Après les producteurs de fruits du Sud…les abattoirs !

Après les producteurs de fruits du Sud…les abattoirs ! la fermeture de AIM est la conséquence de l’embargo de l’UE sur la Russie
  • Les abattoirs AIM emploient 600 salariés dans la Manche en Ille-et-Vilaine. Ce matin, un CCE pourrait faire des ; annonces douloureuses ".
    Les abattoirs AIM emploient 600 salariés dans la Manche en Ille-et-Vilaine. Ce matin, un CCE pourrait faire des«  annonces douloureuses « . | Archives Jean-Yves Desfoux
Les abattoirs AIM emploient 600 salariés dans la Manche en Ille-et-Vilaine. Ce matin, un CCE pourrait faire des « annonces douloureuses ».

Les Abattoirs industriels de la Manche (AIM) emploient 400 personnes à Sainte-Cécile (Manche), 200 à Antrain (Ille-et-Vilaine) et 30 à Vire (Calvados). Ils ne disposeraient pas de la trésorerie suffisante pour payer les salaires de décembre.

Le groupe réunit aujourd’hui un comité central d’entreprise extraordinaire. Il devrait faire « des annonces douloureuses ». Un dépôt de bilan aurait le mérite d’enclencher l’assurance de garantie des salaires (AGS) afin que tous les salariés soient payés. La direction n’a pas souhaité commenter la situation. Ni le président de Cap 50, la coopérative de producteurs de porcs de la Manche qui détient majoritairement AIM.

Problèmes de trésorerie

Depuis cinq ans, le groupe traîne des problèmes de trésorerie, malgré 280 millions de chiffre d’affaires. « Après la crise financière de 2008, le crédit bancaire s’est tari. AIM a investi sur ses fonds propres pour moderniser son abattoir de Sainte-Cécile », rappelle un spécialiste du secteur.

Fragilisé financièrement, AIM n’a pu affronter la concurrence à bas coût des jambons espagnols et allemands. Absence de marge sur le porc et moins de bovins abattus, l’outil

industriel a été restructuré. L’abattoir de Nogont-le-Rotrou (Eure-et-Loir) a fermé en 2013. Aujourd’hui, Antrain traite bovins et truies de réforme ; Sainte-Cécile abat et commercialise 380 000 porcs charcutiers par an.

Aides

La direction essaie d’exporter des carcasses entières pour compenser les difficultés sur la salaisonnerie. Insuffisant. Le 27 juin 2013, l’argent public doit venir à la rescousse d’AIM. Le département de la Manche et la Région votent une avance remboursable de 700 000 €, se portent garant sur 3 millions d’euros de crédit.

L’intervention publique permet de régler les salaires. Début 2014, nouvelle aide. Après un lobbying notamment de Bernard Cazeneuve, le ministre normand, une société d’économie mixte (SEM), réunissant État, Région et département de la Manche, rachète les actifs immobiliers d’AIM pour près de 8 millions. Avant de les relouer à l’entreprise. La bouffée d’oxygène n’a pas duré un an…

Bernard Tréhet, président de la SEM, évoque des repreneurs… Pascal Férey, le président de la Chambre d’agriculture de la Manche et administrateur de la SEM, lui, est plus circonspect. « Nous sommes très très inquiets… »

Source: Ouest France