Avignon: La Reine-Jeanne, cité des islamistes

Extraits de l’article de Paris Match

Pointer le nez à la Reine-Jeanne est une mauvaise idée quand on a publié une enquête révélant que, vu de ce quartier, Avignon mériterait de s’appeler « république des salafistes » plutôt que cité des Papes…
Depuis la parution de mon enquête dans Paris Match, j’ai eu droit à toutes les insultes : « Impie… Traître… Mécréant… » J’ai fait l’objet d’un prêche qui a appelé les musulmans à me maudire. Ma photo galope d’un site Internet islamiste à l’autre. C’est l’ensemble des imams d’Avignon qui me voue à l’enfer.

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Mais je viens voir si des mesures ont été prises pour freiner la montée des « émirs » et autres « émirs en chef », qualifiés pour prendre en main petits voyous et gamins perdus. Notre document avait fait réagir les autorités locales, la préfecture avait diligenté une enquête… Sur les trottoirs, pourtant, ce sont toujours les mêmes hommes en pantalon à larges pans, les femmes voilées et même de toutes petites filles drapées dans le linceul islamique.

Un habitant, un Blanc, peut-être le dernier du quartier, balade son chien. Il accepte de me donner une indication : « Si les chefs sont encore là ? Ils partiront quand les poules auront des dents ! Allez voir à la mosquée d’à côté… » C’est la mosquée du quartier Saint-Jean. L’homme qui la dirige, ­Mimoun El-Khoury, reçoit notre photographe dans son épicerie, entre caisses d’oranges et sacs de ­patates. Encore furieux d’avoir été mis en cause, il explique les nouvelles règles : les journalistes ne sont plus les bienvenus chez lui.

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J’ai maintenant rendez-vous dans l’Avignon du Festival, celui de la place de l’Horloge et du palais des Papes, avec une personne qui peut m’éclairer sur le rôle de ces imams face au radicalisme. « Ici, dans un rayon de 3 kilomètres, il y a dix mosquées. Deux turques, une algérienne, plutôt “light”, et sept salafistes où exercent des imams formés pour la plupart au Maroc, là où la pensée wahhabite [version moderne du salafisme] fait des ravages. »

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La mosquée El-Boukhari, par exemple, celle qui « a abrité le tribunal islamique » de mon interlocuteur. Tous les hommes politiques locaux en ont foulé le sol, même le ministre Cazeneuve. Le président de la mosquée, Bellaghzari, sera bientôt décoré de la Légion d’honneur ! Et la maire d’Avignon, Cécile Helle, travaille en fusion avec l’imam El-Mahdi Krabch, sur lequel elle ne tarit pas d’éloges : « Homme tolérant […] qui respecte nos valeurs et les lois de la République », mais qui préside un tribunal islamique ! Connaissent-ils Mustapha Abou Oumama, le fondamentaliste parisien qui veut voiler les Françaises, comme il le clamait en 2014 pendant une rencontre ­organisée par l’association de la Croix des Oiseaux, Etude et partage ? Oumama était alors accompagné par un imam belgo-marocain, Ilyass Azaouaj. Lui a fini par rejoindre Daech, il est mort en Syrie. C’était quelques mois seulement après son passage à Avignon. Complaisance politique ou simple ignorance ? Mme la maire n’a pas daigné répondre à notre demande d’interview. Au château de Saint-Chamand, une salle municipale est prêtée à une école d’enseignement de l’islam et de l’arabe.