Économie, Écologie...

Comment la CGT a coulé le port de Marseille.

Marseille, son soleil, son apéritif anisé et…ses cégétistes. Tenu d’une main de fer par les dockers de la CGT, le grand port de Marseille est un des hauts lieux symboliques du déclin marseillais.

Au moment de la réforme des retraites, en 2008, la CGT, qui fait la loi sur le site, veut imposer la prise en compte de la pénibilité dans le départ anticipé à la retraite de certaines catégories de travailleurs portuaires. Elle trouve, en imposant 90 jours de grève, un écho retentissant. Le port est paralysé. Les dockers sont vent debout contre la réforme, veulent coûte que coûte faire reconnaître la pénibilité de leur métier.

Quelques chiffres, édifiants, la contestent pourtant formellement. Pour un grutier ou un manutentionnaire du port de Marseille, le temps de travail hebdomadaire est arrêté à 12 heures : trois heures par jour de travail effectif… Le salaire mensuel, en contre-partie de ces horaires, est enviable : entre 3 000 et 5 000 euros nets !

Dans un rapport publié en 2008, la Cour des comptes établit que le personnel manutentionnaire du port marseillais travaille deux fois moins que celui des autres grands ports européens. Et, entre 2005 et 2008, les
salaires ont augmenté de 21 % ! Le rapport fait aussi état de gratifications illégales pouvant aller jusqu’à 1 300 euros par mois ! Le plus bas salaire constaté sur le site est de 2 700 euros par mois, et on recense 132 primes en 2008, trois ans après un précédent rapport de la Cour des comptes qui en dénonçait déjà le nombre – on en comptait à l’époque « seulement » 120… Pour compléter le tableau de cette « pénibilité » des conditions de travail, 26,53 jours d’absence par manutentionnaire sont constatés en moyenne par an. Soit la bagatelle de cinq semaines de vacances supplémentaires !

S’il n’y avait que ces « privilèges »… Qu’importent les emplois perdus, les marchés abandonnés, la CGT s’arc-boute sur ses acquis. Les compagnies maritimes, elles, ne s’y trompent pas, et choisissent de faire transiter
leurs bateaux par les ports voisins de Barcelone ou Gênes… En 2009, le trafic dans le port de Marseille atteint péniblement le chiffre de 83 millions de tonnes, quand transitent par le port d’Anvers 158 millions de tonnes et 387 millions par celui de Rotterdam !

D’autres chiffres, plus alarmants encore : le trafic de conteneurs est à Marseille 27 fois inférieur à celui de Singapour. Pour trois conteneurs déchargés à Marseille, huit sont débarqués à Shanghai ! En 1985, le grand port de Marseille occupait la 24e place mondiale pour le trafic conteneurs, la 6e place européenne et la 1ere en Méditerranée. Il pointe aujourd’hui respectivement aux 84e, 20e et 11e rangs ! Car quand la CGT cesse le travail, l’économie, elle, ne s’arrête pas : pour 90 jours de grève, en 2008, 100 000 conteneurs sont partis à la concurrence…

Dans un contexte d’accroissement constant du trafic de conteneurs, celui du port de Marseille a été multiplié par deux alors qu’il l’a été par six à Gênes et Barcelone dans le même temps. Les porte-conteneurs enregistrent
un « taux de rendement » de 320 mouvements par heure à Hong-Kong, contre – seulement – 50 à Marseille. Conséquence de la grève : la mise en péril de l’économie d’une région, et donc de l’emploi de milliers d’autres salariés… La CGT est même allée jusqu’à organiser un blocus pour immobiliser des cargos au large de Marseille…

Non contente de grever l’emploi dans la région et d’abuser de ses privilèges, la CGT met en difficulté plusieurs PME qui gravitent autour de la filière maritime marseillaise… De même, les cégétistes voient d’un mauvais œil l’arrivée sur le port de main d’œuvre étrangère (notamment polonaise) qui menace leur pré-carré. La CGT refuse à ces travailleurs l’accès aux toilettes et fait construire des vestiaires et des sanitaires réservés aux ouvriers étrangers !

En 2009, les actions répétées du syndicat ont saboté l’UNM (Union Navale de Marseille), le dernier chantier de réparation navale lourde sur la façade méditerranéenne française et ont entraîné la fermeture de l’entreprise. Profitant d’un ultime comité d’entreprise, les cégétistes prennent alors à parti la directrice générale, Ingrid Sanchez, la traitent de « fille de p… », la menacent de mort, lui crachent dessus… Bilan de la fermeture de l’UNM : un manque à gagner de 50 M€ pour le port marseillais

Lire la suite du Dossier sur l’Observatoire des subventions

 

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