Économie, Écologie...

Chute du marché auto : la crise n’explique pas tout

Lu sur le Monde

Le marché automobile français vient de faire une marche arrière de quinze ans. Le nombre d’immatriculations de voitures neuves est en effet revenu à son niveau de 1997. La faute à la crise ? Evidemment. Le contrecoup de la prime à la casse ? Certainement. Il est d’ailleurs frappant que le dernier point bas du marché remonte à la « Balladurette », qui fut suivie de la « Jupette ». Les mesures de soutien au marché mises en place pendant la crise, de 2008 à 2010, expliquent en partie la chute des ventes annoncée mercredi 2 janvier. Mais les causes du malaise sont en fait beaucoup plus structurelles.
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De plus en plus de voitures d’occasion

Bref, la voiture n’a jamais été aussi présente dans notre quotidien. Imaginer que la baisse du marché s’expliquerait par le fait que les Français se détournent de l’automobile ne tient donc pas la route. Non, le problème réside plutôt dans leur capacité et/ou leur volonté de s’acheter une voiture neuve.

En 1980, 55,7 % des véhicules étaient achetés neufs. Aujourd’hui, la proportion est tombée à 41,1% au profit des véhicules d’occasion. Conséquence directe : l’âge moyen du parc automobile est passé de 5,8 à 8 ans en l’espace de trente ans. Encore plus parlant : un automobiliste garde sa voiture en moyenne 5 ans, au lieu de 3 ans et demi en 1990. Quant au kilométrage moyen, il est passé de 65 300 à 10 3470 (sources CCFA).

Autre paradoxe du marché des voitures neuves, depuis trente ans, il oscille entre 1,8 million et 2,2 millions d’unités, alors que, entre-temps, le pays a gagné près de 13 millions d’habitants. Une croissance démographique, qui a donc un effet très marginal sur les ventes de véhicules, celles-ci ne variant finalement que dans la fourchette précédemment citée au gré des aides diverses au secteur, de l’évolution du PIB et du renouvellement de l’offre des constructeurs.

L’impact de l’immobilier

La vraie question consiste donc à se demander pourquoi les Français achètent-ils aussi peu de voitures neuves. La première explication tient dans le fait que la dépense automobile se retrouve de plus en plus en concurrence avec d’autres postes, à commencer par l’immobilier.

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