Archives de catégorie : Culture, idées, Média…

Mobilités et inégalités : la nouvelle lutte des places (France Culture)

Des extraits de l’émission bavarde de France culture: « Mobilités et inégalités : la nouvelle lutte des places.

1er extrait

Michel Lussault : « Je crois que ce qu’il faut casser c’est le « chez nous » et le « pas chez nous » (…) « Pourquoi les calaisiens anti-migrants n’ont pas compris qu’ils avaient des intérêts avec les migrants? »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

2ème extrait

Lamia Missaoui (…) « La Mondialisation, elle arrange beaucoup les migrants (…) ce lien très fort entre les transmigrants pauvres et les multinationales, se retrouve, se croise dans ce désir de mondialisation qui permet aux frontières de s’effondrer, de s’effacer, et aux États-Nations d’être encore moins puissants qu’ils ne l’ont jamais été. Peut-être que les États-Nations continuent à courir derrière leur puissance et ils sont mis à mal de façon irrémédiable par les transmigrations »

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

3ème extrait:

Lamia Missaoui (…) Le migrant nous propose de ne pas nous endormir sur nos lauriers du bien-être sédentaire, il nous propose quelque chose d’autre qui est probablement de l’ordre d’une capacité à nous sortir de ces crises multiples dans lesquelles nous sommes constamment ramenés; et la pire des crises probablement c’est celle du retour identitaire

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

4ème extrait

Michel Lussault : Les Hyperlieux font exploser les États-Nations. Les États-Nations ne veulent pas le reconnaitre; nous sommes dans un moment de réaffirmation postiche des États-Nations, ça n’est pas un hasard si des gens comme Trump, le mot postiche s’applique bien à lui y compris à sa chevelure, si ces acteurs là sont aujourd’hui des acteurs dominants parce qu’ils nous proposent un postiche qui est celui de l’État-Nation; un leurre qui vient dire à ceux qui sont piégés par leur sédentarité: « Nous allons vous proposer une ré-assurance d’enracinement »… mais c’est un mensonge…. On ne sortira pas de la crise les personnes piégées par leur sédentarité par un ré-enracinement identitaire, au contraire on précipitera leur crise.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

5ème extrait

Lamia Missaoui Les nouvelles technologies permettent à l’étranger d’être constamment connecté avec chez lui, avec sa famille et son pays d’origine et ça rend plus difficile l’idée qu’on puisse le sédentariser quelque part chez nous. (…) Les nouvelles technologies ne facilitent pas ce que nous défendons comme notion d’intégration

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Emission dans son intégralité Continuer la lecture de Mobilités et inégalités : la nouvelle lutte des places (France Culture)

Répliques: Y-a-t-il une alternative à la société libérale? (Avec J.C. Michéa)

Le libéralisme est le grand sujet d’étude et d’inquiétude de Jean-Claude Michéa. AprèsL’empire du moindre mal, Le complexe dOrphée, et La gauche et le peuple, échange épistolaire avec Jacques Julliard, il publie aujourd’hui Notre ennemi le capital

Aussi enthousiaste que Michéa est critique, Matthieu Laine , auteur du Dictionnaire amoureux de la liberté, vient de préfacer une Anthologie des discours de Margaret Thatcher Discours et conférences (1969-1992) Margaret Thatcher et le titre de cette préface est : France, cet impérieux besoin de Thatcher.

J’imagine que la discussion sera vive entre mes deux invités et, pour commencer, je leur demanderai de donner leur définition du système économique et social sous lequel nous vivons aujourd’hui.

Bibliographie: Continuer la lecture de Répliques: Y-a-t-il une alternative à la société libérale? (Avec J.C. Michéa)

Mélenchonisme: L’Homme que nous aimons le plus. (Archives cinéma français)

L’homme que nous aimons le plus c’est une brochure mais aussi un film. Une plongée soignée (et saisissante) dans l’organisation par le P.C.F. du culte à Staline durant la guerre froide. Ce film, interdit par la censure, n’obtint pas de visa (commercial ou non commercial) reçut le Prix du court-métrage au festival de Karlovy-Vary en 1950… Il est en fait une version courte de L’homme que nous aimons le plus, expurgée après son éviction en 1952 des passages où apparaît André Marty. La version longue complète a été numérisée en 2015.

Cette archive en dit long sur l’idéologie qui a gangréné (et qui gangrène encore) le milieux de la culture en France….

Le soixante dixième anniversaire du vainqueur de Stalingrad, en 1949, fut d’ailleurs l’occasion du plus stupéfiant déferlement d’adoration qu’un humain ait pu connaître au XXe siècle. Le PCF ne fut pas en reste qui publia une brochure et diffusa un film intitulés « L’homme que nous aimons le plus ». L’Humanité du 8 décembre 1948 publia à sa gloire un poème intitulé « Joseph Staline », dû à la plume de l’un des plus grands poètes français du XXe siècle : Continuer la lecture de Mélenchonisme: L’Homme que nous aimons le plus. (Archives cinéma français)

Dupont-Aignan : “Immigration : vers le grand remplacement ?”

Le candidat souverainiste à l’élection présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, s’explique sur le Grand Remplacement.

Il est de bon ton parmi les “experts” de l’immigration, ceux qui assurent que celle-ci est un bénéfice net pour la communauté nationale quelles que soient son ampleur et les conditions de son intégration – ne leur parlez jamais « d’assimilation » (Hou, le vilain mot !) -, de s’indigner du « grand remplacement ». Et de vouer aux gémonies ceux qui osent en pointer le risque. L’existence d’une immigration de peuplement massif, susceptible de remplacer peu à peu la population de nos quartiers et de nos villes ? « Pouah, un fantasme d’extrême-droite, agité par des ignorants et des démagogues ennemis des valeurs de la République ! »

Et pourtant…

Et pourtant les chiffres sont là, qui démontrent au fil de leur publication régulière que cette crainte renvoie à une réalité. Non pas qu’un tsunami migratoire risque de tout emporter du jour au lendemain, laissons ce genre de caricature aux extrêmes, mais bel et bien que l’immigration non maîtrisée (ni sérieusement régulée à l’entrée ni correctement gérée pour ce qui concerne les éloignements du territoire) représente un mouvement de population continu et d’ampleur qui prend une place importante et croissante dans le peuplement de la France. Et qui rend de plus en plus difficile l’assimilation qui demeure la condition du fonctionnement de notre Pacte républicain. L’égalité des droits, quelle que soient l’origine ou la religion, ne peut être opérationnelle si on laisse se multiplier dans tout le pays des ghettos et des « territoires perdus de la République ». C’est parce que je suis un gaulliste, patriote et humaniste, que je tire aujourd’hui la sonnette d’alarme.

Les derniers chiffres disponibles en attestent une fois de plus. En 2016 nous dit le ministère de l’Intérieur, l’immigration légale se traduit par l’entrée de 227 550 personnes sur notre sol, une hausse de 4,6% par rapport à l’année précédente. C’est presque autant que la population de Bordeaux en une seule année ! On apprend aussi que l’immigration déclarée au titre du travail représente 10% de l’effectif, environ 38% étant dus à l’immigration familiale (regroupement familial et mariage avec un conjoint étranger) soit plus de 88 000 personnes, tandis que les étudiants (dont une minorité quitte le pays à la fin de leurs études) pèsent 77 000 entrées. Enfin, les entrées pour motif humanitaire (qui se Continuer la lecture de Dupont-Aignan : “Immigration : vers le grand remplacement ?”

Zemmour: “Entre la France et l’islam, les musulmans doivent choisir”

eric-zemmour-islam-immigrationCauseur. Dans Un quinquennat pour rien, vous écrivez : « La gauche comme la droite croyaient et croient toujours au mythe du musulman arraché à son déterminisme ethnique et religieux, individu désincarné, déraciné, dé-historisé dans une société libre. » C’est pourtant depuis deux siècles l’exacte définition du logiciel français !

Éric Zemmour. Vous voulez dire le logiciel républicain. Mais, contrairement à ce que croit Jean-Luc Mélenchon, l’histoire de France n’a pas commencé avec la Révolution française. La France a connu une histoire millénaire façonnée par des siècles de catholicisme, qui intégrait lui-même les influences grecques, romaines et juives. La France, c’est un peuple et une terre. Ce n’est pas une terre vierge où n’importe qui peut s’installer en faisant n’importe quoi. On peut venir d’ailleurs, mais on doit respecter les us et coutumes de son peuple, faire siens son histoire, son mode de vie, sa culture.

Donc, vous ne croyez plus à la République ? Si l’assimilation des Italiens, des Juifs et des Polonais a marché, pourquoi en irait-il différemment des immigrés musulmans ? Continuer la lecture de Zemmour: “Entre la France et l’islam, les musulmans doivent choisir”

La gauche contre le peuple ? Entretien avec le philosophe Jean-Claude Michéa.

A quatre mois de la fin du mandat de François Hollande et à quelques jours du premier débat d’une primaire que le Parti Socialiste organise malgré la certitude d’arriver en ordre dispersé au premier tour de l’élection présidentielle de 2017, la gauche semble condamnée à un rôle de spectateur d’une campagne présidentielle où l’essentiel semble se jouer entre le centrisme ‘’révolutionnaire’’ d’Emmanuel Macron, le libéralisme conservateur de François Fillon et le populisme nationaliste de Marine le Pen.

Si chacun à leur manière, ces trois candidats en appellent tous directement au peuple, la gauche de gouvernement parait quant à elle désormais incapable d’articuler une offre politique susceptible de susciter son adhésion au terme d’un quinquennat qui n’a provoqué que son rejet. Comment la gauche s’est-elle ainsi coupée du peuple ?

Protectionnisme : une donnée essentielle de l’économie de demain ?

Gabriel Robin (FN) pour Boulevard Voltaire

Comme l’expliquait l’économiste Frédéric Bastiat, en économie, « il y a ce qu’on voit, et ce qu’on ne voit pas ». Si la mondialisation des échanges est un phénomène naturel, rendu inévitable par les progrès techniques (transports et communications, notamment), elle ne saurait être totalement incontrôlable. Utilisons une image toute simple : les bateaux sont libres de parcourir les mers mais ils sont soumis à des contrôles quand ils s’aventurent hors des eaux de leurs territoires. L’évidence même. Pourquoi faudrait-il, alors, défendre un système de libre-échange total qui ne serait, en outre, appliqué qu’aux populations vivant dans l’Union européenne ?

Nations phares de la pensée libérale, les États-Unis et le Royaume-Uni ont toujours eu le souci de la protection de leurs industries stratégiques, plus encore aujourd’hui avec l’élection de Donald Trump et le triomphe du Brexit qui a porté Theresa May au 10 Downing Street. Privilégiant l’économie dite de la connaissance, les Continuer la lecture de Protectionnisme : une donnée essentielle de l’économie de demain ?

L’échiquier de Machiavel : Macron, Fillon, Le Pen, la triangulaire qu’on nous prépare

Jean-Yves Le Gallou, essayiste

♦ L’élection présidentielle française est scénarisée, séquencée, rythmée avec ce qu’il faut de suspense et de rebondissements.

Il y a d’abord eu le duel annoncé Juppé/Le Pen.

Puis la séquence des primaires de la droite et du centre : avec la victoire surprise de Fillon terrassant « Ali » Juppé.

Avec l’abandon de Hollande on s’acheminait alors vers un duel Fillon/Le Pen. Fillon/Le Pen ? Une hypothèse médiatiquement insoutenable !

Un duel Fillon/Le Pen est une hypothèse médiatiquement insoutenable

Pour deux raisons :

*L’absence de suspense sur le résultat final : sauf événement majeur interprété avec hauteur historique par Marine Le Pen, Fillon l’emporterait avec 30 points d’avance ;
*L’aspect insupportable pour la bien-pensance d’avoir à arbitrer un duel entre le candidat de la « droite catholique réactionnaire » Fillon et la « candidate de l’extrême droite ».

Il est donc urgent de trouver un « troisième homme ».

Le troisième homme est un marronnier de l’élection présidentielle : ce fut Chirac en 1981 ; Barre en 1988 ; Chirac à nouveau en 1995 ; Chevènement (qui finit à 5%) puis Jean-Marie Le Pen en 2002 ; Bayrou en 2007 ; Marine Le Pen en 2012. Il arrive que le troisième homme se hisse en finale (Le Pen en 2002), voire la gagne (Chirac en 1995).

Macron endosse les habits du troisième homme

Les médias ont trouvé le « troisième homme » de 2017 : Emmanuel Macron, le candidat des banques et des puissances étrangères (sauf la Russie) et donc… le candidat des médias.

Il suffit d’attendre l’échec de la primaire socialiste – c’est-à-dire une faible participation au scrutin – pour voir le scénario se mettre en place.

Certes Macron – en provenance directe de la banque Rothschild et Continuer la lecture de L’échiquier de Machiavel : Macron, Fillon, Le Pen, la triangulaire qu’on nous prépare

Non, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes

Les romans, les chansons et le cinéma l’attestent, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes. Simplement parce qu’au long d’un siècle d’existence le Paris ouvrier et populaire a vécu dans la rue.
Le Tambour-Royal tenu par Ramponneau. – www.france-pittoresque.com

Une rue de Paris honore le créateur des grands cafés populaires, Jean Ramponneau, même si la postérité lui fit perdre un et peut-être un x final, la rue Ramponeau, à Belleville. Non loin de là, entre les Courtilles et le faubourg du Temple, Jean Ramponneau avait ouvert, au milieu du XVIIIe siècle, fréquenté par toutes les classes de la société. Pour attirer la clientèle, Ramponneau, qui ne servait pas que du café, avait aussi inventé une stratégie commerciale, proposant la pinte de vin blanc à des prix défiant toute concurrence.

La clientèle était assez variée pour que les gens d’Eglise et en particulier les jansénistes s’en inquiètent. Car le personnel et la clientèle comptaient des femmes, venues avec leurs compagnons ou Continuer la lecture de Non, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes

Quelques extraits du prochain livre de Michel Onfray « Décadence »

Quelques extraits du dernier livre de Miche Onfray, « Décadence », parus cette semaine dans le magazine Le Point.

Le livre sera en vente dés le 11 janvier.


La fable de Jésus

Le judéo-christianisme, qui nomme notre civilisation en train de s’effondrer, s’est constitué pendant mille cinq cents ans en essayant de donner une forme à ce Christ conceptuel. Cette forme, c’est notre civilisation. Il aura fallu des disciples à ce Christ sans corps, des artistes pour donner corps à ce verbe sans chair, des empereurs pour contraindre à croire à cette fiction, des croyants ayant fini par souscrire à cette fable pour les enfants, et des philosophes qui, petit à petit, ont douté un peu que cette histoire fût vraie. Certes, Jésus a encore plusieurs milliards de disciples sur la planète. Mais une hallucination collective a beau être collective et rassembler de vastes foules, elle n’en demeure pas moins une illusion. Comme Isis et Osiris, Shiva et Vishnou, Zeus et Pan, Jupiter et Mercure, Thor et Freia, Baptiste et Jésus sont des fictions. Les civilisations se construisent sur des fictions et on ne sait qu’il s’agissait de fictions que quand les civilisations qu’elles ont rendues possibles ne sont plus. Plus on croit à ces fictions avec force, plus la civilisation est puissante. La courbe de la croyance épouse celle de la civilisation : la fable de Jésus est généalogique des mille cinq cents ans de la nôtre.

Eusèbe et Constantin, couple maléfique

Eusèbe et Constantin inventent un couple maléfique : la tête pensante et le bras armé, l’intellectuel avec ses livres et ses discours, le chef de guerre avec ses armées et ses soldats, le philosophe avec ses arguties et le prince avec son épée, l’un qui parle et prêche, l’autre qui fait couler le sang au nom des mots du premier. Cet attelage maléfique inaugure également cette idée sanglante que l’histoire a un sens que voudrait la Providence mais à laquelle il faudrait tout de même forcer le bras pour aller plus vite, plus loin, mieux. Si le plan de l’histoire est écrit, pourquoi ne pas se contenter de son développement ?

Car Eusèbe célèbre Constantin, qui a raison de détruire et de faire Continuer la lecture de Quelques extraits du prochain livre de Michel Onfray « Décadence »

Elisabeth Lévy dénonce la « sécession culturelle d’une partie de l’islam de France et d’Europe »

Deux ans après le massacre de Charlie Hebdo, le magazine Causeur a enquêté sur les «Molenbeek» français. Elisabeth Lévy journaliste et directrice de la rédaction de Causeur répond aux questions du Figaro.

Aujourd’hui, seule une minorité continue à nier le problème et à radoter sur les méchants islamophobes qui sont à l’origine de tout le mal. Même la lutte sacrée contre le populisme fait de moins en moins recette. Quoi qu’on pense du FN, il est difficile de prétendre qu’il est plus dangereux pour la République que l’islam radical.

Ce n’est pas une infime minorité mais une fraction notable des musulmans français qui n’habitent plus mentalement le même temps et le même espace que nous.

Le dernier numéro de Causeur s’intitule, «Au coin de la rue la charia». En photo, une femme entièrement voilée. Pourquoi cette couverture choc? Ne cédez-vous pas à une forme de sensationnalisme ?

Ce serait sensationnel si ce n’était pas réel! Or, cette photo n’est pas un montage, elle a été prise à Paris il y a quelques années et depuis, ce genre de présence fantomatique est devenu encore plus courant dans certains quartiers, lisez Rue Jean-Pierre Timbaud, de Géraldine Smith. Et si on peut voir cela dans le centre de la capitale, imaginez ce qui se passe dans nombre de nos banlieues, la loi des Frères devient la règle. Comme le montre notre reportage à Sevran, effectué dans la foulée de celui de France 2, les femmes sont amenées à se cacher toujours plus, et, finalement, à limiter leur présence dans l’espace public au strict minimum, soit par conviction, soit pour avoir la paix. Nous n’avons pas choisi une image violente, qui suscite la peur, mais une image devenue banale. Et ce qui fait peur, c’est qu’elle soit banale.

Peut-être, mais les femmes voilées ne menacent pas la sécurité publique…

Oui, mais vous vous trompez lourdement en postulant que nous avons d’abord un problème de sécurité. S’il nous fallait seulement neutraliser quelques milliers de djihadistes violents, on y arriverait. Mais il n’y a pas un mur étanche entre l’islamisme pacifique et l’islamisme violent.

Et aussi douloureuses soient les pertes que nous inflige le terrorisme islamiste, ce n’est pas lui qui menace à long terme la cohésion et l’existence même de notre pays, c’est la sécession culturelle dans laquelle est engagée une partie de l’islam de France et d’Europe.

Continuer la lecture de Elisabeth Lévy dénonce la « sécession culturelle d’une partie de l’islam de France et d’Europe »

Dans son livre Un Taxi dans Paris, François Vaillant relève les crispations identitaires de notre temps

Critique littéraire de Christian Authier publiée dans l’Opinion Indépendante

(…) D’autres séquences sont plus inquiétantes, reflets des crispations identitaires et des haines rongeant le pays. À l’aéroport de Roissy, il voit un jeune laveur de voiture, humble et travailleur, venu du Sénégal être humilié par un chauffeur d’origine arabe. Quelques jours après les attentats du 13 novembre, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, des chauffeurs maghrébins vouent aux gémonies la France, la République, la laïcité au nom de la charia et prennent à partie les plus modérés : «Collègues, dit un nouveau chauffeur jusque-là silencieux, il nous faut continuer à tout grignoter doucement, pour que tous les musulmans s’alignent sur la vraie religion. Ils finiront bien par y venir.»


Amoureux de Paris, ne sacrifiant jamais sa faculté d’émerveillement, y compris face aux déceptions que peuvent engendrer les temps où nous sommes, François Vaillant signe aussi avec Un Taxi dans Paris un manuel de résistance : «Il convient tout d’abord de réinventer un style de vie qui casse le rythme de l’immédiateté. On ne sait plus attendre deux minutes, même quand il s’agit de trouver un taxi. Le temps médiatique n’est plus notre allié, il est devenu notre ennemi. Il engendre la dictature de l’émotion et des affects, rien d’autre. Il en résulte une obscure inquiétude permanente, comme en témoigne l’utilisation abusive des ordiphones, parfois au risque de se faire écraser en traversant une rue. Il nous faut bannir « la religion de la vitesse », si bien critiquée par l’intellectuel Paul Virilio. Nous finissons par faire de la vitesse elle-même le symbole de l’innovation, de la réussite et de l’inaccessible bonheur. La politique s’en ressent. De plus en plus obéissante aux injonctions médiatiques, elle devient sans cesse plus réactive, émotive et inquiète, sans définir de projet de société à long terme. Cessons de râler, commençons par nous changer nous-mêmes.» Ralentissez et lisez Un Taxi dans Paris

 

Cinéma : « Chez nous », l’histoire d’une infirmière qui bifurque vers le FN

Comme aux États-unis, le monde de la culture en France est un rouage du système et de sa propagande. Bien sûr tout ça se fait avec notre argent.

En 2017 attendez-vous à subir une avalanche de manipulations…


Avec Chez nous, Lucas Belvaux revient avec un sujet social et politique. Le film s’inspire de la montée du Front national en France et va faire beaucoup de bruit.

Pauline, une infirmière à domicile appréciée de tout le monde, reçoit une proposition soudaine qui va transformer à tout jamais sa vie de mère célibataire : des membres du Front national cherchent à la convaincre de présenter sa candidature sur la liste du parti d’extrême droite pour les prochaines élections municipales. Continuer la lecture de Cinéma : « Chez nous », l’histoire d’une infirmière qui bifurque vers le FN

Sciences : Comment le cerveau refuse de changer d’opinion politique

Une étude californienne montre que lorsque ses opinions politiques sont remises en question, le cerveau déclenche une réaction de résistance, de défense, comme s’il s’agissait d’une croyance religieuse.

[…] une étude de l’Institut du cerveau et créativité de l’université de Californie du Sud (Los Angeles) publiée dans Nature, l’affirme : le cerveau s’accroche à ses croyances politiques contre vents et marées ! […] « Nous pensons que les croyances politiques sont liées à l’identité », commente Jonas Kaplan, auteur principale de l’étude, professeur adjoint de recherche de psychologie à l’Institut de cerveau et de créativité. Cette explication, ils l’ont trouvée dans les images cérébrales. Lorsque le volontaire lit un argument politique contraire à son opinion, cela génère chez lui l’activation de ce qu’on appelle le « réseau cérébral du mode par défaut » – qui comprend entre autres le précunéus, le cortex cingulaire postérieur et le cortex medium préfrontal – un réseau impliqué dans l’introspection, l’identité et le soi. […]

Lorsqu’on entend un argument qui va à l’encontre de ses croyances Continuer la lecture de Sciences : Comment le cerveau refuse de changer d’opinion politique

Affaire Jacqueline Sauvage : la simple application de la grâce présidentielle

Pratique issue de l’Ancien Régime, la grâce présidentielle, consacrée par l’article 17 de la Constitution du 4 octobre 1958, est le pouvoir régalien, offert au seul président de la République élu au suffrage universel direct, de « faire grâce à titre individuel ». Après avoir été supprimée durant la période révolutionnaire, la grâce fut rétablie par Napoléon Bonaparte lorsdu  Consulat, sans être jamais questionnée depuis. Rarement utilisée, la grâce a un caractère exceptionnel en raison de sa nature même, donnant au pouvoir exécutif le droit de juger en supprimant ou en réduisant une sanction pénale décidée par l’autorité judiciaire. Quelques cas de grâces présidentielles sont bien connus. Alfred Dreyfus fut notamment gracié par le président Emile Loubet en 1899 avant d’être réhabilité. Charles de Gaulle avait utilisé la grâce présidentielle en 1945, alors qu’il était président du Gouvernement provisoire, pour commuer en peine de prison à la perpétuité la condamnation à mort du Maréchal Pétain. Plus récemment, Omar Raddad bénéficiait de la grâce présidentielle de Jacques Chirac. Suspecté du meurtre de Ghislaine Marchal, monsieur Raddad se bat toujours pour obtenir la révision de son procès. En effet, contrairement à l’amnistie, accordée par le Parlement, la grâce supprime la peine mais ne l’efface pas du casier judiciaire.
Cette confusion courante semble avoir jeté le trouble sur l’appréhension de l’affaire Jacqueline Sauvage
Quand le président de la République gracie, il n’innocente pas. Cette confusion courante semble avoir jeté le trouble sur l’appréhension de l’affaire Jacqueline Sauvage. Condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari, Jacqueline Sauvage a été graciée deux fois. Une première. Reprenons les évènements dans l’ordre.  Le 28 octobre 2014, madame Sauvage est condamnée par la cour d’Assises d’Orléans à 10 ans de réclusion criminelle pour le meurtre sans préméditation de son époux Norbert Marot, tuée de trois coups de fusil dans le dos en pleine après-midi suite à un différent verbal. Fort logiquement, la légitime défense n’avait pas été retenue. En appel, la peine de 10 ans a été confirmée pour meurtre aggravé, accompagnée d’une période de sûreté automatique et Continuer la lecture de Affaire Jacqueline Sauvage : la simple application de la grâce présidentielle

Michel Déon, le dernier des hussards est mort

Michel Déon était un anarchiste de droite.  Camelot du roi il fut un compagnon de route de Charles Maurras. Michel déon avait une plume élégante et désenchantée. C’était un écrivain. Un vrai. Avec le panage des dandys, il a mené une lutte artistique  contre les intellectuels de gauche et les artistes engagés de son époque. Il a contribué à débarrasser la littérature de l’idéologie que cherchaient à imposer la caste culturelle dominante.

Michel Déon  est allé rejoindre Blondin, Nimier, jacques laurent et les autres… il nous laisse aujourd’hui avec les minables qui ne lui arriveront jamais à la cheville.

Une des dernières interviews donnée à TV Liberté

Article du point

À 97 ans, Michel Déon s’est éteint en Irlande des suites d’une embolie pulmonaire. C’était un romancier d’une trempe rare, le tout dernier des hussards ainsi que Bernard Frank baptisa cette bande de jeunes écrivains de droite à la plume cinglante et au romantisme désinvolte qui fit sensation dans les années 1950. Mais ce n’est que vingt ans plus tard, à cinquante ans passés, que Michel Déon connaît la consécration littéraire. Après Les Poneys sauvages (Prix Interallié 1970) puis Un taxi mauve (Grand Prix de l’Académie française 1973), il est élu à l’Académie française en 1978 et devient une figure tutélaire pour toute une nouvelle génération d’écrivains. Ainsi qu’Éric Neuhoff l’a joliment écrit dans un essai qu’il lui a consacré en 1994 : « Les livres de Déon furent notre cour de récréation. Nous y avons appris à jouer, à vivre, à aimer. »

Michel Déon naît sous le nom d’Édouard Michel le 4 août 1919, rue de la Roquette à Paris. À cet enfant unique, les livres deviennent très vite les seuls compagnons de jeu. Il pioche dans la bibliothèque de son père, haut fonctionnaire, où Anatole France incarne encore le grand écrivain par excellence, puis bifurque vers des lectures buissonnières. Stendhal, bien sûr, qui le suivra tout au long de son œuvre, mais aussi Conrad qui lui donnera le goût des îles et des voyages.

Les émeutes du 6 février 1934 marquent un tournant pour le jeune homme. Le lendemain du soulèvement, il s’engage à l’Action française de Charles Maurras farouchement monarchiste et antiparlementaire. Engagé dans les troupes du général de Lattre de Tassigny au début de la guerre, il est démobilisé en 1942 et devient secrétaire de rédaction de l’Action française en zone sud. Continuer la lecture de Michel Déon, le dernier des hussards est mort

Joyeux Noël

Mithra, Solstice d’Hiver, jésus, le père noël… toute une histoire. Joyeux noël à tous!

Nombreux seraient complètement surpris d’apprendre que Noël n’est originairement pas une festivité chrétienne. Rituellement, nous nous retrouvons dans la nuit du 25 décembre, après un repas copieux et arrosé, autour d’un sapin à s’échanger des cadeaux. Eh bien de telles pratiques existaient déjà autour de la seconde moitié de décembre, avant même la naissance de Jésus-Christ, dans des civilisations orientales, païennes ou pré-chrétiennes. Parallèlement, tout commerce, hostilité ou rapport de domination était interrompu pendant cette période. Des pratiques qui rappellent étonnamment les nôtres (ou du moins en principe). L’enfant Jésus n’est donc pas le noyau et le premier « fêté » de cette célébration de fin d’année. D’ailleurs aucune référence biblique, ni dans l’Ancien Testament, ni dans le Nouveau ne mentionne une fête de la naissance de Jésus-Christ. Les Actes des Apôtres non plus ne témoignent pas d’une telle festivité. Noël ne s’est donc constitué que plus tard, autour du IIIe siècle, comme fête de la naissance du Sauveur, sur des bases et des célébrations préexistantes. Mais alors que fêtaient ces dernières ? Et qui ?

Le 22 décembre de cette année marque le jour du solstice d’hiver, c’est-à-dire la date à partir de laquelle les jours se prolongent et la lumière dure plus longtemps. Le solstice d’hiver était déjà associé pour les civilisations païennes à un certain nombre de croyances mais c’est la lumière qui se constitue comme noyau premier de ces célébrations. Le culte de Mithra (ou culte mithraïque) avait pour principale festivité le Mithragan apparu probablement autour du IIe siècle avant J.-C. et qui célébrait la victoire de la lumière sur les ténèbres. Il fut très pratiqué sous l’Empire romain avant d’être déclaré illégal en 391 et supplanté par le culte chrétien. Dans le culte mithraïque, le 25 décembre correspondait alors à la célébration du Natalis invictis soit la naissance du « soleil invaincu ». Plus précisément la célébration était celle du dies natalis solis invicti qui signifie « jour de la naissance du soleil invaincu » et qui a donné le mot « Noël ». Bien avant, une autre célébration s’inspirant du culte d’Apollon et du plus tardif culte de Mithra, toujours pendant le solstice d’hiver célébrait le Sol invictus, le soleil invaincu. Étymologiquement, le mot « Noël » se reconstruit donc à partir du latin dans un contexte païen. Mais enfin, nous pouvons encore fouiller dans les siècles précédant la venue de Jésus, nous projeter en Égypte ou en Babylone pour retracer des formes de célébrations autour du solstice d’hiver jusqu’aux Saturnales romaines.

Réticente voire opposée, à ses début, à l’idée de célébrer la venue au monde du Fils de Dieu, l’Église n’a institutionnalisé une commémoration festive de la naissance de Jésus-Christ que plus tard autour du IIIe siècle. Après une longue réflexion sur la date à attribuer à la naissance du Christ, les autorités chrétiennes conviennent de la situer au 25 décembre (première mention dans le Chronographe en l’an 354 après-J.-C.). L’Église catholique s’est donc arrangée afin de faire coïncider des festivités païennes avec cette nouvelle célébration chrétienne dans une perspective évangélisatrice, celle de christianiser les célébrations païennes. Et c’est bien ce qui s’est passé si l’on veut croire Continuer la lecture de Joyeux Noël

La comédienne Michèle Morgan est morte

«T’as d’beaux yeux, tu sais» lui disait Jean Gabin dans «Quai des brumes» de Marcel Carné. Son regard azur a longtemps envoûté le cinéma français, mais l’actrice Michèle Morgan s’est éteinte aujourd’hui.

«Dans sa 97ème année, les plus beaux yeux du cinéma se sont fermés définitivement ce matin, le mardi 20 décembre», a annoncé sa famille dans un communiqué.

Elle était née le 29 février 1920, une année bissextile. Simone Roussel, de son vrai nom, s’était rendue célèbre dans «Quai des brumes (1938), «La Symphonie Pastorale» (1945) de Jean Delannoy ou «Les Grandes Manœuvres» (1955). Elle avait joué avec Jean Gabin, Gérard Philippe ou Humphrey Bogart. Mais sa carrrière à Hollywood n’avait pas pris.

 

Dans les années 60, sa filmographie s’était étiolée. Michèle Morgan avait refusé de travailler avec Luchino Continuer la lecture de La comédienne Michèle Morgan est morte

Robert Redeker : «Le but de la politique est la continuation de la nation dans la durée»

Le mot de «valeur» est prisé à gauche comme à droite. Le philosophe Robert Redeker dénonce l’usage de ce terme galvaudé qui dissimule une faillite de la politique et le triomphe du vide idéologique.

Professeur agrégé de philosophie, Robert Redeker est écrivain. Il a notamment publié Le soldat impossible (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2014) ; Bienheureuse vieillesse (éd. du Rocher, 2015) et dernièrement L’École fantôme (éd. Desclée De Brouwer, 2016).

Le mot «valeur» est partout en politique. On parle sans cesse des valeurs de la République. Qu’y a-t-il derrière l’omniprésence de ce mot ?

Pas grand-chose de consistant. Les valeurs ne sont ni des idées, ni des concepts, ni des principes. L’invocation politique rituelle des valeurs est une mode très récente. Plongez-vous dans la littérature politique d’il y a une trentaine d’années seulement, écoutez les discours d’alors, vous constaterez l’absence de ce recours obsessionnel aux valeurs. Au lieu de révéler ce que l’on pense, le mot valeur le dissimule. Pourquoi? Parce qu’il est aussi vague qu’abstrait. […]

On fait de la politique pour la nation, pour la France, pour le peuple, pour le social, pour l’histoire, jamais pour des valeurs. Les valeurs ne constituent ni la réalité d’un peuple ni un projet de société, ces objets de la politique. Elles sont trop inconsistantes pour définir un projet de cette nature.

Les valeurs ne sont que le cadre à l’intérieur duquel la politique peut se déployer. Elles ne sont pas un programme, elles sont des bornes. Les valeurs sont hors politique, elles sont extra-politiques. Loin d’avoir affaire aux valeurs, la politique rencontre les projets, les réalités et, par-dessus tout, la nation et le souci du bien commun.
À gauche particulièrement, ce mot est dans toutes les bouches…

La rhétorique creuse des valeurs est le linceul dans lequel a été enveloppé le cadavre de la gauche. C’est une thanatopraxie, le maquillage du cadavre. Cette fatigante psalmodie sur les valeurs évoque les récitations funéraires. C’est parce qu’elle est morte, parce qu’elle n’a plus rien à dire, plus rien à proposer pour l’avenir à partir de son passé (le socialisme), que la gauche se gargarise, de tréteaux en tribunes, avec les valeurs. […]

Une civilisation est-elle définie par des valeurs, des coutumes, des attachements ? Continuer la lecture de Robert Redeker : «Le but de la politique est la continuation de la nation dans la durée»