Algérie : 19 mars une “journée du souvenir” ou une nouvelle provocation.

Un projet de loi communiste réclame de faire du 19 mars une “journée du souvenir”. C’est une imposture historique et un manque cruel de respect aux victimes massacrées après ce faux cessez-le-feu.

La gauche lance une nouvelle offensive partisane visant à manipuler la lecture de la guerre d’Algérie pour faire prendre à François Hollande des décisions contestables, à la veille de son premier voyage officiel à Alger (décembre). Ce 25 octobre, le Sénat doit examiner une proposition de loi visant à faire du 19 mars la “journée nationale du souvenir de la guerre d’Algérie”. Ce texte avait été déposé le 28 mars 2000 par le député Alain Bocquet, au nom du groupe communiste et apparentés, puis adopté par l’Assemblée le 22 janvier 2002. Il n’arrive que maintenant devant les sénateurs !
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Ce choix est une imposture historique totale : il n’y a pas eu de cessez-le-feu ce jour-là et la guerre d’Algérie ne se terminera réellement qu’en décembre 1962. Cette proposition traduit surtout un manque révoltant de respect pour les dizaines de milliers de victimes recensées après le 19 mars.

Est-ce vraiment étonnant ? Fidèle aux “porteurs de valises” qui avaient naguère pris le parti du FLN algérien contre la République française et son armée, contre les Français d’Algérie et contre les musulmans restés fidèles à la France, la gauche calomnie depuis cinquante ans l’oeuvre française en Algérie, ne retenant que les pires moments de cette période – il y en eut – , en gommant l’héritage exceptionnel laissé sur cette terre par cinq générations de Français. Les plus militants réclament même un acte de repentance pour les “crimes” de la colonisation. Hollande tombera-t-il dans ce piège tendu par certains de ses amis ?

Le 19 mars (date du cessez-le-feu consécutif aux “accords” signés à Évian le 18 mars) marque la défaite de la France, sinon militaire – la guerre intérieure était gagnée – , au moins politique, avec « l’abandon volontaire » de l’Algérie, selon le mot de François Hollande. Les “accords” d’Évian (il s’est agi en réalité de “déclarations” d’intention, sans aucune portée juridique) furent aussitôt violés. Indifférent, pressé de se “débarrasser du boulet”, de Gaulle accepta les conditions terribles de l’exode des pieds-noirs, au nom de la raison d’État. Le territoire et ses richesses furent bradés. Les fidèles à la France furent lâchés. La valise ou le cercueil !

Le 19 mars n’est en aucun cas un cessez-le-feu (sauf unilatéral, du côté français), à moins de tenir pour quantité négligeable les 386 soldats français tués après cette date, et surtout le calvaire – enlèvements, massacres – subi par quelque 3 000 Français d’Algérie et 70 000 musulmans qui avaient choisi le camp de la France (harkis, moghzanis). Notre pays, en baissant ses armes, les abandonna aux tueurs du FLN.

Les historiens sont d’accord : du 19 mars à la fin décembre 1962, il y eut plus de victimes (Français et musulmans profrançais) que pendant les huit années de la guerre civile (1954-1962) ! Peut-on célébrer le début d’une période marquée par des “crimes contre l’humanité” et une “épuration ethnique”, comme disent aujourd’hui la Ligue des droits de l’homme et la Licra, après cinquante ans de silence ? Le 19 mars est un faux armistice. Par respect pour notre histoire et nos morts, cette date doit rester un faux anniversaire. 

Lire l’article deFrédéric Pons sur Valeurs Actuelles