[Charlie Hebdo] Rémi Brague : «Dans les gènes de l’islam, l’intolérance»

Article du Point de la semaine du 7 janvier 2015

Remi Brague, membre de l’Institut, philosophe, historien de la pensée médiévale arabe et juive.

« L’attentat contre les dessinateurs de Charlie Hebdo rappelle de vieilles histoires qu’il me faut malheureusement rappeler ici.

A l’époque de Mahomet, dans l’Arabie du début du 7e siècle, il n’y avait évidemment pas de journalistes. Mais il y avait des poètes. Ils influençaient l’opinion, comme le font de nos jours les organes de presse.

Lorsque Mahomet se mit à prêcher son dieu unique, prétendit en être le messager et se mit à légiférer en son nom, déclarant ceci « permis» ou cela «interdit», certains de ces poètes se moquèrent de lui.

Mahomet ne tolérait pas qu’on mette en doute sa mission prophétique. Il demanda donc qui allait le débarrasser d’eux. Des volontaires se présentèrent et les assassinèrent. Leurs meurtres sont racontés dans la plus ancienne biographie de Mahomet.

Mahomet assura les assassins qu’ils n’avaient commis aucune faute, un peu dans l’esprit du verset du Coran: « Ce n’est pas vous, mais Dieu qui les a tués ».

On comprend l’embarras des musulmans d’aujourd’hui. [Car] comment dire que ces agissements n’ont rien a voir avec l’islam?

Le Coran appelle Mahomet « le bel exemple », qu’il est loisible, voire louable, d’imiter. Comment ne pas comprendre que certains se croient autorisés à commettre en son nom et pour le venger ce genre de crimes ?