À la Reynerie, les musulmans prient sous la pluie

13 heures, hier. Comme tous les vendredis, les voilà qui se hâtent lentement pour la rituelle 201402222856-fullprière hebdomadaire. Comme chaque semaine, les premiers fidèles auront droit à la mosquée de poche -une trentaine de personnes tout au plus- installée au rez-de-chaussée d’une des barres d’immeubles du cheminement «Gluck», au milieu de cette Reynerie en grande majorité musulmane. Les autres pratiquants trouveront refuge sur des tapis installés çà et là, si possible à l’abri du froid et de la pluie extérieurs, tous dirigés vers La Mecque, c’est l’usage. «Regardez-moi ça, grommelle Hocine Moussaoui, vous trouvez que ce sont des conditions décentes pour prier ?» Nous voilà bientôt arpentant les bas d’immeubles, les halls d’entrée, les cages d’escalier, pour tenter de nous frayer un chemin jusqu’au local faisant office de petite mosquée. L’imam Hada y décline les versets d’un Coran auxquels les fidèles souscrivent, tous dans la posture traditionnelle du priant. La voix de l’imam, à défaut d’être franchement amplifiée, est relayée en tout point de rassemblement, lesquels réunissent bien jusqu’à 300 musulmans. C’est bien ce nombre, plus important encore lorsque la météo est clémente ou que l’on est en période de ramadan, qui chagrine Hocine Moussaoui et Senouci Larbi, le duo du Parti de Coluche créé voilà déjà deux ans et qui, à quelques semaines des élections municipales, entend secouer le cocotier sur l’urgent besoin de mosquée dans le quartier.

«Eh oui, il y a 50 000 musulmans à Toulouse, à quoi bon ne pas le reconnaître ?», lâche Hocine. Il cite bien sûr la présence proche des deux mosquées Es-Salam et de Basso Cambo, mais indique que c’est largement insuffisant vu le nombre de pratiquants.Alors, lui et ses amis se tournent vers la médiathèque, et plus encore la crèche voisine (inoccupée), «qui pourraient servir de lieu de prière et éviter ainsi les problèmes de sécurité qu’engendrent chaque semaine tous ces rassemblements de prière».

Xavier Hurtevent