Archives de catégorie : Histoire

Traité de Rome : il y a 60 ans, Pierre Mendès France prédisait les tares de l’Union européenne

Le 25 mars 1957, l’Allemagne de l’Ouest (RFA), la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signaient à Rome le traité fondateur de ce qui est devenu l’Europe politique et économique. Il instituait la Communauté économique européenne (CEE), un marché commun basé sur la libre circulation avec la suppression des barrières douanières entre les États membres. Les institutions (Conseil des ministres, Commission, Assemblée parlementaire européenne) seront mises en place dans la foulée, au début de l’année 1958.


Discours de Pierre Mendès-France contre le traité de Rome le 18 janvier 1957

Extraits de l’analyse de Pierre Mendès France sur l’Europe {19/01/1957}

« Le projet de marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XIXe siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. Dix crises graves, tant de souffrances endurées, les faillites et le chômage périodique nous ont montré le caractère de cette théorie classique de résignation. […] Dans le cas d’une crise économique, il se produira une baisse des salaires allemands, un dumping de l’industrie allemande contre la nôtre. […] L’harmonisation doit se faire dans le sens du progrès social, dans le sens du relèvement parallèle des avantages sociaux et non pas, comme les gouvernements français le redoutent depuis si longtemps, au profit des pays les plus conservateurs et au détriment des pays socialement les plus avancés.

En fait, ne nous ne le dissimulons pas, nos partenaires veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à consister, coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière et, par contrecoup, au détriment des autres classes sociales qui vivent du pouvoir d’achat ouvrier. Il faut faire l’Europe dans l’expansion et dans le progrès social et non pas contre l’une et l’autre.

Si nos charges sont trop lourdes, comme il est certain, si notre balance des payements en est altérée, on nous invitera à dévaluer le Continuer la lecture de Traité de Rome : il y a 60 ans, Pierre Mendès France prédisait les tares de l’Union européenne

Rediff/Grande-Bretagne: Enoch Powell n’avait-il pas raison de prédire le désastre ? (vidéo)

Le 08 aout 2011

Dans les années 80, la Grande- Bretagne a fait le choix du multiculturalisme, du relativisme culturel et du communautarisme(1). Très vite ce modèle fut cité en exemple et l’ensemble des peuples européens furent enjoints par leurs élites à suivre la marche du progrès et de la discrimination positive.

Or, la machine n’a pas mis longtemps à s’enrayer. Au fil des ans l’immigration a augmenté, et les groupes ethnico-religieux sont devenus de plus en plus exigeants en matière d’accommodement raisonnable.
Au début de l’année 2011, le premier ministre Britannique David Cameron n’a pu que constater l’échec des politiques menées à l’égard des minorités ethniques et religieuse depuis les années 80, et s’est engagé à réduire l’immigration. (2) Une immigration qui, si l’on en croit le récent sondage publié par le Daily mail, est rejetée par plus de 70% des britanniques.(3) Et ce ne sont pas les émeutes qui ont éclaté à Tottenham qui vont améliorer la situation. (4)
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Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

(…)Comme beaucoup de Français, je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France, rendue responsable et coupable de tous les maux. Tous les bienfaits dont elle a été – ou est encore – à l’origine sont soigneusement tus. Un réquisitoire soutenu par nombre de médias et des hordes d’idiots utiles. Réquisitoire des plus dangereux, puisqu’il entretient un climat hostile à l’égard de la France et des Français. (…)

Lorsque je me retrouve face à des Français de souche qui font preuve d’une injustice profonde envers la France, je suis parfois saisie d’un haut-le-cœur… (…)

Des chapitres entiers traitent, et de manière orientée, des pages d’Histoire qui s’écrivent actuellement sous nos yeux, telle celle des flux migratoires extra-européens. C’est du lavage de cerveau façon 1984, de George Orwell. Il faut assainir ce climat. L’enjeu est aussi la pacification des salles de classes, pour permettre aux enseignants d’exercer de nouveau pleinement leur mission. (…) Continuer la lecture de Malika Sorel-Sutter : « Je ne supporte plus la mise en accusation permanente de la France ! »

Colonisation : poursuite judiciaire en vue contre Macron

Les ennuis judiciaires commencent pour Emmanuel Macron. Selon nos informations exclusives, l’association de Pieds Noirs du Cercle Algérianiste va porter plainte contre Emmanuel Macron pour “atteinte à la mémoire et à l’honneur des Français d’Algérie”.

La justice va se saisir des propos de Macron

Lors d’un voyage officiel en Algérie, le candidat à l’élection présidentielle avait proposé des propos qui ont, et font toujours polémique : “la colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis Continuer la lecture de Colonisation : poursuite judiciaire en vue contre Macron

Colonisation : élu président, Hamon pourrait présenter des «excuses»

Ça fait 60 ans que nous regardons notre histoire en face comme ils disent. Ça fait 60 ans que l’Algérie nie ses propres crimes. Et ça fait 30 ans que nous sommes colonisés par nos anciennes colonies.


«Je ne suis pas pour caractériser cela comme (tel). Pourquoi? Parce que président de la République, demain, cela veut donc dire que l’on envisage qu’une Cour pénale internationale puisse juger des Français pour crimes contre l’humanité, d’une part. Et d’autre part que nous hissons cette blessure-là au niveau de la Shoah, du génocide rwandais, du génocide arménien… Et je ne veux pas, moi, rentrer dans une forme de concurrence mémorielle», a-t-il avancé.

Toutefois, le député des Yvelines a ajouté qu’il considérait «que la blessure (et) le fardeau qui est celui de la France à l’égard des peuples qu’elle a colonisés et opprimés, est un fardeau qui suppose que l’on exprime publiquement les regrets qui sont ceux de la République à l’égard de (ces) peuples». «Ça peut aller jusqu’à des excuses», a-t-il même dit. Avant de temporiser: «Il faudra exprimer des regrets. Vous parlez d »excuses’, je verrai si c’est sous cette forme-là que nous devrons adresser nos regrets aux peuples qui sont ceux d’Algérie, de Tunisie, du Maroc et tous les pays qui ont subi la colonisation, mais il me semble que nous devons regarder notre histoire en face.» […]

Le Figaro

Bérénice Levet : «La transmission est un devoir»

Philosophe et essayiste, Bérénice Levet vient de publier Le crépuscule des idoles progressistes, livre de combat défendant une certaine idée de la culture et de la transmission.

 

A propos de «l’idéologie de la non-transmission», vous écrivez qu’elle a engendré des êtres hors sol, désaffiliés, «incarcérés dans la prison du présent», voués à un conformisme de la pensée et du comportement, dépossédés de la langue, atomisés, réduits à leur statut de consommateur.

Permettez-moi de préciser ce qu’il convient d’entendre par idéologie de la non-transmission. A partir de la décennie 1970, avec la liberté de l’enfant pour alibi et un sentiment de culpabilité de l’Occident allant grandissant dans les consciences progressistes, les adultes se sont autorisés à ne plus transmettre aux nouvelles générations l’héritage des siècles.

C’est l’époque des colloques «L’école et l’enfant créateur».  L’originalité serait originelle. Intimidés par l’équation de la liberté et de la déliaison les professeurs, mais aussi les parents, et au fond l’ensemble des adultes ne redoutent rien tant depuis lors que de se faire, en assumant leur rôle de transmetteur des codes des normes, de l’héritage civilisationnel, les collaborateurs de l’ordre établi.

Or  la langue, la littérature, l’histoire de la nation dont ils sont appelés à être citoyens, les codes des normes qui cimentent une société, permettent de mettre en forme le donné brut de l’expérience. Elles sont des instances de sens, elles sont des instruments pour s’orienter dans le monde. Il s’agit donc de refonder ce que j’appelle une «anthropologie de la transmission», de rendre au besoin d’inscription dans une histoire, d’enracinement, leur légitimité et leur fécondité, et c’est que j’ai tenté avec cet essai. L’individu entre dans un monde qui était là avant lui et est appelé à demeurer après lui, un monde dont il aura bientôt la responsabilité, dont il devra répondre devant les vivants, ses contemporains mais aussi devant les morts et ceux qui naîtront après lui. Il faut donc l’escorter, lui donner à connaître et à aimer cette histoire cette forme de vie particulière que sont sa nation et sa civilisation afin de lui permettre de la continuer, et non de la détruire ou de la laisser mourir.  La transmission est aussi un devoir par rapport à la civilisation elle-même. L’autre point majeur est que par naissance, l’individu est sans épaisseur temporelle, il est «aplati sur le présent», comme disait le philosophe Cornelius Castoriadis.

Comment répondre à cela ? Par quels moyens ? Continuer la lecture de Bérénice Levet : «La transmission est un devoir»

Jean Sévillia : «La colonisation et le non-sens historique d’Emmanuel Macron»

Alors qu’Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l’humanité, Jean Sévillia explique pourquoi une telle déclaration est un non-sens historique. L’historien estime que l’on ne peut pas jeter ainsi «l’opprobre sur les Européens d’Algérie, les harkis, et leurs descendants».

FIGAROVOX. – Lors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d’«acte de barbarie» et de «crime contre l’humanité». Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement?

Jean SÉVILLIA. – Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l’humanité a été donnée en 1945 par l’article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés «l’assassinat, l’extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’un groupe de population civile». D’autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l’esprit. Or la colonisation est le fait de peupler un pays de colons, de le transformer en colonie, voire, nous dit le dictionnaire le Robert, de procéder à son «exploitation» afin de le «mettre en valeur».

Historiquement parlant, à l’évidence, la colonisation suppose un Continuer la lecture de Jean Sévillia : «La colonisation et le non-sens historique d’Emmanuel Macron»

Mélenchonisme: L’Homme que nous aimons le plus. (Archives cinéma français)

L’homme que nous aimons le plus c’est une brochure mais aussi un film. Une plongée soignée (et saisissante) dans l’organisation par le P.C.F. du culte à Staline durant la guerre froide. Ce film, interdit par la censure, n’obtint pas de visa (commercial ou non commercial) reçut le Prix du court-métrage au festival de Karlovy-Vary en 1950… Il est en fait une version courte de L’homme que nous aimons le plus, expurgée après son éviction en 1952 des passages où apparaît André Marty. La version longue complète a été numérisée en 2015.

Cette archive en dit long sur l’idéologie qui a gangréné (et qui gangrène encore) le milieux de la culture en France….

Le soixante dixième anniversaire du vainqueur de Stalingrad, en 1949, fut d’ailleurs l’occasion du plus stupéfiant déferlement d’adoration qu’un humain ait pu connaître au XXe siècle. Le PCF ne fut pas en reste qui publia une brochure et diffusa un film intitulés « L’homme que nous aimons le plus ». L’Humanité du 8 décembre 1948 publia à sa gloire un poème intitulé « Joseph Staline », dû à la plume de l’un des plus grands poètes français du XXe siècle : Continuer la lecture de Mélenchonisme: L’Homme que nous aimons le plus. (Archives cinéma français)

Non, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes

Les romans, les chansons et le cinéma l’attestent, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes. Simplement parce qu’au long d’un siècle d’existence le Paris ouvrier et populaire a vécu dans la rue.
Le Tambour-Royal tenu par Ramponneau. – www.france-pittoresque.com

Une rue de Paris honore le créateur des grands cafés populaires, Jean Ramponneau, même si la postérité lui fit perdre un et peut-être un x final, la rue Ramponeau, à Belleville. Non loin de là, entre les Courtilles et le faubourg du Temple, Jean Ramponneau avait ouvert, au milieu du XVIIIe siècle, fréquenté par toutes les classes de la société. Pour attirer la clientèle, Ramponneau, qui ne servait pas que du café, avait aussi inventé une stratégie commerciale, proposant la pinte de vin blanc à des prix défiant toute concurrence.

La clientèle était assez variée pour que les gens d’Eglise et en particulier les jansénistes s’en inquiètent. Car le personnel et la clientèle comptaient des femmes, venues avec leurs compagnons ou Continuer la lecture de Non, les cafés populaires de Paris ne furent jamais fermés aux femmes

La petite histoire : Les Malgré-nous dans les camps soviétiques

Les Malgré-nous sont ces citoyens d’Alsace-Lorraine, considérés en 1942 comme des citoyens allemands, qui seront incorporés de force dans la Wehrmacht.

Dans l’armée allemand, on ne leur fait pas confiance, c’est ainsi que 90 % d’entre-eux seront envoyés combattre sur le front de l’Est. Capturés par les soviétiques, ils bénéficieront d’un traitement à part, bien qu’ils resteront prisonniers de guerre. Ce nouvel épisode de La Petite Histoire raconte comment les Malgré-nous ont été placés dans des camps puis libérés progressivement en fonction de l’évolution du conflit.