Bataille de Toulouse (721): la victoire du Duché d’Aquitaine sur le Califat omeyyade.

La bataille de Toulouse se déroule le 9 juin 721 et voit la victoire du Duché d’Aquitaine sur le Califat omeyyade. Cette victoire permet de briser le siège de Toulouse et d’arrêter momentanément les campagnes omeyyades en Europe de l’Ouest pendant un peu plus d’une décennie.

Après avoir conquis le Royaume wisigoth, les Omeyyades, menés par le gouverneur d’Al-ʾAndalus As-Samḥ ibn Mālik Al-Ḫawlāniyy, mettent sur pied une armée afin de franchir les Pyrénées et conquérir la Septimanie et l’Aquitaine. Commencée en 719, la campagne est d’abord couronnée de succès avec la prise de Narbonne. Toulouse est assiégée en 721, et Eudes, le duc d’Aquitaine, part demander l’aide du Royaume franc. Les Austrasiens sont engagés avec Charles Martel dans une guerre contre les Saxons, et c’est en Neustrie et enBourgogne qu’Eudes trouve des renforts pour son armée. Trois mois plus tard, il revient briser le siège de Toulouse, sur le point de se rendre.

C’est la seule victoire connue avec certitude. Les pertes omeyyades, qui auraient été comptées avec exactitude, s’élèvent à 3 750 morts. En 730, le gouverneur ʿAbd Ar-Raḥmān ibn ʿAbd Allāh Al-Ġāfiqiyyreconstruit une grande armée et se lance à la conquête du Royaume franc. Après quelques succès initiaux, il est arrêté par Charles Martel à la bataille de Poitiers.

De nombreux chroniqueurs arabes considèrent la défaite de Toulouse plus importante que celle de Poitiers, et la majorité des historiens considère que sur le plan macro-historique, cette bataille est capitale, car elle donne à Charles Martel du temps pour consolider son pouvoir et bâtir l’armée de vétérans qui battra les Omeyyades à Poitiers. En effet, dans la décennie qui suit la bataille de Toulouse, Charles Martel n’hésite pas à saisir les propriétés de l’Église pour acheter des partisans et, après avoir sécurisé son pouvoir et pacifié sa frontière nord par tous les moyens nécessaires (y compris la corruption dans certains cas), il peut financer son armée et se préparer à la prochaine campagne omeyyade. Cela lui vaut une grande inimitié de la part de l’Église, mais, après la bataille de Poitiers, Rome voit rapidement la nécessité de l’armée franque.