Anjem Choudary : « Notre but ultime est d’instaurer la charia en Angleterre et partout en Europe. »

INTERVIEW – Auteur de la fatwa contre Malala, Anjem Choudary officie comme juge d’un tribunal de la charia à Londres.

Pourquoi avoir lancé une fatwa contre Malala Yousufzai, qui n’est qu’une jeune fille?
Malala est le produit de l’occupation d’une terre : celle du Pakistan par les Américains. Ses prises de position sont donc peu surprenantes mais néanmoins inadmissibles. Elle soutient la démocratie, réclame une société laïque, s’insurge contre le djihad et les moudjahidine, veut que les filles et les garçons étudient côte à côte! Tout cela est contraire aux préceptes de l’islam et du Prophète. Cette fille est ainsi devenue une icône dans les pays occidentaux, en partie grâce à l’aide du gouvernement pakistanais, qui l’a utilisée pour rester au pouvoir.

Une fatwa est souvent associée à un verdict de mise à mort. Est-ce votre position? 
Une fatwa ne veut pas nécessairement dire une mise à mort. Dans son cas, c’est une femme apostate, une mécréante qui s’est détournée de l’islam.

Que pensez-vous de l’attaque qu’elle a subie au Pakistan?
Rien n’a été prouvé. Nous attendons encore les conclusions de l’enquête. Mais je suis sûr qu’à la fin, tout le monde reconnaîtra que les talibans sont des moudjahidine valeureux et nobles, des guerriers au cœur pur.

En quoi le 11 septembre 2001 a-t-il, selon vous, constitué un tournant?
Le cheikh Oussama [Ben Laden], qui fut un grand martyr, a mis au grand jour la haine de l’Occident envers le monde musulman. Il nous a ouvert les yeux. Nous sommes, grâce à lui, engagés dans un combat idéologique et religieux contre les Occidentaux.

Que voulez-vous, en fait?
Notre but ultime est d’instaurer la charia en Angleterre et partout en Europe. Nous avons déjà des tribunaux qui fonctionnent selon les préceptes de l’islam, des zones géographiques qui relèvent uniquement de la charia. Tout n’est qu’une question de temps et de fidèles. Et nous avons les deux.

JDD