Affaire Ferrand: de l’argent public a servi à l’installation des Mutuelles de Bretagne dans le bâtiment loué à sa compagne

Le Conseil municipal de Brest et le Conseil général du Finistère ont versé de l’argent public aux Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand a été le directeur général jusqu’à son entrée à l’Assemblée nationale en juin 2012, pour financer – au moins en partie – l’installation des Mutuelles dans les locaux appartenant à la compagne du ministre de la Cohésion des territoires et abritant un centre de soins pour personnes âgées à Brest. Ce sont les informations que BFMTV a tiré de la consultation de documents officiels. Au total, ce sont 55.000 euros de subventions que les Mutuelles de Bretagne ont récoltés pour l’installation et l’équipement des locaux.

La révélation de ces versements constituent un nouveau volet dans l’affaire soulevée autour d’une opération immobilière polémique qui a conduit le parquet de Brest à ouvrir une enquête préliminaire. 

55.000 euros en trois fois

Sur un premier document, une demande de subvention adressée au Conseil général du Finistère, datée du 1er décembre, les Mutuelles de Bretagne disent tabler sur un coût total de 300.000 euros pour la création d’un « nouvelle plateforme ». Dans la volonté d’éviter, écrivent-elles, que des frais trop importants ne viennent peser sur la prochaine activité et pour contribuer à l’équilibre financier, elles demandent une aide. Le Conseil général débloque alors 15.000 euros.

Un second document, issu d’une délibération du Conseil municipal de Brest du 23 octobre 2012, apporte aux Mutuelles de Bretagne une autre subvention, d’une valeur, cette fois-ci, de 20.000 euros. Il s’agit d’aider à la « mise en place d’une plateforme unique de gestion des services brestois des Mutuelles de Bretagne ». Quatre mois plus tard, plus précisément le 12 février 2013, le Conseil municipal double cette aide. Ces 55.000 euros sont délivrés en trois documents. Benjamin Griveaux, porte-parole de « La République en marche », avait pourtant affirmé le 24 mai sur France Info qu’il n’ y avait « pas (eu) d’argent public » engagé dans cette opération dévoilée dans un premier temps par Le Canard enchaîné. 

La suite