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Arnaud Montebourg et François Hollande, les nouveaux amis du Qatar.

Le Qatar était l’ami de Nicolas Sarkozy. Ce dernier n’est plus président de la République, mais qu’à cela ne tienne, le Qatar ne jure maintenant plus que par le PS. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, et François Hollande, le président de la République, ont d’ailleurs, quelques semaines à peine après leur entrée en fonction, rencontré les hauts dignitaires de l’émirat.

La transition politique a été préparée de longue date. Mohamed al-Kuwari, l’ambassadeur du Qatar en France, s’active depuis… une dizaine d’années pour que les liens entre Paris et Doha résistent à une alternance politique.

En poste en Iran — une ambassade très stratégique en raison des relations tendues avec le Qatar — puis aux États-Unis, le diplomate a pris ses fonctions en France en 2003, sous la présidence de Jacques Chirac. Très rapidement, il identifie le PS comme le seul parti crédible en cas d’alternance. Mohamed al-Kuwari décide de tisser une véritable toile d’araignée pour répondre à toutes les éventualités. Contrairement à un ambassadeur classique, il ne se contente pas de se présenter au chef de parti, François Hollande, à qui il rend visite au siège du PS dès 2006. Il identifie puis rencontre régulièrement tous les cadres socialistes, « éléphants » ou jeunes pousses, susceptibles d’entrer un jour dans un gouvernement : Jack Lang, Bertrand Delanoë, Martine Aubry mais aussi Pierre Moscovici, Manuel Valls et Arnaud Montebourg, ces trois derniers aujourd’hui ministres. Plusieurs d’entre eux sont invités à Doha.

En 2012, Mohamed al-Kuwari multiplie les contacts au moment des primaires socialistes. Des rendez-vous très discrets pour éviter de froisser les amours-propres, souvent fixés dans les hôtels particuliers du Qatar plutôt qu’à l’ambassade.

En 2007, après l’élection de Nicolas Sarkozy, l’émir du Qatar avait été le premier chef d’État arabe à être reçu à l’Élysée. En juin 2012, Hamad bin Jassem al-Thani, le Premier ministre aux commandes de la Qatar Investment Authority (QIA), fait partie du peloton de tête des personnalités étrangères à franchir le perron du palais présidentiel.

En tout état de cause, le Qatar continue d’« envahir » la France en achetant des hôtels, le club de football du PSG, et tout récemment Paris handball, etc. Cela ne s’arrêtera sûrement pas là.

Le Parisien