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Arnaud Guyot-Jeannin : « Le cinéma français est pathétique, à l’image de notre société dépressive… »

Critique cinématographique au Spectacle du Monde, Arnaud Guyot-Jeannin vient de publier Les visages du cinéma, série de portraits d’acteurs, d’actrices et de réalisateurs, certains français et d’autres pas. Dans ce florilège, Alain Delon et Clint Eastwood, Louis de Funès et Maurice Ronet, Michel Bouquet et Éric Rohmer. Mais des femmes, également, au charme desquelles on sent que l’auteur est bien sensible… Sophia Loren et Sylvie Vartan, Isabelle Carré et même la très controversée Emmanuelle Béart. Toujours à l’affut de la nouveauté, Arnaud Guyot-Jeannin conserve néanmoins une part de nostalgie, bien ancrée en lui. Nostalgie d’un cinéma d’autrefois, d’une autre France. Bref, un livre en forme de régal et qui donc se dévore. Il en dit plus à Nouvelles de France.

01-NDF-LIVRE-AGJ-681x1024Le cinéma, c’est le miroir d’une société. Que nous dit le cinéma français d’aujourd’hui sur la société française ?

Le cinéma français est pathétique, à l’image de notre société dépressive. La laideur, la vulgarité, la violence et l’amoralité (quand il ne s’agit pas de la bien-pensance) envahissent nos écrans. Ces défauts ressortent d’autant plus que notre cinéma n’est plus “national”, mais plus banalement “hexagonal”. Il est devenu le vecteur d’une abstraction géographique, mais plus d’une réalité charnelle. Bref, le cinéma français ne se caractérise plus par son identité profonde. En témoignent de façon spectaculaire des comédies indifférenciées d’une affligeante obscénité comme Chouchou de Merzak Allouache (2012) ou Les Seigneurs d’Olivier Dahan (2012). Plus révélateurs de l’indistinction (aux deux sens du terme) sont les longs-métrages qualifiés prétentieusement de “Chronique sociale” ou de “Chronique de mœurs” comme Le Cœur des hommes I (2003), Le Cœur des hommes II (2006) et bientôt Le Cœur des hommes III de Marc Esposito ou Les petits mouchoirs de Guillaume Canet (2010). Absence d’épaisseur psychologique et bobo-attitude typifient les personnages de ces films – à prétention sociologique – qui s’ennuient en nous ennuyant par la même occasion. Il n’a existé qu’un seul et génial Claude Sautet, maître du drame psychologique à la française. François Truffaut s’exclamait à son propos : « Sautet, Français, Français, Français… » Ses pâles copieurs ne peuvent pas prétendre à de tels qualificatifs et lui arriver à la cheville.

Autrefois, il n’y avait que Smaïn. Désormais, les acteurs d’origine maghrébine sont nombreux et de moins en moins cantonnés au rôle “d’Arabe de service”. Est-ce un bien ou un mal ? Cela nous dit-il quelque chose sur notre société contemporaine ?

Smaïn n’a pas toujours joué “l’Arabe de service”. Il illustrait déjà le rôle de l’Arabe assimilé avant Kad Mérad, Jamel Debbouze et Samy Naceri en interprétant Le Schpountz de Gérard Oury (1999), pâle copie du film de Marcel Pagnol (1938). Vous me direz que Fernandel a bien endossé le rôle d’Ali Baba dans Ali Baba et les 40 voleurs de Jacques Becker (1954), film néanmoins plus sympathique et plus crédible. Les acteurs d’origine maghrébine que j’ai cités précédemment, sont malheureusement hybrides. Ils représentent des Beurs délavés dans notre hyper-modernité mutante. Ils se sont affranchis de leur identité en s’en reconstruisant une des plus confuses, à partir des critères de la République française qui n’arrive même plus à transmettre une identité et à donner du sens aux Français de souche. Quant à leur pratique de l’islam, elle est souvent nulle, sommaire et/ou convulsive. Je crains que l’acculturation des jeunes et moins jeunes maghrébins n’aboutisse qu’à leur déculturation, puis à leur disparition en tant qu’individus singuliers reliés à la communauté d’origine dont ils sont issus comme à la communauté nationale à laquelle ils appartiennent.

Le cinéma peut-il aider à aimer la France ? Ce ne certes pas son rôle, mais cela pourrait-il au moins être l’une de ses fonctions ? Continuer la lecture de Arnaud Guyot-Jeannin : « Le cinéma français est pathétique, à l’image de notre société dépressive… »

De l’écologie comme rempart au totalitarisme pacifié…

Par Arnaud Guyot-Jeannin

La plupart des gens de droite défendent l’écologie humaine (l’ordre naturel et la famille traditionnelle) au détriment de l’écologie environnementale (l’ordre cosmique et la famille des animaux, des végétaux et des minéraux) louée par de nombreux gens de gauche qui nient, quant à eux, la réalité anthropologique et historique des peuples.

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Les premiers rejettent le mariage homosexuel, l’adoption d’enfants pouvant en découler, la PMA (Procréation médicalement assistée) et la GPA (Gestation pour autrui), mais ne remettent pas en cause le capitalisme mondialisé — qu’accompagne le progressisme libertaire — qui marchandise les vies, le lien social et la nature. Les seconds repoussent ce capitalisme dérégulé engendrant l’exploitation humaine, la misère sociale et la suraccumulation matérielle, mais sans réfuter le libéralisme moral du tout vaut tout, tout se vaut, tous se valent dont l’indistinction spirituelle, ethnoculturelle et sexuelle est le produit.

Les partisans des deux camps procèdent par un réductionnisme dommageable. Le processus infernal défiant la nature est enclenché. Le monde commun disparaît au profit d’un monde individualiste et narcissique sans foi ni loi sinon celles de l’argent, de la production et de la consommation.

Le philosophe Jean-Claude Michéa a bien montré l’unité du libéralisme. Le libéralisme culturel et le libéralisme Continuer la lecture de De l’écologie comme rempart au totalitarisme pacifié…