La préférence nationale vient de la gauche : hommage à Christian Jelen + Vidéo

Michel Ciardi rend hommage dans les colonnes de Riposte laïque à son camarade Christian Jelen. Il en profite pour publier un article de ce dernier paru le 22 Juin 1998 dans Marianne et qui démontre que la préférence nationale est historiquement de gauche.

Journaliste et écrivain Christian Jelen, mort le 25 octobre 1998, fut un homme droit, un homme d’honneur, un français, un républicain. Il venait de terminer son livre, « la guerre des rues ». Ecrivain, journaliste au Point, il était spécialiste des problèmes de société et de l’immigration. Il publia plusieurs ouvrages dont L’Aveuglement chez Flammarion en 1984, La France éclatée ou les reculades de la République en 1996, Les Casseurs de la République en 1997 et La guerre des rues en 1998.

Cet article de celui qui écrivit sur l’immigration et ses risques, sur la tendance des « intellectuels français » à décrire une France « moisie » « pétainiste », revêt aujourd’hui une importance qu’à l’époque seule quelques personnes comprirent. Fort de l’intégration réussie en France de ses parents, juifs immigrés de Pologne avant guerre, il méprisait ceux qui tentait de donner de la France l’image d’un pays où en 1942 tous les habitants collaboraient avec les allemands en dénonçant les juifs.

Avec Christian je fus un samedi après-midi en 1993 à l’origine de ce que l’on appela « l’autre pétition » et qui figura dans le journal « Marianne ». Cette pétition se voulait un soutien aux lois Pasqua sur l’immigration et une réponse de ceux qui de la gauche républicaine à la droite que j’appellerai « patriote et pasquaienne » furent écœurés par ceux qui non seulement défilèrent contre la loi Pasqua mais le firent sous le mot d’ordre « l’appel de ceux qui ont un nom difficile à prononcer ».

Christian et moi-même furent horrifiés par cette mascarade boboïsante, d’autant que parmi les clowns habituels (Jack Lang n’ayant plus honte de son judaïsme ) se glissèrent des hommes honorables comme Henri Krasucki, déporté à 14 ans mais qui ne pouvait concevoir que le parti fut en dehors de cette manifestation et que beaucoup de signataires et participants à cette manifestation, excipèrent de leurs qualité de juif, pour donner (selon eux) plus de force à leurs clameurs.

Moi dont la mère, Zysla Zylberglajt, était dans ce cas de figure des noms particulièrement difficiles à prononcer, j’étais d’autant plus triste et amère que je connaissais depuis longtemps les amitiés maréchalistes de François Mitterand et que cette manifestation dont le Parti socialiste, la gauche et l’extrême gauche étaient à l’origine, marqua le début du processus qui m’amena à la rupture avec la gauche.

C’est après cette pétition qu’avec quelques personnes dont Philippe Cohen, alors responsable des pages économie de « Marianne » nous créâmes la fondation Marc Bloch.
Cet article est un hommage à un homme, dont je ne sais si aujourd’hui, il soutiendrait « Riposte Laïque », je me refuse à enrôler les morts, mais dont je sais pour en avoir longuement discuter avec lui, que l’amitié et le respect qu’il portait à Jean-François Revel, venait non seulement de la pensée de ce dernier mais de celui qui à 17 ans s’engagea dans la résistance et tua son premier « boche » l’on dirait aujourd’hui « soldat allemand ».
Ce modeste hommage à Christian Jelen est pour moi un moyen pour payer la dette que nous avons envers un tel homme.

Michel Ciardi

LA PREFERENCE NATIONALE VIENT DE LA GAUCHE

Il suffit de parler de préférence nationale pour déclencher l’hystérie des prêcheurs du conformisme pluriel, le Monde, Les Verts, les trotskistes, les gauchistes de FO et de la CFDT, les communistes, certains socialistes, des chefs du RPR et de l’UDF, etc. «La préférence nationale, martèlent-ils, c’est Le Pen, c’est l’extrême droite.» Désolé de les contredire: la préférence nationale n’a pas été inventée par Le Pen. Elle ne date pas non plus de Vichy. Elle plonge ses racines dans l’histoire du mouvement ouvrier. D’où sa résonance dans l’électorat populaire.

La protection des travailleurs nationaux est au coeur des débats de la 1re Internationale, créée en 1864 à Londres. Ses fondateurs, dont Karl Marx, veulent contrôler les mouvements de main-d’oeuvre afin que les patrons ne puissent recourir aussi facilement aux travailleurs étrangers pour briser une grève ou faire baisser les salaires. Vers la fin du XIXe siècle, tant qu’il y a de l’embauche, les ouvriers parisiens ne songent pas à demander l’expulsion des étrangers, d’autant que ceux-ci, déjà, se chargent des besognes les plus dangereuses ou les plus viles. Mais, dès que la crise économique éclate, la présence des étrangers est remise en question. Faut-il s’étonner que les premiers décrets restreignant le travail des étrangers en France aient été signés en août 1899 par Alexandre Millerand, premier socialiste membre d’un gouvernement ?

La préférence nationale est au centre des débats du syndicalisme ouvrier, aussi bien avant 1895, année de naissance de la CGT, qu’après. Pour les syndicalistes, des immigrés trop nombreux forment la réserve du capitalisme dont parlait Marx. Les patrons s’en servent pour diminuer les salaires. Pour ne pas en arriver à une situation conflictuelle, la CGT préconise un strict contrôle des flux migratoires.

En 1915, en pleine guerre, la CGT pose la question des ouvriers étrangers: « On ne peut pas les faire venir là où la main-d’oeuvre locale est suffisante… Il faut ensuite assurer aux immigrants un salaire égal à celui des ouvriers nationaux employés dans la même profession.» La création d’un Conseil supérieur de l’importation de la main-d’oeuvre étrangère est exigée. Après 1920, la CGT non communiste, majoritaire, proteste contre l’immigration clandestine et les faux réfugiés politiques, surtout à partir de 1931, quand la France subit la crise économique. La SFIO, par la voix de Léon Blum dans le Populaire, admet qu’«en temps de crise, toute immigration supplémentaire doit être suspendue. […] Pour prévenir les conflits possibles entre chômeurs français et travailleurs étrangers.» Et leur prévention exige un contrôle des flux migratoires.

La crise s’aggravant, la gauche vote ou fait voter des lois de préférence nationale (loi Herriot de 1932 et décrets-lois Daladier de 1938), d’une grande brutalité. Lors de son congrès de Royan, en 1938, la SFIO admet que «la France ne peut pas supporter à elle seule la plus grosse part des charges découlant du droit d’asile» des réfugiés allemands, autrichiens, juifs, espagnols… Cinquante ans avant Rocard, Blum et ses amis reconnaissent que la France ne peut pas «accueillir toute la misère du monde».
Après la Libération, ainsi que François de Closets le rappelle dans le Compte à rebours (Fayard), la gauche a largement contribué à faire bénéficier le secteur public de la préférence nationale. Des artistes ont aussi accès à ce privilège. Ainsi, la France statutaire bénéficie de la préférence nationale, mais la refuse à la France précaire. C’est une situation aberrante, malsaine. Que nos dirigeants, de gauche ou de droite, devraient aborder avec courage. Sans sombrer dans les petites lâchetés ou l’hystérie.

Christian Jelen

Lundi 22 Juin 1998, paru dans Marianne

Quand la gauche refusait l’immigration:


Marchais immigration par Chevalier_du_Christ

Le tueur norvégien: un jihadiste anti-jihadiste (2ème partie)

Cet article est le deuxième d’une série qui vise à analyser les motivations du tueur et les retombées des assassinats d’Oslo. Ces articles sont écris par Radu Stoenescu pour Riposte Laïque.

Pour lire le premier, cliquer ici.

Si Anders Behring Breivik (désormais ABB) est un délirant, il ne faut pas en conclure que tous les éléments avec lesquels il a construit son délire sont faux. « Les interprétateurs ne méritent pas l’épithète d’aliénés dans le sens étymologique du terme (alienus, étranger) : ils restent en relation avec le milieu, leur aspect se maintient normal ; quelques-uns réussissent à vivre en liberté jusqu’à la fin sans attirer l’attention autrement que par certaines bizarreries ; la plupart sont internés, non pas en raison de leurs idées délirantes, mais à cause de leur caractère violent et impulsif qui les rend dangereux. S’entretient-on avec eux, lit-on leur correspondance ou leurs mémoires, non seulement il arrive qu’on ne relève aucun propos déraisonnable, mais on constate une façon de s’exprimer correcte, des associations d’idées normales, des souvenirs très fidèles, une curiosité éveillée, une intelligence intacte, parfois fine et pénétrante. On ne peut mettre en évidence ni hallucinations actives, ni excitation, ni dépression ; pas de confusion, pas de perte des sentiments affectifs. Des entretiens prolongés ou répétés sont souvent nécessaires pour découvrir certaines particularités. (…) Les interprétateurs n’inventent pas de toutes pièces des faits imaginaires ; il ne s’agit pas de fictions sans fondement ou de rêveries d’une fantaisie maladive. Ils se contentent de dénaturer, de travestir, d’amplifier des faits réels : leur délire s’appuie à peu près exclusivement sur les données exactes des sens et de la sensibilité interne. » (Sérieux et Capgras, Les folies raisonnantes – le délire d’interprétation, 1906, cité par Jacques Lacan in « Dans la psychogénie des psychoses paranoïaques », De la Psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité suivi de Premiers écrits sur la paranoïa, Éditions du Seuil, collection Champ frudien, 1975)

J’ai donné une citation aussi longue pour éclairer la nature du délire paranoïaque certain qui anime ABB, et pour souligner que les assassinats qu’il a perpétrés ne sauraient aucunement jeter le discrédit sur l’ensemble des auteurs, des blogs, des analyses et des faits qu’il utilise pour bâtir cet édifice qu’il a pompeusement intitulé 2083 A European Declaration of Independance. Le caractère délirant de son écrit ne tient pas aux éléments particuliers qui le constituent, mais en leur agencement en vue de justifier son passage à l’acte meurtrier. Blâmer cet assassin ne signifie nullement qu’il faille rejeter l’ensemble des idées qu’il invoque tout au long de son « manifeste ». Faire cela, c’est méconnaître la nature même du délire, et de la pathologie mentale dont souffre manifestement ABB.

Plus précisément, il faut rejeter cette vision du monde à la Matrix qui consisterait à croire qu’il y a d’un côté l’absolue vérité, et d’un autre l’absolue illusion. C’est cette conception qui animait ABB ; dans le chapitre 3.22., intitulé significativement « Utiliser la terreur comme méthode pour réveiller les masses – beaucoup de nos compatriotes nous haïrons pour cela », il écrit : « Tu te souviens peut-être d’un personnage du premier épisode de Matrix ; d’une certaine manière ce personnage avait été réveillé de son cocon où il était connecté à un monde imaginaire, un programme d’ordinateur. Il n’aimait pas la réalité qu’il voyait désormais, car cela impliquait de souffrir et de combattre les machines avec des chances minimes de succès. Il ne voulait ni se battre ni souffrir. Tout ce qu’il souhaitait, c’était d’être reconnecté à son cocon où il pourrait à nouveau vivre dans son monde imaginaire– déconnecté de la réalité. Le personnage alla si loin qu’il coopéra avec les machines et qu’il trahit les siens, pour la promesse d’être replacé dans son cocon. Il ne voulait tout simplement pas voir la réalité en face et il aurait même tué les siens pour éviter de l’affronter. D’une certaine manière, ce personnage représente l’Européen lambda. Des dizaines de personnes que nous voulons sauver du génocide européen en cours ne veulent pas de notre aide (ou tout au moins, croient qu’elles ne veulent pas de notre aide). En fait, beaucoup d’entre elles feraient tout en leur pouvoir pour éviter d’être confrontées à la réalité. Ceci explique pourquoi très souvent des personnes bien intentionnées, qui tentent d’avertir les gens autour d’elles d’un danger imminent, sont condamnées, ridiculisées et même persécutées. C’est à nous, les quelques courageux, d’accomplir cette tâche ingrate de réveiller les gens de leurs cocons et de les recruter pour les mouvements de résistance de l’Europe. Malheureusement, la nature humaine peut très souvent être désavantageuse pour nous. Beaucoup de gens se sont adaptés à ce système génocidaire et certains ont même indirectement accepté leur destin. Ils acceptent que les régimes marxistes culturels/multiculturalistes anéantissent l’identité européenne, nos cultures, nos traditions et même nos Etats nations. Beaucoup sont endoctrinés à un tel degré qu’ils vont défendre ce programme d’extermination avec leur propre vie. » (p.846)

ABB pense qu’il a avalé la « pilule rouge » et qu’il voit désormais la réalité, avec onze autres illuminés qui s’auto-intitulent « les nouveaux Templiers » (p.827), tandis que le commun des mortels baignerait encore dans l’illusion générée par la Matrice, et se doperait avec de « pilules bleues ». Son livre même est pensé comme une « pilule rouge », apte à ouvrir les yeux de endormis, dont il voudrait administrer des doses répétées au monde entier. Mais c’est cette alternative même qui est délirante. Il ne s’agit jamais dans la vie de choisir entre deux discours systématiques, dont l’un serait absolument vrai et l’autre totalement inventé. « Le choix entre la pilule bleue et la pilule rouge n’est pas vraiment un choix entre l’illusion et la réalité. Bien sûr, la Matrice est une machine à fictions, mais ces fictions structurent déjà notre réalité. Si on enlève de notre réalité les fictions symboliques qui la régulent, on perd la réalité elle-même. Il y a une troisième pilule. C’est une pilule qui te fait voir la réalité non pas derrière l’illusion, mais la réalité dans l’illusion elle-même. » (1)

Le caractère fallacieux du choix entre les deux pilules, ressort de la description que donne ABB de « l’Européen lambda », car celle-ci peut très exactement lui être appliquée à lui-même et à son discours. Qui a tué « même les siens » pour éviter d’affronter la réalité ? Qui s’est endoctriné lui-même à un tel point qu’il était prêt à défendre « son programme d’extermination avec sa propre vie » ? Breivik lui-même.

Aussi il ne faut pas choisir entre les idées sur lesquelles ABB a échafaudé son délire et ce qu’on appelle, faute de mieux, le discours dominant. « Le spectacle, écrivait Guy Debord, est une misère, beaucoup plus qu’une conspiration. » C’est pourquoi il faut aussi dénoncer ceux qui saisissent cette occasion, comme le MRAP, Laurent Joffrin, Patrick Lozès, etc., pour parler symétriquement comme si c’étaient eux qui avaient avalé la « pilule rouge », et ABB la « bleue ». Toutes les idées exprimées par ABB dans son manifeste ne sont pas des histoires à dormir debout. Comme tout délirant, il ne fait que « travestir, dénaturer et amplifier des faits réels ».

Tous ceux qui déduisent de l’acte de ce malade, qu’il faut censurer aussi ceux qui expriment certaines des idées qu’il développe dans son opus, raisonnent de la même manière délirante. De même, tous ceux qui pensent qu’ABB a rendu un service à la lutte contre l’islam, en massacrant des jeunes gens désarmés, et que ce serait trahir la « cause » que de l’en blâmer, sous prétexte que c’est aussi ce que fait « le système », s’enfoncent dans la même folie mégalomaniaque. Que ceux qui seraient tentés de l’imiter, ou d’en faire un martyre, sachent dès à présent qu’ils sont les pires ennemis de la liberté et de la fraternité, et les meilleurs amis des jihadistes, qu’ABB a imités ! La fin n’excuse pas les moyens, les moyens et la fin, c’est la même chose. Par les moyens de la terreur, on n’arrive qu’à la terreur.

Pour le dire avec les mots mêmes d’ABB : « Un chevalier justicier n’est pas seulement un preux guerrier résistant, une armée en un seul homme, il est aussi une agence de marketing à lui tout seul. Nous vendons la promesse d’un meilleur avenir à nos peuples et à nos enfants. Des combattants de la résistance sont de plusieurs points de vue des représentants de commerce. Ils sont les fournisseurs et les ambassadeurs non seulement de leurs organisations et mouvements spécifiques mais aussi du futur que nous voulons créer. Ainsi, il est important que tous les combattants de la résistance apprennent les bases de la vente et du marketing. Ne pas réussir à comprendre les concepts de base de la vente et du marketing limitera significativement l’impact et l’efficacité du message que nous voulons diffuser. » (p.1069) Tout cela est parfaitement juste, car on juge toujours un idéal à l’aune de ceux qui le portent, sauf qu’il semblerait que dans son manuel de marketing, on ait omis de lui expliquer un détail, ce concept de base de la vente, que massacrer soixante-dix adolescents n’est pas la manière plus efficace de « vendre » un meilleur avenir, ni à eux, ni à leurs parents, ni à leurs amis !

La conception de l’islam d’ABB constitue l’exemple de dénaturation et d’amplification qui doit être dénoncé avec la plus grande vigueur. Si elle puise à des sources que nombre d’islamo-vigilants citent aussi, comme les livres de Bernard Lewis, Robert Spencer, Bat Ye’Or, ou Ayaan Hirsi Ali, ou les discours de Geert Wilders, l’islamophobie d’ABB est à mille lieues de la critique d’une doctrine que des individus – les musulmans – peuvent librement rejeter. Il écrit : « Ces musulmans criminels voient l’Europe comme dar-al-Harb (la maison de la guerre), comme l’enseigne le Coran. Ainsi, l’exploitation et le pillage des Européens et de leurs ressources sont les droits divins de tous les musulmans. Un infidèle est un individu qu’un musulman dévot voit comme un détritus humain, un citoyen de seconde zone. Ces musulmans par conséquent s’appuient sur le droit que leur concède Allah pour violer, tuer et voler les Européens, dans la mesure où ils considèrent cela comme un butin de guerre. Ne fait pas d’erreur. Ces Musulmans doivent être considérés comme des animaux sauvages. Ne blâme pas les animaux sauvages, mais plutôt les traîtres multiculturalistes qui ont autorisé ces animaux à entrer sur nos terres. » (p.490)

Voilà une conception de l’islamophobie que nous avons toujours fermement rejetée, et qu’Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Magdi Allam, Pascal Hilout, Robert Spencer, Geert Wilders ont toujours aussi fermement rejetée. C’est une conception raciste et comme telle, fausse et dangereuse. C’est faire à l’islam trop d’honneur et aux musulmans trop peu, que de croire que ceux-ci ne peuvent congénitalement pas critiquer ou rejeter celui-là. C’est rabattre les hommes sur le texte du Coran, et considérer à la manière salafiste, qu’ils ne sont que l’incarnation du texte mahométan. C’est adhérer en quelque sorte à la doctrine musulmane de la fitra, c’est-à-dire de croire que l’islam est la « religion naturelle » des Hommes. On n’aura de cesse de le répéter : l’islam n’est pas une doctrine plus spéciale qu’une autre, qu’un individu, fût-il élevé dedans, ne puisse s’en défaire. La preuve, ce sont les efforts désespérés des intégristes pour maintenir la majorité des musulmans à l’intérieur de ce carcan : la condamnation à mort pour apostasie prouve comme telle que celle-ci est une tentation si grande que seule la terreur peut empêcher la fuite hors de l’islam.(2) ABB ne voit pas, parmi beaucoup d’autres choses, une réalité de taille : aujourd’hui, dans le monde, ce sont les musulmans qui sont les premières victimes des musulmans. Cela ne signifie bien sûr nullement que le développement de l’islam en Europe ne pose aucun problème, bien au contraire.

(Je sais, j’avais promis de montrer comment ABB était le frère jumeau d’un jihadiste. Mais ce sera dans les prochains épisodes.)

Radu Stoenescu

(1) Slavoj Zizek, The pervert’s guide to the cinema. http://www.youtube.com/watch?v=8sFqfbrsZbw

(2) Voir un article déjà ancien: Syndrome de Stockholm: l’islam, une gigantesque prise d’otages ?

Le tueur Norvégien: un jihadiste anti-jihadiste (1re partie)

Cet article est le premier d’une série qui vise à analyser les motivations du tueur et les retombées des assassinats d’Oslo. Ces articles sont écris par Radu Stoenescu pour Riposte Laïque

Le massacre de près d’une centaine de jeunes Norvégiens par un tueur froid et méthodique, qui vient de s’en déclarer « responsable, mais pas coupable », est un acte qui ne cessera pas de sitôt d’interroger nos consciences. Qu’il cite Georgina Dufoix sans la connaître n’est que le moindre des mystères. Je suis révulsé par l’attitude de certains militants islamo-vigilants qui veulent voir dans son acte la manifestation d’un quelconque patriotisme, d’un attachement au christianisme d’une abnégation admirable, et comme le signal d’une révolution conservatrice censée sauver l’Europe du chaos et de la dhimmitude. Il faut le dire clairement et sans ambages : Anders Behring Breivik est un assassin qui a échafaudé un délire intégrant des éléments de discours islamo-vigilants, des critiques du politiquement correct et du multiculturalisme, ainsi qu’une bouillie pseudo-catholique essentiellement centrée autour des Templiers et des Indulgences, afin de justifier son passage à l’acte. C’est ce qui ressort clairement du “manifeste-journal” de 1500 pages qu’il a posté en ligne quelques heures avant son crime. (1)

C’est parce qu’ils ont vite compulsé cet écrit fleuve, que les journalistes l’ont présenté à la fois comme un franc-maçon (s’y trouve une photo d’Anders avec un tablier de l’Ordre), un chrétien fondamentaliste (il prétend être une sorte de néo-Templier), un islamophobe (700 pages sont consacrées à l’islam et à son emprise sur l’Europe) et un extrémiste de droite (200 pages dédiées au « marxisme culturel » ou « multiculturalisme »). Il ne fait cependant aucun appel aux théories racistes et dénonce les nazis, dont l’admiration pour l’islam est soulignée.

Son écrit se déploie en trois mouvements : les « marxistes culturels » nous ont mentis et trahis, l’Europe est en feu à cause de l’immigration musulmane qu’ils ont facilitée et encouragée, donc il faut lancer une guerre préventive de « salut continental », pour réinstaurer un ordre patriarcal, chevaleresque et conservateur, une sorte de Chrétienté rêvée, sortie tout droit d’un scénario de jeu vidéo (Breivik jouait beaucoup à World of Warcraft « hardcore raiding » pendant qu’il écrivait son opus et il s’est entraîné pour sa tuerie avec Modern Warfare 2, qu’il appelle « peut-être le meilleur simulateur militaire disponible. »)

Il y aurait beaucoup à dire sur cette littérature, faite de copié-collés de sites internet et de réflexions personnelles, qui sont d’une probité souvent glaçante. A la première lecture, et ne cessant jamais de mettre en rapport son écrit avec ses actes, Breivik m’a rappelé le personnage de John Doe, du film Se7en de David Fincher. Plus particulièrement, il faut revoir la dernière scène (2) où le criminel joué par Kevin Spacey explique ses motivations et l’emploi de la cruauté : « Si tu veux que les gens t’écoutent, tu ne peux plus leur donner simplement une tape sur l’épaule, tu dois les frapper avec un marteau de forgeron. Et ensuite tu verras qu’ils t’accorderont une attention totale. » De même Breivik écrit « Une fois que tu as décidé de frapper, il vaut mieux en tuer trop que pas assez, sinon tu risques de réduire l’impact idéologique souhaité lors de la frappe. Explique ce que tu as fait (dans une annonce distribuée avant l’opération) et assure-toi que tout le monde a compris que nous, les Européens libres, allons frapper et frapper encore. » (p.847)

Aussi faut-il comprendre sa tuerie dans une perspective double : dans son esprit, il s’agissait moins de décimer la jeune génération de « marxistes culturels » que de faire la publicité de l’idéologie justificatrice de son geste, à laquelle il espère rallier le plus d’ « Européens libres ». Le terrifiant John Doe de Se7en déclarait : « Le problème, c’est que nous voyons un péché capital à tous les coins de rue, et que nous le tolérons. Mais cela va changer. Je donne l’exemple. Et ce que j’ai fait sera reconstitué, étudié et imité. » C’est aussi l’espoir pas si secret de Breivik qui écrit « Je saurais toujours que je suis peut-être le plus grand champion du conservatisme culturel que l’Europe ait connu depuis 1950. Je suis un des nombreux destructeurs du marxisme culturel et comme tel un héros de l’Europe, un sauveur de notre peuple, et de la Chrétienté européenne en même temps. Un exemple parfait qui devrait être copié, applaudi et célébré. Le Chevalier Parfait que j’ai toujours voulu être. Un Chevalier Justicier est un destructeur du multiculturalisme, et comme tel, un destructeur du mal, et un porteur de lumière. » (p.1436) On remarquera que même John Doe ne se prétendait pas si spécial, mais se considérait lui-même comme un pécheur dévoré par l’envie, qui méritait pour cela une punition capitale. Breivik n’a pas de telles modesties déplacées.

Justement parce que son geste vise principalement à rendre public le délire qui le pousse à faire ce geste, et à en propager la mythologie, que son acte est l’acte d’un dérangé. C’est la circularité du raisonnement qui manifeste son caractère pathologique. Breivik souhaite principalement que d’autres le rejoignent dans son rêve, qu’ils se loggent avec lui pour jouer en ligne au même jeu de massacre. Un authentique acte de résistance n’a jamais eu à être simultanément un acte de rééducation mentale de ceux qui en apprenaient l’existence. Quand les FFI faisaient sauter un train allemand, ils n’avaient pas besoin de se fendre d’un écrit de 1500 pages pour expliquer aux autres Français les motivations de leur acte.

Breivik a parfois des moments de doute, mais il se reprend très vite. Il raconte une soirée avec des potes, lors de laquelle il parla à une amie de sa « carrière d’écrivain ». « Je lui ai dit que je ne prévoyais pas de vendre le livre, mais plutôt de le distribuer librement afin de propager notre cause auprès d’une audience plus étendue. Christine m’a dit qu’elle croyait que j’étais idéaliste, ce qui est bien sûr vrai, mais je vis effectivement mon rêve. Je ne voulais pas discuter de ce point en particulier, car je ne voulais pas avoir l’air d’un petit merdeux ni dévoiler ma couverture, cependant cela m’a fait réfléchir. Sommes-nous, les conservateurs réactionnaires révolutionnaires vraiment en train de vivre notre rêve ou sommes-nous en train de faire un sacrifice ? Pour être honnête, si j’avais l’impression que d’autres personnes que moi pourraient faire le travail, je ne ferais pas ce que je fais, je peux vous le garantir. Je ne veux pas faire ce que je fais, je me concentrerais bien plutôt sur le fait de fonder une famille et sur ma carrière. Mais je ne peux pas le faire tant que j’ai l’impression d’être une personne piégée à bord d’un vaisseau spatial en feu avec aucun endroit où aller. Si tu vois ton vaisseau en feu, tu ne fais pas comme si tu l’ignorais et tu ne commences pas à te faire cuire des pâtes, non ? Tu éteins le feu, même si tu mets en danger ta vie. Tu n’aimes pas éteindre le feu, mais c’est ton devoir envers toi-même et les camarades de ton équipage. Et imaginons que tes camarades ont été infectés par un virus rare qui détruit leur bon sens, et qu’ils essaient de t’empêcher d’éteindre le feu. Tu ne peux pas te permettre d’être arrêté par aucun d’entre eux car cela conduirait à votre mort à tous. Tu feras tout ce que tu peux pour éteindre ce feu en dépit du fait qu’ils essaient de t’en empêcher. N’importe quoi d’autre serait illogique. Mais te sacrifier pour d’autres qui peut-être te détestent pour cela ne doit pas être nécessairement une expérience misérable. Après tout, nous avons la vérité et la logique de notre côté et nous apprendrons à trouver des récompenses et du réconfort dans nos actes. Après tout, quelques fois être sans pitié c’est la chose la plus miséricordieuse que tu peux faire. » (p.1419, c’est moi qui souligne)

Ce passage est capital, car comme le disait un vrai chrétien, « Le fou n’est pas l’homme qui a perdu la raison. Le fou est celui qui a tout perdu, excepté la raison. » (G.K. Chesterton, Orthodoxie). Breivik sait très bien que l’obstacle principal à sa logique, c’est la miséricorde. Il a montré par ses actes qu’il a su la vaincre, car il s’est soumis à sa logique meurtrière jusqu’au bout. En cela, sa pensée s’apparente à celle des totalitarismes, comme tout connaisseur d’Hannah Arendt peut l’identifier immédiatement. (3)

Le manifeste de Breivik se voulait une sorte de « Grand récit », du même genre que le mythe de la grève générale dans le communisme, ou le « roman national » français. Il l’écrit lui-même : « Le but de cette approche littéraire fictionnelle est de contribuer à créer un nouveau type de style innovant d’écriture. En définissant, d’une manière détaillé et horrible un scénario de fiction, le lecteur sera choqué à cause de – espérons-le – la vraisemblance et le détail minutieux de ces élaborations. On doit noter que l’auteur, en tant que passionné de science-fiction, souhaitait apporter et créer un style totalement nouveau d’écriture qui ait le pouvoir de choquer le lecteur avec une intrigue de fiction incroyablement crédible. » (p.777) Bref, Breivik a écrit le mythe que son action meurtrière a voulu rendre « incroyablement crédible ».

Son grand récit est structuré comme tout mythe avec un paradis (la future Europe chrétienne, façon World of Warcraft), un chaos (l’actuelle Europe multiculturelle), un diable (l’islam), un traître (le multiculturalisme), un héros (le chevalier néo-Templier), c’est-à-dire Breivik lui-même. Tout comme les nazis pensaient avoir identifié la source de la décadence de l’Europe dans les juifs, comme les communistes dans les bourgeois, le tueur norvégien a trouvé ses boucs émissaires : les multiculturalistes. Les musulmans n’arrivent qu’en second lieu, somme toute, ils ne seraient pas coupables, ils ne seraient que ce qu’ils sont, et ne feraient que ce que leur nature culturelle les détermine à faire. Breivik a suivi jusqu’au bout sa logique sacrificielle, et a mis à mort ceux qu’il avait prédéfini comme coupables ontologiquement.

Et c’est ainsi que le mythe qu’il voulait revivifiant pour la conscience européenne, et sur l’élaboration duquel il avait travaillé énormément plus que pour planifier ses actions terroristes, est mort à sa naissance, car « les grands récits meurent de la prise de conscience de la violence qu’ils ont cautionnée ». (4) Le Norvégien a tué lui-même son mythe en perpétrant les assassinats d’Oslo, qui se voulaient son baptême sanglant. Breivik a déshonoré l’islamophobie, comme Geert Wilders l’a affirmé sans hésitations : « Que le combat contre l’islamisation puisse être dévoyé par un psychopathe d’une manière aussi violente est dégoûtant et c’est une claque pour le mouvement anti-islamiste mondial. » (5)

Rien de plus stupide, de plus contre-productif pour le combat contre le fanatisme musulman que de se transformer en son double mimétique, en son jumeau monstrueux. Le mal, cela a toujours été et sera la violence. Perpétrer un massacre inouï contre des jeunes, dont certains n’avaient pas treize ans, afin d’attirer la sympathie du peuple Norvégien ou Européen pour son combat est une idée d’une bêtise dont, pour paraphraser Orwell, seul un homme pourvu d’une « psyché aussi puissante » (p.1436 du « manifeste ») que celle Breivik était capable. Créer des martyrs, voilà ce qui ne peut que renforcer le parti de ceux que l’on combat. Quelle aubaine pour les partisans du multiculturalisme, quel formidable cadeau monstrueux que ces cadavres autour desquels communier et s’unir ! « Ne jamais faire de martyrs » devrait être un impératif auquel un militant de n’importe quelle cause devrait obéir si ce n’est par humanisme – je sais que ceux qui singent les chevaliers n’ont que mépris pour cette faiblesse – du moins par stratégie de combat – ce dont ils raffolent et discutent sans cesse.

Breivik incarne une folie symétrique à la folie de jihadistes, mais qui n’est pas nouvelle. Car la « guerre sainte » à laquelle il fait référence, les Croisades du Moyen-âge, dont il rêve, étaient déjà à l’époque des réponses mimétiques au jihad musulman, et comme telles des trahisons du christianisme, qui avait défendu jusqu’alors la non-violence. S’engouffrer dans cette mimésis et dans une montée aux extrêmes des fanatismes n’est pas une résistance au fanatisme, mais son exacte réussite. Il nous faut répliquer autrement, et jamais devenir identiques à nos ennemis.

(Dans le prochain article, j’analyserai minutieusement pourquoi Breivik a copié son idéologie sur celle des kamikazes musulmans, et en quoi elle est complètement dévoyée en considérant que le multiculturalisme est responsable de tous les maux en Europe.)

(1) On peut le trouver ici http://www.docstoc.com/docs/86567544/2083-AEuropeanDeclarationofIndependence

(2) http://www.youtube.com/watch?v=RynY9EK_i7E&feature=related

(3) « Un argument que Hitler comme Staline affectionnaient particulièrement, est celui-ci : vous ne pouvez poser A sans poser B et C et ainsi de suite, jusqu’à la fin de l’alphabet du meurtre. C’est ici que la puissance contraignante de la logique semble avoir sa source, elle naît de notre peur de nous contredire nous-mêmes. » Le système totalitaire, Ed. Seuil, Point essais, p.222

(4) Camille Tarot, Le symbolique et le sacré, Ed. La découverte, p.674

(5) http://www.expatica.com/nl/news/dutch-news/dutch-right-wing-lawmaker-slams-norway-massacre-suspect_165618.html

Norvège : “je ne laisserai pas mes enfants grandir dans un tel environnement” + Vidéos

A l’occasion du massacre perpétré par le Jobard d’Oslo, les commentateurs assermentés des média-menteurs ont essayé de faire croire à l’opinion française que la Norvège n’est pas un pays d’immigration. C’est ainsi que nous avons surpris le professeur à l’Université de Toulouse 2 et pseudo-expert en terrorisme Mathieu Guidère, dire des contre-vérités un peu partout dans les média et déclarer un gros mensonge au Figaro:

« La Norvège est un cas d’école. On pouvait imaginer ce type d’attentat un peu partout en Europe sauf en Norvège. Ce pays jouit d’une rente pétrolière considérable, il y a très peu d’immigration, un taux de chômage très bas, un système de protection sociale excellent, le niveau de vie est élevé »

Sauf que voilà: même dans libération, pourtant véritable pravda de la gauche bien-pensante, on est bien obligé de reconnaitre que la Norvège connait un taux d’immigration important depuis plus de trente ans:

Libération : Au 1er janvier 2009, les personnes d’origine immigrée (au moins un parent né à l’étranger) représentaient 15,3% de la population, dont près de la moitié étaient des non-occidentaux. Cette population est principalement concentrée dans quelques régions, notamment à Oslo (34% de la population de la capitale). L’homogénéité ethnique et culturelle qui a caractérisé historiquement la Norvège et qui est, dans une large mesure, à l’origine d’une société fondée sur la cohésion sociale, paraît aujourd’hui remise en question. C’est donc un changement fondamental.

Après avoir essayé de mettre sur le dos des partis populistes le crime du Jobard d’Oslo , le Figaro s’est finalement intéressé à la situation des Norvégiens et à ce qu’ils pensent de l’immigration. Voilà ce que l’on apprend:

« Plus de la moitié des Norvégiens estime que la politique d’intégration fonctionne «assez ou très mal…. Le nombre de Norvégiens issus de l’immigration a doublé en quinze ans. … À Oslo, le prénom le plus donné en 2010 a été Mohammed… «Les exigences (des musulmans) arrivent les unes après les autres : nourriture halal en prison, jours fériés religieux, cours de gym séparés, tempêtait, lors des dernières législatives, en 2009, Siv Jensen, la blonde présidente du Parti du progrès. Nous ne l’accepterons pas, car ce n’est pas de l’intégration. C’est autoriser certains groupes, des minorités, à décider de l’évolution de la société norvégienne.»

Alors quand on écoute les calembredaines du professeur à l’Université de Toulouse 2 Mathieu Guidère, on se dit qu’il n’a pas dû voir beaucoup de Norvégien tout au long de sa carrière universitaire. Linguiste et arabisant brillant, Guidière ne devrait pas s’improviser politologue, et voyager plus en Europe.
Avant de continuer à répandre ses tromperies dans les média, on conseillera donc à notre grand savant de lire l’article qui suit parut le 24 mars 2011 dans le grand journal Norvégien, Aftenposten et de jeter un coup d’oeil sur les deux vidéos en fin d’article. Cela lui évitera de passer pour un gros nul devant ses élèves à la rentrée.

Norvège : “je ne laisserai pas mes enfants grandir dans un tel environnement”, Patrick Aserud fuit Oslo

Il est bien décidé. Après une vie de tolérance des différences à Oslo, ces dernières années Patrick Åserud a été effrayé au point de partir. Cet été, il va s’installer hors de la ville avec sa femme et sa fille qui est à la maternelle.

Il quitte une localité qu’il croit être sur le point de craquer à cause de l’intégration qui a échoué.

Histoires dérangeantes

« C’est dur d’être norvégien “de souche” à Groruddalen (vallée de Grorud, en periphérie Est d’Oslo). À cause des gros problèmes de langue, ainsi qu’une pression pour s’adapter à des normes, un mode de vie et une manière totalement étrangers à nous, occidentaux. » dit Åserud.

« Il existe des écoles maternelles où presque aucun enfant n’a des parents qui parlent le norvégien, et des écoles où les enfants sont menacés par des coups quand ils apportent du salami dans leurs sandwichs. »
« Les filles sont victimes d’intimidations parce qu’elles sont blondes, et doivent teindre leurs cheveux en noir pour s’adapter. Il n’est pas acceptable d’être gay à l’école, ni athée et certainement pas d’être Juif. Les trois dernières années en particulier ont été effrayantes, de voir et d’entendre ce qui se passe » explique Åserud.

Une majorité de parents d’élèves ont besoin d’un interprète

Il a dit qu’à son travail au centre de garderie, où il est éducateur depuis 15 ans, il remarque une diminution du nombre de Norvégiens au profit des minorités ethniques.
« Pour 10 parents sur 18, nous avons besoin d’un interprète. Quel genre d’avenir pouvez-vous vraiment offrir [aux enfants] dans ces conditions et comment créer un bon environnement de travail ? » demande Åserud pour la forme.

Des milliers ont quitté la vallée

Il a l’impression que c’est lui et sa famille qui doivent s’intégrer, telle une minorité dans leur propre pays.
« J’ai été positif et optimiste par le passé. Mais les limites sont atteintes quand on a une majorité qui ne parle pas norvégien. Nous sommes nombreux à ressentir cela fortement, quelle que soit la couleur de notre peau. Une famille indienne n’a pas plus envie que moi de vivre comme des musulmans parce qu’ils sont bruns de peau. »

– «Beaucoup de gens vont probablement penser que vous êtes trop sensible ou déphasé par rapport à la nouvelle Norvège? »

– «Si c’est le cas, il y a beaucoup de personnes qui sont trop sensibles comme moi. Le fait est que les gens déménagent d’ici. Ils le font en raison d’expériences concrètes qu’ils ont vécues » répond Åserud.

Les chiffres des statistiques norvègiennes le confirment. Il y a maintenant 3000 Norvégiens d’origine de moins à Groruddalen qu’il y a seulement deux ans. Le dépeuplement se produit plus rapidement qu’avant, mais sur une longue période les chiffres parlent clairement: Groruddalen a perdu 20.000 Norvégiens “de souche” au cours des 15 dernières années, malgré la croissance démographique. La part de norvégiens “de souche” a baissé de 82 à 56 pour cent en 15 ans.

Craintes que ça devienne Malmo (en Suède)

Et cette année Åserud fera partie des statistiques. Il emmène sa famille à Hamar.
– « Nous ne connaissons personne là-bas, mais nous n’avons pas les moyens pour une maison à Høybråten, Røa ou d’autres endroits où on ne se sent pas étranger » explique Åserud.

Pas de recette pour inverser la situation.

– « C’est difficile à dire. Je crains que cela devienne comme Rosengård (banlieue de Malmö). Il y a des tirs dans la rue en moyenne une fois par semaine. Je veux le meilleur pour ma ville, mais je ne pense que je puisse porter tout le poids de l’intégration sur mes épaules », a déclaré Åserud.

Dans la rue à Oslo:

Oslo : Tous les viols sont-ils commis par des hommes d’origine étrangère ?

« A Oslo, tous les viols commis l’année dernière l’ont été par des hommes d’origine non-occidentale. C’est la conclusion d’un rapport de police publié aujourd’hui. »

La Norvège piégée par son consensus


Cet article date du 02 décembre 2009, soit 9 mois avant le massacre du Jobard d’Oslo. C’est un éclairage lucide sur la façon dont le débat politique au sein de nos démocraties du consensus se trouve fortement censurer par le politiquement correct.
Pour ANDRÉ GRJEBINE, Directeur de recherche à Sciences-Po, c’est ce terrorisme intellectuel qui est à l’origine de la montée de ce qu’il désigne comme des mouvements populistes.
On espére que notre gauche morale et inquisitrice, qui déverse depuis quelques jours des accusations fétides, en tire les leçons qui s’imposent… on peut toujours rêver.

Dès lors que le politiquement correct empêche les partis traditionnels d’aborder clairement des questions qui inquiètent l’opinion – telle l’immigration ou les insuffisances de l’Etat-providence malgré les revenus pétroliers -, ils laissent le champ libre à des mouvements extérieurs au système politique traditionnel.

La Norvège est généralement connue comme un pays où prévalent la cohésion sociale et le consensus autour de valeurs telles que la solidarité et le refus de l’exclusion. Pourtant, lors des dernières élections législatives, un parti populiste, sinon d’extrême droite, le Parti du progrès, y a obtenu 22,9% des suffrages, ce qui en fait le deuxième parti norvégien, et ceci pour la deuxième fois consécutive. Ne faut-il pas attribuer ce résultat précisément à ce qui devait prémunir la Norvège contre toute poussée extrémiste : la constante préoccupation, non seulement des principaux acteurs politiques, mais de la société, d’éviter à tout prix les conflits ouverts, qu’ils soient publics ou privés ?

Comme de nombreux ouvrages et films scandinaves le suggèrent, le revers d’une recherche systématique du consensus se trouve dans la crainte d’une marginalisation éprouvée par celui tenté d’exprimer des opinions contraires à ce que la majorité considère comme «moralement acceptable». Dès lors que le politiquement correct empêche les partis traditionnels d’aborder clairement des questions qui inquiètent l’opinion – telle l’immigration ou les insuffisances de l’Etat-providence malgré les revenus pétroliers -, ils laissent le champ libre à des mouvements extérieurs au système politique traditionnel.

On peut transposer à la Norvège l’explication de ce paradoxe que deux sociologues, Paul Sniderman et Louk Hagendoorn, avancent pour le cas assez comparable des Pays-Bas : la pression conformiste conduit à une divergence croissante entre les préférences privées (et de facto inexprimables) et les préférences exprimées publiquement. Cette divergence ne cesse de s’élargir… jusqu’à devenir insoutenable. D’où des «crises» de colère, sinon de révolte contre le système politique constitué, dont le vote pour le Parti du progrès n’est qu’un premier symptôme.

Dans la même optique, toute critique du multiculturalisme tend à être assimilée à du racisme. Ce relativisme culturel a d’autant plus imprégné les esprits qu’il se concilie aisément avec la foi des Norvégiens dans leur modèle de société et la fierté qu’il leur inspire.

L’immigration en constitue une remarquable illustration. La Norvège a longtemps été un pays d’émigration vers les Etats-Unis, dans lequel l’immigration était inexistante. En 1970 encore, le nombre d’immigrés était négligeable. Au 1er janvier 2009, les personnes d’origine immigrée (au moins un parent né à l’étranger) représentaient 15,3% de la population, dont près de la moitié étaient des non-occidentaux. Cette population est principalement concentrée dans quelques régions, notamment à Oslo (34% de la population de la capitale). L’homogénéité ethnique et culturelle qui a caractérisé historiquement la Norvège et qui est, dans une large mesure, à l’origine d’une société fondée sur la cohésion sociale, paraît aujourd’hui remise en question. C’est donc un changement fondamental.

La question a pourtant été largement occultée, sous prétexte que les capacités d’intégration de la société norvégienne joueraient en faveur des immigrés comme jadis en faveur de catégories sociales menacées d’exclusion, ce qui reste à vérifier. En réalité, si l’on en croit l’éditorialiste politique d’un des principaux quotidiens d’Oslo, ses compatriotes avaient peur de leurs sentiments profonds en la matière, et il s’agissait pour les élites de la politique et de la presse d’«empêcher le génie de l’intolérance de sortir de sa boîte». Dans la même optique, toute critique du multiculturalisme tend à être assimilée à du racisme. Ce relativisme culturel a d’autant plus imprégné les esprits qu’il se concilie aisément avec la foi des Norvégiens dans leur modèle de société et la fierté qu’il leur inspire. En effet, contrairement aux Français qui se réfèrent à des principes comme la laïcité, c’est moins des valeurs que les Norvégiens mettent en avant que la force du lien social qui les unit.

Il n’est pas exclu qu’en obscurcissant les repères, ce relativisme ait amené une partie de l’électorat à considérer que, tout compte fait, voter pour le Parti du progrès n’avait rien de choquant, ni d’inacceptable. Pour avoir largement ignoré l’inquiétude suscitée par la progression rapide de l’immigration, les élites norvégiennes ont obtenu le contraire de ce qu’elles recherchaient. Entre les stéréotypes bien-pensants des uns et la démagogie des autres, la marge est étroite.

Par ANDRÉ GRJEBINE Directeur de recherche à Sciences-Po, Centre d’études et de recherches internationales.

La seule immigration illégale : une facture de 30 milliards d’euros pour la France

Le quotidien algérien El Watan (Le Matin) publie un article fort intéressant sur le coût de la seule immigration irrégulière auquel s’ajoute le coût de l’immigration légale.

Expulser ou apporter une aide au retour volontaire des migrants illégaux revient six fois moins cher que de les garder sur le territoire français. Environ 15 % du déficit de toute l’immigration, plus de 30 milliards d’euros, sont imputables à l’immigration irrégulière.

C’est la conclusion à laquelle a abouti l’expert international sur l’Afrique et les migrations, Jean-Paul Gourévitch, au terme de sa récente étude, où est décortiqué le « prix de revient » de l’obsession du rêve européen. L’embauche de migrants irréguliers est, d’emblée, l’un des meilleurs indicateurs des retombées de la présence étrangère illégale dans l’Hexagone, fait observer l’auteur. Ainsi, est-il indiqué dans cette étude dont El Watan a été destinataire d’une copie, 5 % des 70.000 entreprises, contrôlées en 2010, utilisent une main-d’œuvre étrangère sans titre de travail pour un coût total s’élevant à 1,7 milliard d’euros.

Allant dans le détail, cet expert, qui a à son actif plusieurs ouvrages consacrés à l’Afrique et aux aspects sociaux et économiques de l’immigration en France, estime les pertes générées à 1 milliard en termes de cotisations sociales pour emploi d’étrangers sans titre, 609,6 millions de manque à gagner dû au travail illégal d’étrangers sans titre, 40 millions de coût supporté par l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest), 6,3 millions en termes d’interpellations et 5,9 millions pour les contributions non recouvrées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) pour emploi d’étrangers sans titre. Pour mieux sensibiliser les politiques sur l’impact de l’immigration illégale sur l’économie française, M. Gourévitch mettra en exergue les dépenses publiques induites par la prise médicale des migrants irréguliers, considérant, à ce titre, l’Aide médicale de l’Etat (AME) comme étant une exception à l’échelle européenne, car aux étrangers en situation irrégulière, elle consacre les mêmes droits que les titulaires de la Couverture maladie universelle (CMU).

En 2010, fait-il savoir, l’AME était de l’ordre de plus de 620 millions d’euros sur les 662 millions représentant le coût global des soins de santé, dont ont pu bénéficier les migrants irréguliers vivant sur le territoire français. Pour le spécialiste en migration, 2010 est l’année de tous les records, puisque de seulement 77.589 en 2000, le nombre de bénéficiaires est passé à 202.403, portant les dépenses de l’Etat de 75 à 623 millions d’euros. Autre souci, autre dimension. Dans la même étude, l’accent est en outre mis sur la scolarisation des élèves et étudiants en situation irrégulière. En la matière, la France compte aujourd’hui pas moins de 10.000 élèves sans papiers (4.800 en maternelle ou en élémentaire, 4.300 au collège et 900 au lycée) dont la scolarisation revient à près de 57 millions d’euros. Le nombre d’étudiants en situation irrégulière s’élève, quant à lui, à 5.800 pour un coût avoisinant les 55 millions d’euros.

source

Zique de la semaine: Georgia field hands & Bruce Springsteen /Niagara

Prêchi cette semaine vous offre deux morceaux pour le prix d’un.

Mary Don’t You Weep en version originale, interprété par Georgia field hands avec le banjo Jazz rural. Un plongée dans l’Amérique profonde des années 30:


Georgia field hands Mary Don't You Weep par aureliendesbois

Et puis la version du BOSS, Bruce Springsteen. Ce morceau figure sur son album We Shall Overcome avec The Seeger Sessions. Pour ceux qui aiment quand ça tabasse…. c’ est une pure merveille

Et pour Prêcha, le temps est venu de partir à la plage:
Niagara : l’amour a la plage

La Gauche, fut la mère de la collaboration (vidéo)

Il est d’usage de dire que la gauche a été résistante, et la droite nationale collabo. On a même vu dernièrement sur Canal +, le grand éditocrate de gauche, Jean-Michel Apathie, se livrer à une harangue contre la droite nationale :
 » La deuxième guerre mondiale en France c’est le moment historique où la droite nationale et autoritaire perd son honneur. Tous les courants de pensée résistent, chacun à son rythme, et la droite pétainiste, elle, collabore avec l’occupant.
 » L’occupation, c’est la droite nationale qui collabore (…) Il y a sur la droite nationale, une tâche indélébile. »


C’est devenu une rengaine, or la répétition d’un mensonge n’en fait pas une vérité.

Car si l’on se penche sur la période vichyste, on découvre alors une réalité un peu trop vite oubliée. La gauche qui ne sait que s’indigner et dénoncer, est l’héritière du Front Populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940.

Emportée par son pacifisme, son désir absolu de paix, et une vision européiste déjà délirante, elle a vu dans le juif un fauteur de guerre. Résultat, c’est Laval qui, en 1942, organise la rafle du vel’ d’hiv, et c’est tous les anciens antiracistes, dreyfusards et antifascistes que l’on retrouve dans la collaboration, comme le montre, avec preuves et listes nominatives jusqu’ici incontestées, l’historien Simon Epstein dans ses livres.
Côté communiste, l’approbation du pacte germano-soviétique, le soutien à l’URSS jusque dans les pires atrocités, ainsi que l’entrée tardive (1941, au moment de l’attaque allemande à l’Est) dans la Résistance se suffisent à eux-mêmes.
Parallèlement, qui rejoint en premier le Général de Gaulle à Londres ? Les gens de l’Action Française, de la Cagoule, mais aussi des juifs. De Gaulle le dira lui-même : « à Londres, j’ai croisé la cagoule et la synagogue ». En France, Henri Frenay, homme politique de droite, fonde l’organisation Combat, le premier et l’un des plus efficaces mouvements résistants. Résistance dont un certain De Gaulle, qui ne me semble pas être de gauche, est l’homme fort. Situation paradoxale, les antidreyfusards, la droite et l’extrême droite de l’époque sont dans la Résistance ; les dreyfusards et la gauche dans la Collaboration.


La gauche, fut la mère de la collaboration! par thechouan

Le nouveau cri de guerre de la caste: Vive le gouvernement fédéral européen, A bat l’État- Nation (vidéo)

On aurait pu croire que la crise allait refroidir les ardeurs de nos européistes les plus dingues. Il n’en est rien. Pis même, ils s’entêtent. Dans les colonnes des média complices, on assiste à la sarabande des menteurs et des emberlificoteurs (1). Le rouleau compresseur de la propagande avance au pas cadencé de l’oligarchie. C’est à celui qui défendra le mieux le système, qui luttera le plus benoitement contre la démondialisation, qui manifestera le plus son attachement à la monnaie unique, et qui favorisera la fédéralisation économique totale de la zone euro.
Car la situation représente une chance unique d’imposer aux peuples d’Europe un gouvernement fédéral de l’union européenne (2).
Leur méthode a déjà été éprouvée en union soviétique par les apparatchiks de la dictature communiste : Si l’Union Européenne ne fonctionne pas, c’est parce qu’il n’y pas assez d’Europe. L’avenir est donc au fédéralisme économique, politique et institutionnel… et à la mort des États-Nation.

Le gang des euro-maniaques peut compter sur la complicité des pseudo-experts et des média qui les sélectionnent.

Pour qu’une utopie totalitaire paraisse crédible, il lui faut une caution scientifique portée par des pseudo-experts. Et pour que cette caution scientifique soit entendue, il est nécessaire d’avoir des relais médiatiques. En France, le système est bien rodé. Le jeudi 21 juillet, en offrant une tribune à Jacques Attali, la radio soviétoïde France Inter, nous offrait un parfait exemple de manipulation. Voilà plus de trente ans que l’incontournable Attali psalmodie le catéchisme mondialiste et eurobéat de la caste. Ce matin là, le clown triste de la science économique avait un message messianique à nous faire passer : la SEULE solution durable pour sortir l’Europe de la crise c’est de créer un gouvernement fédéral européen (3).
Rien de surprenant pour celui qui rêve de gouvernement mondial. Ce qui est le plus édifiant, c’est de voir un euro-maniaque comme Attali reprendre les arguments de ceux qui se sont opposés à la monnaie unique. Pour ces derniers, une monnaie unique ne pouvait voir le jour qu’ à deux conditions principales :
– une uniformisation économique et sociale des pays membres de la zone euro afin de former une zone économique optimale;
– et une mobilité accrue des salariés européens pour aller d’une région d’Europe à une autre, là où le labeur les appelle.
En avouant qu’il est nécessaire de rendre la zone euro optimale, Attali donne raison à ceux qui ont toujours été hostiles à la monnaie unique.

Le soldat Doze au service de la caste.

Nous le savons, les emmerdeurs se déplacent en escadrille. C’est pourquoi le même jour sur RMC, deux bonimenteurs professionnels sont venus renforcer les bobards répandus le matin-même sur France Inter par Attali.
Chez les minus des grandes Gueules, c’est l’ancien premier ministre Michel Rocard qui fut désigné pour radoter le discours de la propagande. Ses arguments furent d’une profondeur et d’une subtilité sans pareil : le protectionnisme c’est du délire et Marine Le Pen ne sait pas ce qu’elle raconte (4). Ce genre d’analyse ne peut que sortir de la tête d’un génie.
Puis vint le tour de Philippe Dessertine. À cours d’argument, l’économiste-histrion annonça, toujours sur les ondes de RMC, que si l’euro disparaît ce sera la guerre entre les pays européens (5). On se serait cru revenu au temps des débats sur le TCE. À l’époque, les partisans de la constitution européenne avaient recours à la même stratégie anxiogène pour s’opposer au NON du peuple français.
Ces exemples (que l’on pourrait multiplier jusqu’à l’infini) nous prouvent qu’il y a une volonté manifeste en France de criminaliser le débat sur le protectionnisme, la démondialisation et l’euro ? (6)
Une criminalisation qui ne peut se faire que par la force du mensonge, de la vindicte, de la censure et de la peur. C’est d’ailleurs ce qui inquiète le petit soldat Doze
Très attaché au système qui le nourrit, le chroniqueur Nicolas Doze a choisi d’enfiler son uniforme de mercenaire à la solde de la caste afin de lui apporter du renfort. Dans l’une de ses chroniques le journaliste avoue qu’il se donne comme priorité jusqu’aux prochaines élections, de combattre les promoteurs de la sortie de l’euro, et du protectionnisme (7). Vous ne rêvez pas, un journaliste supposé objectif déclare qu’il va faire campagne pour les euro-mondialistes…. le magicien Doze vous aura averti de ses tours de passe-passe.

Devant tant de médiocrité, on est amené à se poser des questions sur l’état de notre système démocratique. Il semble invraisemblable que l’on puisse encore donner du crédit à tous ces tristes personnages. Eux, les constructeurs aliénés de cette funeste Europe technocratique et libérale. Cette Europe de la dette. Cette Europe du chômage. Cette Europe de l’immigration incontrôlée. Cette Europe des délocalisations. Cette Europe qui se fait contre les principes les plus élémentaires de la démocratie, nous la devons à ce genre de charlatans qui depuis 30 ans usent et abusent d’arguments d’autorité, de malhonnêteté intellectuelle.
Dans une démocratie normale où le renouvellement des élites se ferait normalement, ce genre d’individu serait totalement disqualifié. Totalement discrédité. Rangé aux oubliettes de l’histoire. Or, en France, il n’en est rien. Les ânes bâtés peuvent continuer à se faire passer pour des purs sangs. Une preuve supplémentaire que notre république démocratique est gravement malade.

Jérôme Cortier

(1) Les chants les plus beaux sont les plus fédéralistes… De Nicolas Baverez à Bernard Maris, de François Bayrou à Jean-Luc Mélenchon, le cri fédéraliste se propage dans les médias français-
voir: http://www.marianne2.fr/Crise-oser-le-federalisme-europeen-Ce-serait-facile-si_a208669.html

(2) A quelques jours de distances plusieurs personnalités de premier plan se sont prononcées pour une plus grande intégration européenne. Il y eut d’abord Jean Claude Trichet, directeur de la banque centrale européenne, qui se déclara en faveur d’un ministre européen des Finances doté d’un budget fédéral important et d’ un droit de véto sur des décisions nationales. Ensuite Tony Blair proposa un président à l’Union Européenne. Et pour finir, Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe déclara que « La souveraineté de la Grèce devra être énormément restreinte »-
voir: http://www.prechi-precha.fr/2011/06/17/la-fin-de-letat-nation-voila-leur-reve/

(3) http://www.franceinter.fr/emission-le-79-jacques-attali

(4) http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2011/07/21/Marine-Le-Pen-Qu-elle-arr%C3%AAte-de-parler-de-l-Euro-car-elle-n-y-conna%C3%AEt-rien-!-Michel-Rocard

(5)

(6) http://www.causeur.fr/vers-une-criminalisation-de-la-demondialisation,10530

(7) http://www.prechi-precha.fr/?p=1230
Nicolas Doze : «Comment voulez-vous que ça fonctionne [auprès de l’opinion], il est grand temps que les mecs se trouvent de l’argumentaire sérieux et efficace, convaincant et qu’il est une véritable arme démagogique face à la pédagogie.» […] Nicolas Doze complète ses dires assez provocant : « Ça va être l’un de mes chevaux de bataille en 2012 pour la campagne présidentielle, il va falloir qu’on réussisse à opposer la pédagogie à la démagogie mais avec les mêmes armes, […] donc on [entendez : journalistes, chroniqueurs, animateurs] va essayer d’apporter notre pierre à l’édifice. »

Nicolas Doze: journaliste au service de la caste

Le soldat Doze est au service de la caste. Très attaché au système qui le nourrit, le chroniqueur Nicolas Doze a choisi d’enfiler son uniforme de mercenaire à la solde de l’oligarchie afin de lui apporter du renfort. Dans l’une de ses chroniques le journaliste avoue qu’il se donne comme priorité jusqu’aux prochaines élections, de combattre les promoteurs de la sortie de l’euro et du protectionnisme.
Non, vous ne rêvez pas, un journaliste supposé objectif déclare qu’il va faire campagne pour les euro-mondialistes…. le magicien Doze vous aura averti de ses tours de passe-passe.

Quand Nicolas sarkosy bradait l’or de France. (vidéo)

Il y a près de quarante ans défendre l’or était la preuve d’un esprit retardataire. Aujourd’hui l’or revient sur le devant de la scène. Conséquence de la crise de la dette en Europe et de la situation américaine le cours de l’or ne fait qu’augmenter depuis plusieurs années (1). Comme le soulignait Pascal Ordonneau dans un article (2) des Échos daté du 22/03/2011, l’or est de retour et son abandon serait en partie à l’origine des problèmes économiques et financiers que connaissent aujourd’hui les États-Unis:
« L’or n’est donc plus la « relique barbare » que moquaient certains économistes des années 60? La rupture du dollar et de l’or, consommée par le Président Nixon en 1970, aurait donc bien été une erreur magistrale à l’origine de toutes les catastrophes financières ultérieures ? La création des DTS qui comprenaient initialement l’or comme sous-jacent (le FMI est toujours un des principaux détenteurs d’or du monde) et qui a prétendu fournir un moyen de s’en passer n’a pas été un grand succès. Donc, l’or est de retour.
Si les Chinois veulent diversifier leurs réserves de change massivement concentrées sur le dollar, c’est bien parce que le dollar ne vaut plus son poids d’or depuis longtemps !
 »

En France, sarkosy a choisi de brader notre OR.

La situation actuelle donne raison à ceux qui comme Nicolas Dupont-aignan ou Marine Le pen préconisent un retour à l’étalon-Or dans le Système monétaire international. Une idée que proposait déjà le Général de Gaulle en 1965, pour mettre fin à la suprématie du dollar.
Ce serait en tout cas une bien meilleure stratégie que celle qui fut employée par Nicolas Sarkosy et qui a consisté à brader notre Or au prix le plus bas.
Un véritable scandale que les média ont totalement ignoré mais qui dans le contexte actuel apparait comme une erreur politique majeure.

Cette petite histoire en vidéo (3):


Sarkosy brade l'or de France par prechi-precha

(1):

L’or une valeur refuge en temps de crise.


L’or, une valeur refuge en temps de crise par BFMTV

(2) http://lecercle.lesechos.fr/abecedaire/o/221134077/stocks-banques-centrales

(3) cette vidéo est à l’origine un appel à voter pour Marine Le Pen. J’ai supprimé son caractère partisan, ce qui n’enlève rien à la pertinence des idées défendues dans le montage vidéo initial. Que l’auteur en soit ici félicité.

Le régime Juncker contre la mauvaise Grèce

Il aura vraiment fallu les rebondissements à tiroirs de l’affaire DSK pour que la déclaration de Jean-Claude Juncker sur la Grèce soit passée inaperçue.

Voilà ce qu’a déclaré le président de l’Eurogroupe au magazine allemand Focus : « La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte », avant de comparer le pays de naissance de notre civilisation à l’Allemagne de l’Est après la réunification.

« La souveraineté de la Grèce sera énormément restreinte « 

Il est dommage, d’ailleurs, que personne, ou presque, n’ait pu voir monsieur Juncker au moment où son masque tombait. Une certaine parole européiste se libère avec un mélange d’arrogance et de cynisme, décidément caractéristique, sauf pour ceux qui ne veulent pas voir, de la façon dont l’Union, depuis le traité de Rome et surtout depuis l’Acte unique de 1990, s’est construite non pas à l’écart des peuples mais contre eux, au nom d’un fédéralisme fantasmé qui devait nous faire sortir de l’Histoire pour mille ans de bonheur dans la concurrence libre et non-faussée, quitte à nous mettre à la remorque des Etats-Unis sur le plan géopolitique.

La construction européenne aurait, nous dit-on, l’immense vertu d’avoir durablement préservé la paix sur le Continent. Les Serbes ont dû apprécier, en 1999, quand ils ont été bombardés par l’OTAN avec la bénédiction de l’Union qui avait ainsi déjà ainsi montré comment elle respectait la souveraineté d’un Etat indépendant. Elle était intervenue, nous dira-t-on, pour la bonne cause. La fameuse ingérence humanitaire du bon docteur Kouchner, dont on a vu depuis qu’elle était souvent un faux-nez permettant de légitimer de banales opérations de guerre visant à s’assurer de nouveaux marchés et un approvisionnement sans risque en matières premières. Dans le temps, on appelait ça l’impérialisme mais c’est un mot tellement démodé que plus personne n’ose le prononcer.

« Dans le temps, on appelait ça l’impérialisme »

D’ailleurs, les Serbes sont aujourd’hui normalisés. Ils ont attendu que leur principal criminel de guerre, Mladic, soit mourant pour en faire cadeau au TPI. Comme ça, le déshonneur est sauf pour tout le monde et la Serbie sera bientôt membre du club. Ainsi une commission de technocrates parviendra-t-elle, en cinq ans, à faire ce que ni les Turcs, ni les Autrichiens, ni les Allemands n’avaient pu réaliser au cours des siècles : en finir avec une indépendance ombrageuse.

Ce désir européen, junckerien, d’en finir avec les nations passe habituellement par des moyens plus doux. Il suffit d’écrire à intervalles réguliers des traités ratifiés en catimini. Parfois, un chef d’Etat se rappelle qu’il est chef d’Etat et demande directement, par référendum, l’avis aux premiers concernés, c’est-à-dire à ses concitoyens.

Sont-ils d’accord pour être gouvernés par des textes qui inscrivent dans le marbre qu’une seule politique économique est possible, exploit que seule la défunte URSS avait réussi ? Si par hasard, le peuple dit non, ce n’est pas grave. On vote, on revote, on rerevote comme en Irlande ou au Danemark. En France, on se contente de refaire passer un texte refusé à 55% devant un Congrès à la botte et l’affaire est dans le sac.

« Tout cela se faisait avec une hypocrisie et un sens certain de la manipulation »

Mais enfin, tout cela se faisait avec une hypocrisie et un sens certain de la manipulation. Là, monsieur Juncker, peut-être paniqué par la fin programmée de l’euro qui sanctionnera définitivement l’échec de cet Europe-là, a perdu son surmoi de haut fonctionnaire bruxellois et accessoirement de premier ministre du Luxembourg. On rappellera au passage que son pays est un paradis fiscal au cœur de l’Europe où l’on blanchit en toute impunité l’argent de la drogue, du commerce des armes et autres joyeusetés dont on aura du mal à faire croire que ce sont des activités moins immorales et moins mortifères que ce qui est reproché aux Grecs actuellement saignés à blanc et vivant un climat constant d’émeutes où le désespoir le dispute à l’humiliation.

Mais répétons-nous encore la phrase de Jean-Claude Junker pour en mesurer l’énormité : « La souveraineté de la Grèce sera considérablement restreinte ». On a presque l’impression d’entendre Mac Arthur parlant du Japon, les Alliés de l’Allemagne de 45, voire Paul Bremer de l’Irak en 2003. Restreindre la souveraineté d’un Etat, en général, la communauté internationale se le permet quand celui-ci a perdu une guerre dans laquelle il a commis des atrocités.

Elles consistent en quoi les atrocités grecques ? Avoir trafiqué des comptes et masqué des déficits ? Avoir laissé la fraude fiscale s’instaurer comme un sport national ? Avoir financé un Etat-providence alors que le pays n’en avait pas les moyens, tout au moins dans une logique libérale puisque d’autres économistes estiment que les dépenses de santé, d’éducation, de police, de défense ne devraient pas être prises en compte dans le calcul du déficit ?

C’est tout ? Vraiment ? Pas la moindre épuration ethnique d’une minorité, pas de déclaration de guerre unilatérale à la Turquie, pas de prisonniers politiques torturés comme au temps de la dictature des Colonels ?

Les événements historiques passent souvent inaperçus au moment où ils se produisent. La déclaration de Junker en fait partie. On découvrira plus tard ses implications. Ce jour apparaîtra comme celui où, pour la première fois, un haut responsable aura affirmé clairement que le pouvoir politique ne pesait plus rien devant les exigences de la finance mondialisée, que le banquier avait plus de pouvoir que le ministre et une place boursière qu’un parlement élu. On s’en doutait un peu mais là, c’est merveilleusement explicite.

On pourrait conseiller à Juncker de relire Byron, de regarder les tableaux de Delacroix ou encore de se faire raconter, dans les bureaux climatisés de son grand-duché, l’histoire de Manolis Gleizos qui, une nuit de mai 1941, se faufilant avec quelques camarades communistes au milieu des sentinelles, descendit le drapeau à croix gammée qui flottait sur l’Acropole pour le remplacer par le drapeau national que tous les Athéniens virent pour quelques minutes flotter dans le soleil du matin.

Gleizos vit toujours, il est de toutes les manifestations de la place Syntagma. Et, paradoxe du combattant internationaliste, lui sait ce qu’est la souveraineté.

Apparemment, monsieur Juncker et l’Eurogroupe l’ont oublié comme ils ont oublié ce que signifie ce principe fondateur de la liberté : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Alors, avec Hugo, je déclare à la face de monsieur Juncker :

« En Grèce ! En Grèce ! Adieu, vous tous ! Il faut partir ! Qu’enfin, après le sang de ce peuple martyr, Le sang vil des bourreaux ruisselle ! En Grèce, ah mes amis ! Vengeance ! Liberté ! »

Jérome Leroy, journaliste à Causeur

Voir aussi sur Prêchi Prêcha:

La fin de l’Etat-nation, voilà leur rêve.
http://www.prechi-precha.fr/2011/06/17/la-fin-de-letat-nation-voila-leur-reve/

Quand l’Europe nous propose le protectorat…
http://www.prechi-precha.fr/2011/06/09/le-nouvel-age-du-colonialisme/

Communautarisme contre République: une menace en trois dimensions

Un spectre hante la République : le communautarisme a fait son apparition comme catégorie répulsive du discours politique et du champ intellectuel depuis le début des années 80. Se réclamer du communautarisme, c’est, pour un politique ou un intellectuel, la certitude d’un isolement rapide (« Qui est communautariste ? »). Le consensus dominant estime le communautarisme en expansion dans la société et prétend construire des digues contre lui, en même temps que les « valeurs républicaines », ringardisées il y a peu encore, reviennent à la mode (« Nous sommes tous des républicains », pourrait-on paraphraser). D’où vient alors le paradoxe selon lequel le communautarisme, prétendument combattu par tous, serait irrésistiblement en ascension ? Pour répondre à cette interrogation, un essai de définition s’impose. Celle que je proposerai s’articulera autour de trois dimensions.

« Envie du pénal » et « Reductio ad Hitlerum »
Le communautarisme est d’abord un réflexe idéologique, inséparable de l’extension du politiquement correct dans les pays d’Europe et les Etats-Unis. Certains sujets y sont désormais retranchés des règles du débat public en raison de l’implication de « minorités » plus ou moins bien définies, dont le respect inconditionnel est tenu pour acquis. Citons en vrac : la demande d’accroissement sans limite des droits associés à l’« homoparentalité », la demande de « reconnaissance » et de « dignité » des « descendants » de l’esclavage ou de la décolonisation par le vote de lois spécifiques (dites « lois mémorielles »), la revendication de places réservées dans les domaines les plus prestigieux de la politique, de la communication ou de l’entreprise privée pour les femmes et les minorités ethniques (par des politiques dites de « discrimination positive » ou favorisant la « diversité ») ou encore la demande d’intégration des pratiques culturelles et religieuses dans les cahiers des charges du Service public (quasi-disparition de certains plats dans les cantines scolaires, par exemple).

On assiste ainsi, dans les vieilles démocraties libérales, à un rétrécissement stupéfiant de la liberté d’expression, pourchassée jusque devant les tribunaux par des associations groupusculaires, parlant le langage de l’humanisme et de la tolérance, mais d’abord mues par le souci de la censure et réclamant peines de prison et interdits professionnels pour les « mal-pensants ». L’« envie du pénal », selon l’expression de Philippe Muray, semble désormais la passion dominante de la nouvelle ploutocratie du monde associatif et militant, intégrée à la société du spectacle dans ce qu’elle a de plus méprisable et médiocre, usant de la « reductio ad hitlerum » comme d’autres, en leur temps, de l’accusation de « fascisme ».

« Victimes » d’hier, « victimes » d’aujourd’hui
Dans ce contexte idéologique délétère, on reconnaît bien entendu la vieille fascination de la gauche pour la culture de la marge ou de la minorité (avatar du léninisme ?), réflexe qui n’a fait que s’exacerber avec le mépris grandissant de l’intelligentsia de gauche pour les classes populaires autochtones, désormais assimilées à la « majorité »… dominante. Par un étonnant renversement, la cause du communautarisme remplace ainsi les « victimes » d’antan (les travailleurs, dont les caractéristiques ethniques, religieuses ou sexuelles étaient tenues pour négligeables) par les « victimes » d’aujourd’hui (immigrés, femmes, membres de minorités ethniques, religieuses ou sexuelles), au moment même où le système économique mondial relègue effectivement le monde ouvrier dans les marges (du moins en Europe et aux Etats-Unis), rompant ainsi avec la centralité de la figure ouvrière dans le système capitaliste. Cette inversion s’établit en même temps que la question sociale disparaît des écrans radar au profit de questions sociétales plus ou moins légitimes mais qui, sans conteste, ont pour effet d’éjecter la première nommée de l’agenda politique.

La carte qui gagne à tous les coups
Le communautarisme est aussi une stratégie opportuniste, pour le Narcisse en mal de reconnaissance comme pour le filou sans morale. En France, vieille nation politique individualiste, l’apparition d’entrepreneurs communautaires prétendant parler au nom de leur « communauté » d’origine peut s’expliquer aisément. Carte médiatique à coup sûr gagnante (surtout depuis que les entrepreneurs communautaires – tout en réclamant des mesures d’inspiration communautariste – parlent la langue de la République), arme de pression sur des responsables politiques mal conseillés ou simplement couards, le choix d’un positionnement communautaire permet l’acquisition de rentes de situation dans l’appareil médiatique et politique et une exposition sans commune mesure avec l’influence réelle ou la représentativité desdites associations ou des individus. Après tout, Tariq Ramadan, citoyen suisse d’origine égyptienne, n’était-il pas tenu pour un spécialiste des banlieues françaises au seul motif qu’il est musulman ? Jean-Guy Talamoni, l’un des chefs de file du nationalisme corse, n’a-t-il pas été « poussé » par le quotidien Le Monde pendant des années avant que les citoyens français de Corse ne mettent un coup d’arrêt, en juillet 2003, à la logique de séparation institutionnelle proposée alors par les autorités de la République ? Le CRAN (« Conseil Représentatif des Associations Noires » de France) ne bénéficie-t-il pas d’une médiatisation sans rapport avec ses maigres effectifs (une centaine de personnes, selon des sources internes) ? Et, suprême injure faite à la philosophie républicaine, la quasi-totalité des membres du gouvernement et de l’opposition ne prend-elle pas soin, tous les ans, de se rendre au dîner annuel du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF), craignant de subir les foudres de responsables ne faisant pourtant guère dans la nuance dès qu’il s’agit de « repentance » ou de défense des intérêts israéliens ?

A l’école du CRIF
Il faut ici se rendre à l’évidence : c’est bien la relation institutionnelle incestueuse entre le CRIF et le monde politique français qui fournit tout à la fois la matrice que les nouvelles organisations communautaires (CRAN, CFCM – Conseil Français du Culte Musulman – oscillant perpétuellement entre son rôle cultuel et une ambition politico-communautaire, etc.) cherchent à imiter et la jurisprudence qui justifie toutes leurs audaces. Constat tragique au pays de Stanislas de Clermont-Tonnerre…

Ce sens de l’opportunité des entrepreneurs communautaires s’allie parfaitement à la première dimension de la dynamique communautariste et fournit à bon compte des solutions faciles et « médiatisables » à des élus ou responsables politiques éprouvant des difficultés réelles à proposer des politiques publiques qui emporteraient l’adhésion collective, dans une société marquée par l’anomie et l’individualisation.

Une séparation destructrice
Le communautarisme est, enfin, une réalité démographique dont il est difficile de mesurer la dangerosité. La séparation de fait des catégories populaires (Français de longue date désormais relégués dans les zones périurbaines et rurales ; immigrés récents vivant dans les banlieues intégrées aux villes-centres) introduit une nouveauté dans la France post-révolutionnaire. Elle porte en effet en germe la destruction de la pratique républicaine à la française, qui réussissait à fusionner un idéal politique élevé (la philosophie républicaine, d’inspiration libérale mais fortement teintée d’égalitarisme ; autrement dit : la tension féconde entre les principes d’inégalité et d’égalité) et une pratique anthropologique culturellement violente mais symétriquement antiraciste : l’assimilation.

On a longtemps constaté l’indifférence des Français à la race, sur une longue durée – en particulier par l’importance des mariages mixtes exogamiques, qui séparaient radicalement l’univers culturel français de l’univers culturel anglo-saxon ou allemand – mais cette particularité française se déployait à des époques d’immigration plus faible, où l’assimilation allait de soi sur le plan anthropologique (elle n’était alors pas perçue par la société française comme une violence insupportable, ou par les nouveaux venus comme un choix parmi d’autres) et où l’immigration était essentiellement masculine.

Laïcité molle
L’immigration familiale, depuis les années 1970-80, a bouleversé cet équilibre en changeant radicalement les conditions de l’immigration, déracinement désormais relatif sur les plans affectif et culturel. De plus, le rétrécissement des distances provoqué par les nouvelles technologies entraîne toute une série de conséquences sur les plans culturel et intime, qui se mesurent par exemple par l’importance des mariages conclus avec des hommes ou des femmes du village d’origine. L’affaissement des normes du pays d’accueil – induit mécaniquement par la concentration des populations immigrées et leur constitution en majorités relatives dans leurs quartiers d’habitation – implique la prise en compte, par un Etat républicain mal préparé, de multiples aménagements à caractère ethnique ou religieux, en contradiction avec le principe de laïcité d’une part, mais aussi avec le réflexe national de mise à l’écart de la religion dès lors qu’il s’agit de la sphère publique (réflexe touchant indistinctement les religions catholique, protestante et juive).

Une insécurité devenue culturelle

Cela fournit l’une des dimensions d’une insécurité culturelle ressentie de manière particulièrement violente par les catégories populaires des Français de longue date, dominées sur le plan économique, méprisées par la culture des classes dominantes et, désormais…


Une tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), auteur de Contre le communautarisme (Editions Armand Colin, 2007), parue dans le Journal Après-demain n°17 (« La République en danger », janvier 2011)