’Union. Mais le simple citoyen comprend bien que les Grecs aujourd’hui, comme les Irlandais et les Portugais demain, auront bien du mal en serrant « les boulons » de leurs dépenses publiques à devenir comme par enchantement aussi compétitifs que les Allemands ou les Hollandais. Ce dont les pays du Sud de l’Europe ont urgemment besoin, c’est d’un ajustement monétaire leur permettant de retrouver des chances d’activité par rapport à leurs principaux concurrents européens.

Le simple citoyen comprend bien que ce n’est plus la lutte contre l’inflation et le niveau de l’euro qui sont prioritaires mais plutôt la quantité et surtout la répartition équitable des emplois sur l’ensemble du territoire européen. Ils ne croient plus à ceux qui nous disent que toute protection est devenue impossible, un salarié sur quatre travaillant pour l’exportation. Pourquoi mentir par omission et ne pas dire que les produits importés ont une balance supérieure en emplois aux exportations, singulièrement pour des pays comme la Grèce.

La rentabilité de l’activité d’une entreprise multinationale est systématiquement supérieure hors zone euro qu’en son sein. C’est bien pour cette raison que les grands groupes européens se délocalisent, continuent à faire de larges bénéfices, mais paient de moins en moins d’impôts en Europe. D’ailleurs dans un tel système, attention à ne pas s’extasier trop vite devant les excédents commerciaux allemands ? Il peut s’agir d’un indice de fragilité future, un indice d’inadaptation qui verrait les entreprises allemandes handicapées à terme par une délocalisation insuffisante de leurs activités, la seule porteuse de forte rentabilité dans un système qui prospère sur le socle des inégalités dans les conditions de production ?

L’euro devait être un bouclier nous assurant plus de liberté, plus de prospérité, plus d’indépendance. Il est progressivement devenu un boulet qui bride chaque jour un peu plus, qui rigidifie nos politiques économiques et financière, là où l’inventivité et la flexibilité devraient être de mise. Il est curieux que les libéraux ne s’en rendent pas compte, eux qui sont si attachés aux libertés publiques ? Il est curieux que les républicains laissent tragiquement aux extrêmes le champ libre pour débattre de ces questions. Méfions-nous des symboles intouchables qui mènent dans l’impasse. Le sort réservé à la Grèce n’est pas de bon augure.

Stéphane Madaule est notamment l’auteur de Questions d’Europe dont la troisième édition est parue aux éditions l’Harmattan. Il a publié « L’Allemagne puissance » dans la revue Le Débat (n°162 – décembre 2010).

Stéphane Madaule, essayiste, maître de conférences à Sciences Po Paris

Intervention de Marine Le Pen en séance plénière au Parlement européen


Intervention de Marine Le Pen : Évolution de la… par polecom

DSK incarcéré, la presse complice !

Jusqu’ici le milieu médiatique avait fait respecter la loi du silence. On se préparait même à raconter aux français l’histoire qui allait les séduire. Celle de l’Homme providentiel, compétent, efficace. L’Homme qu’il fallait à l’endroit où il fallait. Celui que la situation exige. Celui qui nous guiderait vers un gouvernement mondial, un libéralisme bonhomme et un multiculturalisme plein de promesse. Le héros de l’hyper-classe mondialisée qui sait murmurer à l’oreille de la grande finance. L’homme du Siècle. On allait voir ce qu’on allait voir.

Et puis, patatras ! Les digues de la propagande ont lâché sous la pression du réel. Les cachotteries du petit génie éclatent aujourd’hui au grand jour. La déflagration résonne comme un scandale épouvantable. Et tout le monde est éclaboussé…même si les média veulent nous faire croire le contraire.

Car si machination il y a, ce n’est pas dans les placards d’une chambre d’hôtel qu’il faut la chercher, mais dans les sombres recoins de la connivence qui existe entre la presse, les milieux de la finance et les hommes politiques de ce pays. Et si DSK est jugé coupable, les journalistes auront une responsabilité devant l’Histoire. En gardant le secret sur son caractère sexuellement instable, ils auront interdit à un homme de se soigner et de dériver vers la criminalité. Ils auront aussi privé les victimes de se défendre sans craindre d’être inquiétés. Le témoignage de la mère de Tristane Banon (1) est à ce titre très significatif. En écoutant son interview sur France 3 Normandie, on apprend que l’agression subie par sa fille lui a valu d’être ostracisée au sein du milieu journalistique et celui des éditeurs… ce genre de détail en dit long sur les mœurs qui ont cours dans ces milieux.


La mère de Tristane Banon, Anne Mansouret… par jackyshow38

Le bal des faux cul médiatiques

C’est bien connue : Quand le chef est touché, la meute aboie. Bien que parfaitement informés des penchants pervers du directeur du FMI, dès les premières heures de l’affaire, les journalistes ont feint la surprise. Toute la journée de dimanche ils n’ont cessé de chercher des circonstances atténuantes à DSK. Sans un mot de compassion pour la présumée victime, ils n’ont pas hésité à émettre la thèse du complot. L’idée qu’un homme de pouvoir use de son statut social et de son autorité pour soumettre sexuellement une femme de ménage n’a semble-t-il pas traversé les esprits caverneux de nos cro-magnons du journalisme asservi. Depuis deux jours, leur litanie se résume en deux mots de langage : présomption d’innocence (2). Une prudence qui, dans leurs bouches, ressemble à un déni de culpabilité… car ils n’ont jamais pris autant de précaution avec Berlusconi, Woerth, ou Le Pen. Dans son malheur, DSK a la chance d’être de gauche, libéral, mondialiste, eurobéat… et intime des journalistes.
Olivier Mazerolle avouera même dans un élan de sincérité qu’il lui est difficile de commenter cette histoire en raison de son amitié pour Anne Sinclair et son mari. Mais la palme de la bouffonnerie revient sans doute à Askolovitch. Le chroniqueur inquisiteur (3), invité à intervenir sur cette affaire par la journaliste Lea Salamé, s’est une nouvelle fois illustrée par sa muflerie.(4)
Lorsque Léa Salamé le présente comme proche de Dominique Strauss Khan, le petit bonhomme de paille du grand directeur du FMI s’insurge : « NON, NON, NON, je suis un journaliste qui connait bien Dominique Strauss Khan… mais je ne suis pas un proche. … j’écris actuellement un livre politique avec lui c’est tout. » Et Askolovitch d’exiger que les journalistes arrêtent de commenter une situation dont ils ne savent rien, et ainsi de contribuer à la destruction d’un homme politique. On connait cette stratégie, c’est celle qui leur a permis de sauver les soldats Polansky, Frédéric Mitterand, Cohn Bendit, Kouchner.. et caetera.

Le lundi, c’est à Michel Taubman, le rédacteur en chef de la revue néo-conservatrice le Meilleur des Mondes de donner de la voix. Ce proche de BHL et de Pascal Bruckner, fut à la tête du collectif d’intellectuels favorables à la guerre en Irak. Il est aussi le biographe de Dominique Strauss Khan. Invité sur RMC et sur d’autres antennes, il se plait à dénoncer une cabale contre DSK et dénigre le témoignage de Tristane Banon que personne n’a jusqu’ici interrogé. Sur France inter, où l’ensemble de la rédaction semblait être en deuil, Pascale Clark (5), elle si souvent agressive, était d’une douceur complice face à un Jean Marie Le Guen manipulateur et cynique. Ce dernier n’a fait que répéter la rengaine orchestrée par les communicants de l’agence Euro RSCG au service de Strauss Khan. Il ira jusqu’à insinuer que si Tristane Banon porte plainte c’est la confirmation que cette campagne contre DSK est menée par l’UMP.
On ne peut pas s’attendre à autre chose de la part de nos politiques et de leurs média-menteur. Le mal risque même d’empirer. Nous allons assister à coup sûr au défilé des belles âmes qui viendront nous expliquer sur toutes les antennes que le système judiciaire et policier américain n’est pas respectueux de la dignité humaine, et que les média US sont des rapaces. Ce seront les mêmes qui hier ont livré la France à l’américanisation, et qui, il y a encore une semaine, vantaient les mérites du multiculturalisme made in USA. Pitoyable.

Comme le souligne le journaliste Christophe Deloire (6) auteur avec Christophe Dubois du livre Sexus politicus, dans lequel ils soulignaient déjà à l’époque les comportements très douteux de DSK, la fonction des journalistes ne consiste plus à informer. La classe médiatique est désormais là pour dire le bien et le mal en émettant des opinions qui s’apparentent le plus souvent à des sermons de la moraline moderniste. Ils sont les garants du dogme européiste, immigrationniste, multiculturaliste et mondialiste.

Les média faiseurs d’un roi déchu avant son sacre ?

Parce qu’ils avaient choisi que se serait lui contre sarko. Parce qu’ils se croient au dessus des règles les plus élémentaires de l’éthique et de l’honnêteté intellectuelle. Parce qu’ils sont totalement coupés du peuple. Parce qu’ils ont imposé leur tyrannie… les média sont aujourd’hui un réel frein au bon fonctionnement de la démocratie en France.
Oui, le journalisme et les média doivent être désignée comme responsables et coupables. Responsables du déni de réalité. Coupables d’avoir gardé une nouvelle fois un secret sur la vérité d’un homme qui se destinait à incarner le peuple français.

Aujourd’hui, et aux yeux du monde, le roi qu’ils avaient décidé de couronner avant que le peuple ne vote, incarne toute la décadence de la classe politico-médiatique. Ce résultat désastreux nous le devons en partie aux média. Feront-ils leur autocritique ? On peut en douter. Certains d’entre eux feront mine d’ignorer, d’autres seront outrés qu’on puisse ainsi les suspecter, chacun défendra sa petit chapelle… et l’histoire suivra son cours jusqu’à la prochaine fois.

(1) http://www.dailymotion.com/video/xipzdb_la-mere-de-tristane-banon-anne-mansouret-confirme-la-tentative-d-agression-sexuelle-de-dsk-sur-sa-fi_news

(2) « Cela ne ressemble pas au DSK que je connais » un article de Rodolphe Bosselut

http://www.causeur.fr/%C2%AB-cela-ne-ressemble-pas-au-dsk-que-je-connais-%C2%BB,9927

(3) Claude Askolovitch découvre Riposte Laïque

(4) l’analyse d’Askolovitch

http://www.itele.fr/video/dsk-lanalyse-de-claude-askolovitch

(5) Pascale Clark interroge Jean-Marie Le Guen

(6) l’étrange Omerta des média sur DSK

http://www.prechi-precha.fr/2011/05/16/letrange-omerta-des-medias-sur-le-cas-dsk/

Jérôme Cortier.

L’étrange omerta des médias sur le cas DSK

L’affaire de la chambre du Sofitel démontre que les éditoriaux à tour de bras ne permettent pas d’approcher de la vérité, pas plus que les sermons ne prédisent l’avenir. Pour parler de la vie politique, les médias français alignent traditionnellement une cohorte d’éditorialistes, rebaptisés depuis peu « commentateurs », là où les Anglo-Saxons, avec tous leurs défauts, préfèrent lancer leurs enquêteurs pour livrer au public le maximum de révélations. Or de la soif de vérité factuelle les démocraties ne se portent jamais mal.

La démocratie française a besoin d’une sérieuse cure d’un remède inventé par un Britannique, George Orwell, la « common decency » : la décence commune, une morale de la simplicité et de l’honnêteté. Elle devrait s’imposer aux politiques, aux « intellectuels », autant qu’aux journalistes. La décence commune en l’espèce, c’est le respect des personnes, bien entendu, mais surtout le refus de l’hypertrophie verbale, une obsession de la soumission aux faits. Cette décence devrait prohiber le commentaire vaseux qui se croit libre parce qu’il ne s’autorise que de lui-même.

En 2006, je fus l’auteur avec Christophe Dubois d’un livre d’enquête sur le caractère aphrodisiaque du pouvoir, Sexus politicus (Albin Michel), qui traitait aussi des coups bas sous la ceinture dans la vie politique. Pour la première fois, un chapitre intitulé « L’affaire DSK » évoquait le comportement hors normes de celui qui n’était pas encore directeur général du FMI, et révélait ses risques inconsidérés pour un homme d’Etat, ses vulnérabilités. Les scènes racontées ne relevaient pas que de la séduction de salon. Ce chapitre avait valu à notre éditeur et à nous-mêmes d’intenses pressions, vu le caractère sensible des informations.

Depuis dimanche 15 mai, j’ai décliné toutes les propositions d’interviews, ne voulant pas ajouter mes commentaires à ceux de spécialistes n’ayant rien vu, rien su, rien lu, ni bavarder sur la séduction en politique (hors sujet), ni resservir des informations publiées il y a cinq ans.

Mais une nouvelle fois l’actualité nous oblige à poser la question de l’utilité des journalistes. A quoi servent-ils ? Certains citoyens considèrent, non sans raisons, que certains d’entre nous (pas la plupart, mais certains parmi les plus influents) tentent d’imposer leurs vues plutôt que de nous informer et finissent par constituer une classe à prétention dominante. Une sorte de classe politique bis libérée des difficultés de l’action mais jamais privée de parole. Une classe médiatique qui n’agit pas (rôle des politiques), ne cherche pas la vérité (rôle des journalistes), mais ratiocine. Faut-il laisser aux humoristes le monopole de la révélation ?

A croire les professions de foi d’un quarteron d’éditorialistes depuis des mois, inutile d’aller voter, les jeux sont faits pour 2012. Au second tour, ce sera Sarkozy-DSK. L’un des commentateurs politiques les plus célèbres, doyen doté de l’ubiquité médiatique, avait jugé bon il y a cinq ans d’ignorer Ségolène Royal dans un livre sur les candidats à la présidentielle. Fort de sa certitude d’avoir raison contre le réel, il vient de remettre le couvert, à l’envers, en affirmant que la candidature de Dominique Strauss-Kahn est de loin la meilleure, la plus « raisonnable », bref la seule. L’éditorialiste devenu militant. Dans d’autres métiers, à ce prêcheur doté d’une singulière capacité à multiplier les erreurs, on aurait poliment proposé une retraite méritée.

En publiant Sexus politicus, Christophe Dubois et moi avons transgressé un tabou. Le fallait-il ? La question mérite débat, et il est parfaitement concevable de s’offusquer sur le principe. Introduisions-nous en France les méthodes du journalisme anglo-saxon et/ou crevions-nous une bulle de secrets privés ? Les lecteurs, y compris les responsables politiques, par leur nombre et leurs réactions, ont manifestement considéré que le dévoilement était légitime, notamment si on ne le recouvrait pas d’une couche de morale.

A la parution du livre, les médias, quoique diserts sur l’ensemble du livre, se sont montrés plus que discrets sur les informations concernant Dominique Strauss-Kahn. Bien sûr, il eût fallu le cas échéant vérifier, pousser plus loin les enquêtes. Beaucoup, là encore, ont préféré le commentaire au scoop. Comme en témoignent les taux d’audience ou les ventes des médias qui privilégient les révélations, le journalisme plaît lorsqu’il nous révèle le monde, les gens, plutôt que de poser devant nos yeux et nos oreilles un voile de logorrhée subjective.

SE GARDER DE PROPAGER LES RUMEURS

Si demain les Français, lecteurs ou électeurs, nous accusent une nouvelle fois d’avoir gardé un secret entre soi, d’avoir accepté chez les puissants ce que nous refusons aux humbles, que leur répondrons-nous ? Que nombre d’entre nous ne savaient pas ou n’ont pas cherché à savoir ? Nous ne pouvons pas donner aux citoyens des raisons de penser que nous leur mentons, même par omission. Il ne s’agit pas ici de trancher l’affaire de la chambre du Sofitel, simplement d’affirmer, une fois encore, que nous devons avoir l’ambition de dire rien que la vérité, mais toute la vérité.

Se garder de propager les rumeurs, tel est notre devoir. Les laisser se propager sans avoir la curiosité de les vérifier est une erreur. Nous devons avoir la décence commune, comme dans le poème de Rudyard Kipling, Tu seras un homme mon fils, de recevoir d’un même front « deux menteurs », le triomphe et la défaite, et ne pas mentir d’un seul mot. Le rôle des journalistes ne consiste pas plus à accabler Dominique Strauss-Kahn qu’à faire office de témoins de moralité, il consiste à approcher au plus près de la vérité, sans jamais considérer qu’un procès-verbal même avec un tampon officiel, est une parole d’Evangile, sans jamais nous autoriser non plus à ne pas savoir faute d’avoir cherché.

L’affaire Strauss-Kahn, un personnage porté aux nues soudain écrasé sur le mur de l’actualité, risque d’approfondir encore les traumatismes psychologiques de la France. Le pays a pris l’habitude de geindre, mais si l’on regarde bien, plus que de ses blessures réelles, le pays souffre d’un sentiment d’iniquité, d’un déni de réalité et d’un défaut de sens. Les journalistes, qui contribuent à l’organisation du débat public, doivent y réfléchir avant qu’il ne soit trop tard.

Les médias doivent-ils lever le pied sur les révélations, afin d’éviter un accident électoral, ou au contraire accélérer en plein carrefour ? C’est une question essentielle pour la démocratie. Donner un coup de frein serait une faute de conduite, avec le risque de donner le sentiment qu’on protège le « système ». Bien conduire, pour un journaliste, c’est avancer vite sans donner de coups de volant. En tout cas, le dérapage incontrôlé « lécher, lâcher, lyncher » nous fait risquer la sortie de route.

Christophe Deloire est l’auteur de Sexus politicus (Albin Michel, 2006).
Christophe Deloire, directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ)
LEMONDE.FR | 16.05.11 | 10h58 • Mis à jour le 16.05.11 | 13h09