Bercy : Quand Macron dépensait 120 000 euros en 8 mois pour ses repas en bonne compagnie

Emmanuel Macron recevait à tour de bras les personnalités influentes dans son bureau du troisième étage. Y compris des hiérarques religieux, des philosophes, des responsables associatifs, tous estimables, mais qui n’avaient pas grand-chose à voir avec les attributions officielles du ministre, économie, industrie et numérique. Exemple : le politologue Stéphane Rozès, consulté pendant deux heures un samedi matin, pour évoquer « l’imaginaire politique des Français ». À Bercy, Emmanuel Macron réunit également son « groupe informel », comme le raconte le journaliste Marc Endeweld : « L ’écrivain et ancien conseiller de François Mitterrand, Erik Orsenna, ancien membre de la commission Attali, en fait partie, tout comme le journaliste des Échos, Éric Le Boucher, […] ou le philosophe Olivier Mongin, de la revue Esprit, ou bien encore le communicant Gilles Finchelstein, qui détaille des enquêtes d’opinion réalisées pour l’occasion (2)… » « Il multipliait les dîners, parfois deux par soir », raconte un autre membre du gouvernement installé à Bercy. Selon nos informations, en 2016, Emmanuel Macron a utilisé à lui seul 80 % de l’enveloppe annuelle des frais de représentation accordée à son ministère par le Budget. En seulement huit mois, jusqu’à sa démission en août. « S ’il était resté, on ne sait pas comment il aurait fini l’année », observe une source administrative. L’enveloppe annuelle des frais de représentation du ministère de l’Économie dépasse cent cinquante mille euros, soit au moins cent vingt mille euros utilisés en huit mois par le jeune ministre pour ses seuls déjeuners et dîners en bonne compagnie. « Pourtant, ici, il y a de quoi s’occuper. Le matin et le soir ! » s’indigne Michel Sapin. Il a eu vent de ces repas par les huissiers et les chauffeurs de Bercy. Dans les murs du ministère, Emmanuel Macron a aussi reçu des centaines d’« amis » Facebook. Par deux fois, il a organisé avec eux des soirées de discussion, dans le centre de conférences Pierre-Mendès-F rance, au coeur de Bercy. « Je ne suis pas un pro de la politique. J’ai ma trajectoire, expliquait alors le ministre à ses convives. Mais, j’ai toujours une frustration de ne pouvoir voir assez de gens normaux (3). »
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