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Communauté musulmane : fronde contre les Marocains

Imam licencié, dépôt de plaintes pour injures, statuts de l’association non respectés, un vent de révolte souffle au sein de la communauté musulmane.

Le document intitulé « Non à la division des musulmans » circule en ville depuis quelques semaines. Plusieurs dizaines de personnes l’ont déjà signé. Les auteurs, qui ne souhaitent pas que leurs noms soient mis sur la place publique, dénoncent tout un tas de dérives supposées au sein de l’association musulmane « Vivre ensemble ».

Ils s’inquiètent principalement de l’hégémonie des Marocains qui auraient confisqué tous les pouvoirs et ne respecteraient pas les statuts de l’association. « Communautarisme et discrimination » seraient devenus la règle, ils craignent ne pas avoir leur place dans la nouvelle mosquée en construction.

Le 12 septembre dernier, ils ont adressé un courrier au préfet dans lequel ils pointent du doigt « une gestion totalement opaque » et où ils réclament « la nomination d’un mandataire avec pour objectif d’organiser des élections destinées à assurer la représentation des différentes communautés ».

Dans une autre missive envoyée cette fois au procureur, ils formulent à peu près les mêmes critiques. « Au sein du conseil d’administration de l’association, la représentation de la diversité des membres reste problématique » écrivent-ils. Mais ils évoquent aussi des faits plus graves.

« Le conflit a pris récemment une nouvelle dimension avec des agressions perpétrées contre l’imam et certains membres qui ont donné lieu à des dépôts de plainte. »
Dans celles-ci, l’un des contestataires, d’origine algérienne, assure avoir reçu des menaces et des injures à caractère racial. Un autre se plaint de propos outrageants proférés par un membre du bureau de l’association.

«  L’imam n’a pas respecté les règles  »

Enfin, l’iman, de nationalité jordanienne, déclare qu’un homme a tenté de le frapper durant la prière et que le même individu ne cesse de l’importuner via des courriels et des sms.
L’imam a déposé plainte le 11 septembre pour des faits qui se sont déroulés la veille. Or le lendemain, soit le 12 septembre, il a été informé de sa mise à pied et convoqué huit jours plus tard pour un entretien préalable de licenciement. Pour quels motifs ? Mohamed Mazghi, président de « Vivre ensemble », préfère rester discret. « Il n’a pas respecté les règles que l’on s’était fixées » explique-t-il évasif.

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