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Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy renvoyé en procès pour ses dépenses de campagne

L’ancien chef de l’Etat a été renvoyé en procès pour financement illégal de campagne électorale, le juge lui reprochant d’avoir dépassé sciemment le plafond des dépenses électorales, alors fixé à 22,5 millions d’euros.

Nicolas Sarkozy devra répondre de ses actes devant la justice. L’ancien président de la République a été renvoyé en procès par le juge d’instruction en charge de l’affaire Bygmalion, a-t-on appris mardi, pour le dépassement du plafond de dépenses de campagne durant l’élection présidentielle de 2012. Treize autres personnes devront également comparaître devant un tribunal correctionnel. Le magistrat, Serge Tournaire, a donc accédé à la requête du parquet de Paris qui avait requis ce renvoi en septembre dernier.

L’ex-chef de l’État avait été mis en examen le 16 février 2016 pour « financement illégal de campagne électoral ». Il lui est reproché d’avoir sciemment minoré ses comptes qui furent ensuite invalidés par le Conseil constitutionnel, afin de ne pas rendre compte d’une explosion de ses dépenses de campagne et du plafond fixé par la loi à 22,5 millions d’euros.

D’après les enquêteurs, deux experts comptables avaient pourtant alerté le candidat d’une dangereuse accumulation des dépenses. Continuer la lecture de Affaire Bygmalion : Nicolas Sarkozy renvoyé en procès pour ses dépenses de campagne

Bygmalion : révélations d’un homme de l’ombre

Le 29 septembre, « Envoyé spécial » inaugurait sa nouvelle formule en diffusant une enquête très attendue sur le financement de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy. Voici les révélations inédites de Franck Attal, un témoin-clé de « l’affaire Bygmalion ».


Envoyé spécial. Affaire Bygmalion : révélations d’un homme de l’ombre

Franck Attal raconte en détail comment il a mis en œuvre « des moyens dignes du cinéma » : rampes de lumière, caméra Steadicam, grue de prise de vues Louma, diffusion simultanée dans plusieurs grandes villes… L’ancien cadre révèle comment le directeur adjoint de la campagne, Jérôme Lavrilleux (qui conteste cette version), lui a explicitement demandé de « déplacer la facturation » d’une partie de ces folles dépenses vers l’UMP. Colonnes de chiffres à l’appui (la facturation réelle face à celle déclarée dans les comptes officiels de campagne), il expose les dessous d’une machine à fabriquer des super meetings au prix d’une kermesse.

Copé : « Je crains que la mémoire de Sarkozy ne lui fasse défaut »

C’est un procès-verbal obtenu par France 2 et publié au moment où Nicolas Sarkozy est entendu devant les juges dans l’affaire de ses comptes de campagne. Interrogé pendant plusieurs heures la semaine dernière par les juges avant d’être placé sous le statut de témoin assisté, l’ancien patron de l’UMP, Jean-François Copé s’est expliqué sur son rôle dans l’affaire.

Devant les juges Serge Tournaire et Roger Le Loire, il a réaffirmé qu’il n’a jamais été mis au courant des dérapages des dépenses de campagne du candidat Sarkozy. « Tout cela m’a été totalement dissimulé. Personne, je dis bien personne, ne m’a fait, sur ce sujet, la moindre alerte. Ni le directeur de cabinet, ni le directeur des services, ni la directrice financière, ni d’ailleurs, le trésorier, ni les experts-comptables de l’UMP, ni, enfin, les commissaires aux comptes. C’est fou, mais c’est comme cela », affirme Jean-François Copé.

« Jérôme Lavrilleux ne voulait pas créer un clash politique entre Nicolas Sarkozy et moi »

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Affaire Bygmalion : les vraies factures de Sarkozy

Pour avoir maquillé ses comptes de campagne à l’aide de fausses factures et détourné le code électoral en ne respectant pas le seuil de dépenses autorisées pour chaque candidat, sarkozy devrait être jugé comme inéligible à vie….

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Source

Meeting par meeting, «Libération» a eu accès aux frais réels engagés lors de la campagne de 2012 : plus de 21 millions dépensés en lumières, drapeaux, mobilier… Détails.

Ce sont les preuves qui manquaient. Les ultimes documents qui permettent de retracer et comprendre l’histoire de la folle campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 – qui aura finalement couté près de 40 millions d’euros alors que seule un peu plus de la moitié de cette somme a été déclarée dans ses comptes de campagne. D’après les milliers de factures des prestataires ayant travaillé sur cette campagne de 2012, que Libération a pu consulter, les 44 meetings organisés par Event&Cie, filiale de Bygmalion, ont bien coûté un peu plus de 21 millions.

Cette fois, ce n’est pas un fusible idéal comme Jérôme Lavrilleux, ex-directeur adjoint de la campagne Sarkozy et ancien bras droit de Copé à l’UMP, qui l’affirme. Ni l’avocat de Bygmalion, société fondée par Guy Alvès et Bastien Millot, deux très proches de Copé. Mais des documents, saisis par la justice le 26 mai lors d’une perquisition dans les locaux de Bygmalion, et que nous avons pu éplucher. Ces milliers de factures ont été émises par les sociétés de sons, lumières, vidéo, traiteurs, décorateurs, qui ont travaillé sur la campagne.

Sur les 21 millions facturées par Event à l’UMP, 4,1 millions ont été déclarés sur les comptes de campagne. Reste donc un peu moins de 18 millions, qui semblent avoir échappé à tout contrôle.

Que disent aujourd’hui les factures des prestataires extérieurs ayant travaillé sur la campagne du candidat Sarkozy ? Que tous les chiffres avancés par la société Event&Cie pour expliquer le coût délirant de la campagne correspondent à des prestations réelles même si elles ont été payées à prix d’or. Sur la clé USB contenant la double comptabilité des meetings de Nicolas Sarkozy et que Libération a pu consulter, le comptable d’Event&Cie a détaillé les différents coût de chacun d’entre eux.

Exemple : à la Concorde, meeting organisé le 15 avril et qui a couté en réalité 1,8 million d’euros, et non les 179 389 officiellement déclarés, Event&Cie note dans sa facture détaillée (la vraie) une dépense de 74 064,79 euros de frais de sécurité. Libération a pu constater que La facture émise par la société de sécurité Maori est bien de ce montant, au centime prêt.

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