Bayrou : le jocker démago du système ?

Bayrou en appelle à la résistance. Bayrou souhaite un gouvernement d’union nationale. Bayrou veut qu’on consomme français. Bayrou parle aux « petits, aux sans grade, aux exclus ». Bayrou se dit ni de droite ni de gauche, Bayrou insulte Le Pen et fait du Le Pen… On croirait un sketch. Une mauvaise blague.
Comme Hollande, il est dans l’incantation et les vœux pieux. On en vient à se demander si ces gugusses ont un minimum de pudeur. Un soupçon de fierté. Faut-il qu’ils n’aient pas de mémoire pour nous prendre avec autant d’ostentation pour des crétins ? Faut-il que la sincérité leur soit une notion si étrangère pour qu’ils mentent avec autant d’aplomb ?.

Nous ne sommes pas dupes. Le cynisme est un élément immuable de la vie politique. Mais il ne va jamais sans l’honneur et le courage. C’est ce qui fait la différence entre un grand homme d’état et un arriviste. Et depuis 40 ans nous n’avons que des arrivistes.

Car quand Bayrou parle de résistance, à quoi pense-t-il ? La résistance contre qui et contre quoi ?

À l’Europe libérale, que lui, fils spirituel de Giscard, a contribuer à théoriser et à construire ? À la monnaie unique qu’il a toujours défendu ? À Maastricht traité pour lequel il aurait vendu sa mère ? À la constitution européenne qu’il n’a pas rechigné à imposer au peuple français qui l’avait rejeté ? À la perte de souveraineté qu’il veut toujours plus grande ? A la finance internationale comme diraient les impayables Hollande et Sarkozy ? Mais Bayrou est l’entremetteur du grand bordel. Il en est le marlou, le macro toujours prompt à demander à la France de se vendre au premier venu.

Et un gouvernement national pour mener quelle politique ? Pour instaurer une règle d’or qui existe déjà dans le traité de Maastricht et qu’aucun État ne peut respecter dans le cadre d’une Europe en faillite ? Un gouvernement national pour sauver la nation ou la brader à des commissaires européens ?

Bayrou ne pourra jamais être le défenseur des intérêts français, sa vie politique et ses positions prouvent le contraire. Il est le meilleur représentant du système politique mis en place ces 40 dernières années. Alors conscient de ce paradoxe, il fait des petites phrases et propose des mesurettes de démago pour se donner une stature de rebelle, comme durant son discours de Dunkerque. Devant ses militants François Bayrou a expliqué que les raisons de la crise actuelle n’étaient dues « ni à la mondialisation, ni à l’Europe, ni à l’euro, ni aux banquiers, ni aux multinationales »… En voilà une nouvelle, est-ce donc la faute « à pas de chance » ?
Mais François Bayrou ne peut rien dire d’autre puisque sa vie entière a été voué à la défense de ce système. En juillet en européiste convaincu, il défendait encore l’euro lors de son intervention sur le plateau de TV5. Se référant à la volonté de Jean-Claude Trichet (l’ancien patron de la BCE qui a plombé et détruit en grande partie l’économie française par sa surévaluation de l’euro de 25 %), Bayrou a exprimé son souhait d’avoir une autorité européenne qui « organiserait le dialogue entre les grands argentiers des pays ». Et dans cette même intervention il s’est montré farouchement opposé au fait que les pays (et donc les peuples) puissent décider seuls de leur avenir… Bayrou veut soumettre la France aux marchés financiers et à l’Europe fédérale, et c’est ce qu’il fera s’il arrive au pouvoir.

Tout est dit ! Bayrou est un tartuffe, une roue de secours déjà percée.

Stop à l’enfumage !