Politique

Arles : la victoire douloureuse de Michel Vauzelle

Valérie Laupies était opposée au second tour au président du conseil régional de PACA, Michel Vauzelle. Gourou d’un PS gangréné par la maffia,Franc Maçon et fier d’être le président d’une région musulmane, le Baron Vauzelle a fait sa fortune personnelle sous les lambris de la république.
Pour Valérie Laupies, directrice d’école en ZUP, ancienne Chevènementiste devenu mariniste convaincue, l’enjeu était de taille….( lire son interview avant les élections) Même si elle n’est pas parvenue à faire tomber le socialiste de son piédestal, son résultat est encourageant.

Arles : la victoire douloureuse de Michel Vauzelle

Victoire étriquée à 51,2% contre 48,8%. Le boulet lepéniste a soufflé aux oreilles du baron socialiste de PACA, Michel Vauzelle. Quelques voix venues de la droite ont manqué à Valérie Laupies pour gagner un scrutin inédit en France, où le candidat UMP, battu au premier tour, avait appelé avec vigueur à « tout faire pour battre Vauzelle ».

La bataille de la seizième circonscription des Bouches du Rhône qui s’étend d’Arles à Tarascon était inégale. A gauche, Michel Vauzelle, député sortant, président du conseil régional de PACA, élu et réélu à ce poste, ancien maire d’Arles; à l’extrême droite, Valérie Laupies, élue au Conseil régional en 2010, battue aux dernières élections cantonales mais rassemblant 42% des voix, en augmentation de 59% par rapport au premier tour. D’un côté un baron du socialisme, proche de Mitterand et ancien garde des Sceaux qui remercie ses électeurs sous les ors de la mairie d’Arles; de l’autre, une candidate qui compte ses voix sur la table de la cuisine de sa maison transformée en permanence électorale.

Le professionnel de la politique disposant des moyens de sa fonction a gagné, certes, contre la directrice d’école en congé pour trois semaines de campagne qui avait pris soin de choisir un suppléant en la personne d’un proviseur à la retraite. Mais d’un cheveu, 51,2% contre 48,8%. A peine 1500 voix sur un total de 88000 votants.

«Ma douleur est profonde devant le visage du pays d’Arles que nous ne reconnaissons pas», a-t-il expliqué à ses électeurs vers 21h 30, dimanche soir. «C’est la campagne la plus difficile que j’ai menée, confiait-il à Marianne quelques heures avant la fin du scrutin? J’ai vu partout la montée du racisme et des effets de la dédiabolisation de Marine Le Pen. Dans cette région qui s’est donnée deux fois de suite un président de gauche, on ne peut plus parler de porosité entre les électorats de l’UMP et ceux de Marine Le Pen. Désormais, les frontières n’existent plus.»

Et pour cause, le candidat UMP, Roland Chassain, battu au premier tour, a laissé le champ libre à la candidate frontiste, sans appeler à voter explicitement pour elle, mais en demandant à ses électeurs de tout faire «pour battre Vauzelle». «Je ne pensais pas être le seul à porter les valeurs de la République» a poursuivi le député une nouvelle fois élu devant ses supporters, conscient que l’échec avait frappé à sa porte.

Laupies, candidate à la mairie de Tarascon ?
A Tarascon, entre la cuisine et le salon envahi par les militants, Valérie Laupies a accusé le coup quelques instants, avant de reprendre le dessus. Vers 18 h30, alors que tombaient les premiers résultats des bureaux des Saintes-Marie-de-la-Mer, la petite ville dont Roland Chassain est le maire (72% des voix pour elle), de Tarascon, sa ville, (53%), que certains quartiers d’Arles, ville réputée favorable à la gauche était en train de changer de couleur, elle y a cru. Et puis les reports des voix UMP du premier tour se sont faits moins généreux. «Ce n’est pas une défaite, a-t-elle expliqué, j’ai tenu jusqu’au bout. Avec le score que je fais dans ma ville, je deviens une candidate crédible pour la mairie.»

Elle surfe en effet de scrutin en scrutin, engrangeant à chaque fois davantage de voix. De quoi effrayer ses adversaires les plus expérimentés. Celle qui en 2006 encore, adhérente du MRC de Jean-Pierre Chevènement, se considérait à gauche, mène un combat de mère de famille en colère, «J’ai changé de point de vue le jour où j’ai mis ma fille à l’école publique, explique-t-elle, convaincue de n’avoir pas trahi ses valeurs, j’ai juste gagné en liberté de penser.» Elle est en quelque sorte l’incarnation de la politique de « dédiabolisation » de Marine Le Pen.

Mince, élégante, relativisant sa défaite en pensant «à son arrière grand-père mort dans un assaut durant la guerre de 14-18 qui quelques heures avant sa mort écrivait à sa femme pour lui raconter qu’il avait parlé avec des soldats allemands d’une tranchée à l’autre le temps d’une trêve» ajoutant «c’est ça jouer sa peau, moi qu’est-ce que je risque, si je perds lundi je reprend mon boulot à l’école », elle vient d’entrer dans la vie politique arlésienne avec fracas. Pas sûr qu’on l’en déloge facilement.

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