Colère et indignation des apiculteurs, mobilisés contre la disparition des abeilles

Il y a quelques années Philippe De Villier publiait un livre : « Quand les abeilles meurent…» (ed. Albin Michel). Il fut insulté, traité de « farfelu » par la gauche et, même, traîné devant les tribunaux allemands.


À la sortie de l’hiver, le constat est sans appel : les abeilles sont frappées par «une mortalité catastrophique», alertent les professionnels du miel. Ils manifestent ce jeudi pour demander un «plan Marshall» pour sauver les abeilles françaises.

Année noire pour l’apiculture. Pour alerter l’opinion publique et les politiques sur la situation dramatique des abeilles, les professionnels se sont donné rendez-vous Place des Invalides à Paris, mais aussi en régions à Laon, Strasbourg, La Rochelle, Périgueux, Quimper, Rennes, Tours et Lyon. «Ce même jour, dans d’autres départements comme le Puy-de-Dôme, les Côtes-d’Armor, le Morbihan ou la Loire-Atlantique, les apiculteurs seront reçus en délégation par les préfets», annonce l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF).


La Bretagne, par exemple, où 20.000 colonies d’abeilles sont mortes cet hiver, est particulièrement touchée. Mais «c’est quasi-général» à travers la France, assure Gilles Lanio, président de l’UNAF. «Le ministre de l’agriculture est dans un déni de réalité. J’alerte depuis plusieurs mois sur la casse que les apiculteurs vont connaître cette année… La réalité est

encore plus dramatique que ce que nous avions imaginé. Dans toutes les régions de France, en Bretagne, Nouvelle Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur… la mortalité des abeilles est catastrophique», déplore le représentant de la fédération des apiculteurs.

«Avant leur interdiction, les néonicotinoïdes ont été déversés en grandes quantités dans les champs, causant des dommages importants», explique l’apiculteur installé dans le Morbihan. Mais ces produits ne sont pas les seuls mis en cause par les professionnels. Ainsi, le représentant des apiculteurs évoque les dangers des «engrais verts qui sont des cadeaux empoisonnés pour les pollinisateurs mais aussi pour les oiseaux». Celui qui évoque la «rage des apiculteurs» estime que la «politique agricole est très mal conduite».

«On malmène les pollinisateurs. Aujourd’hui, l’abeille ne survit que grâce aux travaux des apiculteurs, qui commencent à se décourager. On a enclenché quelque chose de grave il faut savoir maintenant arrêter l’hémorragie avant qu’il ne soit trop tard», ajoute le passionné. Pour ce faire, les professionnels demandent un plan de soutien exceptionnel et un «environnement viable pour les colonies d’abeilles». Gilles Lanio évoque la nécessité de débloquer «un plan Marshall pour la survie des abeilles et le soutien à la conversion des agriculteurs vers des méthodes de production respectueuses».

Le Figaro