Jamel Debbouze : « Ne nous faisons pas avoir par cette peur outrancière qu’on essaie de nous vendre »

Le relativisme de ce tout petit bonhomme qui se prend pour un grand est effroyable.

 


Lors de ce gala de clôture, pour la première fois, des drapeaux français et marocains étaient posés sur chaque siège afin que les spectateurs les agitent au début du spectacle, comme cela peut se faire dans les stades. Pourquoi ?

Pour appuyer encore davantage sur le fait qu’on est ensemble, et qu’on ne peut pas faire autrement. Nous, les humoristes, avons un haut-parleur à notre disposition. Essayons de l’utiliser à bon escient, en disant : ne nous faisons pas avoir par ce mauvais marketing, par cette peur outrancière qu’on essaie de nous vendre. Evidemment, tout est flippant.

On peut mourir de tout : d’un cancer, d’une grippe, d’une noyade dans la Seine ou d’un acte terroriste. En attendant, vivons de toutes nos forces.

Vous voulez dire : « arrêtons de chercher un bouc émissaire » ?

Cela fait quinze ans qu’on a ce sentiment. Depuis le 11 septembre 2001, j’ai vu nos rapports s’affaisser, et ressenti le besoin de rassurer. Ce qui me fait le plus mal, et me vexe le plus, est qu’on soit, encore et encore, obligé de montrer patte blanche. Mais notre patte est marron ! Regardez Houda Benyamina, la réalisatrice qui a remporté la caméra d’or à Cannes avec son film « Divines ». Je la connais depuis trois ans, je la trouve incroyable. Sa petite sœur vient d’être admise au Conservatoire national d’art dramatique : c’était une victoire, une fête. Cela m’a touché. Pourquoi c’est si exceptionnel ? Pourquoi faut-il toujours qu’on en fasse quinze fois plus que les autres pour entrer dans les grandes écoles, pour accéder à l’élite ?
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