Archives de catégorie : Histoire

Manipulations d’opinion : l’exemple de la Serbie et de l’Irak (vidéos)

Même si la manipulation de l’opinion est une vieille constante des conflits qui ont secoué le monde, dans nos démocraties les média devraient se faire un devoir de lutter contre la propagande. Or il n’en est rien. Pis même, ils se font les complices des pouvoirs en place.

Car si les causes des guerres sont restées les mêmes ( expansions stratégiques ou contrôles des ressources naturelles et des matières premières…), il convient pour les tenants du “camp du bien”, avides de guerres humanitaires et de “libération”, d’y mettre les formes. La modification sémantique aidant (ministère de la Guerre devenu “de la Défense”, la “bataille” cédant le pas à “l’intervention”, le “bombardement” au terme plus policé de “frappe”), les manipulations consistent aujourd’hui à donner bonne conscience au public avachi.

L’actualité syrienne et libyenne est l’occasion de nous souvenir de quelques gros trucages médiatiques orchestrés ces 30 dernières années.
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La préférence nationale vient de la gauche : hommage à Christian Jelen + Vidéo

Michel Ciardi rend hommage dans les colonnes de Riposte laïque à son camarade Christian Jelen. Il en profite pour publier un article de ce dernier paru le 22 Juin 1998 dans Marianne et qui démontre que la préférence nationale est historiquement de gauche.

Journaliste et écrivain Christian Jelen, mort le 25 octobre 1998, fut un homme droit, un homme d’honneur, un français, un républicain. Il venait de terminer son livre, « la guerre des rues ». Ecrivain, journaliste au Point, il était spécialiste des problèmes de société et de l’immigration. Il publia plusieurs ouvrages dont L’Aveuglement chez Flammarion en 1984, La France éclatée ou les reculades de la République en 1996, Les Casseurs de la République en 1997 et La guerre des rues en 1998.

Cet article de celui qui écrivit sur l’immigration et ses risques, sur la tendance des « intellectuels français » à décrire une France « moisie » « pétainiste », revêt aujourd’hui une importance qu’à l’époque seule quelques personnes comprirent. Fort de l’intégration réussie en France de ses parents, juifs immigrés de Pologne avant guerre, il méprisait ceux qui tentait de donner de la France l’image d’un pays où en 1942 tous les habitants collaboraient avec les allemands en dénonçant les juifs.

Avec Christian je fus un samedi après-midi en 1993 à l’origine de ce que l’on appela « l’autre pétition » et qui figura dans le journal « Marianne ». Cette pétition se voulait un soutien aux lois Pasqua sur l’immigration et une réponse de ceux qui de la gauche républicaine à la droite que j’appellerai « patriote et pasquaienne » furent écœurés par ceux qui non seulement défilèrent contre la loi Pasqua mais le firent sous le mot d’ordre « l’appel de ceux qui ont un nom difficile à prononcer ».

Christian et moi-même furent horrifiés par cette mascarade boboïsante, d’autant que parmi les clowns habituels (Jack Lang n’ayant plus honte de son judaïsme ) se glissèrent des hommes honorables comme Henri Krasucki, déporté à 14 ans mais qui ne pouvait concevoir que le parti fut en dehors de cette manifestation et que beaucoup de signataires et participants à cette manifestation, excipèrent de leurs qualité de juif, pour donner (selon eux) plus de force à leurs clameurs.

Moi dont la mère, Zysla Zylberglajt, était dans ce cas de figure des noms particulièrement difficiles à prononcer, j’étais d’autant plus triste et amère que je connaissais depuis longtemps les amitiés maréchalistes de François Mitterand et que cette manifestation dont le Parti socialiste, la gauche et l’extrême gauche étaient à l’origine, marqua le début du processus qui m’amena à la rupture avec la gauche.

C’est après cette pétition qu’avec quelques personnes dont Philippe Cohen, alors responsable des pages économie de « Marianne » nous créâmes la fondation Marc Bloch.
Cet article est un hommage à un homme, dont je ne sais si aujourd’hui, il soutiendrait « Riposte Laïque », je me refuse à enrôler les morts, mais dont je sais pour en avoir longuement discuter avec lui, que l’amitié et le respect qu’il portait à Jean-François Revel, venait non seulement de la pensée de ce dernier mais de celui qui à 17 ans s’engagea dans la résistance et tua son premier « boche » l’on dirait aujourd’hui « soldat allemand ».
Ce modeste hommage à Christian Jelen est pour moi un moyen pour payer la dette que nous avons envers un tel homme.

Michel Ciardi

LA PREFERENCE NATIONALE VIENT DE LA GAUCHE

Il suffit de parler de préférence nationale pour déclencher l’hystérie des prêcheurs du conformisme pluriel, le Monde, Les Verts, les trotskistes, les gauchistes de FO et de la CFDT, les communistes, certains socialistes, des chefs du RPR et de l’UDF, etc. «La préférence nationale, martèlent-ils, c’est Le Pen, c’est l’extrême droite.» Désolé de les contredire: la préférence nationale n’a pas été inventée par Le Pen. Elle ne date pas non plus de Vichy. Elle plonge ses racines dans l’histoire du mouvement ouvrier. D’où sa résonance dans l’électorat populaire.

La protection des travailleurs nationaux est au coeur des débats de la 1re Internationale, créée en 1864 à Londres. Ses fondateurs, dont Karl Marx, veulent contrôler les mouvements de main-d’oeuvre afin que les patrons ne puissent recourir aussi facilement aux travailleurs étrangers pour briser une grève ou faire baisser les salaires. Vers la fin du XIXe siècle, tant qu’il y a de l’embauche, les ouvriers parisiens ne songent pas à demander l’expulsion des étrangers, d’autant que ceux-ci, déjà, se chargent des besognes les plus dangereuses ou les plus viles. Mais, dès que la crise économique éclate, la présence des étrangers est remise en question. Faut-il s’étonner que les premiers décrets restreignant le travail des étrangers en France aient été signés en août 1899 par Alexandre Millerand, premier socialiste membre d’un gouvernement ?

La préférence nationale est au centre des débats du syndicalisme ouvrier, aussi bien avant 1895, année de naissance de la CGT, qu’après. Pour les syndicalistes, des immigrés trop nombreux forment la réserve du capitalisme dont parlait Marx. Les patrons s’en servent pour diminuer les salaires. Pour ne pas en arriver à une situation conflictuelle, la CGT préconise un strict contrôle des flux migratoires.

En 1915, en pleine guerre, la CGT pose la question des ouvriers étrangers: « On ne peut pas les faire venir là où la main-d’oeuvre locale est suffisante… Il faut ensuite assurer aux immigrants un salaire égal à celui des ouvriers nationaux employés dans la même profession.» La création d’un Conseil supérieur de l’importation de la main-d’oeuvre étrangère est exigée. Après 1920, la CGT non communiste, majoritaire, proteste contre l’immigration clandestine et les faux réfugiés politiques, surtout à partir de 1931, quand la France subit la crise économique. La SFIO, par la voix de Léon Blum dans le Populaire, admet qu’«en temps de crise, toute immigration supplémentaire doit être suspendue. […] Pour prévenir les conflits possibles entre chômeurs français et travailleurs étrangers.» Et leur prévention exige un contrôle des flux migratoires.

La crise s’aggravant, la gauche vote ou fait voter des lois de préférence nationale (loi Herriot de 1932 et décrets-lois Daladier de 1938), d’une grande brutalité. Lors de son congrès de Royan, en 1938, la SFIO admet que «la France ne peut pas supporter à elle seule la plus grosse part des charges découlant du droit d’asile» des réfugiés allemands, autrichiens, juifs, espagnols… Cinquante ans avant Rocard, Blum et ses amis reconnaissent que la France ne peut pas «accueillir toute la misère du monde».
Après la Libération, ainsi que François de Closets le rappelle dans le Compte à rebours (Fayard), la gauche a largement contribué à faire bénéficier le secteur public de la préférence nationale. Des artistes ont aussi accès à ce privilège. Ainsi, la France statutaire bénéficie de la préférence nationale, mais la refuse à la France précaire. C’est une situation aberrante, malsaine. Que nos dirigeants, de gauche ou de droite, devraient aborder avec courage. Sans sombrer dans les petites lâchetés ou l’hystérie.

Christian Jelen

Lundi 22 Juin 1998, paru dans Marianne

Quand la gauche refusait l’immigration:


Marchais immigration par Chevalier_du_Christ

La Gauche, fut la mère de la collaboration (vidéo)

Il est d’usage de dire que la gauche a été résistante, et la droite nationale collabo. On a même vu dernièrement sur Canal +, le grand éditocrate de gauche, Jean-Michel Apathie, se livrer à une harangue contre la droite nationale :
 » La deuxième guerre mondiale en France c’est le moment historique où la droite nationale et autoritaire perd son honneur. Tous les courants de pensée résistent, chacun à son rythme, et la droite pétainiste, elle, collabore avec l’occupant.
 » L’occupation, c’est la droite nationale qui collabore (…) Il y a sur la droite nationale, une tâche indélébile. »


C’est devenu une rengaine, or la répétition d’un mensonge n’en fait pas une vérité.

Car si l’on se penche sur la période vichyste, on découvre alors une réalité un peu trop vite oubliée. La gauche qui ne sait que s’indigner et dénoncer, est l’héritière du Front Populaire qui a voté les pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940.

Emportée par son pacifisme, son désir absolu de paix, et une vision européiste déjà délirante, elle a vu dans le juif un fauteur de guerre. Résultat, c’est Laval qui, en 1942, organise la rafle du vel’ d’hiv, et c’est tous les anciens antiracistes, dreyfusards et antifascistes que l’on retrouve dans la collaboration, comme le montre, avec preuves et listes nominatives jusqu’ici incontestées, l’historien Simon Epstein dans ses livres.
Côté communiste, l’approbation du pacte germano-soviétique, le soutien à l’URSS jusque dans les pires atrocités, ainsi que l’entrée tardive (1941, au moment de l’attaque allemande à l’Est) dans la Résistance se suffisent à eux-mêmes.
Parallèlement, qui rejoint en premier le Général de Gaulle à Londres ? Les gens de l’Action Française, de la Cagoule, mais aussi des juifs. De Gaulle le dira lui-même : « à Londres, j’ai croisé la cagoule et la synagogue ». En France, Henri Frenay, homme politique de droite, fonde l’organisation Combat, le premier et l’un des plus efficaces mouvements résistants. Résistance dont un certain De Gaulle, qui ne me semble pas être de gauche, est l’homme fort. Situation paradoxale, les antidreyfusards, la droite et l’extrême droite de l’époque sont dans la Résistance ; les dreyfusards et la gauche dans la Collaboration.


La gauche, fut la mère de la collaboration! par thechouan

Le nouveau cri de guerre de la caste: Vive le gouvernement fédéral européen, A bat l’État- Nation (vidéo)

On aurait pu croire que la crise allait refroidir les ardeurs de nos européistes les plus dingues. Il n’en est rien. Pis même, ils s’entêtent. Dans les colonnes des média complices, on assiste à la sarabande des menteurs et des emberlificoteurs (1). Le rouleau compresseur de la propagande avance au pas cadencé de l’oligarchie. C’est à celui qui défendra le mieux le système, qui luttera le plus benoitement contre la démondialisation, qui manifestera le plus son attachement à la monnaie unique, et qui favorisera la fédéralisation économique totale de la zone euro.
Car la situation représente une chance unique d’imposer aux peuples d’Europe un gouvernement fédéral de l’union européenne (2).
Leur méthode a déjà été éprouvée en union soviétique par les apparatchiks de la dictature communiste : Si l’Union Européenne ne fonctionne pas, c’est parce qu’il n’y pas assez d’Europe. L’avenir est donc au fédéralisme économique, politique et institutionnel… et à la mort des États-Nation.

Le gang des euro-maniaques peut compter sur la complicité des pseudo-experts et des média qui les sélectionnent.

Pour qu’une utopie totalitaire paraisse crédible, il lui faut une caution scientifique portée par des pseudo-experts. Et pour que cette caution scientifique soit entendue, il est nécessaire d’avoir des relais médiatiques. En France, le système est bien rodé. Le jeudi 21 juillet, en offrant une tribune à Jacques Attali, la radio soviétoïde France Inter, nous offrait un parfait exemple de manipulation. Voilà plus de trente ans que l’incontournable Attali psalmodie le catéchisme mondialiste et eurobéat de la caste. Ce matin là, le clown triste de la science économique avait un message messianique à nous faire passer : la SEULE solution durable pour sortir l’Europe de la crise c’est de créer un gouvernement fédéral européen (3).
Rien de surprenant pour celui qui rêve de gouvernement mondial. Ce qui est le plus édifiant, c’est de voir un euro-maniaque comme Attali reprendre les arguments de ceux qui se sont opposés à la monnaie unique. Pour ces derniers, une monnaie unique ne pouvait voir le jour qu’ à deux conditions principales :
– une uniformisation économique et sociale des pays membres de la zone euro afin de former une zone économique optimale;
– et une mobilité accrue des salariés européens pour aller d’une région d’Europe à une autre, là où le labeur les appelle.
En avouant qu’il est nécessaire de rendre la zone euro optimale, Attali donne raison à ceux qui ont toujours été hostiles à la monnaie unique.

Le soldat Doze au service de la caste.

Nous le savons, les emmerdeurs se déplacent en escadrille. C’est pourquoi le même jour sur RMC, deux bonimenteurs professionnels sont venus renforcer les bobards répandus le matin-même sur France Inter par Attali.
Chez les minus des grandes Gueules, c’est l’ancien premier ministre Michel Rocard qui fut désigné pour radoter le discours de la propagande. Ses arguments furent d’une profondeur et d’une subtilité sans pareil : le protectionnisme c’est du délire et Marine Le Pen ne sait pas ce qu’elle raconte (4). Ce genre d’analyse ne peut que sortir de la tête d’un génie.
Puis vint le tour de Philippe Dessertine. À cours d’argument, l’économiste-histrion annonça, toujours sur les ondes de RMC, que si l’euro disparaît ce sera la guerre entre les pays européens (5). On se serait cru revenu au temps des débats sur le TCE. À l’époque, les partisans de la constitution européenne avaient recours à la même stratégie anxiogène pour s’opposer au NON du peuple français.
Ces exemples (que l’on pourrait multiplier jusqu’à l’infini) nous prouvent qu’il y a une volonté manifeste en France de criminaliser le débat sur le protectionnisme, la démondialisation et l’euro ? (6)
Une criminalisation qui ne peut se faire que par la force du mensonge, de la vindicte, de la censure et de la peur. C’est d’ailleurs ce qui inquiète le petit soldat Doze
Très attaché au système qui le nourrit, le chroniqueur Nicolas Doze a choisi d’enfiler son uniforme de mercenaire à la solde de la caste afin de lui apporter du renfort. Dans l’une de ses chroniques le journaliste avoue qu’il se donne comme priorité jusqu’aux prochaines élections, de combattre les promoteurs de la sortie de l’euro, et du protectionnisme (7). Vous ne rêvez pas, un journaliste supposé objectif déclare qu’il va faire campagne pour les euro-mondialistes…. le magicien Doze vous aura averti de ses tours de passe-passe.

Devant tant de médiocrité, on est amené à se poser des questions sur l’état de notre système démocratique. Il semble invraisemblable que l’on puisse encore donner du crédit à tous ces tristes personnages. Eux, les constructeurs aliénés de cette funeste Europe technocratique et libérale. Cette Europe de la dette. Cette Europe du chômage. Cette Europe de l’immigration incontrôlée. Cette Europe des délocalisations. Cette Europe qui se fait contre les principes les plus élémentaires de la démocratie, nous la devons à ce genre de charlatans qui depuis 30 ans usent et abusent d’arguments d’autorité, de malhonnêteté intellectuelle.
Dans une démocratie normale où le renouvellement des élites se ferait normalement, ce genre d’individu serait totalement disqualifié. Totalement discrédité. Rangé aux oubliettes de l’histoire. Or, en France, il n’en est rien. Les ânes bâtés peuvent continuer à se faire passer pour des purs sangs. Une preuve supplémentaire que notre république démocratique est gravement malade.

Jérôme Cortier

(1) Les chants les plus beaux sont les plus fédéralistes… De Nicolas Baverez à Bernard Maris, de François Bayrou à Jean-Luc Mélenchon, le cri fédéraliste se propage dans les médias français
voir: http://www.marianne2.fr/Crise-oser-le-federalisme-europeen-Ce-serait-facile-si_a208669.html

(2) A quelques jours de distances plusieurs personnalités de premier plan se sont prononcées pour une plus grande intégration européenne. Il y eut d’abord Jean Claude Trichet, directeur de la banque centrale européenne, qui se déclara en faveur d’un ministre européen des Finances doté d’un budget fédéral important et d’ un droit de véto sur des décisions nationales. Ensuite Tony Blair proposa un président à l’Union Européenne. Et pour finir, Jean-Claude Juncker, le président de l’Eurogroupe déclara que « La souveraineté de la Grèce devra être énormément restreinte »-
voir: http://www.prechi-precha.fr/2011/06/17/la-fin-de-letat-nation-voila-leur-reve/

(3) http://www.franceinter.fr/emission-le-79-jacques-attali

(4) http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2011/07/21/Marine-Le-Pen-Qu-elle-arr%C3%AAte-de-parler-de-l-Euro-car-elle-n-y-conna%C3%AEt-rien-!-Michel-Rocard

(5)

(6) http://www.causeur.fr/vers-une-criminalisation-de-la-demondialisation,10530

(7) http://www.prechi-precha.fr/?p=1230
Nicolas Doze : «Comment voulez-vous que ça fonctionne [auprès de l’opinion], il est grand temps que les mecs se trouvent de l’argumentaire sérieux et efficace, convaincant et qu’il est une véritable arme démagogique face à la pédagogie.» […] Nicolas Doze complète ses dires assez provocant : « Ça va être l’un de mes chevaux de bataille en 2012 pour la campagne présidentielle, il va falloir qu’on réussisse à opposer la pédagogie à la démagogie mais avec les mêmes armes, […] donc on [entendez : journalistes, chroniqueurs, animateurs] va essayer d’apporter notre pierre à l’édifice. »

Grande Bretagne : le multiculturalisme en question (entretien radio avec Vincent Latour.)

Le multiculturalisme est un terme sujet à diverses interprétations. Il peut simplement désigner la coexistence de différentes cultures au sein d’un même pays. Mais il peut aussi désigner différentes politiques volontaristes en matière de gestion politique de la diversité.

La grande majorité des pays occidentaux forment des sociétés multiculturelles. Dans ce domaine la Grande Bretagne est souvent citée en exemple. Or, depuis plus d’une décennie, des critiques longtemps jugées inopportunes, se font entendre. Face à la montée des tensions communautaires, aux revendications ethnico-religieuses et à la fracture identitaire de plus en plus visible, le multiculturalisme connaît une sérieuse remise en cause de la part d’une partie de la société britannique et de certains de ses représentants politiques.

Maître de conférences en civilisation britannique à l’Université de Toulouse 2 – Le Mirail et membre de l’équipe Europe, Européanité, Européanisation au CNRS – Vincent Latour travaille sur l’évolution de l’identité britannique (Britishness). Dans cet entretien radiophonique qu’il a bien voulu nous accorder, il retrace l’histoire des politiques de gestion de la diversité menées depuis les années 60 en Grande-Bretagne et évoque les conséquences du différentialisme libéral.

Première partie:

Durée: 22mn

Multi1 by prechi-precha

Seconde partie:

Durée: 21mn

Multi2 by prechi-precha

David Cameron : Non au multiculturalisme, Oui à la britishness (britannicité)

Décidément, le multiculturalisme ne fait plus recette. Après Angela Merkel, c’est au tour du premier ministre britannique, David Cameron, de dénoncer l’échec de la politique menée à l’égard des minorités ethniques et religieuse depuis les années 80. Fini donc la tolérance à tout va, le relativisme et le différentialisme. Stop au multiculturalisme ! Ce revirement idéologique n’est pas mince. C’est même un coup de tonnerre ! Voilà plus de trente ans que le multiculturalisme britannique nous est présenté comme le modèle à suivre. La solution idéale pour mettre un terme à nos méchantes habitudes assimilationnistes !

Aujourd’hui encore, en dépit des résultats désastreux du multiculturalisme, les verts, le PS, le Parti de gauche, les communistes, le NPA et l’UMP n’ont d’yeux que pour cette idéologie devenue le dogme des modernes branchés et l’avenir indépassable du camp du bien. Le multiculturalisme britannique ne s’est pas imposé sans accrocs en Grande-Bretagne. Comme le précise Vincent Latours, Maître de conférence en civilisation britannique à l’université de Toulouse II (1), le multiculturalisme britannique est lié au différentialisme libéral qui s’est substitué au différentialisme colonial. L’opposition entre ces deux conceptions va prendre une tournure polémique à la fin des années 60 avec le discours « les rivières de sang » prononcé par un homme de première plan au sein du parti conservateur britannique, Enoch Powell.

A l’occasion de ce discours, Enoch Powell dit se faire le relais de l’inquiétude que manifestent les anglais au sujet de l’immigration et, tel un prophète, affirme que les immigrés risquent de remettre en cause l’identité profonde de la Grande-Bretagne, et ainsi la mener à sa perte. Cette affirmation va connaitre un retentissement exceptionnel au sein des couches populaires. Enoch Powell se trouve alors soutenu par de nombreux britanniques. En réaction un mouvement anti-raciste se constitue. La polémique enfle. Enoch Powell est attaqué par une grande partie de l’élite britannique.

En secret, des membres du parti conservateur soutiennent Powell, mais le parti décide malgré tout de l’exclure du cabinet fantôme où il figurait comme premier ministrable (Shadow Cabinet). Aux élections de 1970 c’est Edward Heath qui deviendra premier ministre de la Grande-Bretagne. Dès lors, les gouvernements successifs mèneront une politique multiculturaliste que dénonce aujourd’hui David Cameron après avoir déclaré vouloir réduire l’immigration devenue trop importante dans ce pays. (3), (4)

Pendant presque 40 ans, et sur le dos du peuple britannique, les politiciens se sont servis de l’immigration et du multiculturalisme. En 2009, Andrew Neather, auteur des discours de Tony Blair, a avoué que : « le relâchement des contrôles était planifié pour ouvrir la GB à l’immigration de masse.
Outre l’entrée de centaines de milliers de personnes pour répondre aux besoins du marché du travail, il y avait également une « motivation politique » derrière la politique d’immigration…l’immigration de masse était pour le gouvernement du Labour le moyen de rendre le Royaume-Uni totalement multiculturel et « mettre le nez de la droite dans la diversité ».

Alors les déclarations de David Cameron et d’Angela Merkel signifient-elles que les dirigeants d’Europe sont prêts à ouvrir les yeux sur la situation désastreuse qu’ils ont eux-même créé ? On l’espère. Ou peut-être se rendent-ils enfin compte que les peuples grondent ! Dans ce cas, c’est la confirmation que la lutte menée commence à porter ses fruits.

En revanche, on imagine mal que cela puisse suffire à faire taire nos bêlants bien-pensants de France.

Jérôme Cortier

(1) http://www.prechi-precha.fr/?p=46″http://www.prechi-precha.fr/?p=46

(2) Nous devons être fous, littéralement fous à lier dans ce pays, pour autoriser chaque année l’entrée de 50.000 personnes, qui seront à l’origine de la future augmentation de la population d’origine immigrée. J’ai l’impression de regarder ce pays construire frénétiquement son propre bûcher funéraire.” Enoch Powell – 20 avril 1968

(3) http://www.20minutes.fr/ledirect/626181/monde-grande-bretagne-immigration-atteint-niveau-inacceptable-selon-cameron

(4)http://www.20minutes.fr/ledirect/626181/monde-grande-bretagne-immigration-atteint-niveau-inacceptable-selon-cameron

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/gb-david-cameron-rattrape-par-ses-promesses-sur-l-immigration-23-11-2010-1162571.php