Bygmalion : pour son ancien directeur de campagne, Sarkozy savait

Bygmalion : pour son ancien directeur de campagne, Sarkozy savait

Le Point – Publié le

L’ancien président de la République était informé « des contraintes budgétaires » de sa campagne électorale de 2012 après une alerte d’un expert-comptable.

Nicolas Sarkozy aurait été informé des contraintes budgétaires de sa campagne électorale.

Nicolas sarkozy était informé des « contraintes budgétaires » durant sa campagne électorale de 2012 après une alerte d’un expert-comptable, a affirmé son ancien directeur de campagne dans l’enquête sur un vaste système de fausses factures lié à cette présidentielle, ont indiqué jeudi des sources proches du dossier. Cette note, en date du 7 mars 2012, six semaines avant le premier tour, prévient que le montant des dépenses « budgétées » atteint environ 23,1 millions d’euros, soit davantage que les 22,5 millions d’euros du plafond légal, a indiqué une source proche du dossier.

L’expert-comptable de la campagne se base alors sur une prévision de quinze meetings jusqu’au second tour. Il prône des renégociations des contrats et une « interdiction absolue d’engager toute dépense complémentaire », selon la source. En garde à vue début avril, l’ancien directeur de la campagne, Guillaume Lambert, a indiqué que Nicolas Sarkozy avait voulu relancer sa campagne après le deuil de l’affaire Merah, à la mi-mars, ont indiqué des sources proches du dossier. Selon ses propos rapportés, il l’a alors « informé » des « contraintes budgétaires » posées par la note de l’expert-comptable, et Nicolas Sarkozy lui a répondu de n’ajouter que « de petites réunions publiques rassemblant aux alentours de 1 000 personnes, à coûts bas et maîtrisés ».

40 meetings organisés lors la campagne

Au final, plus de quarante meetings ont été organisés durant la campagne. « La renégociation importante des contrats demandée par l’expert-comptable a permis de dégager des marges grâce auxquelles les petits meetings supplémentaires ont été organisés », a expliqué l’avocat de Guillaume Lambert, Me Christophe Ingrain, sollicité par l’AFP. Sollicités, l’entourage de Nicolas Sarkozy et son avocat n’ont pas donné suite. Les enquêteurs ont la conviction qu’un système frauduleux a été mis en place pour que l’UMP prenne en charge environ 18,5 millions d’euros de dépenses de la campagne, auprès d’Event and Cie, filiale de Bygmalion. Le but de la fraude était d’empêcher que ses dépenses ne soient inscrites au budget de campagne et n’explosent le plafond autorisé, qui a finalement été dépassé.

Pour cela, Event and Cie a émis de fausses factures à l’UMP pour des conventions, dont la plupart n’ont pas été organisées. Les juges d’instruction ont déjà mis en examen dix personnes dans ce dossier : quatre anciens cadres de Bygmalion, dont trois ont reconnu leur participation ou leur connaissance de la fraude, trois ex-cadres de l’UMP et trois responsables de la campagne, dont Guillaume Lambert, qui nient toute implication dans un système de fausses factures. Aucun protagoniste n’a mis en cause l’ancien chef de l’État.