En 2016, les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri parlaient déjà de cabinet noir à l’Elysée

Les journalistes font semblant de s’étonner des pseudo-révélations des journalistes du Canard. Il y un an jour pour jour, les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri avaient déjà révélé l’existence d’un cabinet noir. L’activité de ce dernier était destiné à l’époque à faire tomber Sarkozy.

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Avril 2016

Les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri raconte dans leur livre « L’Élysée off » qu’un cabinet noir a été mis en place par l’Élysée en 2013 pour tenter de nuire à Nicolas Sarkozy, adversaire désigné comme le plus dangereux pour François Hollande pour 2017.

Ils en ont la preuve et ils en ont fait un livre: oui, il y a bien un cabinet noir à l’Élysée. C’est qu’affirment les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri, qui raconte dans leur livre L’Élysée off (publié ce mercredi chez Fayard) comment s’est mis en place ce cabinet, début 2013, pour suivre Nicolas Sarkozy, et notamment ses ennuis judiciaires. « Tout est fait pour que Nicolas Sarkozy se présente à la primaire pour la présidentielle de 2017 comme un candidat mis en examen », écrivent ses auteurs, qui racontent également les guerres internes au palais de l’Élysée, les batailles d’influence, les conseillers occultes.

« Le secrétaire général de l’Élysée fait remonter les infos utiles »

« Très clairement un système a été mis en place, des hommes de confiance ont été placés à des postes stratégiques pour faire remonter les informations utiles, c’est-à-dire celles concernant les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy », raconte Stéphanie Marteau ce mercredi dans Carrément Brunet. Des informations collectées selon eux par le secrétaire général de l’Élysée, Pierre-René Lemas d’abord (jusqu’en avril 2014), puis Jean-Pierre Jouyet, « qui les distille ensuite au président de la République ».

« L’objectif c’est que les affaires aboutissent à la mise en examen de Nicolas Sarkozy, poursuit Aziz Zemouri. Qu’il soit condamné importe peu à François Hollande, l’important c’est qu’il soit mis en examen ».

Car pour François Hollande, c’est son prédécesseur au Palais qui est l’adversaire le plus dangereux dans l’optique de la présidentielle de 2017.

« Fouille dans les archives informatiques de l’Élysée »

« Pour nous l’affaire la plus symptomatique c’est celle des écoutes de Élysée dans le cadre de l’affaire Bettencourt et du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. (L’Élysée) choisit les gens qui sont amenés à enquêter sur ces affaires. Très concrètement les policiers sont choisis en fonction de leurs états de services proches du pouvoir. L’équipe d’enquête, ici, est clairement proche du pouvoir ».

Autre exemple cité par les auteurs du livre et raconté par Stéphanie Marteau : « On a demandé au chef du service informatique, Bernard Muenkel (recruté sous la présidence Sarkozy), d’aller fouiller dans les archives du précédent quinquennat (celui de Nicolas Sarkozy) et d’aller piocher tous les documents qui pouvaient servir la justice et le mettre en cause, notamment dans l’arbitrage Tapie ». Une pratique illégale. Ce que refusera toujours l’intéressé, avant d’être remercié par le pouvoir en 2013.

« Un cabinet noir ? Ça ne me paraît pas crédible »

Un cabinet noir à l’Élysée ? Le journaliste du Monde, David Revault d’Allonnes, a du mal à y croire.

« La thèse d’un Hollande visant à nuire Sarkozy pour le discréditer, n’est pas crédible quand on voit sa stratégie électorale pour 2017, puisque son rêve c’est de retrouver Sarkozy au second tour de la présidentielle. Donc disqualifier Sarkozy pourrait lui nuire puisqu’il ne faudrait pas qu’il se retrouve face à Juppé ».

Le journaliste explique également dans Carrément Brunet qu’il ne voit pas l’équipe du président, qui « a fait preuve d’amateurisme » à plusieurs occasions, monter un tel cabinet. « Faire de Pierre-René Lemas et de Jean-Pierre Jouyet des deus ex machina d’une machination contre Sarkozy ne me paraît pas sérieux. Ce ne sont pas de grands tacticiens ».

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