Archives de catégorie : Politique

Libye : un rapport critique du CF2R

Que savons-nous sur ce qui se passe en Libye ? Rien.
Que nous disent les média sur ce conflit ? Rien.
Qui sont ces soit-disant rebelles pour lesquels nous nous sommes engagés ? Pas de réponse. Est-ce que nous soutenons une révolution populaire ou une guerre civile ? Silence total.

Pour les quelques journalistes qui ont travaillé sur le sujet, leurs réponses sont sans détour : derrière les insurgés, les islamistes sont à la manoeuvre. (1).
Voilà une information qui aurait dû soulever des interrogations, susciter des enquêtes supplémentaires, des débats…. Et bien non. RAS.

Il semblerait que les média français ne s’en tiennent qu’à la version du tartuffe BHL, celui par qui la guerre est arrivée.
Peu importe que celui-ci se soit fait prendre en flagrant délit de mensonge en cherchant à faire croire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qu’il était porteur d’un message du CNT (le Conseil National de Transition, organe des rebelles libyens). Un message selon lequel « le futur régime libyen constitué par les rebelles sera un régime modéré et anti-terroriste, qui aura le souci de la justice pour les Palestiniens et de la sécurité pour Israël« , et « qu’il entretiendra des relations normales avec les autres pays démocratiques, y compris avec Israël« .

Manque de bol pour l’ineffable philosophe à paillette, Abdelhafid Roka, vice-président du Conseil national de transition (CNT) a très vite démenti ces élucubrations : « Je démens au nom du Conseil national de transition tout ce qu’a déclaré l’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy au nom du CNT. Ce dernier n’a jamais demandé à Lévy de transmettre un quelconque message sur ce sujet (nouer des relation avec Israël) »…. « Le CNT n’entretiendra jamais des relations avec Israël », a-t-il affirmé tout en expliquant que les informations rapportées par les médias récemment sont infondées… (2)

C’est très certainement cette absence d’information et cette accumulation de mensonges qui auront donné l’idée au Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) et au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), d’envoyer une délégation internationale d’experts à Tripoli et en Tripolitaine (du 31 mars au 6 avril), puis à Benghazi et en Cyrénaïque (du 19 au 25 avril), afin d’évaluer la situation libyenne en toute indépendance et neutralité et de rencontrer les représentants des deux parties. (3)

Il en est ressorti un rapport de 44 pages. Les informations que ces organisations délivrent sont assez révélatrices de la confusion qui règne dans les rangs des insurgés :

« Il n’est nul besoin d’insister sur la nature hautement critiquable de la dictature imposée, depuis 1969, par Muammar Kadhafi à ses concitoyens.

Face à une telle situation, rien n’est plus légitime que l’aspiration à plus de liberté et de démocratie. Néanmoins, l’étude des faits conduit à affirmer que la « révolution » libyenne n’est ni démocratique, ni spontanée. Il s’agit d’un soulèvement armé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence, qui tente de s’inscrire dans la dynamique du « printemps » arabe, dont il ne relève cependant pas.

Le mouvement libyen ne peut donc être comparé avec les révoltes populaires tunisienne et égyptienne. Plus inquiétant, le CNT s’affirme n’être qu’une coalition d’éléments disparates aux intérêts divergents, dont l’unique point commun est leur opposition déterminée au régime. Les véritables démocrates n’y sont qu’une minorité, et doivent cohabiter avec des d’anciens proches du colonel Kadhafi, des partisans d’un retour de la monarchie et des tenants de l’instauration d’un islam radical

Le CNT n’offre, en conséquence, aucune garantie pour l’avenir, malgré la détermination des démocrates, car les autres factions entendent bien orienter le conseil dans le sens de leurs objectifs.

Surtout, la Libye est le seul pays du « printemps » arabe dans lequel le risque islamiste s’accroît, la Cyrénaïque étant la région du monde arabe ayant envoyé le plus grand nombre de djihadistes combattre les Américains en Irak.

Il semble donc que les puissances occidentales ont fait preuve d’un aventurisme excessif en s’engageant dans cette crise. Ce qui devait être une victoire facile est devenu un semi-échec en raison de l’inconsistance des forces rebelles. L’enlisement des opérations des insurgés ne leur laisse que deux possibilités : un recul peu glorieux ou un engagement accru dans le conflit, notamment par l’envoi d’unités terrestres.

L’intervention occidentale est en train de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle risque fort de déstabiliser toute l’Afrique du Nord, le Sahel, le Proche-Orient, et de favoriser l’émergence d’un nouveau foyer d’islam radical, voire de terrorisme, en Cyrénaïque.

La coalition parviendra peut-être à éliminer le guide libyen. Mais l’Occident doit prendre garde qu’il ne soit pas remplacé par un régime plus radical et tout aussi peu démocratique« 

Le rapport dénonce aussi les « dangereuses illusions » de Sarkozy :

 » Nous sommes convaincus que cet engagement irréfléchi de Paris dans le conflit libyen fait le jeu de Washington, qui laisse Nicolas Sarkozy s’afficher en moteur de la coalition, au risque, en cas d’échec, d’endosser toute la responsabilité de cette affaire. L’attitude plus discrète du président Obama permettra alors aux Etats-Unis de tirer les marrons du feu. ».

Cette affirmation vient confirmer les déclarations de Paul Craig Roberts sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan, économiste renommé et chroniqueur du Wall Street Journal. (4)
Dans un entretien du 12 mai au quotidien serbe Politika, Paul Craig Roberts déclare que l’Amérique n’a pas suscité les révolutions arabes, mais « s’est mise aux aguets lorsque les manifestations ont éclaté en Tunisie et en Égypte, et s’est très vite aperçu que les mouvements de protestation arabes pouvaient être exploités pour éliminer la Russie et la Chine de cette partie du monde, sans confrontation directe ».

En revanche en Libye…:

« Nous n’avons pas semé les troubles en Égypte ou à Bahreïn ou en Tunisie ou en Arabie saoudite. C’est bien là la grande différence par rapport aux événements de Syrie et de Libye. Là les doigts de l’Amérique sont impliqués dans les désordres, dans l’organisation des manifestations, dans leur financements, etc. »…. « La Chine a investi d’énormes sommes dans les sources d’énergie dans l’Est de la Libye et elle compte sur ce pays en raison de ses besoins énergétiques. Il s’agit ici d’une tentative de la part de l’Amérique pour interdire à la Chine l’accès aux ressources en question. L’intérêt, s’agissant des manifestations en Syrie tient au fait que les Russes y ont une importante base maritime, ce qui leur assure une présence en Méditerranée. Washington s’est décidé en faveur d’une invasion de la Libye, et fait aussi de plus en plus pression pour une intervention en Syrie, de manière à nous débarrasser des Russes et des Chinois. »

Si on en croit toutes ces informations, les réels objectifs de cette guerre nous ont une nouvelle été dissimulés.
L’armée française est-elle en train de participer à la mise en place d’un régime islamiste en Libye, comme l’ont fait les américain en Afghanistan à la fin des années 80 ?
Il serait temps que notre classe politique pose la question à qui de droit.

Jérôme Cortier

ADDENDUMdu 18 juin 2011:

Dans un entretien accordé au journal France Soir, Yves Bonnet préfet honoraire, ancien patron de la Direction de la surveillance du territoire (DST) et fondateur du Centre International de Recherches et d’Études sur le Terrorisme (CIRET-AVT), vient de déclarer:

F.-S. Vous accusez la rébellion d’avoir « détroussé » et « assassiné » des centaines de travailleurs africains.
Y.B. Ces malheureux se sont retrouvés pris entre deux feux. Accusés d’être des mercenaires à la solde du colonel Kadhafi par les gens de Benghazi, et détroussés par les forces de ce même Kadhafi quand ils tentaient de fuir vers la Tunisie ou l’Egypte.

F.-S. Peut-on parler pour autant, comme le fait votre mission, d’un « caractère raciste de l’insurrection » ?
Y.B. Aujourd’hui, l’insurrection désigne les gens de couleur noire comme des ennemis. Même s’ils sont libyens. Un chef de tribu nous a dit : « Nous les noirs, on ne veut plus en entendre parler. Ils ont pris le parti de Kadhafi ! ».

F.-S. Comment voyez-vous les choses évoluer ?
Y.B. (…) Certains dirigeants politiques occidentaux semblent ne pas avoir lu les rapports de leurs services de renseignements. Avec la Libye, nous disposions d’un verrou solide contre al-Qaida et contre l’immigration clandestine. Il vient de sauter

Vous pouvez télécharger le rapport :

http://www.cf2r.org/

(1) http://www.prechi-precha.fr/2011/05/03/lybie-les-islamistes-a-la-manoeuvre/

(2) http://blogs.mediapart.fr/blog/rahir/020611/libye-le-cnt-n-entretiendra-jamais-de-relations-avec-israel
(3) http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110601trib000626151/les-revolutions-arabes-ne-sont-que-des-coups-d-etat-militaires-masques.html

(4) http://www.nationspresse.info/?p=136302

La fin de l’Etat-nation, voilà leur rêve.

A la faveur de la crise, les eurocrates se sentent pousser des ailes. Leur rêve le plus fou est à portée de main: créer un gouvernement supranational qui pourrait décider de ce qui est bon ou mal pour chacun des pays adhérents à l’Union.

Dernièrement, Jean-Claude Trichet, directeur de la banque centrale européenne, a proposé de nous mettre sous protectorat en créant un ministre européen des Finances. Ce dernier serait doté d’un important budget fédéral, il assurerait la représentation auprès des institutions financières internationales et aurait un droit de veto sur des décisions nationales. (1)

C’est aujourd’hui au tour de l’ancien premier ministre de Grande-Bretagne, Tony blair, de proposer un président à l’Union Européenne.

Les eurobéats appliquent une méthode éprouvée en union soviétique par les apparatchiks de la dictature communiste: Si l’Union Européenne ne fonctionne pas, c’est parce qu’il n’y pas assez d’Europe.

En dépit de la volonté des peuples voilà ce qu’ils veulent:

Une union plus étroite et la disparition finale de l’Etat-nation.

Comme le souligne le journaliste Alasdair Palmer du Daily Telegraph, cette fuite en avant ne pourrait profiter qu’aux technocrates de Bruxelles en mal de reconnaissance et se ferait au détriment des peuples… mais qui se préoccupe encore du peuple ????

Vous ne trouverait peut-être rien sur les déclarations de Tony Blair dans la presse française. Ce silence complice n’est plus une nouveauté. La presse étrangère est parfois bien plus libre. Voilà donc la traduction de l’article d’Alasdair Palmer du Daily Telegraph.

A unified Europe will be great news for the Eurocrats

Une Europe unie : une bonne affaire pour les technocrates européistes.

La semaine dernière a vu son cortège de nouvelles désespérément familières en provenance de l’UE : des hauts fonctionnaires qui voyagent séparément en avion privé tout en faisant la morale au monde sur la nécessité de réduire les émissions de CO2 ; des parlementaires qui exigent une augmentation du budget et proposent de nouveaux impôts pour « harmoniser » davantage la situation des Etats de l’UE alors que des réductions budgétaires se font dans tout le continent.

La plupart des responsables politiques européens et la plupart des politiques mises en œuvre par l’UE manquent de légitimité et ils le savent. Quand Tony Blair a déclaré avec insistance qu’il fallait à l’Europe un « président élu », il exprimait donc la conviction profonde de presque toutes les personnes impliquées dans l’administration politique paneuropéenne, qu’une plus grande unité est meilleure pour tout le monde.

Peu importe que « le projet » manque de soutien populaire. Même le fait que les électeurs expriment leur préoccupation à propos (par exemple) de l’ouverture des frontières au sein de l’UE n’a pas le moindre effet sur la conviction des eurocrates qu’on ne peut aller que dans une direction : vers une union plus étroite et donc vers la disparition finale de l’Etat-nation.

Pourquoi soutenir que l’Etat-nation sera et doit être remplacé par les autorités européennes ? Tout revient aux propos apparemment anodins tenus par M. Blair la semaine dernière : « Il est raisonnable que les pays européens s’associent et se servent de leur poids collectif pour pouvoir exercer une influence ». Comment l’entité formée en « s’associant » en vient-elle à avoir une autorité politique légitime supérieure à celle des Etats-nations qui la constituent ? Cette question reste toujours sans réponse.

Il y a une raison évidente à ce silence assourdissant : pour la population de chaque pays, l’Etat et ses assemblées élues sont les seules institutions ayant compétence pour faire des lois qu’elle a approuvées. L’élection d’un président européen ne changera rien à cela. Elle ne fera que donner un semblant de vernis démocratique au projet d’unification alors qu’elle aura pour effet concret d’éroder le seul lien entre la façon dont les lois sont faites et la volonté du peuple. La législation qui émerge de Bruxelles ne possède pas ce lien. C’est pourtant ce sur quoi le projet européen s’est construit.

Un projet pour permettre aux eurocrates de se sentir importants

Je peux comprendre qu’une extension de l’Union européenne présente des bénéfices pour les responsables politiques du continent qui ont droit aux babioles qui vont avec leur fonction : cortèges d’automobiles, avions privés, officiels serviles et impression de pouvoir enivrante. Mais quelles sont les conséquences pour nous ?

Les partisans de cette idée affirment qu’une Europe unie sera une Europe puissante et pourra négocier de meilleurs accords en matière de commerce et de sécurité. La liberté des échanges entre les pays présente de gros avantages mais il n’est pas nécessaire pour y parvenir d’aller au delà d’une coopération entre les Etats. Il n’est certainement pas nécessaire de remplacer l’Etat-nation par une administration supranationale.

Et l’idée qu’une Europe unie sera mieux à même de défendre la sécurité et les valeurs de sa population est illusoire. « L’Europe » possède tout l’appareil d’une politique de défense unifiée : une administration de la défense, un ministère des Affaires étrangères et un ministre des Affaires étrangères.

L’opération libyenne a été décidée par l’UE mais comme Robert Gates, le ministre de la Défense américain sur le départ, l’a fait remarquer la semaine dernière, les pays européens sont incapables de l’organiser. La campagne de bombardements a nécessité « une augmentation considérable du nombre de spécialistes du tir, essentiellement américains, pour pouvoir se faire. » Après onze semaines de campagne, les pays européens « commencent à manquer de munitions et demandent une fois de plus aux Etats-Unis de venir à la rescousse. »

Si on en est là, c’est parce qu’il y a trop de pays européens qui entendent profiter des bénéfices de la coopération militaire mais sans être prêts à en partager les risques et le coût : ils veulent tout pour rien.

Ceci est d’une certaine façon rassurant, car cela montre que le projet d’union accrue échoue sur l’écueil de l’intérêt national. Ceci laisse entendre qu’au fond, il n’est rien de plus qu’un moyen destiné à permettre aux eurocrates de se sentir importants. Le drame, c’est qu’il risque ainsi de finir par détruire notre démocratie.

source

(1): http://www.prechi-precha.fr/2011/06/09/le-nouvel-age-du-colonialisme/

L’explosion de la zone euro en perspective ? ( Vidéos )

La presse vient de publier trois articles révélateurs de la situation économique et financière dans laquelle se trouvent l’Europe et plus particulièrement la France. Des articles qui donnent encore plus de poids à ceux qui remettent en cause la Loi Rothschild de 1973, envisagent la sortie de l’Euro et la mise en place d’une politique protectionniste.
On constate qu’il est de plus en plus difficile pour les média de continuer à ignorer une vérité qu’ils ont pendant trop longtemps cherché à occulter. Les retournements de veste vont pouvoir commencer !.

Roubini prédit l’explosion de l’eurozone


Dans un article du Financial Times l’économiste Nouriel Roubini connu pour avoir, comme Maurice Allais, prévu la crise financière de 2008 estime que les pays de la périphérie européenne abandonneront l’euro d’ici cinq ans.
A l’instar de Marine Le pen ou de Nicolas Dupont-Aignan, Nouriel Roubini estime qu’il n’existe aujourd’hui qu’un moyen de restaurer la compétitivité des pays périphériques : quitter la zone euro, reprendre des monnaies nationales et déprécier. Un tel scénario parait aujourd’hui inconcevable, relève l’économiste selon qui rien ne dit que dans cinq ans une telle idée n’aura pas fait son chemin, d’autant plus si les économies des pays périphériques stagnent. A moins que l’idée d’une zone euro plus fédérale parvienne à percer, certains dirigeants européens appellent en effet à plus d’intégration européenne.
Continuer la lecture de L’explosion de la zone euro en perspective ? ( Vidéos )

Exécutions sauvages en Côte d’Ivoire

Que se passe-t-il en Côte d’Ivoire ?. Ne comptez pas sur les média français pour apporter une réponse à cette question. Depuis que le bon Alassane Ouattara a gagné contre le méchant Laurent Gbagbo, ce pays est sorti des écrans radar des média-menteurs.
Pour avoir une chance d’obtenir une réponse, il faut aller chercher l’information dans la presse internationale et auprès des ONG.

Le site africain d’information Afrik.com reprend une enquête de Human Rights Watch qui dévoile que les soldats des Forces républicaines de Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, qui a accédé au pouvoir grâce au soutien décisif de Nicolas Sarkozy, quadrillent les quartiers réputés favorables au président sortant Laurent Gbagbo et y procèdent à des exécutions sommaires. Plusieurs centaines d’hommes ont été exécutées et de nombreuses femmes violées. A tel point que la Cour pénale internationale envisage une enquête sur les crimes de la crise postélectorale dans le pays.

L’article du site afrik.com

« Deux d’entre eux ont attrapé ses jambes, deux autres lui tenaient les bras dans le dos, et un cinquième lui tenait la tête (…) Puis un type a sorti un couteau et a tranché la gorge de mon frère. Il hurlait. J’ai vu ses jambes trembler une fois qu’ils lui ont tranché la gorge, le sang ruisselait. Pendant qu’ils le faisaient, ils ont dit qu’ils devaient éliminer tous les Patriotes qui avaient causé tous les problèmes dans le pays. » Ce témoignage est celui du frère d’une des victimes des exactions contre la population civile, qui se poursuivent en Côte d’Ivoire, en dépit du changement intervenu à la tête du pays. Il a été recueilli par les enquêteurs de l’ONG Human Rights Watch (HRW) à Yopougon, fief du président sortant Laurent Gbagbo dans la capitale ivoirienne. Entre les 13 et 25 mai, l’organisation a interrogé 132 victimes et témoins des violences perpétrées par les deux parties lors de la bataille d’Abidjan et dans les semaines suivant l’arrestation de Gbagbo. Jeudi HRW a rendu public un communiqué de synthèse de son rapport d’enquête.

Celui-ci évalue à au moins 149 le nombre de partisans réels ou supposés de Laurent Gbagbo tués par les forces fidèles à Alassane Ouattara depuis leur prise de contrôle d’Abidjan à la mi-avril. De leur côté, les miliciens pro-Gbagbo ont tué quelques 220 personnes dans les jours ayant immédiatement précédé et suivi l’arrestation de l’ancien président, le 11 avril

Traque des pro-Gbagbo à Yopougon

Cependant, citant les travaux de ses enquêteurs sur le terrain, l’ONG affirme qu’en dépit de leur victoire définitive, les forces armées de Ouattara ont poursuivi les meurtres, actes de torture, viol et traitements inhumains. En prenant pour cible des groupes ethniques réputées avoir soutenu Laurent Gbagbo. Fin avril et en mai, les Forces républicaines de la Côte d’Ivoire (FRCI) ont tué, a constaté HRW, au moins 95 personnes non armées, lors des opérations menées dans zones auparavant contrôlées par les forces pro-Gbagbo. Les quartiers étaient bouclés et systématiquement. « La majorité des violations documentées ont eu lieu dans le bastion pro-Gbagbo de longue date de Yopougon, l’épicentre de la bataille finale à Abidjan. La plupart des meurtres ont été des exécutions à bout portant de jeunes issus de groupes ethniques généralement ralliées avec Gbagbo, dans ce qui semblait être une punition collective pour la participation de ces groupes aux milices de Gbagbo », écrit Human Rights Watch.

L’organisation affirme également avoir documenté 54 exécutions extrajudiciaires dans des lieux de détention officiels et officieux, « notamment les 16ème et 37ème postes de police de Yopougon et le bâtiment GESCO de pétrole et de gaz qui sert maintenant de base aux Forces républicaines. » Les corps de certaines victimes ont simplement été brûlés. HRW raconte ainsi l’incinération, le 15 mai à moins de 30 mètres du poste de police du 16ème arrondissement, du corps d’un milicien capturé et exécuté dans l’enceinte du poste de police.

Chérif Ousmane

Dans ce décompte macabre, le nom du commandant Chérif Ousmane, un militaire proche du Premier ministre, Guillaume Soro et qui a longtemps été commandant de zone de l’ex-rébellion des Forces nouvelles est régulièrement cité. C’est lui qui supervise les opérations des FRCI à Yopougon. « Un soldat des Forces républicaines a décrit l’exécution de 29 détenus au début de mai à l’extérieur de l’immeuble GESCO. Le soldat a déclaré que Chérif Ousmane (…) a donné l’ordre d’exécution. Deux autres témoins interrogés par Human Rights Watch ont déclaré avoir vu Chérif Ousmane dans un véhicule qui s’est débarrassé du corps torturé et exécuté d’un chef de milice notoire à Koweit, un sous-quartier de Yopougon, vers le 5 mai.

Les témoins de ces meurtres et exactions sont exposés à de grands périls. Une femme qui avait assisté à l’exécution de 18 jeunes à Yopougon a ainsi été violée avec violence par les soldats, après que ceux-ci l’eurent contrainte de charger leurs véhicules avec des biens pillés, selon HRW. La plupart des victimes n’appartiendraient même pas aux milices pro-Gbagbo, qui ont pris la fuite au lendemain de la chute de l’ancien président. « Yopougon semble avoir été ciblée de manière disproportionnée pour les meurtres commis en représailles par les Forces républicaines, qui ont infligé une punition collective meurtrière à des jeunes hommes des groupes ethniques Bété, Attié, Guéré et Goro, qui ont largement soutenu Gbagbo lors de l’élection présidentielle de 2010 », déplore HRW. Selon l’organisation, outre Yopougon, les exactions commises par les forces républicaines se sont étendues à Koumassi, Port Bouët, mais surtout dans les quartiers de Koweït et Yaosseh où le plus grand nombre de morts a été recensé.

L’ONG a présenté son rapport au ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko. Celui-ci a promis qu’il convoquerait une réunion d’urgence avec le Premier Ministre Guillaume Soro et les principaux commandants des Forces républicaines. HRW a encouragé l’administration ivoirienne à « tenir des procès nationaux équitables afin de garantir la justice pour les victimes et d’encourager le respect pour l’État de droit dans le pays dévasté par le conflit. » Au moins 3000 civils ont été tués lors des violences postélectorales en Côte d’ivoire. Le 19 mai, le procureur de la Cour pénale internationale a indiqué qu’il ouvrirait une enquête sur les crimes commis en Côte d’ivoire. De son côté, le nouveau président, Alassane Ouattara avait déclaré qu’aucun responsable d’exaction envers la population civile ne resterait impuni.

Lire également : Côte d’Ivoire : pro-Gbagbo et pro-Ouattara responsables de crimes de guerre

25 % des salariés gagnent moins de 750 € !

La propositions de l’UMP qui consiste à demander quelques heures de travail en contrepartie du RSA est encore une nouvelle fumisterie. La priorité est ailleurs. Le chômage est endémique, les salaires sont de plus en plus bas, le pouvoir d’achat en berne, notre balance commerciale n’a jamais été aussi faible, et le déficit de l’État a dépassé les 61 milliard…. Voilà des problèmes systémiques qui mériteraient d’être traités.

En février, FO-hebdo nous apprenait qu’ un quart des 25 millions de salariés gagnent moins de 9 000 euros annuels. Soit 6,25 millions de personnes gagnant 750 € par mois, 73 % du SMIC.

« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques. » Pour en vouloir autant aux statistiques, Mark Twain devait sans doute être plus à l’aise avec la littérature qu’avec les mathématiques. Le romancier américain se fait le porte-parole de ceux pour qui des chiffres ne sauraient décrire la réalité sans la pervertir. Mais sa critique porte en réalité non pas sur les statistique elles-mêmes, mais sur ce qu’on leur fait dire.

Prenons, par exemple, la distribution, au sens statistique, des revenus des salariés. Le chiffre le plus communément retenu pour décrire cette réalité sociale est la médiane, qui séparent les salariés en deux parts égales. Ainsi, en 2008, 50% d’entre eux touchaient-ils moins de 1 450 euros par mois, et 50 % gagnaient plus. Sauf que ne sont pas pris en compte l’ensemble des 25 millions de salariés que compte la France.

L’Insee doit, depuis peu, publier en plus un indicateur prenant en compte la totalité des salariés : ceux qui ont connu des périodes de chômage, des petits boulots, ou qui travaillent à temps partiel. Bref, tous les salariés qui ont travaillé au moins un jour dans l’année.

Et le résultat donne alors à voir une autre France, d’où émerge un lumpenproletariat structurel, révélé par Fo-hebdo. Dès lors, la médiane tombe à 1332 euros. Mais c’est dans le bas de l’échelle que se font ressentir les différences. Les 25 % des salariés les moins bien payés touchaient moins de 9 000 euros net par an, soit à peine 73% du Smic, pour un revenu moyen de 3 710 euros, soit 30% du Smic.

Pour deux tiers d’entre eux, ce sont des travailleurs qui ont été amenés à multiplier les petits CDD à temps partiel payés au lance-pierre. Ceux-là ont travaillé 205 jours, s’ouvrant donc de tout petits droits au chômage. Au contraire du tiers restant, qui a occupé un vrai boulot mais sur une période réduite de moins de trois mois (peu ou pas de chômage à la clé).

Comment pourrait-il en aller autrement ? « En 2008, note l’Insee, en France métropolitaine, 25 millions de personnes ont été salariées dans l’année. Sur l’année, ces salariés ont occupé 26 millions d’emplois différents, d’après les déclarations annuelles de données sociales (DADS, annexe). Certains de ces emplois n’ont duré qu’une partie de l’année, certains sont à temps partiel. Finalement, ramenés à des emplois à temps plein toute l’année, ces 26 millions d’emplois en représentent 19 millions en équivalent temps plein (EQTP). »

On comprend donc que 6,25 millions de personnes sont obligées de jouer au jeu des chaises musicales sur un million d’emplois équivalent temps plein divisés en une multitude de petits contrats. Une sorte de time sharing du job.

La statistique de l’INSEE est de celles qui mériteraient d’être méditées : elles témoignent de l’ampleur de la baisse de la demande en France. Mais elle n’est pas de celles qui font la une des journaux…

Quand l’Europe nous propose le protectorat…

Depuis plusieurs mois, la crise de l’euro secoue l’Europe du Sud. Des mouvements sociaux de grandes ampleur ont traversé l’Espagne et la Grèce dont la note vient d’être encore dégradée par l’agence Moody’s. Au Portugal, la crise a pris une dimension politique conduisant à des élections législatives anticipées, le 5 juin. A l’issue de ce scrutin, le Parti Socialiste enregistre un revers sérieux. Il revient donc à une coalition de droite d’appliquer les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne. Au regard d’une aide de quelque 78 milliards d’euros, le Portugal devra mettre en œuvre de sévères hausses d’impôt, des réductions de dépenses publiques qui devraient avoir pour effet une augmentation du chômage qui atteint déjà 12,4% de la population active.

On constatera qu’aucune réflexion n’est engagée, ni au niveau de l’Union, ni au niveau des Etats membres sur le caractère durable et souhaitable de la zone euro. En revanche, le président de la Banque centrale européenne M. Jean-Claude Trichet vient de nous faire part de ses propositions – sinistres – pour l’avenir. Il s’agit tout simplement de créer un ministre européen des Finances, doté d’un important budget fédéral, assurant la représentation auprès des institutions financières internationales et ayant droit de veto sur des décisions nationales.

Le traité de Lisbonne a mis à mal la souveraineté des Etats membres sur le plan de la politique extérieure. Les propositions de M. Trichet reviennent à leur confisquer la souveraineté financière. Que sont des Etats qui ne disposent plus de la souveraineté internationale et de la souveraineté financière ? De simples protectorats. L’Union européenne n’est finalement rien d’autre que l’expression d’un nouvel impérialisme qui veut réduire les pays membres à un statut colonial.

Pour la dignité des hommes et des femmes de notre continent, au regard de notre longue histoire, pour le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, il est temps d’arrêter cette machine infernale.

par Alain Bournazel, du Comité de rédaction des Cahiers de l’Indépendance.

Diversité et métissage : un mariage forcé

Pour les amateurs de formules creuses, la France de l’avenir ne peut qu’être un mélange de diversité et de métissage, de différence et d’hybridation. Vision confuse d’une synthèse impossible.
Pierre-André Taguieff (directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris) s’attaque avec toute l’intelligence qu’on lui connait à cette nouvelle logorrhée que les média nous versent à grands flots.

Diversité et métissage : un mariage forcé

Périodiquement, lorsqu’on redécouvre que l’identité française a perdu sa valeur d’évidence, on se met à en parler abondamment (1). Phénomène éclairé depuis longtemps par ce célèbre proverbe russe : « On ne parle jamais tant de vodka que lorsqu’il n’y a plus de vodka. » La différence entre l’identité française et la vodka, c’est que celle-ci existe indépendamment de celui qui en boit, alors que celle-là n’existe que pour celui qui y croit. Dans les deux cas, le sentiment d’un tarissement ou d’une disparition prochaine pousse à en dire quelque chose. Et, concernant une identité nationale perçue comme menacée, tout peut s’en dire, selon l’idée qu’on s’en fait.

De l’identité française, par exemple, les intellectualistes arrogants et les professionnels de la « pensée critique » ou de la « déconstruction » sans fin annoncent triomphalement qu’elle n’existe pas, qu’elle n’est qu’une « construction » douteuse ou une fiction trompeuse, et par là dangereuse, voire haïssable. Travers ordinaire des intellectuels occidentaux qui s’exercent pieusement à faire disparaître les objets qu’ils n’aiment pas ou qui ne font pas partie de leur paysage mental. La « nation » se réduit pour eux à un chaudron de sorcières, à un conservatoire de « vieux démons » (nationalisme, xénophobie, racisme, colonialisme). En quoi la pensée hypercritique, banalisée à la fin du XXe siècle et ainsi devenue vulgate à l’usage du grand public « culturel », s’avère une pensée aussi paresseuse que phobique. D’autres intellectuels, qui se veulent « patriotes » et « républicains » – dénoncés par les précédents comme « nationalistes » ou « réactionnaires » -, s’emploient naïvement à célébrer ladite « identité française » en sélectionnant ses traits positifs les plus remarquables, censés représenter autant d’« apports », aussi précieux qu’indispensables, à « la civilisation universelle ».

Par de tels exercices d’admiration, ces intellectuels se classent parmi les héritiers du vieux progressisme républicain, postulant que, chez les Modernes, « la nation » est le cadre obligé de la démocratie. Une troisième catégorie d’intellectuels est repérable dans les milieux militants de gauche et d’extrême gauche en quête d’une « nouvelle France », d’une France future, refondue, améliorée. Ces intellectuels néo-progressistes, internationalistes ou altermondialistes, s’engagent sur la voie d’un réformiste radical, impliquant une rupture avec la tradition nationale/républicaine. Ils communient dans une redéfinition politiquement correcte de l’identité française, que résume cette formule sloganique : la « France plurielle et métissée », à l’image du « monde possible » dont ils rêvent. Tel est l’objet métaphorique d’un désir d’avenir fonctionnant déjà comme un cliché.

« L’identité est le diable en personne, et d’une incroyable importance », notait Ludwig Wittgenstein. Sa démonie tient à ce qu’elle est insaisissable, toujours autre qu’elle n’est pour qui la définit. Entité individuée assimilable à un individu collectif, mais supra-individuelle, l’identité collective résiste à toute approche conceptuelle. Il n’y a toujours pas de science de l’individuel, en quoi l’on ne saurait s’étonner du fait que les identités nationales ne soient pas objets de science. En toute identité collective, le « ce qu’elle est » ne cesse de nous échapper. Mais ce n’est pas là une preuve de son inexistence. Le fait qu’elle résiste à la conceptualisation n’implique nullement qu’elle n’existe pas. Indéfinissable en elle-même, inconceptible, une identité collective quelconque existe sur un mode particulier, dans le monde des croyances et des représentations sociales : elle est le nom qu’on donne à la présupposition d’existence de tout groupe humain, dont la singularité échappe à l’analyse conceptuelle. Disons simplement qu’une identité collective, ethnique, culturelle ou nationale, est à la fois existante et ineffable. On pourrait s’en tenir là, et cesser les bavardages pour ou contre. Mais le bruit de fond de l’univers médiatique continue.

Le thème de « l’identité nationale » revenu dans le débat public, les donneurs de leçons se lèvent à gauche, du centre aux extrêmes, pour se lancer dans une nouvelle célébration confuse de la France future, à la fois « plurielle » et « métissée » comme il se doit, grâce aux bienfaits de « l’immigration ». On ne discute pas l’idéal du Nous : on l’affirme vertueusement. Sur le mode d’une prière tournée vers l’avenir. Un éditorialiste bien-pensant, lui-même expression ramassée de la « gauche plurielle », affirme ainsi péremptoirement : « La France est d’ores et déjà plurielle. On ne saurait le nier, à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, qui sont par nature mélange et métissage. » Et le sous-entendu normatif va tout autant de soi : la France doit être toujours plus ce qu’elle est déjà, à savoir « plurielle » et « métissée ». On ne sait jamais exactement de quoi l’on parle : du métissage des corps (les croisements dits « ethno-raciaux ») ou du « métissage des cultures » (à travers le « dialogue interculturel »), de la « diversité » ou du « mélange », du « pluriel » ou du « métissé ». La question n’a plus d’importance dans la société de communication : le cliché a été forgé, il est désormais en circulation, il touche un maximum de récepteurs, il est donc légitime. Et la force des clichés est irrésistible, lorsqu’ils se diffusent autant sur Internet que sur les chaînes de radio et de télévision. Le nombre s’accroît donc de ceux qui veulent à la fois une « France plurielle » et une « France métissée » : qu’importe la confusion des désirs, si la diffusion du confus est en marche. Il s’agit de penser et de parler comme tout le monde, donc comme le monde des médias. La voix des médias est la nouvelle voix de Dieu. Tiraillé entre deux projets normatifs, le pluralisme et le mélangiste, le « bobo » grégaire – nouvelle figure du Français moyen – se refuse à choisir : il aspire à la synthèse pour la synthèse, il veut donc les deux, alors même qu’il perçoit vaguement leur incompatibilité de principe.

En construisant une belle image de la France, belle comme une métaphore embrumée, délivrant des éclairs d’équivoque, la bien-pensance nourrit la bonne conscience qui la supporte. Il est si doux de se rêver soi-même comme un sujet « pluriel » et « métissé », qu’il s’agisse de couleur de peau ou d’identité culturelle. Un sujet supposé plus « riche » que son contraire : le nouveau sujet désavantagé, identitairement pauvre, défavorisé. Un « pauvre » Français caractérisé par ce qui lui manque : une « diversité » interne. Un Français très à plaindre, car ni « pluriel », ni « métissé ». En effet, selon la langue molle d’un certain antiracisme, l’idéal humain vers lequel il faut tendre est clair : devenir un sujet « riche de ses différences ». Face à ce nouveau type positif, le Français monoethnique et monoculturel, le Français dit « de souche », apparaît comme un être inférieur, un handicapé, un « souchien », selon l’expression polémique méprisante (« sous-chien ») utilisée par les « Indigènes de la République ». La bonne voie serait celle qui va du mono-ethnique au pluri-ethnique, de l’identité culturelle homogène à l’identité culturelle « hybride ». Toutes ces intuitions vagues et ces aspirations confuses ne font certes pas une pensée. Encore moins une pensée politique, laquelle doit pouvoir être programmatiquement traduite. Il y a là pourtant au plus profond, inassumé, un sentiment qu’il faut bien dire « patriotique » : comment qualifier autrement le souci de projeter dans le monde l’image la plus attrayante possible de la France ? Un tel souci est certainement respectable. Le problème tient au choix des critères de ce qui est jugé attractif. En quoi le « pluriel » et le « métissé » sont-ils plus dignes d’admiration que ce à quoi on les oppose ? Pourquoi préférer la « diversité », source d’inégalité et de conflit, à l’homogénéité ou à l’unité ? Pourquoi prendre le parti du « mélange », promesse d’indifférenciation, contre celui de la distinction ou de la différenciation ? Un second nœud de problèmes surgit, dès lors qu’on érige la « diversité » et le « mélange » en principes normatifs : leurs logiques respectives sont-elles compatibles ? Ne se contredisent-elles pas ? Peut-on marier « diversité » et « métissage » pour en faire le couple fondateur d’un programme politique ? La synthèse est-elle possible ? Et, si oui, est-elle désirable ?

« Faire bouger les lignes » : la métaphore est devenue rituelle dans le langage médiatique « à l’heure de la mondialisation ». Elle y est même devenue ritournelle. Elle y définit la norme positive par excellence, celle du « bougisme », soit le culte du changement pour le changement, l’adoration du mouvement comme tel, supposé intrinsèquement bon. Appliquons-nous à reconstruire l’idéologie médiatiquement dominante, en risquant une plongée dans l’univers indistinctement « diversitaire » et « mélangiste ». Le « faire bouger » s’applique d’abord aux identités collectives, acceptables à la seule condition d’être « évolutives », « dynamiques », en perpétuel changement. Et, à suivre leurs louangeurs, elles ne sont « mises en mouvement » qu’en devenant « plurielles ». Mais le parti pris en faveur du « bouger » s’étend aussi au « métisser ». Les partisans du métissage généralisé ne cachent pas leur désir de « faire bouger les lignes » entre les « couleurs », de transformer les barrières de couleur en fils colorés servant à tisser et retisser les séduisantes « identités plurielles ». Cette vision d’un avenir radieux est fondée sur deux axiomes : le changement est amélioration, le mélange est « enrichissement » (métaphore utilisée aveuglément). Mais ces deux propositions ne font qu’exprimer des croyances, et, ainsi formulées, elles sont l’une comme l’autre fausses : tout changement n’implique pas une amélioration, tout mélange ne constitue pas un « enrichissement ». Comme l’a souvent suggéré Claude Lévi-Strauss, le mélange des cultures risque d’aboutir à un appauvrissement universel et irréversible, à une uniformisation mortelle.

L’idéal bougiste, engagé sur la voie de cet « antiracisme » reformulé, rejoint enfin à la fois l’idéal d’ouverture et celui d’échange illimité : ouvrir les frontières entre les identités collectives, pour que ces dernières échappent à la « crispation » (la fermeture craintive sur soi), se fluidifient et « s’enrichissent » mutuellement dans un libre échange qui, par ses effets d’« hybridation », définirait la globalisation comme étape décisive dans la marche vers la libération ou l’émancipation du genre humain. On retrouve ainsi, sous de nouveaux habits rhétoriques, le dogme central de la vieille « religion du Progrès ». On peut au passage s’étonner d’un paradoxe : les partisans de ce projet normatif d’un « dialogue » universel entre les groupes humains (nations, cultures, civilisations), impliquant un libre échange planétaire des mots et des idées, sont en général des adversaires déclarés du marché globalisé, du libre-échange sans frontières, du libre-échangisme comme idéologie du capitalisme sans entraves. Le propre – ou le travers – de cette rhétorique qui semble réfléchir les présuppositions de la globalisation telle qu’elle est rêvée, la globalisation comme Progrès (la « mondialisation heureuse », disent certains), c’est qu’elle ne comporte nulle interrogation sur la coexistence conflictuelle des normes « diversitaires » et « mélangistes » qu’elle s’applique à promouvoir. Comme si l’aveuglement face au conflit de ses normes fondamentales était une condition de son efficacité symbolique. « La diversité dans le mélange » : c’est ainsi qu’on pourrait définir l’idéal auto-contradictoire dont elle dessine les contours flous.

Ouvrons ici une parenthèse sur l’autre face de cet angélisme impolitique, sa face à la fois sombre et comique : le nihilisme militant des cyniques de la déconstruction sans limites, généralisée jusqu’à l’absurde, ou, comme disaient naguère les grands-mères, « en dépit du bon sens ». On les reconnaît à leur pose : ils se donnent pour de radicaux démystificateurs. Rien ne saurait résister à leur puissance de suspecter et de critiquer les phénomènes sociaux, jusqu’à ce qu’ils disparaissent de leur horizon. Ce qu’ils ont retenu de la leçon unique donnée à la fin du XXe siècle par les gourous de la déconstruction – philosophes, anthropologues, historiens -, suivis par les prolétaires des « sciences sociales » et autres adeptes besogneux de la « sociologie critique », c’est qu’il n’est qu’un péché capital : l’essentialisme. Un programme unique s’est imposé à eux, devenus des adeptes dogmatiques de la déconstruction généralisée : déréaliser, désontologiser, désubstantialiser, fluidifier. La peur de l’essentialisme les a conduits à aller jusqu’au bout du relativisme radical, jusqu’à faire disparaître le réel. Ils se sont ainsi laissé convaincre qu’il fallait surtout ne pas penser les identités collectives comme des entités réelles ou substantielles, que rien dans les entités supra-individuelles mais pourtant individuées n’était fixe, invariable, stable, homogène, etc. Que tout dans les identités collectives était construit et reconstruit en permanence, que tout était fluctuant, passager, éphémère, et, en dernière instance, simple illusion. Car, sous leur regard à qui on ne la fait pas, tout dans la socialité n’est qu’effet produit par des stratégies de pouvoir ou de domination, donc rapportable au pouvoir de tromper inhérent aux dominants. Qu’on ne leur parle surtout pas d’identité nationale : ils ricanent (« ça n’existe pas ») et sortent leurs revolvers, chargés de balles explosives. Chez eux, le plaisir de déconstruire, c’est la joie de détruire, avec un supplément notable : la satisfaction arrogante d’avoir tout compris. Ils ne croient à rien, parce qu’ils ne peuvent croire. Ils ne savent rien, puisque leur activité intellectuelle consiste à déconstruire tous les savoirs. Ils croient néanmoins être les plus malins, persuadés qu’il n’y a rien à savoir en dehors de ce qu’ils croient savoir. Et ils ne peuvent rien espérer, l’espérance ne pouvant être à leurs yeux qu’une variété judéochrétienne de l’illusion religieuse. Ce nihilisme de cyniques tristes et d’arrogants sans charisme se conjugue cependant fort bien avec l’optimisme angélique des nouveaux progressistes, portés par l’espoir d’un salut par la globalisation-hybridation. On rencontre ainsi des êtres mixtes : mi-nihilistes déconstructeurs, mi-utopistes rêveurs. C’est pourquoi tant de déconstructeurs radicaux sont en même temps des militants gauchistes en quête d’un « autre monde possible ». Le monstre « hybride » est parmi nous : les « Bourdieu-Derrida-Chomsky » sont légion.

Considérons plus précisément le projet normatif d’une ouverture totale de l’espace national, en tant que forme radicale de combat « antiraciste ». La différenciation entre « nous » et « les autres » est le présupposé inaperçu autant qu’inassumé de cette argumentation qui se veut à la fois morale et politique. La xénophobie, assurément condamnable, est naïvement inversée en xénophilie, comme si le renversement dans le contraire impliquait un « progrès ». C’est ainsi que, dans l’arène politique, la dénonciation de la « préférence nationale » aboutit à la célébration d’une préférence pour l’étranger ou l’immigré : la xénophilie de style antiraciste se traduit par un programme immigrationniste – l’utopie angélique interdisant toute sélection des candidats à l’immigration -, qui rend impossible la définition d’une politique de l’immigration. L’utopie de la préférence pour l’autre conduit à une impasse, à une paralysie de la capacité de choix des dirigeants politiques, à l’abolition de la souveraineté en matière de politique de la population, bref à l’impolitique. Cette rhétorique impolitique est fondée sur certaines valeurs, le plus souvent implicites, non thématisées comme telles. Ce qui est axiologiquement postulé, c’est d’abord que le rejet de soi est en lui-même respectable, alors que le rejet de l’autre est intrinsèquement intolérable. Le culte de la « diversité » dérive vers celui de l’altérité. L’adoration du « veau d’autre »… Un pas de plus, et la haine de soi devient objet d’éloge, tandis que la haine de l’autre illustre le mal absolu. Comme s’il était bon, dans tous les cas, de se dénigrer jusqu’à se haïr soi-même, et totalement condamnable d’abaisser ou d’exclure, quoi qu’il fasse, un quelconque représentant de la catégorie « les autres ». Nouveau manichéisme, qui surgit chez ceux-là mêmes qui font profession de dénoncer le manichéisme chez leurs ennemis désignés. On notera que la haine de l’autre porte différents noms idéologiques, tous équivalents pour ceux qui les utilisent en tant qu’armes symboliques : intolérance, exclusion, xénophobie, nationalisme, racisme. Il y a une ironie objective à voir les partisans inconditionnels de « la diversité » faire aussi peu de cas de la diversité sémantique, et donner ainsi dans l’amalgame polémique.

Cette confusion sémantique est hautement significative, en ce qu’elle indique obscurément un idéal régulateur : le cosmopolitisme postnational, noyau dur de l’idéologie médiatiquement dominante. Il s’organise autour d’un grand rêve, celui de l’abolition immédiate et définitive de toutes les frontières entre les groupes humains, et, plus avant encore dans l’utopie, celui de l’élimination totale et irréversible de toutes les barrières entre les humains. Rêve lui-même impolitique, qui dérive de la corruption idéologique d’une vision religieuse d’origine monothéiste (tous les hommes unis en Dieu). Disons, en termes soixante-huitards : « La fraternité universelle ici et maintenant ». Le métis nomade à l’identité instable dans un monde sans frontières serait l’image de l’humanité future. L’homme de l’avenir s’incarnerait dans le cosmopolite hybride et mobile. Tel est le bouillon de clichés et de slogans confus qui aujourd’hui tient lieu de pensée politique aux élites pressées et branchées, adeptes de la « pensée nomade ». On peut s’interroger sur l’avenir d’une telle confusion.

Mais, une fois envolées les nuées rhétoriques et dissipées les rêveries endormantes, la vraie question se pose : s’agit-il de défendre les identités ethnoculturelles au nom du « pluriel » ou de prôner leur « mélange » qui tend à les effacer ? Souhaite-t-on le bétonnage des différences ou leur dissolution dans un mélange sans frontières ? Veut-on une France de la « diversité » protégée, ou bien une France du « métissage » généralisé ? Et, plus largement, une humanité respectée dans sa diversité ethnique et culturelle, ou bien une humanité en marche vers son uniformisation ? Entre le respect absolu de la différence ou l’obligation inconditionnelle de métissage, il faut choisir. Or, les nouveaux bien-pensants veulent les deux. Pour ces amateurs de formules creuses, la France de l’avenir ne peut qu’être un mélange de diversité et de métissage, de différence et d’hybridation. Vision confuse d’une synthèse impossible. « Synthèse égale foutaise », disait le philosophe Jean Laporte. Cette « foutaise » synthétique pourrait être correctement dénommée : « divertissage ». Toute occasion est bonne à prendre quand il s’agit d’enrichir le verbiage contemporain. Ironie oblige.

————-
Article mis en ligne le 23 novembre 2009 sur le site RING. Une version très abrégée de cet article a été précédemment publiée, sous le titre ironique « Le métissage est l’avenir de l’homme », dans Le Figaro Magazine, 21 novembre 2009, dossier « Pour en finir avec les idées reçues », p. 54.

[1] Dans les années 1980 et 1990, j’ai abordé à plusieurs reprises la question de l’identité, sous des angles différents. Sur la question de l’identité nationale, voir notamment Pierre-André Taguieff, « L’identité française au miroir du racisme différentialiste », in coll., L’Identité française, Paris, Éditions Tierce, 1985, pp. 96-118 ; « L’identité nationale saisie par les logiques de racisation. Aspects, figures et problèmes du racisme différentialiste », Mots, n°12, mars 1986, pp. 89-126 ; « L’identité nationaliste », Lignes, n° 4, octobre 1988, pp. 14-60 ; « Identité française et idéologie », EspacesTemps, n° 42, automne 1989, pp. 70-82 ; « L’identité nationale : un débat français », Regards sur l’actualité, n° 209-210, mars-avril 1995, Paris, La Documentation française, pp. 13-28 ; « Nationalisme et antinationalisme. Le débat sur l’identité française », in coll., Nations et nationalismes, Paris, Éditions La Découverte, 1995, pp. 127-135 ; La République menacée, Paris, Éditions Textuel, 1996, pp. 77 sq. Dans les années 2000, je suis revenu sur la question dans mon livre La République enlisée. Pluralisme, communautarisme et citoyenneté, Paris, Éditions des Syrtes, 2005.

Le concombre victime des cornichons médiatiques


23 morts en 10 jours des suites d’intoxications d’origine alimentaire ont déclenché un emballement dans toute l’Europe. Les médias aiment la peur car elle fait vendre. Le Système aussi aime la peur car elle rend les populations dociles. Mais le mensonge fait des victimes : consommateurs désinformés, citoyens ahuris, agriculteurs désemparés. Il faut noter que peu de média ont précisé l’origine bio des concombres injustement désignés… comme le souligne Alain Cohen-Dumouchel dans son article  » Intoxication aux concombres BIO : le black out des médias français » publié par le site Enquête et Débats:
On est en droit de se demander si ce déni d’information n’est pas la conséquence de l’implication outrancière de ces médias dans la promotion de l’agriculture prétendument “biologique”. Les fabricants d’opinion craignent probablement de se déjuger en admettant que la filière bio n’est pas si saine, après lui avoir fait une publicité démesurée. Voir aussi sur ce sujet le livre « Bio : fausses promesses et vrai marketing » de Gil Rivière-Wekstein.(1)

Addendum (11 juin 2011 ):

Une ferme «bio» à l’origine de l’épidémie de bactérie tueuse

Un article de Michel Geoffroy
Le concombre victime des cornichons médiatiques

Les anciens se souviendront sans doute que le sinistre Furax, héros de l’émission radiophonique et burlesque « Signé Furax » diffusée dans les années 1960, avait inventé le gruyère qui tue. Mais en 2011 la réalité médiatique dépasse désormais la fiction. En effet, les médias viennent d’inventer le concombre qui empoisonne.

L’affaire du concombre espagnol tueur d’Allemands est exemplaire, en effet, à plus d’un titre.

L’emballement médiatique à l’œuvre

Exemplaire d’abord des mécanismes de l’emballement médiatique. Ce sont toujours les mêmes : l’orchestration « d’informations » sur un mode accusatoire mais qui ne sont pas bien vérifiées, et qui va crescendo, car aucun média ne veut être en reste dans la course à l’audimat. Alors on en rajoute dans la simplification. On l’a vu dans l’affaire des prétendus espions chinois de Renault, dans celle de l’ophtalmo « raciste » ou dans la présentation de la catastrophe nucléaire imminente de Fukushima. A chaque fois ce qui compte c’est le sensationnel de la révélation médiatique du Mal. Pas la vérité de faits établis. Et le Mal a toujours un responsable, un coupable potentiel que l’on va, vite, jeter en pâture aux lecteurs et aux spectateurs, pour renouveler l’intérêt. Un coupable, cela rassure. Pas question donc de donner la parole à la défense. Encore moins à ceux qui doutent.

Dans cette affaire rien n’arrête le torrent médiatique. Car il va à la vitesse de la lumière. Il emporte les responsables politiques allemands, puis la Commission européenne à la suite des autorités sanitaires de Hambourg. En Europe on s’inquiète. Dans nos marchés on boude les légumes, d’autant qu’ils ont déjà pu subir le passage du nuage radioactif de Fukushima, n’est-ce pas ? Les Russes menacent de fermer leurs importations de légumes en provenance d’Europe de l’Ouest.

Personne parmi le courageux Establishment politique occidental ne veut courir le risque, en effet, d’être accusé un jour – par les médias et donc par un juge – de ne pas mettre en œuvre le fameux principe de précaution. On voulait nous vacciner contre une épidémie de grippe imaginaire. On nous protégera donc du terrible concombre et de sa « bactérie tueuse ». Pour notre bien.

Déni de cohérence ensuite

Mais, une semaine après, on ne sait toujours pas ce qui s’est passé ni qui a empoisonné qui. Il paraît maintenant que l’on suspecterait des… germes de soja produits en Basse-Saxe. Bravo à « la société de l’information » !

Les Espagnols sont à juste titre furieux : les conséquences économiques de cet embargo de fait seront lourdes pour leur pays déjà en situation extrêmement difficile. Il paraît qu’ils vont porter plainte à Bruxelles. Mais l’indifférence à l’égard des conséquences est la marque du système médiatique : il ne vit que dans l’instant. Il ne cherche qu’à capter notre attention pour diffuser les bons messages publicitaires, pas à générer notre réflexion ni à augmenter notre savoir.

Le principe de l’information contemporaine reste « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

Curieusement, parmi ces « experts » médiatiques qui nous expliquent en permanence les bienfaits de la suppression des frontières et du commerce, de préférence mondial, aucun ne relève que le fait d’importer des concombres dans des pays tempérés qui pourraient très bien en produire (les concombres cela pousse partout, même en Russie) n’est peut-être pas un optimum social ni même économique. Ces mêmes médias nous expliquaient aussi, pour justifier leur discours cosmopolite, que « les frontières n’arrêtent pas les épidémies ». Pas de chance : le premier réflexe des autorités – d’abord allemandes – dans ce genre de situation est justement de rétablir des frontières sanitaires. Pour un tout petit concombre, au surplus. Ainsi les frontières cela marcherait aussi ? Et cela pourrait nous protéger ? Diable !

La mise en scène du Mal

Ce petit concombre révèle enfin que nos sociétés occidentales ne peuvent plus se passer de la mise en scène du Mal. N’importe lequel, pourvu qu’il fasse peur. Guerres (si possible loin), catastrophes (si possible avec beaucoup de morts), accidents (nucléaires, bien sûr), crimes (si possible odieux ou contre l’humanité), idées politiquement incorrectes (surtout si elles renvoient aux « heures sombres de notre histoire »), violences (si possibles urbaines) : tout est bon.

L’orchestration du Mal a, en effet, une fonction politique bien précise dans un système qui repose sur l’idée que s’il est imparfait, d’autres seraient bien pires encore. G. Orwell, dans son roman 1984, montrait que dans cet univers totalitaire les citoyens étaient régulièrement invités à célébrer « le quart d’heure de la haine » : celui où ils étaient conviés à voir le visage de leur ennemi, le visage du mal. Pour mieux aimer leur triste présent.

C’est pourquoi le Système médiatique produit en permanence des images du Mal, réel ou supposé. Fabriqué au besoin. Car la peur engendre la soumission vis-à-vis du pouvoir, vis-à-vis du Système et de ceux qui l’incarnent.

Exit Ben Laden. Voici maintenant le terrible concombre espagnol qui va tous nous empoisonner. Et ce légume inquiétant n’aurait-il pas déjà contaminé aussi nos salades, nos tomates, nos villes et nos campagnes ? Ah ces satanés Espagnols !

C’est qu’à l’ère des cornichons* médiatiques, les concombres sont rois.

Michel Geoffroy
07/06/2011

Source: polémia

(1) Interview de Gil Rivière-Wekstein auteur du livre: Bio : fausses promesses et vrai marketing sur le site Enquête et Débats.

la gauche-libé: les années pédophiles !

Il y a quelques années, à l’occasion d’un débat télévisé, Marine Le Pen avait furieusement tancé Daniel Cohn bendit en lui faisant remarquer que Jean-Marie Le pen ne s’était jamais fait tripoter la braguette par des gamins. (1).

Des années plus tard, lors des Européennes, F. Bayrou avait évoqué les écrits pédophiles de la vache sacrée du gauchisme soixante-huitard. (2)
On aurait pû croire que ses attaques aurait fini par disqualifier Cohn-Bendit. Or, il n’en a rien été. Pire même, il a été défendu par toute la nouvelle bourgeoisie de gauche.
Cette même gauche qui a soutenu polansky et fréderic Mitterand et qui depuis les années 70 entretient un rapport malsain avec la pédophilie.

Il faut se souvenir qu’en 1977 le journal Libération publie une pétition pour la libéralisation de la pédophilie. Une pétition qui sera relayée par le journal Le Monde et signée par des personnalités comme Sartre, Kouchner, Deleuze, Guattary, Jack lang….(3) Ce manifeste faisait suite à l’ affaire Coral, une histoire sordide dans laquelle le philosophe rené Schérer fut condamné mais là-aussi soutenu par l’ensemble de la gauche. (4)

Les diverses révélations de ces dernières années font échos à d’autres affaires, que les vertueux moralisateurs, d’habitudes si loquaces, ont préféré garder sous silence.

L’une d’entre elles nous renseigne sur le comportement fielleux dont sont capables nos anarchistes couronnés.

Franck Demules: « Un petit tour en enfer ».

Franck Demules est depuis 10 ans au service de Carla Bruni. Dans son livre « Un petit tour en enfer », qu’il a eu un mal fou à publier, il évoque son enfance douloureuse marquée par la mort de son père âgé d’à peine 29 ans, et l’éducation délétère de sa mère qui l’abandonnait aux mains de ses compagnons maoïstes. C’est l’un d’entre eux, Christian Hennion, journaliste à « Libé », qui, un soir se glisse dans son lit. Pendant 17 ans l’enfant va subir de la part de son tuteur pédophile les pires sévices.

Le récit devient encore plus instructif sur la génération post-soixante-huitarde qui minimise aujourd’hui les discours pédophiles de Cohn- Bendit, quand l’auteur révèle qu’à Libération, journal où il fut dés l’âge de 14 ans, standardiste et maquettiste, tout le monde était au courant de la situation à laquelle il était soumis, sans que jamais personne n’ait cherché à le libérer des griffes de son oppresseur.

Franck apprendra à ses dépends que la liberté a un prix, et qu’il en paie un lourd tribut. Révolution sexuelle oblige, les bourgeois boursoufflés du gauchisme débonnaire se font les interprètes des fumisteries Freudo-marxiste de Wilhelm Reich. Une dépendance aux pseudo-science qui ne sont pas sans rappeler les délires anti-scientistes des verts et de leurs adeptes.

Dans un des rares articles consacré à l’ouvrage, le nouvel Obs (5) nous apprend qu’à l’aube de ses 40 ans, Franck est allé trouver son «pédophile». Et la réaction du vieux journaliste fut révélatrice de l’esprit radical-chic de la gauche actuelle, ce dernier lui aurait dit: «Tu sais, c’était une autre époque. C’était l’esprit de «Libération» qui avait précédé l’arrivée de Mitterrand au pouvoir.» Le jour de son enterrement, Serge July a serré Demules dans ses bras. Victime de la révolution sexuelle, Franck Demules s’est jeté dans l’alcool et a commencé à écrire.

(1)

(2)

(3): communiqué au sujet de la pétition
http://www.ipce.info/ipceweb/Library/00aug29b2_le_monde.htm

( 4 ) Affaire Coral: http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_du_Coral

(5) http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2322/articles/a400904-le_mousquetaire_de_carla.html

Jérôme Cortier

Syrie : Quand l’AFP ment.. les média suivent !!!

Le 28 Mai 2011, selon l’AFP, une manifestation contre le régime Syrien de Bachar al-Assad a rassemblé deux cents personnes sur la place du Trocadéro.
La chaine de Monsieur Bouyges ( TF1 ), comme d’autres média reprennent cette information sans prendre la peine de la vérifier…
Dommage, car il ne s’agissait pas d’une manifestation contre le régime Syrien, mais en sa faveur comme le prouve ses images.

Au regard du traitement médiatique manichéen qui fut réservé à la Côte d’ivoire et à l’absence totale d’information sur ce qui se passe aujourd’hui en Libye, on peut difficilement imaginer que cette bévue est involontaire.

D’autant, qu’il y a bien eu une manifestation anti gouvernement syrien sur la place du Trocadéro couverte par les média français… mais le dimanche 29 mai.

Or sur la manif du 28, bien plus importante et qui était pour le régime en place, pas une ligne dans les média…. si ce n’est pour la transformer en manifestation anti- Bachar al-Assad comme sur TF1.

Le bon docteur DSK et son ami socialiste Ben Ali.

La presse et la classe politique française sont formels: DSK était un bon directeur du FMI.

Mais c’est quoi un bon directeur du FMI ?.

Selon la doxa, un bon directeur c’est celui qui mène des plans d’ajustement structurel visant à imposer la privatisation des services publics, le démantèlement de l’État, la chute des salaires et des pensions ainsi que la suppression des protections aux frontières dans les pays où il est censé intervenir.

Un bon directeur c’est un docteur qui prescrit du poison tout en faisant croire à son patient qu’il est en train de le guérir.

Et au regard des résultats obtenus en Irlande, au Portugal ou en Grèce , on peut dire que ce bon docteur DSK mérite les honneurs qui lui sont rendus.

Est-ce-que ce sont ses talents d’économistes qui lui ont valu d’être décoré par son camarade de l’internationale socialiste ben Ali … ou doit-il cette reconnaissance à ses qualités de prévisionniste ?.

L’UE contre la préférence nationale pour les notaires.

N’en déplaise aux grincheux de la gauche morale, en France la préférence nationale existe. Il est par exemple impossible pour un étranger de travailler dans les services publics, le concours d’entrée y est réservé aux seuls citoyens français. Idem pour les notaires.
Or la Cour de Justice de l’Union européenne a, dans 7 arrêts rendus le 24 mai 2011 (Aff. n°C-50/08), jugé que les Etats membres ne pouvaient pas réserver à leurs nationaux l’accès à la profession de notaire. Elle explique que « même si les activités notariales (…) poursuivent des objectifs d’intérêt général, celles-ci ne participent pas à l’exercice de l’autorité publique au sens du traité CE ».

En l’espèce, six Etats membres de l’Union européenne – la Belgique, l’Allemagne, la Grèce, la France, le Luxembourg et l’Autriche – réservent à leurs ressortissants l’accès à la profession de notaire, ce qui constitue selon la Commission européenne une discrimination fondée sur la nationalité interdite par le traité CE. Aussi, elle introduit des recours en manquement à l’encontre de ces Etats. En outre, la Commission reproche au Portugal, ainsi qu’aux Etats précités, sauf à la France, de ne pas appliquer aux notaires la directive sur la reconnaissance des qualifications professionnelles.

Encore une fois la préférence va à la discrimination positive !!!!

Source: Net-iris

Extrême droite, extrême gauche, par Maxime Tandonnet

Populisme, extrême droite, extrême gauche… voilà la batterie de mots-censeurs employés à tort et à travers par la police de la pensée. C’est l’arsenal pour intimider et interdire tous les débats qui dérangent. Maxime Tandonnet, proche de Chevenement et aujourd’hui conseillé de Sarkosy revient de façon assez convaincante sur le sens que l’on donne à ces mots.

Qui est d’extrême droite, qui est d’extrême gauche ? Les définitions varient selon les époques. Ces notions prennent de l’importance sous la Troisième République, au début des années 1870. Elles ont alors un sens bien précis, un contenu lié à un projet : sont considérés comme d’extrême droite les partisans de l’Ancien Régime, les Légitimistes qui refusent le drapeau tricolore et exigent le retour à la monarchie traditionnelle que symbolise le drapeau blanc ; tandis que l’extrême gauche, à l’inverse, se compose des républicains radicaux, en avance sur leur temps, partisans d’une révolution pour l’époque : la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, Clémenceau est alors, jusqu’au changement de siècle, considéré comme étant d’extrême gauche !

Au XXe siècle, les notions d’extrême gauche et d’extrême droite convergent, dans le sens d’une entité unique : l’extrémisme, le totalitarisme. Elles portent sur un mode d’exercice du pouvoir – négation de toute valeur et de tout scrupule – plus que sur un contenu, un projet de société. Elles préconisent le rejet du modèle de la démocratie pluraliste, prônent au contraire la dictature sous différentes formes, le recours à la violence, à la contrainte, à l’arbitraire, la négation du suffrage universel, des libertés publiques et individuelles, de la liberté d’expression. L’extrême droite se confond avec les partisans des régimes fascistes ou de solutions autoritaristes – les ligues d’extrême droite en France dans les années 1930 – tandis que le parti communiste, puis les mouvements trotskistes ou maoïstes dans la deuxième moitié du siècle, incarnent l’extrême gauche. Les extrêmes se rejoignent dans le rejet et la haine de la démocratie bourgeoise et par leurs procédés quand ils accèdent au pouvoir : abolition des libertés, indifférence à la vie humaine, délation, dénonciation, recours aux camps de concentration, exaltation d’une entité collective, classe ou race, au détriment de l’individu, pratique des persécutions et du lynchage. Extrême droite et extrême gauche se confondent dans le système totalitaire, au sens où Hannah Arendt utilise ces termes.

Nous sommes en ce moment dans une troisième phase. Tout d’abord, celle du découplage entre extrême droite et extrême gauche. Les deux notions ont toujours été liées. A l’heure actuelle, si la formule « extrême droite » est d’un usage courant, on ne parle plus vraiment ou beaucoup moins de l’extrême gauche, ou alors de manière bienveillante. Mais surtout, une banalisation de l’expression « extrême droite » est en train de s’accomplir . En gros, le mot échappe à un sens précis, devenu plus ou moins synonyme de populisme, de réaction, et se présente avant tout comme une formule creuse, ultra-péjorative, une insulte qui sert à diaboliser l’adversaire idéologique, à lancer l’hallali quand on est à court d’argument ou qu’on dédaigne le débat d’idées. Exemple tiré d’un récent meeting « anti-raciste » : « Malheureusement le 10 mai (abolition de l’esclavage), comme chacun peut le constater, ne s’est pas imposée dans l’esprit de l’opinion publique mais, pire, elle est aujourd’hui remise en cause par une extrême-droite qui, derrière Eric Zemmour et les députés de la Droite populaire, veulent abolir ce qu’ils qualifient de « loi mémorielle »…. Par notre mobilisation, nous devons montrer que nous ne laisserons pas la mémoire être manipulée ou occultée par l’extrême-droite. »

Sans vouloir verser dans l’excès que je dénonce – tout est extrême droite – il me semble tout à fait salutaire et urgent de réfléchir et de repenser l’extrémisme : qui, aujourd’hui en France, veut abolir ou réduire la liberté d’expression, pratique l’inquisition et la censure morale ? Qui, en France, pratique la dénonciation, la délation, la chasse aux sorcières, le lynchage médiatique, au détriment de la dignité des personnes, dans l’indifférence absolue pour l’humiliation ou la souffrance engendrées ? Qui, dans notre pays, joue sur la haine, l’intolérance, le rejet de l’autre, celui qui ne pense pas pareil, stigmatise, cherche à humiler, avilir ? Qui, en France, montre du doigt, dénonce, accuse, livre en pâture, lâche la meute sur tel ou tel bouc émissaire, personnes désignées à la vindicte générale, comme à la pire époque des polices politiques, des mouchards et des bourreaux ? Oui, l’extrémisme, au sens vrai du terme, continue de sévir, moins puissant, moins nuisible que l’extrémisme du siècle dernier, mais toujours aussi hargneux, s’inspirant des mêmes méthodes, mais sous une forme adoucie, policée, édulcorée, conforme à un autre temps. Il avance aujourd’hui le plus souvent masqué, doucereux, diffus, donneur de leçon, mélangé à l’air du temps, imprégnant l’idéologie dominante, avec ses faux airs de générosité, d’ouverture, de modernité, son visage de sainte nitouche, son odeur d’ordre moral et sa méchanceté intrinsèque.

Texte repris du blog de Maxime Tandonnet

DSK: Sarkosy et ses flics savaient ….

L’Elysée, bien plus que les médias, n’ignorait rien de la vie privée de Dominique Strauss-Kahn. Le pouvoir, alimenté par ses relais dans la police, sait tout des secrets les plus intimes des hommes politiques, jusqu’à user des informations graveleuses dont il dispose.

Ainsi, des proches de Nicolas Sarkozy avaient pris soin de laisser « fuiter » auprès du Monde, ces derniers mois, l’existence d’une note, rédigée peu avant la présidentielle de 2007, par un policier de la base. Quelques lignes signalant la présence de M. Strauss-Kahn, surpris en fâcheuse posture dans une voiture, à l’ouest de Paris, dans un haut lieu des rencontres tarifées, à l’occasion d’un banal contrôle.

Sollicités, ni la Préfecture de police de Paris ni le ministère de l’intérieur n’ont souhaité confirmer – ou démentir – l’existence de cette note. Trois sources différentes ont pourtant assuré au Monde que ce rapport avait existé, et qu’il avait été porté à la connaissance de l’entourage de M.Sarkozy.

Selon l’une de ces sources, l’original de cette note a été passé au broyeur. A l’époque des faits, il fut décidé, en haut lieu, de ne pas donner de suites à cette affaire sur le plan pénal – ou médiatique. Candidat malheureux à la primaire du PS fin 2006, DSK ne présentait pas alors le même enjeu pour le pouvoir. Et c’est en parfaite connaissance de cause que M. Sarkozy, une fois élu, le propulsa à la tête du Fonds monétaire international (FMI).

Mais ces derniers mois, au fur et à mesure de la progression de DSK dans les sondages, des hommes de confiance de M.Sarkozy se sont vantés devant des journalistes de « tenir » le patron du FMI, dont ils menaçaient de révéler les frasques. C’est ainsi que cette note a refait providentiellement surface. Au même moment, le chef de l’Etat se posait en « moine trappiste », par opposition à la réputation de coureur de jupons de DSK.

ÉQUIPE LA MIEUX RENSEIGNÉE DE FRANCE

C’est un fait : M.Sarkozy, depuis 2002, connaît certains aspects de la vie privée des personnalités susceptibles de présenter un jour un danger électoral. A son arrivée au ministère de l’intérieur, il a constitué une équipe de fidèles qui lui doivent tout. De Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à Claude Guéant, ministre de l’intérieur, en passant par Alain Gardère, directeur adjoint du cabinet de ce dernier, ou Michel Gaudin, préfet de police de Paris, cette équipe est la mieux renseignée de France.

Fin avril, DSK avait d’ailleurs identifié le danger, comme l’a rapporté Libération : son appétence pour les femmes, certes, mais surtout les méthodes supposées de M. Guéant, à l’origine selon lui de la propagation des rumeurs sur sa vie intime.

De tout temps, la police a été l’instrument du pouvoir. Avant d’accéder à la présidence de la République, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy sont tous passés par la Place Beauvau. Lors de son retour à l’intérieur, en juin 2005, M.Sarkozy avait confié : « Je serai mieux protégé. »

De fait, il en profita pour retourner l’affaire Clearstream en sa faveur, et surtout placer ses hommes aux postes clés. L’une de ses premières mesures fut de renvoyer Gérard Dubois, un conseiller du préfet de police – chiraquien – Philippe Massoni, accusé de s’être répandu sur la liaison de son épouse de l’époque, Cécilia, avec Richard Attias.

Il est vrai que les policiers, qu’ils appartiennent aux renseignements généraux (RG, désormais fondus dans la DCRI), à la sécurité publique, voire à la brigade de répression du proxénétisme, reçoivent des renseignements ultrasensibles. Ainsi, les patrons de boîtes échangistes ont pour coutume de signaler à la police – avec qui ils soignent leurs relations – la présence de personnalités politiques dans leurs soirées.

Etablissement connu du centre de Paris où le libertinage se célèbre au quotidien, Les Chandelles ont ainsi inspiré plus d’un « blanc » (note sans en-tête ni signature) aux RG. Les services sont aussi capables d’aller creuser des détails incongrus : durant la campagne présidentielle de 2007, les RG planchèrent ainsi sur le coût de la garde-robe de Ségolène Royal…

MÉCANIQUE EXTRÊMEMENT EFFICACE

Les renseignements les plus « utiles » remontent naturellement à l’Elysée. C’était déjà le cas sous d’autres présidences. Dans les années 1990, les RG enquêtèrent ainsi sur la vie privée de Bertrand Delanoë ou de Jack Lang. Des notes blanches furent même établies. Rien n’était étayé, mais plus d’un journaliste fut bénéficiaire de drôles de « tuyaux »…

Etiqueté chiraquien, Yves Bertrand, patron des RG de 1992 à 2004, joua un rôle central dans ce dispositif. Mis en cause pour s’être intéressé à la vie intime des politiques, il assume ses enquêtes très « privées », se voyant même « réhabilité » par l’affaire DSK, qu’il qualifie de « victoire posthume » ! « Je ne sais rien de l’affaire du Sofitel, mais de manière générale, cela prouve qu’il est légitime de s’intéresser à la vie privée des hommes politiques. D’ailleurs, on me commandait parfois des enquêtes pour savoir si une personne pressentie au gouvernement avait des fragilités« , dit-il.

L’un de ses principaux interlocuteurs était Claude Guéant. « Lorsqu’il était directeur de la police (1994-1998) puis du cabinet du ministre (2002-2004), je lui rendais compte de tout. Il notait ce que je lui rapportais, y compris les éléments privés, dans des petits cahiers« , affirme-t-il.

M. Guéant avait pourtant assuré en 2008 à Mediapart : « Concernant des éléments de vie privée relatifs à des personnalités, il n’en a jamais été question dans nos discussions. » Arme de déstabilisation – ou de dissuasion – contre un adversaire menaçant, la « police des mœurs » sert, parfois, à défendre le président.

La DCRI a ainsi mobilisé ses forces en 2010 pour savoir d’où provenaient les ragots sur le couple présidentiel. Suspectée, Rachida Dati fut mise sous surveillance. Même les plus fidèles des sarkozystes ne sont pas à l’abri de cette mécanique extrêmement efficace.

Gérard Davet et Fabrice Lhomme
Article paru dans l’édition du Journal le Monde du 25.05.11