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Bernard Arnault doit sa fortune à l’État Français et au gouvernement socialiste…

Concernant la polémique autour du départ pour la Belgique de Bernard Arnault, qui vient cela dit de déclarer qu’il restera domicilié fiscalement en France, voici un extrait d’un livre dont les médias ont très peu parlé à sa sortie, en 2003, et pour cause, il met en cause les Arnault, Tapie, Pinault, Dassault et autres fortunes privées faites sur argent public. Et ce serait ça l’ultra-libéralisme selon les gauchistes…

“Patrimoine industriel à brader
“J’assurerai personnellement la direction de la CBSF (Compagnie Boussac-Saint-Frères) et je procèderai à la mise en œuvre du plan industriel et social tel qu’il a été communiqué aux administrations compétentes.”
Datée du vendredi 14 décembre 1984, cette missive est adressée au locataire de Matignon de l’époque : Laurent Fabius.
Son auteur est un fils de famille du nord de la France au sourire crispé et au costume gris. Bernard Arnault a alors seulement 35 ans et exerce ses talents dans l’immobilier. Dès sa sortie de Polytechnique, Arnault s’est attelé à transformer Ferret-Savinel, l’entreprise familiale de bâtiment, en promoteur spécialisé dans les appartements de tourisme. […]

Puis, convaincu que la victoire de François Mitterrand en 1981 allait transformer la France en république soviétique et son entreprise en kolkhoze, il s’est exilé aux États-Unis où il comptait faire fortune dans la construction immobilière. Il a dû déchanter… Le libéralisme débridé et la concurrence féroce ne sont pas le terrain de jeu où il se montre le plus à l’aise.
En cette fin 1984, il a donc placé ses espoirs dans l’économie mixte à la française. Et attend du gouvernement le feu vert indispensable pour mettre la main sur ce qui reste de l’empire Boussac.
En deux ans, le gouvernement précédent, dirigé par le Lillois Pierre Mauroy, a injecté un milliard de francs de subventions dans cette ancienne figure de proue de l’industrie textile du Nord, en pleine déconfiture. Ainsi, l’État est devenu le propriétaire de fait de ce conglomérat à la dérive, dont il fallait sauver les 21 000 emplois et les marques de prestige (Christian Dior, Conforama, Peaudouce, Le Bon Marché, etc.).

C’est la reprise pour le franc symbolique de ce monument que Bernard Arnault, jeune loup encore inconnu du grand public, sollicite auprès du 1er Ministre. Et pour séduire Matignon, il s’engage par écrit, ce vendredi de décembre, à garantir “la pérennité de l’entreprise et l’essentiel des emplois.” Deux jours plus tard, il obtient le feu vert à son plan de reprise. Laurent Fabius vient de faire la fortune de celui qui va devenir en quelques années le roi du luxe.

Comment devenir milliardaire en assurant la “pérennité” d’un groupe industriel sous perfusion continue d’argent public ? En le dépeçant minutieusement. Tout simplement.
En quelques années, les filiales de Boussac sont vendues à l’encan et le textile, cœur historique du groupe, cédé. L’empire industriel est démantelé alors même qu’il avait été chèrement subventionné par un État imprévoyant… et finalement bonne pâte.
Il faudra en effet que la Commission de Bruxelles se fâche pour contraindre le milliardaire à rembourser une partie seulement des aides publiques – 51,5 millions d’euros – dont il avait bénéficié. Lequel ne s’y résoudra finalement qu’en 1997, soit treize ans après les faits. A ce moment-là, sa fortune se compte déjà en dizaine de milliards.
De Boussac, Bernard Arnault n’a finalement gardé que deux perles : le grand magasin le Bon Marché. Et surtout la maison de couture Christian Dior, la fondation sur laquelle il a depuis construit le groupe LVMH, le numéro un mondial de l’industrie du luxe.” p. 37 à 41

source : Enquête & Débat