A Mantes-la-Ville, le maire FN veut bloquer la construction d’une salle de prière

Lu sur le Monde

Pour comprendre cette affaire lire l’article de Riposte Laïque du 2 novembre 2013 : Lèche-babouches de la semaine : Monique Brochot, Maire PS de Mantes-la-Ville.

extrait : Le projet est voté (18 voix Pour et 10 contre) par les élus PS et Front de Gauche, bien sûr soucieux de la « dignité » du levage des postérieurs vers Allah dans un lieu adapté. Les groupes Divers Droite et Centre ont justifié leur refus pour raison d’ « opacité  » et de manque de garantie financière. Quant au groupe Divers Gauche, il se dit d’accord pour une mosquée, mais pas dans la précipitation, trop près des élections. Le Front National parle de choix communautaire pour s’attirer les faveurs d’un vote communautaire

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« Nous sommes hostiles à ce projet et nous dénonçons le coup politique de l’ancienne maire pour s’attirer le vote communautaire des musulmans », affirme Cyril Nauth, le nouveau maire Front national de Mantes-la-Ville (Yvelines). Le projet : la construction d’une nouvelle salle de prière acceptée par l’ancienne municipalité, alors dirigée par Monique Brochot (PS).

L’Association des musulmans de Mantes-Sud (AMMS), anciennement Association El-Feth, dispose, depuis 2002, d’un pavillon loué à la ville. Un bâtiment d’une capacité de quelque 300 personnes, « qui n’est pas aux normes », selon Abdelaziz El Jaouhari, le président de l’AMMS.

Début octobre 2013, le conseil municipal, alors à majorité socialiste, décide d’acquérir l’ancienne trésorerie de la ville, qui appartient à la communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines. L’objectif de ce rachat : vendre ensuite ce bien à l’AMMS pour aménager une nouvelle salle de prière. Le coût total, d’environ 650 000 euros, doit être couvert par l’association. La nouvelle salle pourra accueillir environ 700 personnes.

L’agglomération et la ville se sont mises d’accord pour le rachat, mais il n’a pas été entériné avant les municipales… et la défaite de la maire socialiste.

OBSTACLES JURIDIQUES

Or, lors de la campagne, le futur maire FN a promis de s’opposer au projet de salle de prière, invoquant des problèmes de stationnement dans le quartier et dénonçant un « vrai danger financier », si l’association ne rassemblait pas la somme pour acheter les locaux.

Peut-il réellement s’opposer au projet, alors que la mairie socialiste a déjà signé la promesse de vente ? « Il s’agit d’une promesse unilatérale de vente et non d’un compromis, le vendeur ne peut se rétracter », remarque Bernard Dolez, professeur de droit public à l’université de Lille-II et de Paris-XIII.

« Si la ville ne souhaite plus réaliser la vente, une demande d’exécution forcée de la vente a peu de chances d’aboutir », poursuit-il. Mais la ville pourra alors être condamnée à verser des dommages et intérêts à l’AMMS, ceci aux frais des contribuables.

« On va voir ce que ça peut coûter, mais pour respecter l’électorat mantevillois, on est prêts à payer cette somme, qui ne sera pas indécente, je pense », assure Cyril Nauth.

« DISCRIMINATION »

« Nous allons étudier toutes les possibilités juridiques et légales pour que le projet n’aille pas à son terme. Nous avons demandé un délai d’un mois, jusqu’à la mi-mai, pour étudier le projet. S’il n’est pas possible d’y mettre un terme, on se soumettra à la loi mais rien n’est fait pour l’instant », a-t-il précisé.

« A part pour nous discriminer, je ne vois aucune raison de s’opposer à ce projet, déplore Albelaziz El Jaouhari. Nous sommes attachés à la construction d’une salle de prière digne de ce nom depuis 25 ans. Les autres cultes disposent de lieux, je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour nous car le pavillon que nous occupons actuellement va être démoli. »