APL : 3 bénéficiaires sur 10 touchent plus que le montant de leur loyer

François Pupponi, député-maire de Sarcelles et auteur d’un rapport parlementaire sur les aides au logement. Interrogé par BFM TV, l’élu socialiste déplore cette dérive : « Le gouvernement ignore volontairement une découverte qui devrait l’alerter ».

Aucune fraude ne vient pourtant gonfler ces chiffres. Le système de calcul est le seul responsable alors que les APL sont calculées en fonction du loyer, des revenus et de la composition familiale. Ainsi, certains foyers peuvent bénéficier d’un financement allant jusqu’à 90% voire 95% de leur loyer. Mais cela ne s’arrête pas là. Chaque bénéficiaire bénéficie en plus d’un forfait d’une cinquantaine d’euros, détaille le média. Un ajout qui provoque ainsi ces dépassements de loyers dénoncés par François Pupponi.

Les grandes villes, à l’image de Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux et Toulouse, se situent généralement dans des zones tendues en matière de logement et ne sont guère concernées par ces dysfonctionnements du système. À l’inverse, les logements situés dans les zones non tendues, c’est-à-dire avec des loyers souvent plus faibles, sont concernés. Une problématique à résoudre pour le député socialiste : « Concrètement, certains foyers peuvent ne plus payer de loyer, alors que d’autres, à revenus et situations familiales égaux, continuent à payer eux-mêmes au moins partiellement (…) Sur les 20 milliards d’euros d’APL versés chaque année, sans doute plusieurs milliards couvrent la totalité des loyers et certains bénéficiaires ».

Un rapport qui malgré tout peu de chance de faire bouger les lignes. François Pupponi en a bien conscience malgré une gestion par la CAF estimée à « 800 millions d’euros par an ». « N’oublions pas que les APL financent aussi indirectement les bailleurs sociaux qui ont donc tout intérêt pour leur équilibre financier à ce que l’État ne réduise pas trop la voilure »; conclut-il sur BFM TV.