Grève générale au Nicaragua sur fond de répression meurtrière

Depuis le début de la contestation, le 18 avril, presque 100 personnes ont été tuées par la police nicaraguayenne. Les manifestants, dont de très nombreux étudiants, s’opposent à la réforme du système de sécurité sociale du président Daniel Ortega, au pouvoir depuis 20 ans.

C’est encore une révolution marxiste qui se termine dans le sang et la répression. Quand on sait que Mélenchon a dans son programme l’incorporation de la France dans l’alliance bolivarienne ,qui comprend le Venezuela et le Nicaragua, on a de quoi frémir à l’idée qu’un jour ce taré ou son ami Hamon puissent prendre le pouvoir.


La grève générale a été décidée au Nicaragua pour ce jeudi 14 mai par l’Alliance nationale pour la justice et la démocratie, qui regroupe organisations étudiantes, patronales, paysannes et l’épiscopat catholique. «Nous exhortons tous les chefs d’entreprise, petites et moyennes, ainsi que les professionnels et travailleurs indépendants à fermer leurs établissements», a déclaré José Adan Aguerri, président du Conseil supérieur de l’entreprise (Cosep).

Depuis le 18 avril, quand ont commencé les protestations contre le gouvernement de Daniel Ortega, près de 150 personnes ont été tuées et un millier blessées. Si les manifestants protestaient au départ contre une réforme des retraites, retirée depuis, c’est le régime autoritaire du président et de son épouse et vice-présidente Rosario Murillo, qui est contesté dans les manifestations et les barricades qui se sont multipliées depuis plus de deux mois.

Des milices paramilitaires qui sèment la terreur

Le lourd bilan s’explique par l’intervention de milices paramilitaires de soutien au régime contre les opposants. De nombreux témoignages font état d’hommes armés intervenant dans les rues de Managua et des principales villes du pays. Plusieurs vidéos montrent des paramilitaires armés de AK47, accompagnés de policiers, faisant la chasse aux opposants. Regroupés aux seins des «turbas», ils sèment la terreur au sein de l’opposition.

L’église catholique et les milieux d’affaires soutenaient encore il y a peu le régime du président Ortega. Le guérillero qui, à la tête de la guérilla du FSLN (front sandiniste de libération nationale), a fait tomber Somoza en 1979 après plus de 40 ans de dictature, a présidé aux destinées du pays de 1979 à 1990. Il revendiquait à l’époque une politique sociale et redistributive opposée à «l’oligarchie nicaraguayenne» et à l’église, représentant pour lui l’ancienne puissance coloniale. Il est revenu au pouvoir en 2007 appuyé cette fois par l’église et les milieux d’affaires, mais aussi par le Venezuela d’Hugo Chavez.

Une répression meurtrière

Mais l’aide du Venezuela a cessé à cause de la crise que subit le régime chaviste. L’église ne veut plus soutenir un régime dont les exactions sont chaque jour plus violentes. Les milieux d’affaires ont pris conscience que l’économie du pays était en train de s’effondrer du fait d’une politique gouvernementale inadaptée.

Un dialogue a pourtant été initié mi-mai. Mais la répression du 30 mai, jour de la fête des mères, qui a fait 15 morts, a coupé court aux discussions. Daniel Ortega a fait une proposition après l’annonce de la grève générale: anticiper l’élection présidentielle en 2019 alors qu’elle devait se dérouler en 2021. «Ortega propose d’anticiper les élections quand nous demandons sa démission», a sèchement répondu Medardo Mairena, du Conseil national de la terre.