Archives par mot-clé : Afrique

Borloo : “Sans électricité en Afrique, l’Europe peut s’attendre à un tsunami migratoire”

Pendant deux ans, Jean-Louis Borloo a parcouru le monde pour défendre son “plan Marshall” d’électrification du continent africain. Dans son plaidoyer, l’avocat de l’Afrique défend un projet aussi humanitaire que politique. Mise en garde face à un chaos annoncé.

Quel accueil votre projet a-t-il reçu auprès des partenaires internationaux rencontrés au cours de ces deux années ? Les avez-vous convaincus ?

Tous ont pris conscience de l’urgence d’agir. L’agence chargée de ce plan d’électrification, créée par les 54 chefs d’État africains, est désormais en place et pilotée par le président guinéen Alpha Condé. Ce projet devrait être, je l’espère, le thème central du prochain sommet Afrique-Union européenne en novembre prochain, à Abidjan. L’électrification de l’Afrique est un sujet politique majeur. Il y va de la stabilité du monde, de sa sécurité et de sa croissance. C’est un enjeu de stabilité parce que, d’ici à 2050, un quart de la population mondiale sera africaine. Sans électricité, préalable requis au développement, c’est un tsunami migratoire qui pourrait déferler vers l’Europe et la péninsule Arabique, attiré par la lumière de ce qu’ils considèrent être des eldorados. Un enjeu de croissance : l’Afrique est bouillonnante ! La croissance européenne de demain sera tirée par celle de l’Afrique. Les études prévisionnelles de l’université de Lafayette prévoient qu’une Afrique électrifiée, c’est 15 % de croissance par an pendant trente ans et 2 points de croissance européenne dans la même période.

L’Afrique électrifiée nous protégerait donc du chaos migratoire annoncé ? Continuer la lecture de Borloo : “Sans électricité en Afrique, l’Europe peut s’attendre à un tsunami migratoire”

L’enjeu fondamental de la démographie africaine

Emmanuel Macron a provoqué un tollé avec sa déclaration sur la démographie africaine. Maxime Tandonnet rappelle que si l’Afrique ne s’engage pas dans un processus de transition à la fois économique et démographique, les conséquences migratoires seraient «désastreuses pour l’Europe».

Maxime Tandonnet, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, est l’auteur d’Histoire des présidents de la République (éd. Perrin, 2013 et 2017) et des Parias de la République (éd. Perrin, 2017).

Si l’Afrique devait sombrer dans le chaos, à l’horizon du siècle à venir, l’Europe y plongerait avec elle. L’avenir de l’Europe et celui de l’Afrique sont indissociables.

«Des pays ont encore sept à huit enfants par femme. Vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien». Cette déclaration a provoqué un tollé dans une partie de la presse et des médias. Le mot de «racisme» a même été lâché. Ces paroles méritent-elles une pareille accusation? Le sujet de la démographie africaine doit-il relever du tabou absolu ? Continuer la lecture de L’enjeu fondamental de la démographie africaine

Le Danemark va investir en Afrique dans le contrôle des naissances pour « limiter les migrations » vers l’Europe

Les danois ont tout compris: ils refusent l’euro, refusent schengen, n’acceptent pas d’immigrés et aident à désamorcer la bombe démographique…

Vive le royaume du Danemark et merde à la république française


Le Danemark, comme beaucoup d’autres pays, essaie de combler l’écart de financement dans la planification familiale mondiale alors que les États-Unis se détournent de cet effort. Mais les Danois ont avoué que leurs motivations n’étaient pas entièrement altruistes.

S’exprimant mardi à Londres, le ministre danois de la Coopération au développement, Ulla Tørnæs, a annoncé un engagement de 91 millions de couronnes (15 millions de dollars) pour la souscription de contraceptifs en Afrique.

« Pour limiter la pression migratoire sur l’Europe, une partie de la solution est de réduire la croissance très élevée de la population dans de nombreux pays africains ». Tørnæs dans un communiqué de presse concernant l’événement. Tørnæs a ajouté que la réduction de la croissance de la population africaine est importante pour la politique étrangère et la sécurité danoise.

Le Danemark, petit pays homogène généralement reconnu pour ses valeurs sociales-démocrates et son Etat-providence fort, a estimé comme les autres pays européens considèrent que l’immigration devient une question politique centrale.

Le parti du peuple danois, une formation populiste anti-immigration, a connu une croissance rapide au cours des dernières années, devenant ainsi le deuxième plus grand parti politique danois lors des élections de 2015.

À la fin de juin, les social-démocrates, le parti le plus traditionnellement libéral du Danemark, ont proposé que les migrants et les réfugiés qui viennent en Europe soient renvoyés en Afrique.

Le Danemark a été un partenaire cohérent sur la planification familiale, et Tørnæs elle-même a défendu cette question. Le Continuer la lecture de Le Danemark va investir en Afrique dans le contrôle des naissances pour « limiter les migrations » vers l’Europe

Bill Gates : « L’énorme pression migratoire doit inciter l’Europe à endiguer les flux de migrants africains »

Bill Gates fait la même analyse que Jean-Marine le Pen et Renaud Camus….


Le fondateur de Microsoft, Bill Gates, a averti que la pression migratoire en Europe était énorme en raison de l’explosion démographique africaine, et exhorte les dirigeants européens à « rendre plus difficile pour les Africains l’accès au continent européen par les routes actuelles ».

Bill Gates a mis en garde contre le risque d’approfondissement de la crise migratoire par les dirigeants européens en se montrant trop généreux envers ceux qui arrivent sur le continent.

Le fondateur de Microsoft a déclaré que des pays comme l’Allemagne ne seront pas capables de gérer le nombre « énorme » de migrants attendant de quitter l’Afrique et de trouver une meilleure vie de l’autre côté de la mer. Continuer la lecture de Bill Gates : « L’énorme pression migratoire doit inciter l’Europe à endiguer les flux de migrants africains »

Marine Le Pen, son programme Afrique : « L’aide, seul rempart contre l’immigration massive »

Immigration, aide au développement, bilan africain de François Hollande, bases militaires françaises sur le continent… Avant le premier tour de l’élection présidentielle française, le 23 avril, Le Monde Afrique a posé les mêmes huit questions aux cinq principaux candidats.

Souhaitez-vous aller plus loin dans la reconnaissance des crimes commis par la France pendant la guerre d’Algérie, et plus généralement durant la période coloniale ?

Marine Le Pen Non, car il ne revient pas aux politiques de faire le travail des historiens. Les Français rejettent ces repentances qui divisent plutôt qu’elles ne rassemblent. Nous parlons de situations aussi complexes que douloureuses. La France n’a pas à s’excuser pour cette période. Elle doit rendre hommage à ses anciens combattants et solder l’épineuse et dramatique question des harkis, avec la création d’une fondation dédiée à leur cause. En dehors de ces questions mémorielles, il faut avoir des relations apaisées avec l’Algérie, notamment dans la coopération en matière de terrorisme et d’immigration.

Quelle est votre solution pour lutter contre l’immigration massive enEurope ? Etes-vous favorable à l’installation de camps de migrants au Maghreb ? Continuer la lecture de Marine Le Pen, son programme Afrique : « L’aide, seul rempart contre l’immigration massive »

Supprimer le franc CFA : une urgence politique pour la France et une urgence psychologique pour l’Afrique

Après les prochaines élections présidentielles, la France devra se débarrasser du boulet politique que constitue le franc CFA.

Le franc CFA (Franc des colonies françaises d’Afrique) a été créé le 26 décembre 1945. En 1958, il est devenu Franc de la communauté française d’Afrique. Aujourd’hui, il a deux noms car, dans la réalité, deux CFA existent :

– Pour les pays de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) il est le Franc de la Communauté Financière d’Afrique.

– Pour les pays de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale), il est le Franc de la Coopération Financière en Afrique centrale.

Dans la réalité, peu importe que le CFA garantisse la stabilité des monnaies des pays membres, qu’il oblige les Etats à gérer leur monnaie et que, comme les émissions dépendent de la Banque de Continuer la lecture de Supprimer le franc CFA : une urgence politique pour la France et une urgence psychologique pour l’Afrique

Syrie: Le retour au réel – par Bernard Lugan

Source : Blog de Bernard Lugan
Comme l’écrit Thomas Flichy dans un article intitulé « Géopolitique : retour aux règles du jeu »[1], les faux paradigmes d’hier ont volé en éclats cependant que les paradigmes prétendument désuets, se sont au contraire révélés opérants.

C’est donc à un retour au réel que nous assistons. Obstinément nié depuis 1945 au nom d’une idéologie désincarnée, ce réel revient en force depuis l’éclatement des blocs à travers la renaissance de la vieille Russie, le retour de l’Iran, l’éveil de la Chine et de l’Inde.
Aveuglés à la perte du monopole intellectuel découlant de ce basculement géographique et géopolitique, les responsables « occidentaux » ont continué à vouloir régir le monde au nom de leurs vieilles lunes. Ils y ont même ajouté de nouveaux impératifs catégoriques comme la féminisation de la société et la place réservée aux minorités sexuelles. Sans voir que ces règles, applicables à eux-mêmes, soit à moins de 15% de la population mondiale, sont rejetées par 85% de l’humanité…

Prisonniers de leurs dogmes, autistes et sourds à la fois, ils sont désemparés quand le réel leur explose à la figure. Comme en Syrie où, au nom des « droits de l’homme », ils ont armé les pires fanatiques et mis à bas une société multi-confessionnelle. Or, voilà qu’après avoir parlé du président Assad comme d’un nouvel Hitler, acculés par les évidences, ils se préparent, toute honte bue, à discuter avec lui.

En Afrique, le mythe universaliste négateur des ethnies (lire des enracinements et des différences) a gravement mutilé le continent. N’est-on pas allé jusqu’au bout de l’absurde avec ces africanistes français (Jean-Pierre Chrétien, Catherine Coquery-Vidrovitch, Jean-Loup Amselle et leurs élèves), qui ont osé soutenir que les ethnies africaines étant des créations coloniales, elles devaient être écartées des grilles d’analyse politiques et géopolitiques. Or, ces errements intellectuels sont une insulte faite à l’Afrique car ils sous-entendent que les peuples africains ont tout reçu des colonisateurs, jusqu’à leur nom et leur identité. Avant la colonisation, le continent n’était-il donc peuplé que de masses indifférenciées ?
Mais là encore, le réel est de retour et ces arrogantes prétentions universalistes Continuer la lecture de Syrie: Le retour au réel – par Bernard Lugan

Nous avons livré la Libye au chaos (…) il ne faut pas s’étonner de voir les migrants déferler sur les côtes italiennes.

FIGAROVOX/COLLECTION – Chaque week-end jusqu’à la fin du mois d’août FigaroVox vous offre exceptionnellement un entretien réservé aux abonnés Premium. Cette semaine Jean-Pierre Chevènement qui nous donne une leçon de géopolitique. Deuxième partie.

Le 3 juillet dernier juste après les attentats Saint-Quentin-Fallavier, l‘ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense confiait à FigaroVox sa vision très gaulliste de la politique étrangère.

Pour le Che , il ne faut pas se tromper d’ennemi: la menace pour l’Europe n’est pas la Russie, mais Daech. (…)

Quelques mois seulement après les attentats de janvier, la France a une nouvelle fois été victime du terrorisme. Avons-nous sous-estimé la menace?

Elle était tout à fait prévisible. J’ai dit à l’époque au président de la République que nous allions avoir devant nous des décennies de terrorisme. (…) Ils veulent le choc des civilisations, mais nous ne devons pas tomber dans ce piège. Il faut assécher le terreau sur lequel le terrorisme djihadiste se développe. (…) Mais il faut rejeter par avance toute culture de l’excuse!

Manuel Valls a donc eu tort d’utiliser le terme de choc de civilisation …

Il faudrait lui donner le temps de s’expliquer. (…) Mais la menace de ruptures majeures pour la France vient incontestablement non pas de l’Est, mais du Sud, notamment pour des raisons démographiques.

Dans l’Afrique subsahélienne, il existe des pays dont le taux de fécondité va jusqu’à sept enfants par femme. Il sera impossible de promouvoir le développement dans ces pays s’ils ne font pas l’effort de se responsabiliser et si les religions ne nous y aident pas. (…)

Notre pays est en proie à une crise économique et sociale, mais aussi à une crise identitaire profonde. Ce type d’attentat peut-il déstabiliser la société en profondeur?

Nous avons des tensions liées à la situation économique et des tensions qui résultent de la concentration de populations immigrées dans certains quartiers ou dans certaines zones comme la Seine-Saint-Denis ou les quartiers Nord de Marseille. Tout cela témoigne d’une grande cécité historique de la part des pouvoirs publics. (…)

De même pour la Libye. Nous pouvions protéger Benghazi, comme le préconisait le mandat de l’ONU, sans pour autant faire tomber Kadhafi. Nous avons livré la Libye au chaos, comme les Américains l’on fait avec l’Irak. Dès lors, il ne faut pas s’étonner de voir les migrants déferler sur les côtes italiennes. (…)

Il faut se demander si le mot d’ordre «Bachar doit partir» était bien raisonnable. Nous avons aujourd’hui trois partenaires en lice: le régime de Bachar el-Assad, Daech et al-Nosra, c’est-à-dire Al-Qaïda. Je ne suis pas sûr que l’on doive émettre une préférence pour Daech ou pour al-Nosra. Nous sommes dans une situation où la France devrait jouer les intermédiaires entre un certain nombre de courants démocratiques et le régime de Damas, si déplaisant soit-il. Le régime syrien est un régime brutal et violent, mais qui a au moins le mérite de ne pas chercher à instaurer un Califat, y compris en Seine-Saint-Denis. (…)

Source

Immigration: l’UE songe à des quotas nationaux de réfugiés

Lire: Méditerranée : agir à différents niveaux, et vite

Un sommet européen pourrait dès la fin de la semaine permettre d’évoquer la question du partage équitable de l’accueil des migrants entre les 28 États membres.

Vingt-quatre heures après le drame de trop, l’Europe se retrouve en catastrophe devant l’alternative qu’elle a longtemps refusée. Sauver beaucoup plus de migrants en Méditerranée, c’est-à-dire accepter des dizaines, voire des centaines de milliers, de réfugiés de plus sur son sol. Ou sacrifier ses idéaux et son image de «puissance bienveillante», en laissant d’autres rafiots surchargés s’enfoncer dans les eaux bleues, au sud de la Sicile.

L’alarme a sonné dimanche, la mobilisation est générale dans l’UE. Les ministres des Affaires étrangères se sont retrouvés ce matin à Luxembourg, suivis dans l’après-midi d’une convocation extraordinaire des ministres de l’Intérieur. Il est question d‘un sommet européen, peut-être décisif, dès la fin de la semaine, avec les vingt-huit chefs d’État et de gouvernement.

Des rendez-vous, la crise migratoire qui se focalise aujourd’hui sur le chaos libyen en a vu d’autres. Mais après un naufrage qui pourrait avoir englouti 700 personnes, «nous n’avons plus d’alibi, avertit d’entrée de jeu Federica Mogherini, chef diplomate de l’UE. L’Union européenne n’a plus d’alibi. Les États de l’union n’ont plus d’alibi».

(…)

Confrontées à l’extrême urgence humanitaire, les capitales de l’UE vont aussi devoir rempocher l’argument qu’elles avaient utilisé l’an dernier pour torpiller l’opération militaro-humanitaire italienne: assurer les migrants d’un sauvetage comme l’impose le droit de la mer, ce serait multiplier les vocations de demandeurs d’asile et faire le jeu des trafiquants en Libye. C’est vrai. Mare Nostrum a sauvé 170.000 migrants l’an dernier, aussitôt débarqués en Italie pour alourdir les chiffres 2014 de l’immigration irrégulière dans l’UE.

La France veut envoyer les clandestins de Lampedusa en Europe de l’Est

Une opération européenne aurait probablement le même effet d’appel d’air. Fabrice Leggeri, le patron de Frontex, indique au Figaro que «plusieurs centaines de milliers» de candidats à la traversée attendent leur heure en Libye, même si une pénurie de bateaux tempère encore l’exode, en dépit des apparences. Sur fond de chômage et de xénophobie, la question est sensible, notamment en France. Mais l’effrayant bilan des derniers jours conduit aux révisions.

Seul un partage équitable du «fardeau» des migrants entre les 28 États peut faire passer cette pilule politique empoisonnée. Ce sera sans doute l’enjeu d’un sommet européen, s’il a lieu.

L’Italie, en première ligne, le réclame depuis des années. L’Allemagne, première destination finale des migrants, souhaite officiellement une «clef de répartition européenne».

La France, par la voix du secrétaire d’État Harlem Désir, a demandé dimanche que les rescapés de la Méditerranée soient désormais «accueillis dans l’ensemble des pays de l’UE», notamment à l’Est. La discussion avance, le marchandage va bientôt commencer.

Tombouctou/mausolées : l’analyse de Bernard Lugan (RMC)

Les islamistes qui agissent aujourd’hui à Tombouctou profitent du chaos géopolitique qui s’est installé dans cette partie de l’Afrique suite aux « révolutions arabes » qui ont eu lieu l’année dernière en Tunisie et en Libye avec l’assentiment des puissances occidentales. Ces bandes mêlant bandits de grand chemin et islamistes sont le fruit de la politique ubuesque en Afrique du Nord de Paris, de Londres, de Washington et de la « Communauté internationale ».
Bernard Lugan, l’un de nos meilleurs spécialistes de l’Afrique, est totalement ostracisé dans les média. En lui donnant la parole RMC rompt avec une vilaine habitude…et nous nous en félicitons.