Au centre de Toulouse, près de 400 personnes vivent dans un squat géant

C’est le plus grand squat de Toulouse et le nombre d’occupants ne cesse de grandir. Une situation très inquiétante pour plusieurs organisations et collectifs qui se mobilisent.

Dans le quartier des Arènes, au bout de l’impasse du même nom et au pied de la barre du Cristal, à Toulouse, se dressent les anciens locaux de l’entreprise Cegelec, qui appartiennent désormais à la banque Natixis.

Désaffectés, ils ont été transformés en squat il y a près d’un an et demi, fin 2014. Mais d’une cinquantaine de personnes, ces bureaux devenus chambres de fortune accueillent désormais près de 400 habitants.

Cela représente la moitié des personnes à la rue à Toulouse, confie Thomas Couderette, du Collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cédis), qui accompagne les habitants du squat.

Pour beaucoup, ce sont des étrangers. Maghrébins, Russes, Bulgares, ou encore Roumains : une vingtaine de nationalités sont au total représentées. Parmi eux, de nombreuses familles, installées dans ce logement précaire bien malgré elles, faute de solution d’hébergement alternative.

Naska, au centre, est bulgare. Elle est ici avec sa famille et son bébé de un an. (Photo Côté Toulouse / C.M.)
Naska, au centre, est bulgare. Elle est ici avec sa famille et son bébé de un an. (Photo Côté Toulouse / C.M.)

 

Suroccupation, insécurité et insalubrité… mais de nouvelles avancées

Vols, bagarre, drogue… Les faits de violence et les délits se multiplient, dans ce squat à la population grandissante. Thomas Couderette, regrette qu’il y ait eu également plusieurs agressions sexuelles sur des femmes isolées.

C’est un miracle qui n’y ait pas encore eu de mort, ajoute Frédéric Piquemal, porte-parole du Droit au logement 31, qui suit quelques-unes des familles présentes dans le squat des Arènes.

Mais l’essentiel du problème, pour Thomas Couderette, ce sont l’insalubrité et les risques sanitaires. Dans les locaux, l’électricité est hasardeuse et des fils pendent un peu partout. Les poubelles s’amoncellent, car pendant de longues semaines les services municipaux n’y accédaient plus.

Mais mercredi 4 janvier 2017, la mairie a annoncé au Cédis que le ramassage des déchets reprendrait dès la semaine prochaine. Un message encourageant pour les habitants du squat qui ont décidé de ramasser tous les déchets éparpillés d’ici dimanche. « C’est top sanitairement parlant mais aussi pour le moral », se réjouit Thomas Couderette.

Devant l'entrée du site, le tas de déchets n'en finit plus de grandir et de nombreux déchets sont éparpillés sur l'ensemble du squat. Une situation qui devrait changer ses prochains jours. (Photo Côté Toulouse / C.M.)
Devant l’entrée du site, le tas de déchets n’en finit plus de grandir et de nombreux déchets sont éparpillés sur l’ensemble du squat. Une situation qui devrait changer ses prochains jours. (Photo Côté Toulouse / C.M.)

L’eau, un temps coupée, a été également rétablie par la mairie de Toulouse, qui a tiré un tuyau d’eau raccordé au réseau public avec l’accord de la préfecture. Dès qu’on a été au courant du problème, on a essayé de trouver une solution, indique Daniel Rougié, adjoint au maire chargé de la Solidarité. Une implication saluée par Thomas Couderette. « Des choses se font, se réjouit-il. Les places en hébergement d’urgence ont été multipliées par deux en trois ans, il y a un dialogue constructif avec la préfecture et la mairie. »

Pour autant, la situation reste très compliquée. Samir, 37 ans, a quitté l’Algérie il y a un et traversé la Méditerranée sur un bateau pneumatique. Cela fait six ou sept mois qu’il vit dans ce squat des Arènes.

Il y a beaucoup de misère ici, confie-t-il. Il y a des déchets partout, quasiment pas d’électricité, donc peu de chauffage, ni d’eau, les toilettes sont bouchées. Ce n’est pas une vie.

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