« Alors, vous enlevez le gilet ? » : « Macron a à peine disparu des écrans, que les éditocrates, eux, ont tranché. Il y a du lourd. Ils se sont gentiment laissés bercer » analyse D. Schneidermann

« Alors, vous l’enlevez, le gilet ? », Macron a à peine disparu des écrans, que les envoyés spéciaux se précipitent sur les rond-points. Là , maintenant, tout de suite, il faut délivrer son verdict, trancher, alors, oui ou non, vous repliez les tentes ?

A peine la diffusion de l’intervention terminée (elle était en différé, les rédactions ont donc pu la visionner avant tout le monde), les éditocrates, eux, ont tranché. Il y a du lourd, du substantiel, c’est un tournant, un virage, un acte deux, on ne voit pas pourquoi ils ne les enlèveraient pas, leurs gilets, il est temps de sortir de la « séquence », de passer à autre chose.

Il faut du temps, pourtant, pour démêler les vrais euros des embrouilles. (…) Il faut du temps pour comprendre que la hausse du SMIC ne sera pas une hausse du SMIC. Ce sera l’accélération d’une augmentation de la prime d’activité, initialement étalée sur tout le quinquennat, et soumise à de multiples conditions restrictives.

(…) Mais les éditorialistes politiques, eux, ont déjà tranché. Ils ne regardent pas les chiffres. Ils ne se posent pas la première question venant à la tête de tout salarié normalement constitué : les 100 euros supplémentaires pour les smicards, net ou brut ? (En vrai, c’est du net). Ils écoutent les mots. La musique des mots. Ils se laissent gentiment bercer. Ca tombe bien, c’était aussi fait pour.