Politique

Chantiers de Saint-Nazaire : les salariés étrangers montrés du doigt

Les sous-traitants locaux du chantier nazairien STX sont confrontés à la concurrence de plus en plus forte de la mains-d’oeuvre étrangère. Le sujet est d’autant plus sensible en période de baisse d’activité.
Un intérimaire témoigne

« J’en suis à cinq mois de chômage en 2011. 800 € pour vivre chaque mois contre 1 400 € d’habitude. Jusqu’à 2000€ avec les primes. Je travaille pour 12 à 13 € de l’heure. En ce moment, on me propose 9 €. Je ne peux pas accepter ça. »

Il montre aussi du doigt les syndicats qui ne bougent pas, sous prétexte que c’est l’Europe !

Ce Briéron d’une cinquantaine d’années, habitué à voguer d’un employeur à l’autre sur les quais de Penhoët, à Saint-Nazaire, est formel : « Je me retrouve en concurrence avec la main-d’oeuvre étrangère. On les croise à bord. On discute avec eux. On sait bien ce qu’ils gagnent. »

Il montre aussi du doigt les syndicats « qui ne bougent pas, sous prétexte que c’est l’Europe ! »

(…) « La base ronfle. On voit débarquer des gars des pays de l’Est, d’Espagne ou du Portugal », témoigne Jean-Michel Savary, élu CGT au comité d’entreprise. « Ils sont payés au Smic, ils font 50 ou 60 heures par semaine et leurs heures supplémentaires ne leur sont pas payées. » Les syndicats sont prudents. « Le sujet est délicat mais on ne peut pas rester sans rien faire, poursuit Jean-Michel Savary. Certains salariés des sous-traitants locaux travaillent depuis des dizaines d’années ici. Ils sont indispensables à la construction des navires. Ils doivent conserver leurs emplois et des salaires décents. »

source: Sud Ouest