Agressions en série à la sortie des boîtes toulousaines

Des agressions parfois très violentes se produisent régulièrement à la sortie des boîtes de nuit toulousaines. Les victimes sont souvent très jeunes et sous l’effet de l’alcool.

La lèvre inférieure d’Adrien (les prénoms ont été changés) est barrée d’une large balafre. «Vingt-trois points de suture», précise-t-il. Un souvenir de fin de fête dont ce lycéen de 19 ans, originaire d’un village situé au sud de Toulouse, se serait bien passé. Le 12 octobre dernier, un groupe de jeunes l’a roué de coups alors qu’il quittait une boîte de nuit du centre-ville de Toulouse avec un copain.

Adrien a la carrure d’un rugbyman, sport qu’il pratiquait adolescent. C’est d’ailleurs avec ses copains du rugby qu’il était allé fêter un anniversaire à L’Opium Club, une boîte située à proximité des allées Jean-Jaurès à Toulouse. Vers 5 heures, alors que la fête battait encore son plein, lui et son copain Mickaël ont décidé de rentrer à pied jusqu’au studio du second. «Des inconnus nous ont accostés alors qu’on était près du métro Jeanne d’Arc, relate Mickaël. Adrien a couru mais ils m’ont encerclé.» Voyant que son ami était resté derrière, Adrien est revenu. «Alors ils lui sont tombés dessus.» Adrien chute, une pluie de coups s’abat sur lui. «Il y avait un distributeur de billets à l’angle de la rue. Ils m’ont dit : File-nous 100 euros ou on continue de frapper ton pote», relate Mickaël. Le jeune homme s’exécute, tend les billets et ses agresseurs détalent. Selon les deux garçons, «ils étaient une dizaine», guère plus âgés qu’eux.

Mickaël compose le 18. Rapidement sur les lieux, les pompiers les transfèrent aux urgences de Purpan. Adrien a de multiples hématomes, la lèvre fendue en deux et souffre d’un traumatisme crânien.

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«Le légiste m’a dit : tu as de la chance d’être en vie»

Avant, Kars, 19 ans (le prénom a été changé), allait souvent en boîte. Depuis l’agression, il fuit plutôt les autres. «Je ne supporte pas leur regard», dit-il tristement. Agressé très violemment il y a dix jours sur le parking du Barnum, une discothèque toulousaine située quartier Montaudran, ce jeune intérimaire a le visage couvert de sparadraps. «Fracture des pommettes, du nez, du plancher orbital», énumère-t-il. Son nez est plâtré, il a une plaque sous la joue droite.

L’histoire commence sur le parking du Barnum, le dimanche 12 octobre. Il est 6 h 30 du matin. Kars a passé la soirée avec un groupe de copains dans cette boîte qui est un peu son «QG». Les autres sont partis devant. Lui monte en voiture avec un ami quand une Clio 3 bleu foncé leur barre la route. «Il y avait quatre ou cinq gars. Un a commencé à nous dire qu’on avait insulté sa femme», raconte-t-il. Kars tente de calmer le jeu mais il se prend une pluie de coups. «Un m’a fait une balayette, je suis tombé par terre puis je me suis évanoui. C’est la discothèque a appelé le Samu.»

Ses agresseurs se sont acharnés sur lui. Opéré dans la journée à Purpan, il est resté quatre heures sur la table d’opération, puis trois jours à l’hôpital. Dix jours après, sa semaine est rempli de rendez-vous médicaux. Mercredi matin, il a vu le médecin légiste. «Il m’a dit que j’avais de la chance d’être en vie», indique-t-il.

Kars a déposé plainte. Désormais il ne souhaite qu’une chose : que l’on retrouve ses agresseurs. «Ils se trouvaient forcément dans la boîte ce soir-là. Je ne me souviens que de celui qui m’a frappé. Il était petit, baraqué, la vingtaine. À un moment, ils ont parlé une langue étrangère.» Le jeune homme précise également qu’à son réveil, sa bague et sa montre avaient disparu.