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L’armée française vigilante face à la montée des « radicalismes » dans ses rangs

Après plusieurs épisodes impliquant des militaires de « culture ou de confession musulmane », l’armée redouble de vigilance devant la montée des radicalismes. Enquête de Patricia Jolly , journaliste au Monde.

Le chercheur Elyamine Settoul estime que l’armée française compte « 10 % de musulmans » dans ses effectifs et attribue cette présence au caractère méritocratique du recrutement militaire.

En septembre 2015, les échos de l’incident ont franchi les grilles de la base aérienne d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône. De jeunes militaires auraient été vus en djellaba dans l’enceinte qui abrite une partie des forces stratégiques nucléaires françaises. De quoi déclencher un débat en interne et des inquiétudes.

Le site recrute et intègre nombre de jeunes de l’étang de Berre et des quartiers nord de Marseille qui sont – pour une bonne moitié –, de culture ou de confession musulmane. Une partie est logée sur place. Plutôt que de se rendre dans les mosquées voisines, en ville, certains avaient pris l’habitude de prier dans les lieux de casernement, voire de travail. Le commandement, en concertation avec l’aumônier militaire musulman de la base, a donc décidé, à la fin de l’été 2015, de mettre à leur disposition sur la base un local réservé à la prière, comme il en existait déjà pour le culte catholique et comme on en trouve dans d’autres régiments. La décision a suscité des réactions hostiles, parfois racistes, parmi les personnels.

En dehors de leur service, certains jeunes soldats musulmans d’Istres ont un temps continué à circuler entre leur chambre et la nouvelle salle de prière en tenue traditionnelle, créant des frictions. […]

La suppression du service militaire obligatoire par Jacques Chirac en 1997 et le passage à une armée de métier de plus en plus engagée à l’étranger, ont contraint la France à puiser massivement dans les “minorités visibles” » , explique le sociologue Elyamine Settoul, 37 ans, dont la thèse, soutenue en 2012, s’intitule « Des banlieues à la défense de la nation ». «Ils représentent 31 % de notre recrutement ici en 2015, note-t-il. On ne peut pas s’en passer. […]

Les cas d’objection de conscience pour raisons confessionnelles sont, selon lui, rares. En 2009, pourtant, pris entre sa fidélité à l’islam et son engagement, un tireur d’élite du 1er régiment d’infanterie de Sarrebourg avait refusé de partir en opération extérieure en Afghanistan. […] Continuer la lecture de L’armée française vigilante face à la montée des « radicalismes » dans ses rangs

Attentat déjoué: le tabou des ex-militaires devenus jihadistes

Les quatre hommes qui voulaient décapiter un gradé de l’armée sont tous des musulmans non convertis. Deux sont des mineurs de 16 et 17 ans.

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Deux leaders se détachent de ce groupe dont un certain Djebril A., ancien militaire âgé de 23 ans, et qui serait le principal instigateur des projets d’attentats.
Djebril A. aurait en outre été relevé de ses fonctions au sein de la marine nationale.
Toute cette affaire pose la question de la présence de musulmans hostiles à notre nation au sein de nos forces armées.

Lire sur ce sujet:

-L’armée française et ses musulmans

Islamisation de l’armée française : les problèmes ne datent pas d’hier 


(…) L’appartenance à l’armée française de ce suspect stupéfie les autorités. « Ce n’est pas le premier militaire français à partir combattre au nom de Daesh, et c’est extrêmement inquiétant », estimait jeudi matin sur BFMTV Pierre Martinet, ancien agent de la DGSE. « Car ce sont des gens formés à passer à l’action dans la clandestinité, et en outre formés à l’armement, au maniement des explosifs et aux techniques de combat », poursuit-il.

En janvier dernier, RFI avait révélé qu’une dizaine d’anciens militaires français étaient aujourd’hui au combat sous une bannière jihadiste, en Syrie et en Irak. Interrogé à ce sujet, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian avait refusé de commenter l’information, consentant toutefois que le phénomène existait, mais qu’il était « d’une extrême rareté ».

« Certains pourraient rejoindre l’armée pour se former »

Jeudi, sur BFMTV, le général Dominique Trinquand, expert des questions de sécurité militaire, a tenu à nuancer lui aussi la situation. « Nous savons que l’un des suspects est un ancien militaire, mais cela veut à la fois tout et rien dire. A-t-il passé six mois, un an, deux ans dans l’armée? Quel poste tenait-il? Etait-il conducteur, secrétaire, membre d’un commando? »

Un discours faisant écho à celui tenu par le général Jean-François Hogard, auditionné en mars dernier à l’Assemblée nationale en vue de l’examen du projet de loi relatif au renseignement.

« Les quelques anciens militaires qui sont partis dans les filières jihadistes sont des individus qui n’ont bien souvent passé que quelques semaines dans l’institution, et qui ont été remerciés pour cause d’instabilité ou d’inadaptation. Aucun de ceux qui sont partis à ce stade n’a reçu de formation pointue, par exemple d’artificier ou de tireur d’élite », avait-il expliqué aux députés.
Quant au général Trinquand, s’il estime qu’un « certain nombre de jihadistes pourraient avoir un intérêt à rejoindre l’armée française pour se former », il rappelle l’existence d’un service, le DPSD, « chargé de scruter et de détecter les soldats » susceptibles de basculer. Quand la Direction de la Protection et de la Sécurité de la Défense a des soupçons, elle avertit le renseignement

Défense : Vent de fronde dans l’armée

Une première dans la 5ème république. C’est la disette. L’armée en a marre. Il n’y a plus d’argent. La France s’endette. À des taux dangereusement bas. L’impôt ne suffit plus à payer les troupes. Les soldats sont au front, et ils ont faim. La situation sent le souffre…. on a vu des régimes tomber pour moins que ça…..

Lire également : Budget des armées : la mise en garde de Jean-Yves Le Drian à Manuel Valls

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L’alerte lancée par Xavier Bertrand quant à de nouvelles coupes délie les langues dans la grande muette.

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« Ma crainte n’est pas de manquer d’avions mais de ne plus avoir les moyens de les faire décoller », témoigne un commandant de base aérienne.

«Cette fois, la coupe est pleine. » Ce haut gradé traduit d’une formule la colère qui monte dans les armées. Une colère sourde, bien dans la tradition de la grande muette, tenue à un devoir de réserve mais qui pourrait bien cette fois exploser au grand jour. Tout a commencé avec une note, de Bercy ou du Secrétariat général de la Défense nationale, évoquant de nouvelles mesures d’économies auxquelles serait astreint le budget de la Défense dans le cadre du plan de 50 milliards de baisse des dépenses récemment approuvé par les députés. […]

[…] Toujours selon nos informations, Jean-Yves Le Drian serait allé voir son ami Hollande Continuer la lecture de Défense : Vent de fronde dans l’armée

Défense : la DGA flirte avec la cessation de paiements

D’ici à 2019, il va manquer chaque année 2 milliards pour payer toutes les factures. Au moindre gel de crédit, la DGA basculerait en cessation de paiements.

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Pour ceux qui ne seraient pas encore convaincus, les récentes déclarations du délégué général pour l’armement confirment la situation d’extrême tension du budget militaire. Lors de son audition devant la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat dans le cadre de l’examen du projet de loi de programmation 2014-2019, Laurent Collet-Billon a été clair : le report de charges du programme 146 (celui qui concerne les équipements) flirte avec la ligne rouge.

« Sous l’hypothèse des ressources prévues […], le report de charges du P146 sera stabilisé durant la nouvelle LPM à son niveau de fin 2013, prévu à environ 2 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien en regard des environ 10 milliards d’euros de dépenses annuelles, les ressources prévues ne permettant pas de le résorber. Il n’y a donc pas de marges pour gérer des aléas sur les ressources », a-t-il déclaré.

En clair, cela signifie que, chaque année d’ici à 2019, il manquera toujours 2 milliards d’euros pour régler les factures reçues ou non encore reçues mais correspondant à des prestations réalisées. A noter que ce chiffre ne concerne que le seul programme 146 : si l’on extrapole à l’ensemble du ministère, le report de charges atteint 3 milliards.

Même si la DGA a l’habitude de jongler avec sa trésorerie, c’est sans doute la première fois qu’une loi de programmation militaire va démarrer avec un tel niveau de report de charges. A 2 milliards, cela passe encore. «  Les intérêts moratoires payés aux industriels restent maîtrisés et on privilégie les paiements aux PME ou aux sous-traitants les plus fragiles », assure-t-on aux « Echos ». Plus riches, les grands maîtres d’œuvre comme Thales, Dassault ou DCNS peuvent­ faire preuve d’une certaine patience avant d’être payés.

Des fins de mois stressantes Continuer la lecture de Défense : la DGA flirte avec la cessation de paiements

Islam de France : Augmentation de la radicalisation parmi les militaires français

Le mercredi 19 juin 2013 ont eu lieu les 5èmes Rencontres Parlementaires de la Sécurité nationale. Elles étaient présidées par Jean-Jacques URVOAS, Président de la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale.

Par Jérôme Saiz.

Réunis au mois de juin dernier à l’occasion des cinquièmes rencontres parlementaires de la sécurité nationale, l’ensemble des services de renseignement français était à l’unissons pour dresser le portrait de la profession aujourd’hui. Entre adaptation aux évolutions technologiques, nouveaux fronts, radicalisation et départs massifs à destination des zones
de combat syriennes, les services sont désormais confrontés à de nouvelles pratiques et doivent faire répondre à de nouveaux impératifs.
(…)
Pourtant les services ne peuvent pas faire l’impasse : ils doivent évidemment être présents sur les réseaux. Et désormais en particulier pour faire face au phénomène d’auto-radicalisation sur Internet.
Leurs cibles sont alors « des jeunes souvent déstructurés, ayant vécu pour l’essentiel dans un environnement violent avec accès aux armes, qui vivent dans le virtuel et passent très rapidement à l’acte « 
(Patrick Calvar, DCRI).
Difficulté supplémentaire : ces jeunes peuvent parfaitement être inconnus des services de police au moment de leur passage à l’acte. Ce phénomène est nouveau et les services estiment ne pas disposer à ce jour des moyens nécessaires pour le traiter efficacement. « Il est difficile d’agir, et souvent impossible de réprimer les administrateurs des sites de recrutement. Entre autre parce que le délit d’association de malfaiteurs en relation avec Continuer la lecture de Islam de France : Augmentation de la radicalisation parmi les militaires français

Armées : Hollande confirme les 24 000 suppressions de postes d’ici à 2019

Le président réitérait les grandes orientations du Livre blanc, dans un discours prononcé à l’Institut des hautes études de la défense nationale.

François Hollande a confirmé vendredi les 24 000 nouvelles suppressions de postes dans les armées d’ici à 2019 en entérinant les grandes orientations du Livre blanc de la défense, dans un discours prononcé à l’Institut des hautes études de la défense nationale (IHEDN).

Le Livre blanc de la défense 2013, remis fin avril au président de la République, prévoit 24 000 nouvelles suppressions de postes dans les armées d’ici à 2019, soit près de 10 % des effectifs, tout en réaffirmant les ambitions de la France malgré les contraintes budgétaires.

Source

Affaire Cahuzac, l’armée a eu sa peau

Les Services de renseignements français ont fait tomber Jérôme Cahuzac, selon L’Hebdo. L’ex-ministre du Budget prévoyait des coupes drastiques dans les finances de l’armée.

Par Sandrine Perroud

«L’armée a eu sa peau. On ne s’attaque pas impunément à nous. Il voulait notre mort. Nous l’avons eu. Et d’autres ministres pourraient suivre si Hollande continue sur cette voie».

Les coupes prévues par l’ex-ministre Jérôme Cahuzac dans le budget de la Défense l’auraient conduit à sa perte. C’est ce qu’affirme L’Hebdo dans son édition de jeudi. L’hebdomadaire romand publie sur le sujet une enquête citant des «sources sécuritaires», des députés UMP et des membres de la Commission de défense de l’Assemblée nationale.

 

Avant sa démission, l’ex-ministre du Budget considérait l’armée comme un poids lourd à alléger. Il envisageait ainsi de raboter dans son budget jusqu’à 1 milliard d’euros en 2014. D’autres milliards étaient prévus les années suivantes.

Le tout aurait figuré dans la future loi de programmation militaire (LPM) couvrant la période de 2014 à 2019. La LPM aurait fait passer les dépenses de l’armée de 1,5% du PIB français à 1,1%. Un plus bas historique pour la France.

Concrètement, la taille aurait signifié la suppression de 31 régiments dans l’Armée de terre, la vente du porte-avion Charles-de-Gaulle, l’annulation de commandes d’hélicoptères Tigres et de deux sous-marins nucléaires Barracuda, l’arrêt de production des avions Rafale et des transporteurs Airbus A400M, ainsi que la suppression de quelque 51’000 postes. Des bases françaises à l’étranger auraient été fermées et les budgets des renseignements intérieurs et extérieurs revus à la baisse.

Coupes inacceptables Continuer la lecture de Affaire Cahuzac, l’armée a eu sa peau

Plus d’argent pour l’armée française… mais en trouve pour armer les “rebelles syriens” !

La France et la Grande-Bretagne sont décidées à livrer des armes à la rébellion syrienne malgré l’embargo de l’Union Européenne. La propagande dans les média français n’a plus de limite. Armer les « rebelles » syriens c’est armer des islamistes encore plus fous que ceux contre lesquels nous luttons au Mali. C’est maintenant une évidence, Mimolette est bien plus crétin que Sarko. On constatera que la France n’est souveraine que quand il s’agit de financer des guerres. En revanche quand il faut protéger notre industrie… là il n’y a plus de France.

Comment Bercy veut saigner l’armée à blanc

Les services de Bercy travailleraient sur une baisse de 11% du budget de la Défense, impliquant 50.000 suppressions d’emploi.

Le bras de fer ? Aussi terrible que souterrain. D’un côté, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui refuse de voir le budget de la défense amputé trop fortement à quelques jours de la remise au président de la République du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. De l’autre, les services de Bercy, dans une quête obsessionnelle d’économies, qui poussent à des efforts inédits sur le budget des armées. « Certains fonctionnaires de Bercy ont une obsession : sabrer la défense française et l’industrie qui va avec, dénonce un député, membre de la commission de défense. En oubliant que la défense est aussi un investissement qui rapporte, en technologies, en exportations, en emplois, en influence internationale. »

Sur quels scénarios travaille Bercy ? Le blog Secret Défense, très bien informé sur le sujet, évoque aujourd’hui une proposition de 28 milliards d’euros présentée par le ministère du Budget en décembre, contre 31,4 milliards prévus en 2013. Cette proposition représente une baisse de 11%, et impliquerait selon les armées une coupe de 50.000 personnes dans les effectifs, assure le blog.

Une saignée sans précédent

Problème: « Depuis 15 ans et la fin de la conscription, l’outil de défense est dimensionné en moyenne à 32 milliards constants en valeur de 2012 », expliquait en octobre le chef d’état-major des armées Edouard Guillaud. Un niveau de coupe de 11%, s’il se confirme, mettrait à mal la thèse de François Hollande et Jean-Yves Le Drian que la défense participe à l’effort de désendettement, « ni plus, ni moins » que les autres.

Un tel objectif impliquerait une saignée sans précédent dans un outil de défense qui a déjà beaucoup donné. L’application de la règle « zéro valeur » (stabilité en euros courants) au budget de la défense couperait automatiquement 40 milliards d’euros d’ici à 2020, soit plus d’une année de budget de défense. Or L’effort de défense français est déjà tombé au chiffre historiquement bas de 1,5% du PIB, et sera d’à peine 1% en 2015 si la tendance actuelle se poursuit.

Des navires et des avions en mauvais état

D’ici à 2015, le ministère de la Défense aura supprimé 54.000 postes, soit 17% de ses effectifs de 2009 (320 000 personnels), dont 32 000 suppressions sont déjà effectives. Sur l’année 2012, la défense, avec plus de 7000 emplois supprimés, représente même 60% des suppressions totales dans la fonction publique. Et la tendance à la sur-sollicitation financière de la défense se confirme : dans le « surgel » de 2 milliards d’euros, nouvelles économies à consentir en 2013 transmises aux ministères par le Budget, c’est encore la Défense qui est la plus touchée, avec 384 millions d’euros de crédits gelés.

Un nouveau passage à la paille de fer ne manquerait pas de dégrader encore une armée mise à rude épreuve par l’opération Serval au Mali, alors qu’elle sortait à peine du bourbier afghan. « Les cloisons intérieures de certains avions sont dans un triste état ; dans la coque de certains navires, l’épaisseur du métal n’est plus que d’un centimètre en comptant les couches de peinture ; le châssis de certains blindés montre des faiblesses », énumérait en octobre 2012 le chef d’état-major des armées Edouard Guillaud.

L’effectif de l’armée de l’air est équivalent à celui de la RATP

Si les armées ont vu leurs équipements largement renouvelés ou en passe de l’être (Rafale, hélicoptères Tigre et NH90, avions de transports A400M, blindés VBCI, panoplie du fantassin FELIN, frégates FREMM, missile balistique M51…), beaucoup reste à faire : avions ravitailleurs, drones MALE, satellites militaires, mais aussi renouvellement des blindés de l’armée de terre.

L’armée française, dont le format a été largement réduit ces dernières années, coûte-t-elle si cher? Elle affiche au contraire un bon rapport qualité-prix, mis en évidence par l’opération malienne et par quelques grands ordres de grandeur : la Force océanique stratégique (FOST), qui met en œuvre les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) et les six sous-marins d’attaque (SNA), est mise en œuvre, rappelait le chef d’état-major des armées, par 3.200 marins, effectif équivalent à celui des agents municipaux d’une ville comme Montpellier. L’effectif de l’armée de l’air est équivalent à celui de la RATP. Le groupe PSA pèse en effectifs deux fois plus que l’armée de terre.

Et si l’armée française intervient plutôt plus que les armées comparables, elle coûte finalement plutôt moins cher : « En Europe, l’écart entre les efforts de défense britannique et français s’est creusé : le budget britannique restera significativement plus élevé, même après la mise en œuvre des réformes britanniques de 2010, écrivait la Cour des comptes en juillet 2012. Quant à l’Allemagne, son budget de défense tend à devenir plus important que le budget français, hors sa composante nucléaire. »

Les 3 risques que ferait courir à la France une coupe budgétaire à la hussarde

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Défense : bases militaires, sous-marins et centres équestres, l’armée est dans le viseur du gouvernement.

La France s’enfonce dans la crise. Depuis quelques temps on constate que l’État a du mal à payer ses agents, et plus particulièrement ses militaires. Il semblerait donc qu’un plan d’économies drastiques soit à l’étude : Division par trois du nombre de bases militaires, baisse du nombre de recrues, budget du nucléaire « désanctuarisé », mission externalisées, recours à des agences privées…

Quand un État commence a taper dans ses dépenses militaires c’est qu’il n’est plus maitre de son destin. Dans un article du Point datant de fin septembre on apprenait aussi qu’un tiers des tableaux d’avancement seront supprimés:

La lettre de cadrage budgétaire envoyée le 31 juillet dernier aux ministres par le chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault contenait une bombe à retardement. Les états-majors planchent depuis début septembre sur les annexes non publiées de ce document.

Une mesure imposée par Bercy risque de provoquer un séisme parmi l’ensemble du personnel : dans l’annexe de sa lettre de cadrage, Matignon annonce une suppression de 30 % des avancements au choix prévus en 2013, au risque de jeter cul par-dessus tête le fragile édifice des carrières militaires.

C’est-à-dire que le tiers des promotions au grade supérieur – à tout le moins celles qui ne dépendent pas mécaniquement de l’ancienneté – ne se produiront pas.

Aujourd’hui c’est journal Le Parisien qui dévoile les pistes évoquées dans le livre blanc de la Défense pour 2014-2019, qui visent à économiser un milliard d’euros par an sur le budget militaire.

Voici les principales pistes d’économies qui tiennent la corde dans le livre blanc de la défense :

Diviser par trois le nombre de bases militaires. En janvier 2011, les bases militaires de défense françaises ont été réorganisées autour de 60 sites. L’idée serait d’aller bien plus loin, en rabotant jusqu’à 20, d’où de sacrées économies sur plusieurs budgets (tâches administratives, essence, et… effectifs des états-majors).

Armée de terre : entre 5000 et 10000 recrues de moins par an. L’armée de terre, qui recrutait entre 15000 et 20000 hommes par an au début des années 2000, n’en recrutera selon nos informations « que » 10000 en 2012 et 2013. Et le livre blanc devrait encore accentuer cette décrue. Les effectifs fondraient avant tout en Guyane, Nouvelle-Calédonie et Polynésie. La force terrestre « projetable » de 30000 hommes serait, elle, aussi rabotée. La France privilégierait à l’avenir de nouveaux modes opératoires, drones en tête.

Le budget du nucléaire « désanctuarisé ». Le budget de la dissuasion nucléaire — 3,4 Mds€ en 2012, soit 10% du budget annuel de la Défense — pourrait être revu à la baisse. La France serait notamment susceptible de renoncer aux missiles embarqués sur des chasseurs Mirage 2000 et Rafale (2,6 Mds€ d’économies en quinze ans selon un récent rapport), et même passer de quatre à trois sous-marins nucléaires, ce qui marquerait la fin d’un dogme : entretien de ces sous-marins oblige, la France ne pourrait plus être présente en mer 365 jours par an.

Davantage de membres permanents au Conseil de sécurité de l’ONU. La France, comme les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, participe aux opérations extérieures menées sous mandat de l’ONU. Une obligation onéreuse : le montant réel de ces opérations a atteint 1,2 Md€ en 2011, et 870 millions en 2012. Relever le nombre de membres de 5 à 7, voire à 10 membres, permettrait de mieux répartir cette charge. Si le Brésil et l’Inde rêvent de faire partie du club, restera à convaincre d’autres Etats membres réticents.

Le Centre sportif d’équitation militaire de Fontainebleau sur la sellette. Situé à Fontainebleau (Seine-et-Marne), le prestigieux CSEM forme et entraîne les militaires de l’armée française, afin de participer à des compétitions équestres de haut vol.

Moins de fanfares militaires. Une vingtaine de formations musicales permanentes, employant plus de 1000 musiciens, participent aux cérémonies militaires et se produisent lors de festivals. Leur nombre serait diminué, tout comme celui des dizaines d’écoles de formation des officiers et des militaires du rang.

Des missions externalisées … la suite sur le Parisien

voir aussi: Armée française : la ruine en héritage ?

Armée française : la ruine en héritage ?

« Il semble que la phase d’autodestruction de notre défense soit désormais irrémédiablement engagée. » C’est par cette phrase lapidaire que Georges-Henri Bricet des Vallons conclut son article que Polémia a relevé dans Le Nouvel Economiste du 1 au 7/11/2012, et publié ci-après. Ce spécialiste des questions de défense livre un constat apocalyptique de la situation économique et logistique de nos armées, qui, depuis leur professionnalisme en 1996, se paupérisent au fil des gouvernements successifs en moyens matériels et en effectifs. Nous assistons, dit l’auteur, à un « effondrement radical de ces moyens ». Il ne  craint pas de choquer quelques bonnes consciences ni de tarir le flot des candidatures aux grandes écoles des trois armes.
Polémia

L’Afghanistan a-t-il été le chant du cygne de l’ère des opérations extérieures de l’armée française ? A prendre au mot le concept de « betteravisation » qui fait florès dans nos états-majors (entendre retour au pays et fin de l’époque expéditionnaire), tout connaisseur de la chose militaire est porté à le croire. Coupes continues des crédits, purge massive des effectifs, cession gratuite du patrimoine immobilier, des milliers de militaires qui ne sont plus payés depuis des mois… La situation de la Défense est entrée dans une phase critique qui pourrait déboucher sur une crise sociale, capacitaire, et des vocations sans précédent historique. L’institution militaire sera vraisemblablement la principale victime de la politique ultra-récessive poursuivie par le gouvernement Ayrault, qui, en cela, ne fait que parachever les décisions prises sous le mandat de Nicolas Sarkozy. L’armée de terre sera la plus touchée, mais la Marine et l’armée de l’air auront aussi leurs lots.

L’affaire Louvois

Le volet le plus sensible politiquement et médiatiquement est d’abord celui des soldes non versées, lié aux dysfonctionnements chroniques qui affectent le logiciel bien mal nommé Louvois, du nom de l’énergique ministre de la guerre de Louis XIV. Problème récemment qualifié d’« invraisemblable » par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui-même. Dans la continuité de la politique de rationalisation budgétaire actée par la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense a décidé la mise en place de plusieurs systèmes d’information de « ressources humaines » (SIRH). Dans l’armée de terre, ce système d’information a été baptisé Concerto. Louvois (Logiciel unique à vocation interarmées de soldes) est la déclinaison du volet « salaires » de l’ensemble des SIRH des armées (Rhapsodie pour la Marine, Orchestra pour l’Armée de l’Air, Agorha pour la Gendarmerie). Problème : ce logiciel vendu à prix d’or et dont la maîtrise d’œuvre et la maintenance sont assurées par l’entre- prise Steria, ne fonctionne pas. Depuis le raccordement de Louvois à Concerto et le basculement unilatéral de la gestion des soldes en octobre 2011, les ratés du système perdurent et se multiplient : frais de déménagement non remboursés, indemnités de campagne non perçues, soldes non versées, ou versées avec six mois ou un an de délai, ou alors versées de manière aberrante (seul un cinquième du salaire est perçu), autant d’accrocs dus à la pléiade de bugs qui affectent Louvois.

La conséquence directe est une précarisation radicale des familles : une manifestation de femmes de militaires a eu lieu l’année dernière, première du genre, mais le mouvement a vite été étouffé par les pressions exercées sur leurs maris. Résultat : certains militaires, qui attendent le versement de leurs soldes, sont ruinés, interdits bancaires et sont obligés d’emprunter pour rembourser des crédits déjà contractés alors même qu’ils ne sont plus payés ! Dans les cas les plus extrêmes, leurs femmes divorcent pour acquérir un statut de femme seule et toucher des allocations. L’affaire des soldes pourrait, à condition de se cantonner à une lecture de surface, ne relever que d’un simple bug. En réalité, le problème pourrait aller bien au-delà du raté informatique et concerner aussi la trésorerie de l’Etat.

Les capacités d’emprunt auprès des marchés s’épuisant avec la crise, la priorité va au paiement des salaires des institutions syndiquées et dotées d’une forte capacité de nuisance médiatique (Education nationale), à l’inverse exact des militaires. Officiellement 10 000 dossiers sont en attente de traitement dans l’armée de terre (chiffre reconnu par le ministère). En réalité l’ensemble de la chaîne des soldes (troupe, sous-officiers et officiers) est impactée (120.000 bulletins de soldes touchés) et le chiffre réel pourrait atteindre 30 % des effectifs totaux. Continuer la lecture de Armée française : la ruine en héritage ?

Soldes non payées. Les femmes de militaires en ont plein le dos

“Un Paquet de Gauloises” :

C’est le nom que viennent de se donner cinq femmes qui se sont constituées en groupe afin de dénoncer le non paiement des soldes à leurs maris, militaires en opération extérieure. Lassées de cette situation qui perdure depuis bientôt un an et de toutes ses conséquences pour leurs familles, elles expriment désormais leur colère sur Facebook où elles réclament des comptes.

 

“Mon chéri ici tout va bien, l’Etat place ta solde sur les marchés financiers, le frigo est vide, la banque réclame des intérêts et on me dit de la fermer, je t’aime très fort”

 ”trahi par ton pays, tu meurs pour une dette bancaire. Où est le drapeau ? Où est l’Etat ? On est avec toi, ta famille qui t’aime”.

 ”fatigué par la guerre, usé par les combats, trahi par le gouvernement, volé par les banques, les enfants et moi sommes avec toi”.

Les forces armées Françaises sont la variable d’ajustement des budgets du gouvernement. Alors que nos conjoints remplissent un travail qui leur a été demandé par le gouvernement, leurs soldes sont retenues pour des motifs purement financiers et non pas techniques comme on veut nous le faire croire (A titre d’exemple, dans le civil, y-a-t il une société qui aurait un logiciel comptable qui ne paye pas ses employés ?..c’est risible et pathétique à la fois)…

Les experts en communication de crise du Ministère préfèrent mentir et canaliser Continuer la lecture de Soldes non payées. Les femmes de militaires en ont plein le dos