37 agressions sexuelles dénombrées dans les collèges du 93 l’année dernière.

Parler du viol et surtout le prévenir, tel était l’objet de la rencontre organisée le 27 septembre dernier à Saint-Denis, pour les professeurs.

Le jeudi 27 septembre, les personnels du collège Federico Garcia-Lorca étaient conviés à une rencontre dont le projet remontait à juin dernier. À cette époque, six élèves sont arrêtés pour des viols en réunion commis sur une autre collégienne dans la cité du Franc-Moisin. Emmanuelle Piet est médecin de PMI auprès du conseil général, spécialiste réputée de la maltraitance infantile et présidente du Collectif féministe contre le viol.

Elle relève « cette année 37 agressions sexuelles dans des collèges de Seine-Saint-Denis avec 48 agresseurs, dans vingt communes ». Le cas de Garcia-Lorca n’est donc qu’un parmi d’autres.

« La violence ne s’apprend pas à la télé », insiste Mme Piet pour souligner l’ampleur d’un mal, qui s’enracine dans une maltraitance dont 50 000 enfants seraient les victimes. Jusqu’à en perdre la vie pour 300 à 600 d’entre eux, chiffres de l’Inserm en 2003. « Tous les agresseurs que j’ai rencontrés ont subi la maltraitance, l’abandon ou vu leur mère battue. » Au personnel des établissements d’être vigilant.

« Un agresseur repère sa victime, il installe la rumeur. » Celle d’une pute, d’une salope. Une fois repérée, « il faut la convoquer d’urgence, insiste Emmanuelle Piet. En général, elle connaît celui qui en est à l’origine ». Il s’agit de neutraliser au plus vite l’agresseur en puissance, avant qu’il ne passe à l’acte. « Il est important, continue-t-elle, de pouvoir penser ensemble. De redonner leur sens au mot du langage commun comme nique ta mère ou bâtard. » Une prof avoue son impuissance : « Quand je vois une fille maintenue à terre par un garçon, elle me répond “mais on joue, madame !” »

Une autre fait valoir le nombre insuffisant d’adultes pour stopper les bagarres, en particulier en récréation où les plus vulnérables font les frais des « jeux de cons ». « Il faut intervenir, poser la question : c’est quoi la règle du jeu ? », conseille Mme Piet.

Le Journal de Saint Denis