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Charlie à tout prix ?, par Frédéric Lordon

Extrait d’un texte de l’économiste Frédéric Lordon lu lors de la soirée « La dissidence, pas le silence ! », organisée par le journal Fakir à la Bourse du travail à Paris le 12 janvier 2015.

(…) « Je suis Charlie ». Que peut bien vouloir dire une phrase pareille, même si elle est en apparence d’une parfaite simplicité ? On appelle métonymie la figure de rhétorique qui consiste à donner une chose pour une autre, avec laquelle elle est dans un certain rapport : l’effet pour la cause, le contenu pour le contenant, ou la partie pour le tout. Dans « Je suis Charlie », le problème du mot « Charlie » vient du fait qu’il renvoie à une multitude de choses différentes, mais liées entre elles sous un rapport de métonymie. Or ces choses différentes appellent de notre part des devoirs différents, là où, précisément, leurs rapports de métonymie tendent à les confondre et à tout plonger dans l’indistinction.

 

(…)

Mais les choses deviennent moins simples quand « Charlie » désigne – et c’est bien sûr cette lecture immédiate qui avait tout chance d’imposer sa force d’évidence – quand « Charlie », donc, désigne non plus des personnes privées, ni des principes généraux, mais des personnes publiques rassemblées dans un journal. On peut sans la moindre contradiction avoir été accablé par la tragédie humaine et n’avoir pas varié quant à l’avis que ce journal nous inspirait – pour ma part il était un objet de violent désaccord politique. Si, comme il était assez logique de l’entendre, « Je suis Charlie » était une injonction à s’assimiler au journal Charlie, cette injonction-là m’était impossible. Je ne suis pas Charlie, et je ne pouvais pas l’être, à aucun moment.

Je le pouvais d’autant moins que cette formule a aussi fonctionné comme une sommation. Et nous avons en quelques heures basculé dans un régime de commandement inséparablement émotionnel et politique. Dès ses premiers moments, la diffusion comme traînée de poudre du « Je suis Charlie » a fait irrésistiblement penser au « Nous sommes tous américains » du journal Le Monde du 12 septembre 2001. Il n’a pas fallu une demi-journée pour que cette réminiscence se confirme, et c’est Libération qui s’est chargé de faire passer le mot d’ordre à la première personne du pluriel : « Nous sommes tous Charlie » — bienvenue dans le monde de l’unanimité décrétée, et malheur aux réfractaires. Et puis surtout célébrons la liberté de penser sous l’écrasement de tout dissensus, en mélangeant subrepticement l’émotion de la tragédie et l’adhésion politique implicite à une ligne éditoriale. Ceci d’ailleurs au point de faire à la presse anglo-saxonne le procès de se montrer hypocrite et insuffisamment solidaire (obéissante) quand elle refuse de republier les caricatures. Il fallait donc traverser au moins une mer pour avoir quelque chance de retrouver des têtes froides, et entendre cet argument normalement élémentaire que défendre la liberté d’expression n’implique pas d’endosser les expressions de ceux dont on défend la liberté.

Mais cette unanimité sous injonction était surtout bien faite pour que s’y engouffrent toutes sortes de récupérateurs. Les médias d’abord, dont on pouvait être sûr que, dans un réflexe opportuniste somme toute très semblable à celui des pouvoirs politiques dont ils partagent le discrédit, ils ne manqueraient pas pareille occasion de s’envelopper dans la « liberté de la presse », cet asile de leur turpitude. A l’image par exemple de Libération, qui organise avec une publicité aussi ostentatoire que possible l’hébergement de Charlie Hebdo. Libération, ce rafiot, vendu à tous les pouvoirs temporels, auto-institué dernière demeure de la liberté d’expression ! — peut-être en tous les sens du terme d’ailleurs. Et combien de la même farine derrière Libé pour faire de la surenchère dans le Charlisme ?

« Si cet homme qui, dit-on, riait de tout revenait en ce siècle, il mourrait de rire assurément Continuer la lecture de Charlie à tout prix ?, par Frédéric Lordon

France : un principe de liberté d’expression, 400 textes de censure

L’avocat Emmanuel Pierrat s’alarme des coups portés en France à la liberté d’expression…, notamment à l’occasion d’indignations collectives. Entretien.

Le 11 janvier, la France s’est levée en masse pour défendre les libertés d’opinion, d’expression et de caricature après l’attentat sanglant contre Charlie Hebdo. Le 12, plusieurs personnes comparaissaient devant les tribunaux pour “apologie du terrorisme” après avoir clamé leur soutien aux frères Kouachi et à Amedy Coulibaly. Le même jour, une enquête était ouverte contre le polémiste Dieudonné qui, au soir de la marche républicaine, avait eu le bon goût d’écrire sur sa page Facebook “Je suis Charlie Coulibaly”. Jusqu’où, en France, a-t-on le droit d’aller ? L’avocat Emmanuel Pierrat, spécialiste du droit de la presse, répond au Point.fr.

Le Point.fr : Combien de textes limitent, en France, la liberté d’expression ?

Emmanuel Pierrat : Rappelons, d’abord, que ce principe figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui a valeur constitutionnelle. L’article 11 dispose que “la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement”… Mais une restriction est immédiatement apportée à ce principe, après une virgule : “Sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.” Les États-Unis, eux, n’ont jamais ajouté de virgule à leur “freedom of speech” garanti par le premier amendement de la Constitution. Jusqu’au Patriot Act de l’après 11-Septembre, ils réussissaient à maintenir une liberté d’expression quasi absolue, y compris avec des délirants : les porteurs de croix gammées, le Ku Klux Klan, etc. La Convention européenne des droits de l’homme reprend la liberté d’expression, mais y met elle aussi des bémols. En France, je compte, moi, quelque 400 textes qui y ont porté atteinte.

Par exemple ?

Prenez la loi Guigou sur la présomption d’innocence (qui, au passage, est appliquée dans le sens d’une présomption de culpabilité par les journaux : on parle de “tueur présumé”). Elle date de 2000, après qu’un moniteur de ski, accusé d’avoir entraîné ses clients dans une zone d’avalanche, est montré par le JT de 20 heures menottes aux poignets et assommé par les flashs. Tout le monde est choqué par ces images. On vote donc une loi qui interdit de montrer des personnes menottées. Ce qui fait qu’un journaliste qui filme Bertrand Cantat arrêté à Vilnius est obligé de lui “couper” les bras. Ce qui fait aussi que, si vous souhaitez avoir un débat sur l’usage des menottes, si vous voulez même dénoncer cet usage, vous n’avez pas le droit d’illustrer votre propos avec des images de la réalité.

Autre exemple : on n’a pas le droit de faire, en France, la publicité d’un contraceptif féminin. Et ce, en vertu d’une loi votée au sortir de la Première Guerre mondiale, qui a interdit la “propagande anti-nataliste”, sous le prétexte de garantir l’avenir de la nation… Seule la publicité pour le préservatif masculin a été tolérée, lorsque les autorités ont fait le ratio entre le coût du sida et les bénéfices de cette défense obsolète de la natalité… Il ne se passe pas deux ans en France sans qu’un nouveau coup soit porté à la liberté d’expression.

Arrive-t-il que ces lois soient abrogées ? Continuer la lecture de France : un principe de liberté d’expression, 400 textes de censure

« Charlie Hebdo » : ce qu’en pensaient les Français, avant les attentats

Les sondages réalisés lors des « affaires Charlie » de 2006 et 2012 montraient une opinion extrêmement divisée sur la question des caricatures.

L’

‘élan a été noble, massif, admirable : 3,5 millions de Français se sont rassemblés le 11 janvier pour défendre à la fois les caricaturistes, les juifs, les musulmans et les forces de l’ordre. Le lendemain de l’attaque contre Charlie Hebdo, huit personnes sur dix se disaient prêtes à se mobiliser pour rendre hommage à ses dessinateurs, dans un sondage Odoxa pour Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le même institut montrait, le 14 janvier, que 90 % de sondés se sentaient « fiers d’être Français ». Faut-il en déduire que « tout est pardonné », comme l’annonce non sans ironie la une du « numéro des survivants » ? Car lors des précédentes « affaires Charlie », le soutien à l’hebdomadaire était moins unanime.

Une « provocation inutile »

En février 2006 ainsi, plus d’un Français sur deux déplorait la publication de caricatures de Mahomet, selon un sondage CSA. Dans l’enquête, publiée dans La Croix deux jours après le numéro spécial oùCharlie Hebdo reproduisait les dessins controversés du Jyllands-Posten, 38 % des sondés jugeaient que les journaux qui avaient fait ce choix avaient « eu raison au nom de la liberté d’expression », et 54 % qu’ils avaient eu tort, « car cela constituait une provocation inutile ».

Ils étaient toutefois 53 % à dire ne « pas comprendre » l’ampleur de l’indignation que les publications de caricatures avaient provoquée chez les musulmans.

Le même sondage tâchait d’évaluer les sujets tabous en matière d’humour. Les Français, en tout premier lieu et très massivement, estimaient qu’il n’était Continuer la lecture de « Charlie Hebdo » : ce qu’en pensaient les Français, avant les attentats

La République n’est pas la France

N’en déplaise aux gardiens du dogme républicain : la République n’est pas la France. La République est un régime politique alors que la France est une nation. Se pose alors la question de la relation du régime (temporaire) et de la nation (séculaire). Celui-ci peut-il changer celle-ci pour la faire correspondre à l’image falsifiée que lui donne son idéologie ? Certes non. C’est pourtant ce qu’il fait par une politique d’immigration et de naturalisation de masse.

La République produit ainsi environ 140 000 nouveaux « Français » par an, mais en a-t-elle seulement le droit ? Pas si sûr. La République, selon elle, exprime l’universel. C’est pourquoi, toujours selon elle, elle peut faire « vivre ensemble » des hommes venus de toute la terre quels que soient leurs origines, religions, mode de vie…

Le peuple français quant à lui exprime le spécifique. C’est pourquoi un Français se distingue d’un Chinois, d’un Lapon ou d’un Hottentot.

La République « universelle » et la nationalité « française » sont des réalités qui ne se situent donc pas au même niveau. Hormis le fait que l’une et l’autre sont clairement dissociées historiquement (il y avait des Français bien avant la République), le caractère universel de la République ne lui permet pas de définir le particulier : quand Continuer la lecture de La République n’est pas la France

Privilèges : Sarkozy coûte plus cher que Bush

Contrairement aux États-Unis, l’État alloue de l’argent à l’ancien président en toute opacité. Le système français est discrétionnaire jusqu’à la caricature.

Près de 600 000 euros de frais d’installation, plus de 200 000 euros par an pour la location et l’entretien de son bureau de la rue de Miromesnil, 660 000 euros net de salaires, ce qui équivaut, charges sociales comprises, à plus d’un million d’euros par an. Auxquels s’ajoutent sa retraite, la gratuité des vols Air France en classe affaires, des trajets SNCF en première classe ou encore de l’affranchissement postal.

Tels sont, selon une enquête de Mediapart, les privilèges que l’État accorde à Nicolas Sarkozy.

La conseillère générale socialiste Sabrina Ghallal est mise en examen

Rappel: la mère de l’humoriste pas drôle Sophie Aram a elle aussi été condamné à deux ans de prison. Conseillère PS elle promettait contre rémunération, des titres de séjour
à des personnes en situation irrégulière.

L’immigration  peut aussi être business très juteux

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Voir aussi : PS : Sabrina Ghallal impliquée dans une agression de militants UMP ?

La conseillère générale socialiste a été mise en examen ce mardi 13 janvier pour abus de faiblesse et organisation d’un mariage blanc.

Le marié, militant syndical avec elle, lui reproche aujourd’hui de l’avoir poussé à se marier avec une jeune femme sous le coup d’un arrêt d’expulsion.

Sabrina Ghallal, qui veut se présenter aux prochaines élections départementale dénonce une machination politique visant à l’empêcher d’être candidate.

France 3 Champagne Ardenne

Quand François Hollande propageait des thèses « complotistes » sur le terrorisme (vidéo)

Suite à l’affaire de Tarnac en 2008, François Hollande déclarait que l’État fabriquait le terrorisme afin d’établir des lois sécuritaires au nom d’une menace qui est parfois réelle, mais qui est aussi parfois virtuelle voire inexistante.

Il met l’accent également sur le fait que l’État inventerait le terrorisme pour cacher son incapacité à résoudre les problèmes sociaux et économiques de la France.

Une vision complotiste et conspirationniste de notre Président de la République actuel . Bienvenue au club des cerveaux malades !

« Je suis Mohamed » : les banderoles des supporters égyptiens face à la France

Source : Le Monde

Les manifestations du vendredi 16 janvier ayant rassemblé des milliers de personnes dans plusieurs pays musulmans contre la publication de caricatures de Mahomet se sont étendues jusqu’au Mondial de handball au Qatar. Lors de la rencontre entre la France et l’Egypte, dimanche soir, des supporters égyptiens ont sorti des banderoles sur lesquelles ont pouvait lire « Je suis Mohamed » et « Nous sommes avec notre prophète Mohamed ».

Mohamed-ok

Le service d’ordre est intervenu à chaque fois pour faire retirer lesdites banderoles. Un Continuer la lecture de « Je suis Mohamed » : les banderoles des supporters égyptiens face à la France

Apologie du terrorisme : torrents d’injures et cris de haine au menu du tribunal

Il y a, dans le box des comparutions immédiates du tribunal de Paris, le fils autoproclamé d’Oussama Ben Laden et un disciple enthousiaste de Mohamed Merah. Le premier, qui se nomme Noureddine Daroui, est marocain. Il déambulait rue Riquet (XIXe) quand il a fait un doigt d’honneur à deux policiers.

Contrôle d’identité. Flot d’injures et de menaces: «Sales Français mangeurs de porc, on va tous vous tuer, vous niquer, on a déjà commencé. (Une passante arrive à la hauteur du groupe) Quand je sortirai de prison, j’égorgerai une femme blanche comme elle et je prendrai une mitraillette pour tuer tous les policiers et les Français. Quand je vois des bombes qui explosent et des flics qui crèvent, je rigole. Les Français méritent tous de mourir, c’est écrit dans le Coran.»

Les Chinois seraient-ils plus lucides sur l’état de la France que les Français eux-mêmes ?

Article de Polémia

Dans un éditorial, le Global Times, un des journaux du Parti communiste chinois, a jugé que ces marches à travers la France de millions de manifestants, « ne devraient guère produire de résultats significatifs ».

« Malgré son échelle impressionnante, poursuit le journal, la marche de Paris dimanche faisait songer à la mise sous antalgiques d’un malade gravement atteint ». Et le journal de poursuivre, « Quand le calme sera rétabli, si le magazine [Charlie Hebdo] maintient sa position sur l’islam, il mettra le gouvernement français en position difficile et deviendra un symbole du choc des civilisations ».


Des propos prémonitoires, puisque la publication le lendemain d’une caricature du prophète en « une » du journal satirique a de nouveau enflammé l’opinion publique musulmane. Téhéran a vivement critiqué l’initiative, jugeant la caricature « provocante » et « insultante ». En Egypte, l’Université Al‑Azhar, l’une des institutions les plus respectées de l’islam sunnite, qui avait exprimé sa sympathie pour l’hebdomadaire après la tuerie, a de son côté évoqué une nouvelle « provocation pour les musulmans ». A Alger, hier, une foule hystérique a défilé pour crier sa colère contre ce nouveau blasphème. Hier encore, des manifestants ont par ailleurs incendié le Centre culturel français de Zinder, la deuxième ville du Niger. La foule a mis le feu à trois églises catholiques et saccagé des commerces tenus par des chrétiens aux cris de « Charlie est le diable ! Que l’enfer engloutisse ceux qui soutiennent Charlie !».

La « marche républicaine », grande mise en scène de l’unité et de la solidarité des Français, n’a pas été avare de slogans festifs, ludiques et conviviaux, ni de grandes déclarations d’intention. « Terroriste, t’es foutu, la France est dans la rue », « On n’a pas peur » ou encore : « Nous sommes tous Charlie », ces mots d’ordre ont dû « terroriser les terroristes », n’en doutons pas.

Si cette manifestation a été l’occasion d’une communion républicaine, impressionnante numériquement, elle laisse béant le problème des réponses à apporter au terrorisme, à l’islamisme et aux risques de fracture de la société française. Cette « grand‑messe sans conséquences opératoires » (dixit Philippe Bilger) risque donc de laisser un arrière‑goût d’inachevé aux plus lucides de nos compatriotes. Pour ceux d’entre nous dont la vision du monde s’inscrit dans l’histoire, ce troupeau bêlant en rappelle un autre, celui qui est allé acclamer Daladier à sa descente d’avion, Daladier de retour de Munich où il venait de signer les fameux accords. « Vive Daladier ! La paix est sauvée !». C’était un an tout juste avant le début de la 2e guerre mondiale.

La France « black‑blanc‑beur » ne semblait pas représentée dans toute sa trilogie, puisque l’on voyait surtout des babtous, des blancs dans le langage fleuri des banlieues. « Mais où est donc la diversité ? » a ironisé notre confrère FdeSouche. Pas Continuer la lecture de Les Chinois seraient-ils plus lucides sur l’état de la France que les Français eux-mêmes ?

« L’islamophobie puante » de Philippe Tesson

J’appelle aujourd’hui à la barre le journaliste Philippe Tesson. Monsieur Tesson est accusé d’avoir enfreint l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 en proférant ces mots sur l’antenne d’Europe 1 mardi dernier : « D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité, sinon des musulmans ? On le dit, ça ? Eh bien moi, je le dis ! Je rêve ou quoi ? C’est ça, notre problème actuellement, c’est les musulmans qui mettent en cause la laïcité ! C’est les musulmans qui amènent la merde en France aujourd’hui ! » Au moment où j’écris ces lignes, il aurait été congédié par Le Point.

Certes, on ne peut pas dire que monsieur Tesson soit un expert de la « langue de coton » ; on ne peut lui ôter un certain panache viril dans l’expression de ses idées – panache d’autant plus frappant que l’homme se dirige vers sa quatre-vingt-septième année. Sans doute aussi est-ce un âge où l’on ne craint plus guère de brûler ses vaisseaux – et de dire ce que l’on pense haut et fort quoi qu’il en coûte.

 

Entendant ces mots, un auditeur – Charlie anonyme – a déposé plainte contre le journaliste pour incitation à la haine raciale. Charlie Duflot, quant à elle, demande « une réaction plus forte » contre « les propos abjects et l’islamophobie puante de Philippe Tesson ». Les Charlie de la presse – ceux-là mêmes qui pleuraient à chaudes larmes, il y a quelques jours, sur le cadavre de la liberté d’expression – ne savent plus quels mots ils doivent sortir de leur petit glossaire indigné pour couper le sifflet du malfaiteur. Stigmatisation ? Dérapage ? Propos pitoyables ? Consternants ? Ignobles ? Délire ? Appel au meurtre ?

 

Tesson essaiera vainement d’expliquer qu’il ne visait pas tous les « musulmans de France », qu’il parlait de leur frange la plus revendicative – c’est-à-dire la plus « éveillée », pour reprendre l’idée de Sami Aldeeb. On ne s’embarrasse plus de nuances quand il s’agit de Continuer la lecture de « L’islamophobie puante » de Philippe Tesson