Archives de catégorie : Culture, idées, Média…

Christophe Guilluy: «En 2017 ou en 2022, la France périphérique fera basculer la présidentielle»

Faut-il encore présenter Christophe Guilluy ? Le géographe social, fin observateur de la France périphérique et théoricien de l’insécurité culturelle, voit ses analyses confirmées par les sondages. Si Marine Le Pen ne l’emportera peut-être pas dès 2017, la France périphérique finira cependant par triompher un jour ou l’autre dans les urnes face aux candidats des gagnants de la mondialisation que sont Hamon, Fillon et Macron.

(…)

Justement, quel est l’essentiel à vos yeux ?

Le Front national n’est que la fin d’une longue histoire de mise à l’écart de ce qu’on appelait hier la classe moyenne et aujourd’hui les classes populaires. Ces dernières soulèvent des problèmes aussi essentiels que le choix du modèle économique mondialisé, le multiculturalisme, les flux migratoires. Passer son temps à se demander si Marine Le Pen peut atteindre 30%, 35%, 45% voire être élue permet de faire l’impasse sur le fond. Si rien n’est fait, Marine Le Pen ou un autre candidat contestant le modèle dominant sous une autre étiquette gagnera en 2022, si ce n’est en 2017. On est à un moment de basculement. Il suffit de prolonger les courbes et les dynamiques en cours pour comprendre que si cela ne se fait pas maintenant, cela arrivera plus tard. De deux choses l’une : soit on décide de se rendre sur ces territoires délaissés et de prendre au sérieux le diagnostic des habitants, soit on reste dans une logique de citadelle qui consiste à serrer les fesses pour préserver l’essentiel et essayer de passer encore un tour.

N’est-il pas légitime de s’inquiéter de la montée des « populismes » ?

Rien ne sert de s’alarmer sans comprendre les causes des phénomènes qu’on combat. Le FN n’est qu’un indicateur. De la même manière, après le Brexit et l’élection de Trump, le monde d’en haut a exprimé son angoisse.

Mais les racines du Brexit sont à chercher dans le thatchérisme qui a désindustrialisé le Royaume-Uni. Et les racines de la victoire de Trump se trouvent dans les années 1980 et 1990, époque de dérégulation et de financiarisation de l’économie sous Reagan et Clinton. Sur le temps long, l’émergence du Front national correspond bien sûr à l’installation d’une immigration de masse mais aussi à la désindustrialisation de la France engagée à la fin des années 1970.

 

En cas de second tour entre Marine Le Pen d’un côté et François Fillon ou Emmanuel Macron de l’autre,  les sondages annoncent la victoire des gagnants de la mondialisation, pourtant minoritaires dans le pays… Continuer la lecture de Christophe Guilluy: «En 2017 ou en 2022, la France périphérique fera basculer la présidentielle»

« Nous sommes dans une dictature médiatico-judiciaire »

« Minute » : Quel regard portez-vous sur le développement d’affaires judiciaires concernant Marine Le Pen et François Fillon en pleine campagne pour l’élection du président de la République ?

Jean-Yves Le Gallou : Pour apprécier la situation, il faut faire un effort d’imagination et se télétransporter. Imaginons qu’il y ait une élection présidentielle en Russie et que, tous les deux jours, l’un des deux principaux candidats d’opposition, ou les deux, soit perquisitionné, convoqué chez les juges, mis en examen ou que ses proches se trouvent dans cette situation. Evidemment, l’ensemble des médias mondiaux, les médias français au premier chef, crierait à l’atteinte à la démocratie. Sauf que ce que je viens de décrire ne se passe pas – et ne s’est pas passé – dans la Russie de Vladimir Poutine mais se déroule actuellement dans la France de François Hollande…

Le décret de Manuel Valls mettant sous le contrôle du gouvernement la cour de cassation démontre qu'il ne voit en la loi qu'un outil politique.

Le décret de Manuel Valls mettant sous le contrôle du gouvernement la Cour de cassation démontre qu’il ne voit en la loi qu’un outil politique.

La séparation des pouvoirs exige que le pouvoir judiciaire reste dans son lit et qu’en tout cas, en période électorale, il fasse preuve d’un minium de retenue. Or ce n’est pas du tout à cela qu’on assiste mais, au contraire, à un véritable séquençage des opérations judiciaires en fonction du calendrier électoral et de l’intérêt de la presse pour une « feuilletonnisation » des supposées « affaires » Fillon et Le Pen.

En polluant délibérément la campagne électorale, les juges commettent une forfaiture.

Les scandales ne touchent que François Fillon et Marine Le Pen. Parce qu’il n’y aurait rien, en ces temps de grand déballage, sur Emmanuel Macron ?

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Chantal Delsol : « Le populisme est attaché à des enracinements que détestent les élites universalistes et cosmopolites »

Après Donald Trump et le Brexit, à quelques jours d’une élection aux Pays-Bas et à quelques mois de l’élection présidentielle française, Chantal Delsol fait le point pour FigaroVox sur la situation des partis « populistes » en France et dans le monde.

Les élites ont aimé le peuple tant qu’il défendait le socialisme universel, mais dès qu’il a commencé à défendre ses territoires et ses communautés intermédiaires, elles ont commencé à l’injurier.

Il faut dire aussi que ces courants tellement détestés n’ont pas d’élite intellectuelle, forcément, puisqu’il entraînent tout ce qu’ils touchent dans leur ostracisme – un universitaire qui suivrait Marine Le Pen perdrait aussitôt son statut, son groupe de recherche, ses éditeurs, et cesserait par conséquent d’être universitaire.

Le statut de ces courants [populistes] est très étrange: à la fois on n’a pas eu d’arguments pour les interdire légalement (les démocraties sont tout à fait fondées à interdire des mouvements anti-démocratiques, nazis ou communistes par exemple), et à la fois on les décrie avec tant de force qu’ils n’ont pas droit à un statut de partenaire démocratique: celui avec lequel on débat. Le but du débat démocratique se porte uniquement sur leur exclusion, de façon parfois tout à fait hystérique. Mais on ne dit pas exactement pourquoi, on se contente de les assimiler aux «pages les plus sombres de notre histoire»! Je suis persuadée qu’il y a derrière cette honteuse partie de cache-cache, des raisons inavouées. Essentiellement, le fait que ces courants sont attachés à des enracinements (patrie, famille) que détestent les élites universalistes et cosmopolites qui gouvernent en Occident. Continuer la lecture de Chantal Delsol : « Le populisme est attaché à des enracinements que détestent les élites universalistes et cosmopolites »

Journalisme, vérification et positivisme (Jacques sapir)

Croyez-vous en la mort du fact-checking ? 

 

Je ne crois ni en la vie ni en la mort du « fact-checking », ce que l’on devrait appeler la « vérification » en cessant d’utiliser ce jargon qui n’est ni de l’anglais ni du français. Tout simplement parce que ce genre de formule est vide de sens. Il faudra toujours vérifier et revérifier des sources. C’est un impératif absolu. Mais, cela ne saurait suffire. Comme praticien des sciences sociales, comme économiste, je le fais d’ailleurs en permanence. Mais, vérifier est aussi bien souvent déconstruire un « fait ». On oublie cela trop souvent. Ce qu’il y a de pervers dans ce que l’on appelle le « fact-checking » (la vérification) c’est la croyance en des « faits » qui existeraient au-delà des débats dans lesquels ils s’insèrent. C’est la résurgence d’une idéologie du XIXème siècle, le positivisme, que l’on pensait renvoyée dans les placards. Les historiens de l’Ecole des Annales ont, en France, écrit des choses remarquables sur ce point.

Le véritable problème est donc en réalité le positivisme et non le principe de vérification ou de « fact-checking », car ce dernier s’appuie et se nourrit justement de cette idéologie. C’est le positivisme, cette idéologie devenue une véritable croyance en l’existence de « faits » en surplomb au-dessus des représentations et des idées, qui est le principal problème. Mais, de cela, les journalistes qui pratiquent la « vérification » ne semblent avoir aucunement conscience. Il faudra donc liquider le positivisme ; le reste ira alors de lui-même.

 

Quelle est la légitimité du fact-checkeur selon vous ? 

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Bérénice Levet : « Macron a programmé l’obsolescence de la France, de la forme de vie proprement française »

A Londres, Emmanuel Macron a déclaré : «L’art français, je ne l’ai jamais vu». Pour la philosophe Bérénice Levet, le candidat d’En Marche révèle par cette formule qu’il est le héraut d’un multiculturalisme postnational.

Sans vouloir dramatiser à l’excès, la situation de la France est grave. Ces élections présidentielles sont les premières après les attentats qui nous ont frappés depuis 2015 et tout se passe comme s’ils n’avaient pas eu lieu.

Il entend présider aux destinées de la France mais notre nation lui est parfaitement indifférente.

Sa vision du monde est purement économique. Il envisage notre nation comme une start-up qui aurait besoin d’avoir à sa tête un jeune cadre supérieur, dynamique, souriant, «sympa», ouvert, accueillant.

[…]

À travers ces remarques, Emmanuel Macron ou ses proches ne font-ils pas le procès de l’assimilation et n’ouvrent-ils pas la voie au multiculturalisme ?

Emmanuel Macron est totalement acquis à la conversion de la France au multiculturalisme. Même s’il n’utilise pas le mot, ses déclarations sur la culture, sur l’art sont éloquentes.

On pourrait les attribuer à de l’ignorance. Tellement infatué de lui-même, Emmanuel Macron ne se rendrait pas même compte qu’il laisse s’écailler le vernis de l’homme cultivé, philosophe, dont il aime à se recouvrir. Mais non, son propos est idéologique. Il sait ce qu’il fait. La France n’a pas d’identité, dit-il, elle n’est qu’un contenant.

Il entend présider aux destinées de la France mais notre nation lui est parfaitement indifférente. Ne nous laissons pas duper: c’est en touriste qu’il se réfère à Jeanne d’Arc, le passé ne l’oblige à rien. Il est résolu au contraire à couper les fils qui nous y relient encore, où il ne voit qu’entraves. Il est le candidat du postnational. Il a programmé l’obsolescence de la France, de la forme de vie proprement française. […]

Être adapté à la marche du monde, exhorte E. Macron, c’est-à-dire à l’ultralibéralisme économique – l’ubérisation de tous les secteurs d’activité est son projet, la flexibilité, la précarité, l’instabilité son programme – mais non moins à l’ultralibéralisme dans le domaine des mœurs. […]

Adaptation parfaite enfin, lorsque la France sera définitivement Continuer la lecture de Bérénice Levet : « Macron a programmé l’obsolescence de la France, de la forme de vie proprement française »

Michel Onfray – Marcel Gauchet : Macron est « le plein d’un vide »

En exclusivité pour « l’Obs », les philosophes Marcel Gauchet et Michel Onfray décryptent les raisons du succès de l’ancien ministre de l’Economie. Non sans critiquer son pari risqué de cultiver l’ambiguïté.

De quoi Emmanuel Macron est-il le nom ?

Marcel Gauchet. Personne ne le sait, même pas lui. Emmanuel Macron est l’un de ces hommes politiques qui se nourrissent d’une situation, d’une conjoncture, bien plus qu’ils ne la créent. Macron est indéfinissable et se veut tel. […]

Michel Onfray. Le futur d’Emmanuel Macron est à chercher dans son passé, qui est déjà presque un passif. […]

Dans son discours de Lyon, le 4 février, Macron a fait de multiples références à nos grands hommes, notamment au général de Gaulle…

Onfray. De Gaulle pensait que l’économie était au service de la politique. Chez Macron, c’est l’inverse.

Gauchet. En l’état actuel des choses, Macron serait plutôt un Jean Lecanuet qui aurait coiffé le képi du Général.

Emmanuel Macron peut-il continuer ainsi en ménageant tous les électorats ? Continuer la lecture de Michel Onfray – Marcel Gauchet : Macron est « le plein d’un vide »

César 2017 : les tweets racistes et homophobes du « meilleur espoir féminin » Oulaya Amamra provoquent le scandale

La diversité était à l’honneur à la cérémonie des césars. Les idéologues n’ont pas de frontière et la culture est le terrain dans lequel ils s’épanouissent.
Manque de bol leurs progénitures leurs échappent… et se révèlent être des créatures monstrueuses de communautarisme, d’antisémitisme, de francophobie et de racisme.
Après Mehdi Meklat , Théo, en voilà encore une autre: Oulaya Amamra

Bravo et merci à Fdesouche


Oulaya Amamra a été sacrée meilleur espoir féminin pour son rôle dans « Divines » lors de la remise de la première statuette de la soirée des César 2017.
Mais les tweets racistes et homophobes de l’actrice postés sur son compte @OulayaAmamradéclenchent la polémique sur le réseau social. L’actrice a verrouillé son compte vers 1h du matin. D’autres éléments gênants ont été retrouvés dans la nuit sur les comptes facebook et twitter de la seconde actrice Déborah Lukumuena et de la réalisatrice Houda Benyamina.


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En meeting, Marine Le Pen s’attaque aux médias, « les petits fayots du système »

Les médias ne sont pas un contre-pouvoir démocratique mais un pouvoir contre démocratique. Il n’y a pas de diversité d’opinions au sein des différents canaux médiatiques mais une démultiplication de la pensée unique.

MLP : « Le véritable contre-pouvoir ce n’est plus la presse. C’est Internet, les réseaux sociaux, c’est vous »

Voir: Médias français : qui possède quoi

Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

(…)Comme beaucoup de Français, je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France, rendue responsable et coupable de tous les maux. Tous les bienfaits dont elle a été – ou est encore – à l’origine sont soigneusement tus. Un réquisitoire soutenu par nombre de médias et des hordes d’idiots utiles. Réquisitoire des plus dangereux, puisqu’il entretient un climat hostile à l’égard de la France et des Français. (…)

Lorsque je me retrouve face à des Français de souche qui font preuve d’une injustice profonde envers la France, je suis parfois saisie d’un haut-le-cœur… (…)

Des chapitres entiers traitent, et de manière orientée, des pages d’Histoire qui s’écrivent actuellement sous nos yeux, telle celle des flux migratoires extra-européens. C’est du lavage de cerveau façon 1984, de George Orwell. Il faut assainir ce climat. L’enjeu est aussi la pacification des salles de classes, pour permettre aux enseignants d’exercer de nouveau pleinement leur mission. (…) Continuer la lecture de Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

Macron: « L’art français je ne l’ai jamais vu »

Emmanuel Macron était En Marche! à Londres, mardi soir, afin de tenir un meeting devant 2.000 expatriés français, dans une salle en face de Westminster. Si le candidat a stipulé qu’il était « possible de revenir entreprendre, chercher, enseigner en France », il a émis des doutes sur l’existence d’un art typiquement français. Selon lui, il n’existe pas « une culture française », mais une multitude de cultures qui sont syncrétiques entre elles…

L’Obs

Sébastien Chenu : « Lucas Belvaux se décerne à lui-même un brevet d’anti-lepenisme « 

NDLR: il faut noter que le film de Belvaux a écrit son film avec Jérôme Leroy, communiste et soutien de Mélenchon. Auteur d’un roman contre le FN, Le Bloc, il n’a jamais caché son amour pour les dictatures comme celle de Chavez ou de Castro.

Le conseiller régional FN des Hauts-de-France et président du Collectif Culture du parti est l’invité du 5/7 alors que sort le film « Chez nous ».

Pour Sébastien Chenu, le film est « daté, fait des références au Front National qui n’existe plus de nos jours et Lucas Belvaux s’auto-decerne un brevet d’anti lepenisme.  »

Sébastien Chenu, en charge de la culture au Front National : « si certains veulent dire du bien de Marine Le Pen ils le feront sans que Continuer la lecture de Sébastien Chenu : « Lucas Belvaux se décerne à lui-même un brevet d’anti-lepenisme «