Charles Hernu : Franc-Mac, socialiste, ministre de mitterand et collabo !

L’ancien ministre de Mitterrand a servi jusqu’au bout le régime de Vichy, affirme, preuves à l’appui, « Franc-Maçonnerie Magazine » à paraître jeudi.

Le journaliste Jean-Moïse Braitberg a mené l’enquête. Il a retrouvé des témoins de l’époque et les procès-verbaux qui attestent du passé de Charles Hernu. Un passé bien trouble. Le député-maire socialiste de Villeurbanne, décédé en 1990, était franc-maçon. Ce sont ses frères qui les premiers l’ont sommé de s’expliquer. En vain.

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Propagande ouvrière

Selon le récit du magazine, Eugène Charles Hernu, âgé de 20 ans en 1943, est appelé à servir dans les chantiers de jeunesse créés par Vichy qui remplacent le service militaire. Au printemps 1944, il est réformé et rejoint le service de la propagande ouvrière à Lyon, dépendant de l’information sociale. Dans sa thèse sur la propagande sous Vichy, l’ancien patron du Parisien Philippe Amaury écrit : « La propagande ouvrière est la plus dynamique et la mieux organisée. (…) Il s’agit de rallier les ouvriers à la Révolution nationale, à la charte du travail, de leur faire accepter la relève et le STO. (…) Les cadres du mouvement sont regroupés dans les Ouvriers de la Révolution nationale, dont le secrétaire général est Félix Fossat. (…) En juin 1942, la propagande ouvrière est placée sous la responsabilité directe de Laval et devient une direction du ministère de l’Information. Le service comprend des délégués régionaux et départementaux. »

Après un stage en avril 1944 à l’École des cadres de Mayet-de-Montagne, dans l’Allier, Hernu est nommé délégué départemental à l’information sociale pour le département de l’Isère. À Grenoble, sa mission est la suivante : « Le délégué a pour mission de briser l’hostilité contre la relève et contribuer au climat de collaboration franco-allemande… en faisant comprendre le caractère européen de la lutte menée par l’Allemagne contre le bolchevisme. (… ) Le principal but de l’information ouvrière est de dresser entre les communistes et les travailleurs une digue solide et de ramener les ouvriers à la Révolution nationale. » Le délégué est titulaire d’une carte qui porte la mention « Je déclare n’être ni juif, ni franc-maçon, ni communiste et m’engage à servir de toute ma ferveur l’oeuvre du Maréchal ». À partir de 1943, une commission de propagande pour le STO est formée au ministère de l’Information. Elle comprend des représentants des services allemands et des ministères français. « Chaque mois, les délégués départementaux étaient réunis à Vichy pour faire le point au cours d’une journée de formation et de débat. » Hernu s’y rendra jusqu’en juillet 1944.

Zèle

« Fin mai 1944, les carottes sont cuites pour la politique de collaboration » écrit Braitberg. Le 4 mai, le général de Gaulle a signé le décret décernant la croix de la Libération à la ville de Grenoble. « Mais, plutôt que de s’engager dans la Résistance ou de rejoindre le maquis à l’instar de nombreux garçons parfois plus jeunes que lui, le zélé délégué à l’information continue à travailler en étroite collaboration avec la préfecture de l’Isère qui, sous les ordres de Philippe Frantz, mène une politique de répression impitoyable contre les maquis de l’Isère. Ce qui vaudra à ce préfet de 33 ans d’être exécuté par les FFI. À la suite de cette exécution, Hernu écrit à son chef, l’ancien communiste Félix Fossat, une lettre indignée, demandant que soit accrue la répression contre la Résistance. »

Charles Hernu sera incarcéré à la Libération. Non pas, comme il l’a prétendu, en raison de rumeurs anonymes sur son action durant l’Occupation mais à la suite de ses activités de délégué départemental à l’information sociale. En outre, il fait alors l’objet d’une plainte d’un commerçant juif qui l’accuse de l’avoir exproprié de son magasin. Des faits que Charles Hernu nie, reconnaissant au passage sa fonction de délégué départemental à l’information sociale, comme l’atteste cet extrait du P-V d’interrogatoire publié par le magazine : « Je suis arrivé à Grenoble fin mai 1944. (…) Le but de ma venue à Grenoble était d’exercer les fonctions de délégué départemental à l’information sociale. (…) je n’ai jamais eu en ma possession les clefs du local en question, dans lequel je n’ai jamais pénétré. Dans ces conditions, si M. Wolberg, fourreur, a été victime de vols, ce que j’ignore, ils ne peuvent m’être imputables. »

source : Le Point