Archives de catégorie : Fil Info

Robert Ménard : on doit cesser de voir l’histoire seulement à travers le regard de Benjamin Stora

« Vive l’Algérie française ! » Pour les 50 ans de l’indépendance de l’Algérie, le titre est osé. Robert Ménard et Thierry Rolando cosignent un pamphlet sur le traitement historique, médiatique de cette histoire coloniale.

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser penser, le livre n’évoque pas une certaine nostalgie de l’Algérie française, mais exige un droit d’inventaire. Au travers de 29 pages les auteurs nés en Algéri commémorent davantage, à leur manière, « le calvaire des pieds-noirs », comme ils l’écrivent, et exorcisent leur passé. Pas de nouvelles révélations, mais un appel à compléter l’histoire trop partiale et partielle selon les deux écrivains.

« Le  titre c’est pour interpeller, je ne suis pas dans l’apologie, c’était comme pour mon livre Vive le Pen, je ne fais pas l’apologie de Le Pen, mais je ne trouve pas ça normal qu’il y ait cette censure. Sur l’Algérie c’est la même démarche, il y a beaucoup de choses passées sous silence pour ne pas se mettre à dos les dirigeants algériens, explique Robert Ménard.

On doit cesser de voir l’histoire seulement à travers le regard  de Benjamin Stora. On ne donne la parole qu’aux victimes algériennes, c’est important mais ce n’est pas l’essentiel. Faire œuvre d’histoire ce n’est pas faire œuvre de mémoire. Tout ce que je veux c’est que l’on nuance » (…)

Algérie Focus

Désinformation par omission

Il aura fallu plus de 48 heures pour que la « grande presse », comme on dit, fasse allusion à ce qu’on pouvait lire partout sur Internet : le jeune garçon de 16 ans qui a tué Kylian, 13 ans, dans un collège de Rennes, est le « fils de réfugiés politiques tchétchènes ». Il est musulman.

Les journalistes – du moins l’immense majorité d’entre eux – ont donc préféré passer sous silence ce « détail ». Pour le présenter, Le Monde a choisi, expliquant que « [son] prénom a été changé », de le rebaptiser Vladimir… à consonance russe mais, c’est l’essentiel, pas musulmane. Il ne s’agirait pas d’alimenter « l’islamophobie ». Du coup, c’est exactement l’inverse qui se produit. Aujourd’hui, lors de chaque fait divers, quand l’identité de l’agresseur n’est pas divulguée, on ne peut s’empêcher de s’interroger : nous la cacherait-on volontairement ? Comme si nous étions des imbéciles, des bêtes mal-pensantes que ces bons journalistes auraient pour devoir de rééduquer. Comme si ce genre de désinformation par omission pouvait avoir raison des faits eux-mêmes.

Une dernière information, elle aussi à peine évoquée dans la presse : ce jeune homme de 16 ans, Continuer la lecture de Désinformation par omission

L’inflation de portefeuilles ministériels envoie un très mauvais message à l’opinion

A l’heure où l’on se torture les méninges pour réduire les déficits publics, l’inflation de portefeuilles ministériels envoie un très mauvais message à l’opinion.

Créer quatre ministères supplémentaires au moment où l’on prépare un grand coup de rabot sur les dépenses et une forte hausse des impôts, voila bien une étrange décision.

A moins qu’il ne s’agisse de démontrer, par l’absurde, qu’il y a de la marge. « Il sera très difficile de contracter la dépense publique sans toucher aux missions de l’Etat », plaident certains dirigeants de la majorité, inquiets des retombées politiques de la rigueur à venir. Ils ont tort. Il y a du gras. On peut même en rajouter. La preuve…

Delphine Batho était ministre déléguée à la Justice. Elle s’entendait mal avec sa ministre de tutelle, Christiane Taubira. On la mute donc à l’environnement. Soit. Du même coup, on répare une lacune en faisant glisser Nicole Bricq au Commerce extérieur, qui avait été fâcheusement oublié en mai. Tout cela semble de bon sens. Et comme Delphine Batho n’est pas remplacée place Vendôme – ce qui est avouer que son ministère délégué ne servait à rien – ce mini-remaniement apparaîtrait tout à fait raisonnable…

s’il ne s’accompagnait de la création de quatre autres ministères qui servent surtout à ménager des susceptibilités et peaufiner de subtils équilibres politiques. En matière gouvernementale, la rigueur, c’est plus tard.

Au ministère des Français de l’étranger Continuer la lecture de L’inflation de portefeuilles ministériels envoie un très mauvais message à l’opinion

Château Robert: Plaintes contre mairie Golfe Juan (vidéo France 3)

France 3 région 25 juin 2012

Plusieurs associations portent plainte contre X dans le dossier Château Robert à Golfe Juan. Plainte pour détournements de fonds publics, corruption trafic d’influence et déclassement illégal d’espaces boisés. En cause, le déclassement en terrain constructible du domaine au profit d’un émir saoudien.

L’assassinat de Daniel Pearl éclaire l’attentat de Karachi

A l’issue d’un récent déplacement aux Etats-Unis, le juge Marc Trévidic a acquis la certitude que l’attentat de Karachi, tout comme l’assassinat du journaliste américain Daniel Pearl, sont liés à des contrats d’armement.

 

 

… Qu’il s’agisse de l’explosion de la bombe ou de la décapitation filmée du journaliste, la cause du drame est, à chaque fois, la même : le non-respect, par le pays dont les ressortissants sont la cible, de contrats d’armement passés avec le Pakistan. Pour Daniel Pearl, c’est l’accord portant sur la livraison d’avions F-16, signé en 1990 avec les Etats-Unis. Pour les salariés de la Direction des constructions navales (DCN), dont onze ont été tués dans l’attentat, il s’agit du contrat Agosta, conclu avec la France en 1994 et portant sur la livraison de sous-marins. Dans les deux cas, derrière l’apparence purement « islamiste » des opérations, l’implication des services secrets pakistanais (ISI) ne fait plus aucun doute.(…)

(…) A la demande du juge Marc Trévidic, la justice américaine a questionné Omar Cheikh sur ces courriels. Ce dernier les a formellement authentifiés. Pour le juge français, cette authentification est essentielle : elle accrédite le contenu du rapport Nautilus qui, depuis 2008, sert de fil rouge à son enquête.

Rédigé en septembre 2002 à la demande de DCN, ce document voit dans l’attentat un « but financier ».

« Il s’agissait d’obtenir le versement de commissions non honorées » dans le cadre du contrat Agosta, indique-t-il. Ces généreuses commissions auraient donc engendré des rétrocommissions destinées à financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Jacques Chirac, vainqueur, aurait coupé ce circuit financier. Les services pakistanais auraient alors décidé de faire pression sur la France en perpétrant l’attentat de Karachi.

« Impossible », rétorquent les sceptiques, insistant sur le délai de sept ans entre la décision de Jacques Chirac et l’attentat de Karachi. Un argument que Marc Trévidic peut, désormais, facilement contredire : Daniel Pearl n’a-t-il pas été assassiné douze ans après la conclusion du contrat des F-16? Le magistrat, qui rencontre aujourd’hui comme chaque année l’ensemble des parties civiles du dossier Karachi, devrait partager avec eux cette analyse.(…)

Source

Killian et Souleymane, une fable contemporaine

Killian, 13 ans, battu et étranglé par Souleymane, 16 ans, dans la cours de son collège, jusqu’à ce que mort s’en suive. Ça me rappelle ma jeunesse.

J’étais en 5ème, lui en 3ème. J’étais petit à l’époque, et lui plutôt grand. C’était pas sa première 3ème en même temps. Il s’appelait pas Souleymane, mais pas loin. Et dans la cours, un jour, sans prévenir, il m’a pris à la gorge. Il a serré sa main sur ma pomme d’Adam, comme s’il voulait l’écraser. Je commençais à m’étouffer quand un prof est passé. Il n’a rien vu, ce prof, ils ne voient jamais rien, mais mon agresseur a pris peur et m’a relâché, avant de se casser. J’ai eu très mal pendant plusieurs jours, mais j’avais oublié cette anecdote, puisque la nature est bien faite. Mais ce fait divers est venu me la rappeler.

j’ai souvent vu des Souleymane tabasser des Killian, et jamais le contraire

Ils parlent d’un motif très futile, « un banal échange de regards ». Tout à l’heure un sociologue passait à la télé, un type du CNRS. Il parlait de violence imprévisible, incompréhensible, sans motif apparent. Une violence qui augmenterait partout dans « la jeunesse », selon lui : campagne, centre-ville, banlieue. Une violence indifférenciée en somme, un peu comme « la jeunesse ». Mais « fort heureusement », dit-il, « les morts sont rarissimes ». Les profs eux « n’ont rien vu venir ». Ils ne voient jamais rien.

Moi, quand j’avais 12 ans, j’ai pas compris non plus. A cette époque j’en étais au même point qu’un chercheur du CNRS. Je me disais « mais pourquoi tant de haine ? ». Puis, avec le temps, j’ai tiré quelques conclusions disons… empiriques. J’ai constaté des éléments qui revenaient sans arrêt. Comme le fait que les agresseurs, dans ces histoires, ont souvent la même tête et que les agressés, aussi. Comme le fait que j’ai souvent vu des Souleymane tabasser des Killian, et jamais le contraire. Ces quelques faits qui, étrangement, attirent rarement l’attention des chercheurs du CNRS, comme des gens qui passent à la télé en général.

Tant d’autres scènes me reviennent, quand j’y repense. Dans la salle de permanence de mon collège, une bande de Souleymane faisait régner « la terreur ». Ils obligeaient les autres, les Killian, à lécher leur table, sous peine de menaces physiques immédiates. Je me souviens avoir refusé, moi. La fin de l’heure a sonné juste après. Les petites racailles sont parties en courant, tandis que j’ai dit aux autres « Mais pourquoi vous leur obéissez ? Dites-leur ‘Non’, comme moi ». On m’a répondu « C’est facile pour toi de dire ça, toi tu rentres chez toi le soir, nous on va les croiser, on habite là avec eux ». Il est vrai que je ne vivais pas au sein même de la cité qui entourait l’établissement, mais apparemment assez près pour avoir vu ce qu’il s’y passait, sur des années.

« Un banal échange de regards » qu’ils disent. Ces fameux « regards de travers » de la cours de récré, accompagnés quelques années plus tard des « hey t’as pas une garro ? » et autres « prête ton tel faut qu’j’envoie un sms ! » de la rue. « Sans raison apparente » qu’ils disent. N’empêche qu’à 12 ans, j’avais une petite gueule d’intello et un teint franchement blanc, comme Killian j’en suis sûr. « Imprévisible, violence globale » qu’ils disent, mais j’avais deviné que l’agresseur ne s’appelait pas Julien, moi, et je l’avais dit à un ami avant que le vrai prénom ne soit publié.

Je ne sais pas si un jour les Killian de France apporteront une réponse à tout ceci et je ne sais pas si, dans le cas où ils le feraient, les chercheurs du CNRS la comprendraient. Ce que je sais en revanche, c’est que si j’ai la folie d’avoir un garçon, celui-ci pratiquera au moins un sport de combat, et que si cet énième fait divers ne change rien, je l’écris quand-même car c’est une fable, cette histoire. Une fable contemporaine. Le 17ème avait « Le corbeau et le renard », nous avons « Killian et Souleymane ».

Les Heures les plus claires

Toulouse : Bouadellah, frère d’un des meurtriers de Jérémy Roze, agressait des ados pour leur téléphone.

Un jeune homme de 18 ans a été condamné à une peine de prison ferme pour une série d’agressions sur des collégiens. Il volait des téléphones et des baladeurs iPod.

Le retour en France de Bouadellah F., 18 ans et maintes fois impliqué en tant que mineur dans des affaires de vols avec violence, n’est pas passé inaperçu dans les statistiques de la police. À peine arrivé à Toulouse, ce garçon a repris ses vieilles habitudes en agressant des adolescents, parfois à l’aide d’un couteau, pour leur voler téléphone portable et autres objet de valeur.

Très vite, les enquêteurs du groupe des atteintes aux personnes de la sûreté départementale font le lien entre une série d’agressions commises, ces derniers jours, sur des jeunes gens et le retour de Bouadellah. Un garçon qui est aussi le frère cadet de l’un des trois individus mis en examen dans l’affaire Jérémy Roze, cet étudiant béarnais tué d’un coup de couteau, en février 2011, à Saint-Michel. Interpellé mardi et jugé en comparution immédiate ce jeudi pour trois affaires de vol et d’extorsion par violence, Bouadellah a été condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve durant deux ans. En perquisition, les enquêteurs ont retrouvé à son domicile deux baladeurs iPod volés la semaine dernière. Durant sa période de mise au vert en Algérie, ce garçon soupçonné de 17 agressions lorsqu’il était mineur, en a aussi profité pour revendre une partie des objets volés à ses victimes.

La Dépêche

Le gouvernement socialiste grec a violé l’accord UE-FMI

La Grèce avait violé un accord avec l’UE et le FMI en embauchant quelque 70.000 fonctionnaires en 2010-2011, selon des rapports publiés dimanche par le magazine To Vima.

Cet hebdomadaire de centre-gauche cite un premier rapport interne en ce sens de la mission permanente de la Troïka (UE, BCE et FMI), ainsi qu’un deuxième établi par le ministre des finances par intermim, George Zannias.

« Pendant que le gouvernement (dirigé par les socialistes du PASOK, NDLR) passait des lois réduisant le nombre de fonctionnaires, il en faisait rentrer par la fenêtre », selon un membre anonyme de la Troïka, cité par To Vima. Il a ajouté que 12.000 autres personnes avaient également été embauchées dans des collectivités locales alors que des mesures d’économies par fusion de municipalités étaient officiellement en cours.

Le rapport que Zannias devait transmettre à son successeur désigné après l’élection du 17 juin, Vassilis Rapanos, révèle qu’il y a toujours officiellement 692.000 fonctionnaires, sans changement, alors que 53.000 ont pris leur retraite en 2010.

Hospitalisé d’urgence vendredi, Rapanos n’a toujours pas pu prêter serment.
Alors que 40.000 départs ont eu lieu en 2011, le réduction nette n’a été que de 24.000, indique To Vima.

La Grèce s’était engagée à ne remplacer sur cette période qu’un fonctionnaire sur cinq dans le premier mémorandum négocié en l’échange d’une aide massive financière.

Lorsque l’ historien Fernand Braudel, pouvait encore émettre des doutes sur l’intégration des musulmans

Il y eut une époque où les intellectuels français, qu’ils fussent de gauche ou de droite, lorsqu’ils traitaient un sujet, n’hésitaient aucunement à évoquer tous les aspects de celui-ci. Il aurait été hors de question pour eux d’en passer sous silence sous le prétexte que cela pourrait blesser certaines susceptibilités ou stigmatiser certaines catégories d’individus.

C’était une époque récente, dont Claude Lévi-Strauss avait perçue qu’elle était révolue, lorsqu’en 2002, recevant Didier Eribon du Nouvel Observateur (1), il expliquait :

« J’ai dit dans « Tristes Tropiques » ce que je pensais de l’islam. Bien que dans une langue plus châtiée, ce n’était pas tellement éloigné de ce pour quoi on fait aujourd’hui un procès à Houellebecq (2). Un tel procès aurait été inconcevable il y a un demi-siècle ; ça ne serait venu à l’esprit de personne. On a le droit de critiquer la religion. On a le droit de dire ce qu’on pense. […] Nous sommes contaminés par l’intolérance islamique. »

Le célèbre anthropologue, dont les valeurs humanistes lui avaient permises la compréhension des sociétés les plus éloignées de nos sociétés modernes, avait profité de cette liberté d’expression, pour exprimer très tôt sa méfiance et son inquiétude concernant l’islam et son « appétit destructeur de toutes les traditions antérieures ». Cet extrait de « Tristes Tropiques », paru en 1955, concernant l’islam est aujourd’hui connu de la plupart des militants vigilants et opposants à l’expansion de l’islam. Mais il n’est pas inutile de le relire ou de le découvrir (3). La réticence vis-à-vis de l’islam y est si forte que « certaines pages de Tristes Tropiques, peu remarquées à l’époque, vaudraient sûrement à leur auteur de virulentes protestations si elles paraissaient aujourd’hui », indiquait l’article nécrologique du Monde, au moment du décès de Lévi-Strauss.

Un autre exemple de la liberté d’esprit, moins connu, existant dans ces décennies, est constitué par les réflexions de Braudel sur l’islam et ses interrogations sur la capacité des musulmans à s’intégrer à la société française. Pourtant, à partir des années 80, l’autocensure commence déjà à apparaître. L’historien français Fernand Braudel, représentant de l’école des Annales, qui a fortement influencé la pensée de gauche, ne veut pourtant pas passer sous silence des constats que tous les observateurs de l’époque pouvaient effectuer.

Fernand Braudel a vécu en Algérie de 1924 à 1932. Son analyse est à méditer. Dans son ouvrage « L’identité de la France » (1986), il constate que l’immigration étrangère n’est devenue un problème que récemment. Malgré le racisme et les moqueries qu’ils ont pu rencontrer, Polonais, italiens, Espagnols, Portugais ont réussi leur intégration. La clé de cette réussite pour Braudel ? : «Assimilation possible, acceptée, c’est bien, je crois, le critère des critères pour l’immigration sans douleur ». Or, succédant aux vagues d’immigration précédentes, l’immigration en provenance d’Afrique n’est pas suivie d’une intégration réussie. Lisons l’argumentation de Braudel qui suit dans les pages 595 à 601 (édition Flammarion, 2011) :

« Alors pourquoi aujourd’hui, en ce qui concerne les musulmans installés chez nous, maghrébins en majorité, le phénomène inverse ? Ce sont les fils d’immigrés de la deuxième génération qui sont en difficulté, rejetés et rejetant eux-mêmes une assimilation que la génération de leurs parents ou grands-parents avait parfois réussie. Les obstacles sont sérieux : défiance réciproque, craintes, préjugés racistes, mais aussi différences profondes de croyances, de mœurs ; juxtaposition, ou confrontation des cultures, et non mélange. […]

Je n’ai rien contre nos synagogues et nos églises orthodoxes. Et donc rien contre les mosquées qui s’élèvent en France, de plus en plus nombreuses et fréquentées. Mais l’islam n’est pas seulement une religion, c’est une civilisation plus que vivante, une manière de vivre. Cette jeune Maghrébine enlevée et séquestrée par ses frères parce qu’elle voulait épouser un Français, ces centaines de Françaises mariées à des Nord-Africains et à qui, après un divorce, leurs enfants sont enlevés et expédiés en Algérie par les pères qui se reconnaissent, seuls, des droits sur eux, ce ne sont pas là de simples faits divers, mais des symboles de l’obstacle majeur auquel se heurtent les immigrés d’Afrique du Nord : une civilisation autre que la leur. Un droit, une loi qui ne reconnaît pas leur propre droit, fondé sur cette loi supérieure qu’est la religion du coran. L’autorité paternelle, le statut de la femme posent sans doute les problèmes majeurs, puisqu’ils touchent à cette base fondamentale de la société : la famille. Il y a chaque année, en moyenne, 20 000 mariages mixtes. Deux sur trois aboutissent au divorce. Ils supposent en effet une rupture avec la civilisation mère de l’un des époux, quand ce n’est pas des deux. Or sans intermariages, il n’y a pas d’intégration.

D’où l’hésitation, le déchirement des jeunes générations de Maghrébins, qui vivent difficilement notre crise économique et l’hostilité que leur réservent les grandes villes. Souvent Français de droit, par leur naissance sur notre territoire, ils refusent, par fidélité aux leurs ou par défi, la nationalité française et cultivent le rêve du retour sans trop y croire, cependant, ni même le vouloir.

Ces déchirements sont parfois mortels et il est des morts dont chacun de nous se sentira responsable. Un jeune Nord-Africain est jeté en prison, à Clairvaux, il s’y suicide et laisse un étrange message : « Tous les jours, je crève. J’ai mal terriblement. A croire qu’un cancer me dévore. Je vous quitte, empli de haine et d’amour. De l’amour que j’ai raté, l’amour que je n’ai pas eu, de l’amour que je voulais donner. » […]

Les beurs sont en effet aussi mal dans leur peau en France (qu’ils aient accepté ou non la nationalité française à laquelle ils ont droit) qu’en Algérie, où ils sont regardés comme des semi-étrangers. Les raisons de cette exclusion ? Parfois leur jactance, le « luxe » dont ils éclaboussent les uns et les autres pendant leurs vacances au pays, leurs vêtements, leurs automobiles … Parfois aussi leur propre mépris : « Là-bas, dit l’un d’eux de retour en France, il n’y a rien à bouffer. C’est redevenu le Moyen-Age. » Et tel autre : « Ici, c’est lugubre, impossible de s’amuser et la famille te surveille sans arrêt. » Mais les beurs choquent plus encore par ce qu’ils font, pas toujours consciemment, contre les mœurs et habitudes locales. Hassan, qui a fait quelques séjours intermittents à Paris et ne s’y est pas installé, y a trouvé « le milieu des immigrés … très pourri ». « Nous, dit-il, on a des traditions à respecter. Tu vois, là-bas, tu perds ta personnalité … Les jeunes qui sont nés là-bas, en France, ils ont carrément perdu le sens des traditions … » […]

A quoi [les immigrés] répliquent en avançant leurs propres griefs. « Souvent dans la rue, dit une jeune Algérienne, les hommes font à haute voix la réflexion : c’est une immigrée, simplement parce que je ne baisse pas les yeux » Que ne faut-il pas faire si l’on veut être admis à nouveau dans sa propre communauté ! […]

Faut-il s’étonner, dans ces conditions, que des débats récents révèlent deux courants quasi opposés, au sein même des communautés musulmanes de France ?

Le premier continue à prêcher de façon active et militante, le retour aux sources, au coran, à « l’islam rédempteur ». Pour Driss El Yazami, « il n’y a que la religion qui puisse nous rassembler, nous, tous les Maghrébins, même les fils de harkis », qui puisse préserver une « identité » maghrébine, face à la française. Mais ce « face » ne devient-il pas facilement un « contre » ? Un encouragement pour les Français d’origine musulmane à refuser le bulletin de vote comme une sorte de trahison culturelle ? Une source de conflits entre les devoirs religieux, selon l’islam, et les obligations du droit civil français, en matière de divorce, de droit paternel, etc. ?

Est-ce là le rôle de la religion qui, particulièrement dans une société multiculturelle ou multiraciale, se doit de rester foi intime, morale individuelle ? […]
Bref, il faut choisir. Et c’est précisément la tendance de l’autre courant de pensée qui apparaît, en particulier dans les discussions au sujet du bulletin de vote. Belkacem, 26 ans, secrétaire général de l’Association des Travailleurs Algériens en France, explique : « On sait que 90 % des Maghrébins vont rester en France. Notre slogan, ça va être : mon avenir est ici, je vote. » […] A eux d’entrer dans le jeu politique, de voter, d’accéder à une « culture pour déboucher sur une nouvelle citoyenneté ». Et pour cela, « il faut choisir. Trop de jeunes s’enlisent dans une situation de non-choix. […]

[Puisse ce choix être effectué]. Ce jour-là, les Maghrébins auront gagné leur partie, donc la nôtre, celle de la communauté. D’autant que les progrès de l’intégrisme dans le monde ont de quoi rendre inquiétantes les plus sincères des croisades religieuses. La France n’est certes pas non chrétienne, mais sur ce point elle est devenue tolérante, ses passions se sont apaisées. Depuis longtemps, nous en avons fini, Français, avec nos guerres de religion et pourtant plusieurs siècles ne nous ont pas encore permis d’en oublier les cruautés. Qui de nous voudrait, sur notre territoire, en voir renaître de nouvelles ? »

Jean Pavée

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/opinions/00030882.EDI0001/visite-a-levi-strauss.html

(2) Rappelons que Houellebecq avait comparu devant un tribunal pour avoir déclaré dans le magasine « Lire » : « « La religion la plus con, c’est quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré… effondré ».

(3) http://www.legrandsoir.info/Claude-Levi-Strauss-et-les-musulmans

http://ripostelaique.com/j%E2%80%99ai-ete-accusee-de-dire-des-conneries-parce-que-je-refusais-de-dire-des-todderies.html (le PS)

L’équipe de France de foot, vitrine opaque de ce qu’est devenu la nation

Ainsi le cauchemar continue-t-il, de Coupe du Monde en Euro, d’une confrontation à l’autre, cette fois avec les meilleures équipes de foot du continent. Quand nos rivaux, unanimement soudés derrière leurs drapeaux, livrent des matches superbes dans un signalé esprit de solidarité, de correction et d’enthousiasme, les joueurs français apportent une fois de plus la preuve que décidément, notre pays est dans un état de déliquescence majeur.

C’est qu’il ne faut pas s’y tromper. La jeunesse qui nous déshonore depuis deux ans avec la constance et l’obstination imbécile d’enfants gâtés dévastant leur propre maison est le reflet d’une société au sein de laquelle les digues rompues laissent désormais se répandre les flots ravageurs de l’égoïsme, du mépris, de la violence et de son corollaire, la bêtise grégaire.

Le désastre d’Afrique du Sud révéla, s’il en était besoin, la profondeur des failles communautaires vers quoi glisse, aveugle et sourd, notre pays. L’intrusion de la religion dans le vestiaire des Bleus en fut le révélateur. Il était clair que ce coup de force déstabiliserait un encadrement désireux par nature d’arrondir les angles et de ménager les susceptibilités tout en exerçant le minimum d’autorité nécessaire. Tous les cadres du monde sportif ont à résoudre quotidiennement cette délicate équation dont la maîtrise associée à l’éclosion et à la pérennisation des talents accouche, dans le consensus, des titres de champions. Ce fut le cas en 1998 et en 2000, après les épopées de 82, 84 et 86, avec comme dernier spasme de cohésion et de fierté, la belle aventure de 2006 jusqu’à un certain coup de tête dans le thorax italien.

Les accomodements raisonnables consentis aux joueurs depuis deux ans n’ont donc servi strictement à rien, si ce n’est à conforter des jeunes gens sans éducation dans la certitude que la règle du vivre-ensemble ne les concerne pas. Nous sommes là au-delà de la simple insolence adolescente. C’est d’une totale inconscience qu’il s’agit, fille de la faillite d’une société toute entière et cette fois, le paramètre religieux brutalement imposé à Nysna par les convertis de l’équipe de France est lui-même dépassé. Nous sommes ailleurs, là où l’autre n’existe même plus en tant qu’individu mais simplement comme gêneur, moraliste insupportable et ennemi personnel. Au besoin, on le convie à croiser les poings, comme dans les cours d’école où l’on s’étrangle jusqu’à ce que mort s’ensuive. Des invectives de Samir Nasri et de Jérémy Menez au drame de Rennes, le chemin est court, qui mène de la démission des familles, des enseignants et des cadres à la barbarie ordinaire. Nous en sommes là.

L’équipe de France de football est la vitrine d’un pays désorienté, abruti, dépossédé de ses valeurs. La France est aujourd’hui une friche dans le sol de laquelle n’importe quel planteur est autorisé à semer ses graines. Mais qu’à cela ne tienne, les distingués agronomes de Terra Nova, ceux-là mêmes qui découvrent avec effroi qu’il est possible de résister à leurs expérimentations sur le terreau multi-culturel, nous disent qu’il convient d’ajouter encore à l’édifice dont ils rêvent quelques couches de leur ciment délétère. La terre cuite comme anti-sismique! Et le nomadisme apatride pour perspective urbaine. Combien de temps le pouvoir qui semble leur prêter une oreille attentive les laissera-t-il programmer ainsi notre fin?

En 1957, l’équipe de France de foot se vit privée de ses meilleurs joueurs, algériens devenus clandestins pour le compte du FLN. Le fait appartient à l’Histoire, comme la « campagne de Suède » de 58, où un groupe rebâti à la hâte, intégrant des espoirs et promis au désastre, se hissa jusqu’à une demie-finale perdue contre le Brésil. Ces jeunes gens là avaient des tripes, un sens aigu de la solidarité et le plaisir de chanter ensemble la Marseillaise. Et Just Fontaine détient encore aujourd’hui le record de buts marqués.

À voir la pitoyable cohorte alignée sur les pelouses d’Ukraine, marmonnante ou carrément rigolarde au moment des hymnes, à ressentir la vague exaspération d’un certain nombre de joueurs de ne pas être à cet instant au bord de mer ou au volant de leurs bagnoles à cent mille Euros, on se dit que leur désertion pure et simple ferait entrer un peu d’air dans le bouge, dès lors que les responsables de la Fédération n’ont pas le cran de les foutre dehors.

Le bilan est sans appel : on a abandonné à l’errance une équipe mentalement dominée par trois ou quatre types qui n’en avaient strictement rien à faire. Quant aux recours possibles à ce vide, ils ont piaffé sur le banc des remplaçants, ruminant leur frustration et sans doute aussi leur honte. À l’heure précise où une prometteuse équipe de rugby naissait en Argentine, quand les équipes pourtant éliminées de l’Euro 2012 se battaient jusqu’au bout pour l’honneur, les footballeurs français vaincus d’avance par eux-mêmes ont étalé, grotesques, la suffisance, l’orgueil débile, l’indifférence, en un mot l’arrogante et suicidaire stupidité d’un corps malade qui n’a plus de nation que le nom.

Et ce ne sont certainement pas les cent cinquante ou deux cents imams commis ces jours-ci par l’Algérie et le Maroc au soin des âmes en prière dans les rues et dans les mosquées de nos villes qui me diront le contraire. Ceux-là jouent en équipes et semblent pour de bon certains de vaincre.

Alain Dubos

François Hollande : le président du mensonge et des journalistes

Lu sur la lime

François Hollande prétendait renégocier le pacte de stabilité : il y renonce.

François Hollande prétendait imposer les Eurobonds à Angela Merkel : il y renonce.

François Hollande prétendait renoncer à diminuer l’effectif de la fonction publique : il y renonce.

De deux choses l’une : soit il a été surpris et change d’avis, soit il mentait sciemment. Bien entendu, c’est la deuxième hypothèses qui est la bonne. Et, en plus, sommet d’iniquité, François Hollande envisage une loi fiscale rétro-active.

Or, les journalistes, qui pinaillaient Sarkozy au moindre prétexte, souvent futile : là, silence radio, camembert, on parle d’autre chose. Le candidat Hollande a menti, le président Hollande se fout de notre gueule : pas un mot. Pas d’éditorial enflammé de  Demorand, pas de lamentations éplorées de Joffrin, pas de leçons impérieuses de JF  Kahn. Quand on se rappelle à quel point ils étaient exigeants avec Nicolas Sarkozy, ce silence est odieux. Les journalistes sont d’odieuses lavettes. Mais vous le saviez, non ?

Il y a des raisons profondes qui font que les journalistes penchent à gauche dans tous les pays, très bien analysées par Raymond Boudon dans Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le libéralisme. Cependant, l’hégémonie gauchiste sur la presse est particulière à la France (mis à part ces deux phares de l’humanité que sont Cuba et la Corée du Nord).

C’est le premier combat à engager par la droite. Combat qui doit se conclure, une fois la droite revenue au pouvoir, par la suppression de toute subvention à la presse. L’espoir fait vivre …

Allez, un peu de BFM bien désespérant : Les Experts 21 juin 2012

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.