25 mai : Peut-on se dire patriote et se planquer ?

Lu sur Riposte Laïque

Dans trois semaines nous connaîtrons le résultat des élections européennes. Dans un contexte où la dictature de l’UE se renforce, où son impopularité est grandissante, on ne peut que regretter que ce rejet ne se traduise pas par des grands rassemblements unitaires de tous ceux qui, quelle que soit leur famille politique, militent ouvertement pour le retour de la souveraineté de la France, qui passe par la sortie de l’Europe et de l’euro.

Certes, on pronostique un bon score du Front national, certains le placent même en tête des sondages. On peut penser que le parti présidé par Marine Le Pen enverra une vingtaine de députés FN-RBM à Strasbourg, sur quatre-vingt-sept. Et pourtant, dans le contexte actuel, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on passe à côté de quelque chose de bien plus important.

Parlons d’abord de Nicolas Dupont-Aignan. Même s’il nous irrite par sa couardise sur l’islam, nous devons reconnaître au président de Debout la République un combat exemplaire, depuis toujours, contre les méfaits de la construction européenne. Cela rend d’autant plus stupide, pour ne pas dire criminelle, le fait qu’il ait refusé toute perspective d’alliance avec le FN, et veuille présenter des listes partout. D’abord, il serait très étonnant qu’il ait un seul élu, au vu des règles du scrutin. D’autre part, les 1 ou 2 % qu’il obtiendra seront autant de voix qui manqueront à des députés FN, et permettront sans doute à des européistes d’obtenir des sièges. Enfin, des meeting communs FN-DLR seraient un message très positif envoyé à l’ensemble des patriotes.


Mélenchon fait la promotion de Maastricht par prechi-precha

Continuons par le M’Pep, abréviation mystérieuse qui signifie « Mouvement Pour Une Education Populaire ». Ses animateurs sont les anciens dirigeants d’Attac, regroupés autour de Jacques Nikonoff et Michèle Dessenne. Ils ont une particularité : ils se

réclament d’une gauche républicaine, en rupture avec la social-démocratie, et développent, souvent de manière pertinente, un excellent argumentaire pour sortir de l’UE et de l’euro. Ils ont juste un problème : ils courent après Mélenchon, et n’ont comme seule stratégie que de convaincre l’apprenti Mussolini de les écouter, alors que Méluche, qui défendait déjà Maastricht en 1992, continue à militer pour une autre Europe, comme l’ânonnent les socialistes depuis trente ans pour mieux nous enfumer. Le M’Pep, d’autre part, essaie laborieusement d’expliquer aux rares Français qui le connaissent que son projet de sortie de l’UE est de gauche, alors que celui du FN serait réactionnaire ! Résultat, ce groupuscule parle dans le vide. Plus grave, constatant qu’à gauche, personne ne parle comme lui, il appelle à l’abstention aux prochaines européennes, faisant ainsi, de manière stupide, délibérément le jeu des européistes de l’UMP et du PS, qui misent sur une forte abstention pour limiter les dégâts. S’ils avaient l’amour de la France et du courage, les animateurs du M’Pep, au lieu de courir après un Mélenchon qui les méprise, et de jouer les chochottes sur le FN, s’afficheraient aux côtés de Dupont-Aignan et de Marine Le Pen, et auraient négocié un ou deux députés au Parlement européen, pour y représenter leur tendance.

Evoquons l’ancien député-maire communiste, André Gerin. Nous avons une certaine tendresse pour celui qui a présidé la mission parlementaire sur le voile intégral. Dans une interview récente, celui-ci, que cela soit sur l’immigration, l’islam, l’Union européenne, les dégénérés écolos ou les prétendus socialistes, a exactement la même analyse que le FN. Aujourd’hui, Gerin a abandonné tous ses mandats, il est un homme totalement libre. Or, que propose-t-il, une fois ce constat effectué ? Au lieu d’en tirer les conclusions qui s’imposent, et de rejoindre le seul débouché politique qui correspond à ses discours, il appelle ses camarades à refonder le Parti communiste ! Désespérant ! Imaginons, là encore, l’effet produit par la présence d’André Gerin, son passé, son discours, son esprit de résistant communiste, si on le voyait apparaître à une tribune, en compagnie de Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

Puisque nous parlons d’André Gerin, comment ne pas évoquer un Jacques Myard, son pendant de l’UMP. Vieux grognard gaulliste et laïque (sans doute un des derniers de l’UMP), il ne cesse, dans ses communiqués, de pointer du doigt l’influence de l’Allemagne dans l’UE, et la catastrophe de l’euro fort. Contrairement à son ami communiste, Myard est toujours maire, indéboulonnable, de Maisons-Laffitte, et député des Yvelines. Il a aujourd’hui 67 ans. Ce n’est pas l’injurier que de dire qu’il n’a plus rien à prouver, et que sa carrière est derrière lui. Nul ne doute qu’il aime la France, comme Gerin, d’ailleurs. Pourquoi reste-il dans un parti qui a trahi la France, et l’a livrée à la dictature des technocrates de Bruxelles, qui nous imposent leurs diktats et veulent en finir avec notre France ? Qu’attend-il pour rejoindre le vrai camp des patriotes ?

Nous ne parlerons pas de cette curieuse énigme qu’est Jean-Pierre Chevènement, qui a réussi l’exploit d’écrire le plus beau réquisitoire contre l’Europe de Bruxelles, « La Faute de Monsieur Monnet », et qui, non seulement n’a jamais été capable de dire clairement qu’il fallait en sortir et revenir au Franc, mais qui continue à laisser le Parti socialiste, qui le hait et le méprise profondément, le prendre pour une serpillière. Pourquoi les voyous socialistes se gêneraient-ils, puisque, comme un vulgaire Mélenchon, Chevènement a appelé à voter Hollande, et a été capable, dans le passé, de quémander des listes communes avec les énarques de la rue de Solférino, qui disent pourtant le contraire du MRC depuis toujours sur la question européenne ? A présent, il appelle à l’abstention, ce qui va sûrement beaucoup dérangé l’UMP et le PS !

Enfin, des personnes comme Emmanuel Todd (par ailleurs individu d’une arrogance insupportable) ou Jacques Sapir paraissent sincèrement, sur l’Union européenne et l’euro, sur les mêmes positions que les patriotes. Pourquoi se sentent-ils si mal à l’aise à l’idée de le dire aux côtés de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont-Aignan ?

Certains nous qualifieront sans doute d’utopistes, parce que nous rêvons à des listes communes, et à des meetings communs, regroupant Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Nikonoff, André Gérin, Jacques Myard et Jean-Pierre Chevènement. Pourtant, nous continuons de penser que seule la peur de la diabolisation, de la part de derniers nommés, ajoutée à des médiocres calculs politiciens, empêche la concrétisation de cette union des patriotes, qui représente, pour 2017, la seule alternative politique possible à 40 ans de catastrophe de l’UMP et du PS.