Archives de catégorie : Culture, idées, Média…

Colonisation : élu président, Hamon pourrait présenter des «excuses»

Ça fait 60 ans que nous regardons notre histoire en face comme ils disent. Ça fait 60 ans que l’Algérie nie ses propres crimes. Et ça fait 30 ans que nous sommes colonisés par nos anciennes colonies.


«Je ne suis pas pour caractériser cela comme (tel). Pourquoi? Parce que président de la République, demain, cela veut donc dire que l’on envisage qu’une Cour pénale internationale puisse juger des Français pour crimes contre l’humanité, d’une part. Et d’autre part que nous hissons cette blessure-là au niveau de la Shoah, du génocide rwandais, du génocide arménien… Et je ne veux pas, moi, rentrer dans une forme de concurrence mémorielle», a-t-il avancé.

Toutefois, le député des Yvelines a ajouté qu’il considérait «que la blessure (et) le fardeau qui est celui de la France à l’égard des peuples qu’elle a colonisés et opprimés, est un fardeau qui suppose que l’on exprime publiquement les regrets qui sont ceux de la République à l’égard de (ces) peuples». «Ça peut aller jusqu’à des excuses», a-t-il même dit. Avant de temporiser: «Il faudra exprimer des regrets. Vous parlez d »excuses’, je verrai si c’est sous cette forme-là que nous devrons adresser nos regrets aux peuples qui sont ceux d’Algérie, de Tunisie, du Maroc et tous les pays qui ont subi la colonisation, mais il me semble que nous devons regarder notre histoire en face.» […]

Le Figaro

La liberté d’expression en danger dans les universités ?

La liberté d’expression et la liberté académique seraient en danger selon certains. Aux États-Unis et en Angleterre, de nombreux cas de conférences annulées, même de professeurs réprimandés, ont fait les manchettes après que les étudiants aient trouvé leurs propos offensants. Pour tâter le pouls au Québec, on a mené une expérience dans une université montréalaise. Et pour être honnête avec vous, je ne pensais pas que ça se rendrait jusque-là.

Bérénice Levet : «La transmission est un devoir»

Philosophe et essayiste, Bérénice Levet vient de publier Le crépuscule des idoles progressistes, livre de combat défendant une certaine idée de la culture et de la transmission.

 

A propos de «l’idéologie de la non-transmission», vous écrivez qu’elle a engendré des êtres hors sol, désaffiliés, «incarcérés dans la prison du présent», voués à un conformisme de la pensée et du comportement, dépossédés de la langue, atomisés, réduits à leur statut de consommateur.

Permettez-moi de préciser ce qu’il convient d’entendre par idéologie de la non-transmission. A partir de la décennie 1970, avec la liberté de l’enfant pour alibi et un sentiment de culpabilité de l’Occident allant grandissant dans les consciences progressistes, les adultes se sont autorisés à ne plus transmettre aux nouvelles générations l’héritage des siècles.

C’est l’époque des colloques «L’école et l’enfant créateur».  L’originalité serait originelle. Intimidés par l’équation de la liberté et de la déliaison les professeurs, mais aussi les parents, et au fond l’ensemble des adultes ne redoutent rien tant depuis lors que de se faire, en assumant leur rôle de transmetteur des codes des normes, de l’héritage civilisationnel, les collaborateurs de l’ordre établi.

Or  la langue, la littérature, l’histoire de la nation dont ils sont appelés à être citoyens, les codes des normes qui cimentent une société, permettent de mettre en forme le donné brut de l’expérience. Elles sont des instances de sens, elles sont des instruments pour s’orienter dans le monde. Il s’agit donc de refonder ce que j’appelle une «anthropologie de la transmission», de rendre au besoin d’inscription dans une histoire, d’enracinement, leur légitimité et leur fécondité, et c’est que j’ai tenté avec cet essai. L’individu entre dans un monde qui était là avant lui et est appelé à demeurer après lui, un monde dont il aura bientôt la responsabilité, dont il devra répondre devant les vivants, ses contemporains mais aussi devant les morts et ceux qui naîtront après lui. Il faut donc l’escorter, lui donner à connaître et à aimer cette histoire cette forme de vie particulière que sont sa nation et sa civilisation afin de lui permettre de la continuer, et non de la détruire ou de la laisser mourir.  La transmission est aussi un devoir par rapport à la civilisation elle-même. L’autre point majeur est que par naissance, l’individu est sans épaisseur temporelle, il est «aplati sur le présent», comme disait le philosophe Cornelius Castoriadis.

Comment répondre à cela ? Par quels moyens ? Continuer la lecture de Bérénice Levet : «La transmission est un devoir»

Jean Sévillia : «La colonisation et le non-sens historique d’Emmanuel Macron»

Alors qu’Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité, Jean Sévillia explique pourquoi une telle déclaration est un non-sens historique. L’historien estime que l’on ne peut pas jeter ainsi «l’opprobre sur les Européens d’Algérie, les harkis, et leurs descendants».

FIGAROVOX. – Lors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d’«acte de barbarie» et de «crime contre l’humanité». Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement?

Jean SÉVILLIA. – Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l’humanité a été donnée en 1945 par l’article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés «l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile». D’autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l’esprit. Or la colonisation est le fait de peupler un pays de colons, de le transformer en colonie, voire, nous dit le dictionnaire le Robert, de procéder à son «exploitation» afin de le «mettre en valeur».

Historiquement parlant, à l’évidence, la colonisation suppose un Continuer la lecture de Jean Sévillia : «La colonisation et le non-sens historique d’Emmanuel Macron»

L’Eglise et l’immigration : le livre polémique de Laurent Dandrieu

Laurent Dandrieu est le rédacteur en chef des pages « Culture » de Valeurs Actuelles pour lequel il suit également l’actualité religieuse. Il vient de publier un ouvrage qui suscite la polémique et le débat.

Laurent Dandrieu dénonce le grand malaise de nombreux catholiques qui n’arrivent plus à suivre l’Eglise sur des questions aussi complexes que l’immigration, l’Islam et l’identité. Pendant que l’Europe, qui n’a déjà pas réussi à intégrer les précédentes générations d’immigrés, est soumise à un afflux de migrants sans précédent. L’Eglise catholique, plus que jamais, martèle l’unique impératif de l’accueil, donnant l’impression de se faire complice de ce que le pape a lui-même qualifié « d’invasion ».

Pour l’auteur, cette incompréhension n’est pas une fatalité. On peut réconcilier les impératifs de la charité authentique et la défense de la civilisation européenne.

David Engels, historien : « Nous n’avons aucune chance d’éviter une guerre civile »

[David Engels est titulaire de la chaire d’Histoire romaine à l’Université libre de Bruxelles]

Combien de temps donnez-vous encore à l’UE ?

Dans 20 ou 30 ans, l’Europe sera devenue un État autoritaire ou impérial, après une phase marquée par des évènements s’apparentant à une guerre civile et par des manifestations de décadence. C’est en tout cas ce que laissent présager les analogies entre la crise actuelle de l’Europe et la période où la République romaine finissante cède la place à l’État d’Auguste [premier empereur]. […]

Quels parallèles discernez-vous ?
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Les Conversations de Paul-Marie Couteaux : Alain de Benoist (chapitre 1)

“Les conversations de Paul-Marie Couteaux” sur TV Libertés, une émissions qui part à la découverte d’une personnalité en six épisodes de 35 minutes. La première série est consacrée à Alain de Benoist.

C’est l’occasion de découvrir les passions, les souvenirs et les éléments fondateurs de la vie d’une célébrité pour mieux comprendre son œuvre. Volontairement intimiste, “Les conversations de Paul-Marie Couteaux” sont filmés in situ, là où ces personnages hors du commun trouvent leurs forces et leur inspiration.

«Le procès Bensoussan ou l’indignation à géométrie variable des pseudo-antiracistes»

L’auteur des Territoires perdus de la République et récemment de La France soumise est accusé d’incitation à la haine raciale. Céline Pina défend Georges Bensoussan, victime de ce péché d’islamophobie qui instille le séparatisme dans le pays.

De nombreux amis sont allés assister au procès intenté à Georges Bensoussan pour incitation à la haine raciale. Ils sont revenus choqués de cette audience. La phrase qui est reproché à Georges Bensoussan ; «l’antisémitisme on le tête au lait de sa mère» pour maladroite qu’elle puisse être, se réfère à une interview de Smain Laacher, sociologue algérien dit dans le documentaire sur les territoires perdus de la république où il dit: «Cet antisémitisme, il est déposé dans l’espace domestique. Il est quasi naturellement déposé sur la langue, dans la langue» (Smain Laacher, suite à la polémique déclenchée par ces propos avait porté plainte pour diffamation et déformation de ses propos, mais l’extrait du film étant explicite et clair, il a retiré sa plainte).

Outre que comme le remarque Martine Gozlan, dans un article remarquable dans Marianne, là où le sociologue n’est pas mis en cause pour ses propos, Georges Bensoussan, lui, est cloué au pilori, on n’a pas assisté à une discussion prenant en compte le fait que les propos étaient oraux, qu’ils étaient tiré d’une émission à dimension polémique, que s’ils méritaient d’être explicités et nuancés, ils ne valaient pas forcément procès mais à la mise en cause de l’honneur d’un homme.

Mes proches, présents à l’audience, ont souligné la qualité des interventions de la présidente du tribunal et l’agressivité comme le manque de nuance de la plaidoirie de la procureure. Mais surtout Continuer la lecture de «Le procès Bensoussan ou l’indignation à géométrie variable des pseudo-antiracistes»

Mathieu Bock-Côté : « Un certain catholicisme se mue en utopie multiculturaliste »

FIGAROVOX/LECTURE – Mathieu Bock-Côté a lu l’essai Eglise et immigration : le grand malaise. Loin des polémiques, Laurent Dandrieu «ajoute sa voix au renouveau intellectuel du conservatisme français», estime le sociologue québécois.

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Le problème de base peut être aisément posé: il existe une telle chose qu’un devoir d’hospitalité et d’aide aux personnes en détresse. L’Église le pense à travers la parabole du Bon Samaritain. Mais c’est une chose d’accueillir une personne, c’en est une autre d’en accueillir des millions, comme c’est le cas, aujourd’hui, avec l’immigration massive qui se jette en nombreuses vagues sur le continent européen, au point que certains parlent même d’une immigration de peuplement. D’autant qu’on ne saurait assimiler systématiquement la figure de l’immigré à celle du réfugié en détresse, fuyant la guerre et la faim. Est-ce qu’une nation est en droit de défendre ses frontières? Depuis un bon moment déjà, l’Église semble penser que non. Mais Laurent Dandrieu lui rappelle qu’elle a déjà pensé le contraire et qu’elle a déjà reconnu le droit des nations: la transformation du catholicisme en utopie multiculturaliste n’était pas inscrite dans son ADN. L’histoire des idées, quand on la maîtrise, éclaire la vie de la cité. D’ailleurs, certains papes comme récents comme Jean-Paul II et Benoit XVI conjuguaient paradoxalement une défense résolue du droit des peuples à leur personnalité collective et un immigrationnisme sans nuances, comme s’ils ne voyaient pas la contradiction entre les deux.

(…)

Dandrieu explore les rapports entre le catholicisme et l’islam. Continuer la lecture de Mathieu Bock-Côté : « Un certain catholicisme se mue en utopie multiculturaliste »

Mobilités et inégalités : la nouvelle lutte des places (France Culture)

Des extraits de l’émission bavarde de France culture: « Mobilités et inégalités : la nouvelle lutte des places.

1er extrait

Michel Lussault : « Je crois que ce qu’il faut casser c’est le « chez nous » et le « pas chez nous » (…) « Pourquoi les calaisiens anti-migrants n’ont pas compris qu’ils avaient des intérêts avec les migrants? »

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2ème extrait

Lamia Missaoui (…) « La Mondialisation, elle arrange beaucoup les migrants (…) ce lien très fort entre les transmigrants pauvres et les multinationales, se retrouve, se croise dans ce désir de mondialisation qui permet aux frontières de s’effondrer, de s’effacer, et aux États-Nations d’être encore moins puissants qu’ils ne l’ont jamais été. Peut-être que les États-Nations continuent à courir derrière leur puissance et ils sont mis à mal de façon irrémédiable par les transmigrations »

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3ème extrait:

Lamia Missaoui (…) Le migrant nous propose de ne pas nous endormir sur nos lauriers du bien-être sédentaire, il nous propose quelque chose d’autre qui est probablement de l’ordre d’une capacité à nous sortir de ces crises multiples dans lesquelles nous sommes constamment ramenés; et la pire des crises probablement c’est celle du retour identitaire

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4ème extrait

Michel Lussault : Les Hyperlieux font exploser les États-Nations. Les États-Nations ne veulent pas le reconnaitre; nous sommes dans un moment de réaffirmation postiche des États-Nations, ça n’est pas un hasard si des gens comme Trump, le mot postiche s’applique bien à lui y compris à sa chevelure, si ces acteurs là sont aujourd’hui des acteurs dominants parce qu’ils nous proposent un postiche qui est celui de l’État-Nation; un leurre qui vient dire à ceux qui sont piégés par leur sédentarité: « Nous allons vous proposer une ré-assurance d’enracinement »… mais c’est un mensonge…. On ne sortira pas de la crise les personnes piégées par leur sédentarité par un ré-enracinement identitaire, au contraire on précipitera leur crise.

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5ème extrait

Lamia Missaoui Les nouvelles technologies permettent à l’étranger d’être constamment connecté avec chez lui, avec sa famille et son pays d’origine et ça rend plus difficile l’idée qu’on puisse le sédentariser quelque part chez nous. (…) Les nouvelles technologies ne facilitent pas ce que nous défendons comme notion d’intégration

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