Avec la censure de Zemmour, on assiste à un comportement de type stalinien !

Entretien avec Ivan Rioufol

À la suite de l’éviction d’Eric Zemmour d’i>Télé, Boulevard Voltaire lance un appel à la liberté d’expression que vous pouvez signer ci-dessous. Et interroge chaque jour un invité différent pour connaître sa réaction. Aujourd’hui, Ivan Rioufol…

N’est-il pas profondément surprenant, et même choquant, que les journalistes soient en première ligne pour réclamer la censure de Zemmour ?

Oui, c’est évidemment extrêmement choquant de voir madame Pigalle, qui dirige i>Télé, et des sociétés de rédacteurs répondre immédiatement à l’appel de Bruno Le Roux, président des députés socialistes, qui, à propos d’Éric Zemmour, a déclaré qu’« il [était] temps que les plateaux télé et les colonnes des journaux cessent d’abriter de tels propos. » Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a, pour sa part, appelé à manifester contre le journaliste, sans que personne ne s’indigne. On a donc vu une partie de la presse française obéir à une demande de censure émanant d’un parti politique et d’un gouvernement. On assiste là à une régression démocratique et à un comportement de type stalinien.

Mais cette censure n’est-elle pas finalement contre-productive ? Pour beaucoup de ses lecteurs, Zemmour était un héros ; il devient un martyr…

C’est en effet une bêtise invraisemblable. Ce gouvernement est tombé dans le piège de la violence d’État pour maintenir son autorité affaiblie. Ces méthodes totalitaires sont dignes d’un Erdoğan, président turc, ou d’un Poutine, président russe. Là-bas, on met les journalistes en prison, mais ici, on n’en est plus très loin. Cela contrevient à la liberté d’expression, et à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme selon lequel « la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme. Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

On peut dire, en plus, que les détracteurs de Zemmour ne sont pas aidés par les islamistes. Les événements de ces deux derniers jours rendent leur tâche compliquée…

Ce procès trafiqué contre Éric Zemmour a été conçu dans le but d’apporter des gages

supplémentaires à l’électorat musulman grâce auquel ce pouvoir espère être réélu… Les députés socialistes demandent la reconnaissance de l’État palestinien, le Président fait des courbettes à l’islam et déclare qu’il est « compatible avec la démocratie », et maintenant le gouvernement offre la tête d’un journaliste « dissident », coupable de dire une vérité indicible, une vérité crue : l’existence d’une contre-société qui refuse les lois de la République pour obéir à celles du Coran.

Cette basse politique a été contredite dès le lendemain par l’action individuelle de plusieurs djihadistes. C’est bien la preuve, non pas bien sûr de la généralisation d’une détestation de la France par les musulmans, mais de la présence, au sein de leur communauté, de ferments de guerre civile tels que Zemmour les a justement décrits.

Entretien réalisé par Gabrielle Cluzel