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L’Italie s’effondre pendant que les politiciens s’empoignent sur Brexit.

Sous cette page de couverture de « The Economist » de ce vendredi la légende est sans ambiguïté: la crise des banques italiennes sera la prochaine crise européenne. Pas le Brexit. Les lecteurs de ce blog ne seront pas surpris du nombre d’interventions sur le thème de l’effondrement économique et financier de l’Italie. Cette inquiétude récurrente vise à la fois la santé des banques et l’endettement souverain du pays. Ni Berlusconi, ni Letti, ni Monti, ni Renzi n’ont réussi a juguler la gangrene.

Depuis mars 2011, j’ai eu l’occasion de préciser  ces inquiétudes a de nombreux dirigeants européens et lors d’interventions publiques. Elles reviennent au-devant de la scène à travers une crise qui a forcé le gouvernement italien d’intervenir en infraction de la loi européenne pour sauver des institutions financières au bord de la faillite. En urgence, une autorisation de financement de six mois a été décidée, alors que la Commission mettait l’Espagne et le Portugal à l’amende.

La Banque Centrale Européenne regorge de titres italiens

Si la situation ne s’est pas détériorée aussi vite que prévu, c’est grâce -ou à cause des-interventions de la Banque Centrale Européenne. Nul ne sera surpris que la BCE ait déployé des moyens extraordinaires pour soutenir l’Italie.  C’est d’autant plus dramatique que la dette de la péninsule est à plus de 132 % du PIB pour un montant de 2.300 milliards d’euros. Pour information, la dette grecque est un probleme de 170% et de 300 millions.

ecb balance sheet

On ne pouvait ignorer la gravité de la situation. Or les banques italiennes ont un pourcentage de dette souveraine qui atteint de telles proportions que la demande de la commission de limiter l’encours de dette souveraine propre des banques a été rejetée par le véto du premier Ministre italien, Matteo Renzi. La limite était de 10% des actifs des banques et l’Italie est à 10,4% auxquels il faudrait ajouter les 7% de risques souverains. On se sert avant d’assurer la stabilité financière des banques: a 1,43% pour dix ans, les obligations italiennes sont subsidées d’au moins 3%. Continuer la lecture de L’Italie s’effondre pendant que les politiciens s’empoignent sur Brexit.

La vaste blague des Stress-Tests de la BCE…

Comme souvent excellent article du site Les crises

Les Stress Tests de la BCE

La BCE s’apprêtant à prendre en charge la supervision des grandes banques européennes, elle a réalisé un audit de leurs comptes, et effectué un “stress test”.

Le stress test est une simulation de ce qui adviendrait en cas de problèmes importants. Elle a rendu sa copie hier.

Et VICTOIRE :
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(…)Enfin, victoire dans les médias qui reprennent la dépêche de l’AFP qui reprend la communiqué de la BCE… :

(…) C’est quoi un Stress-Test ?

Il y a déjà eu des stress-tests en Europe, en 2009 (qui avaient certifié les banques irlandaises en faillite peu après) et 2011 (avec des faillites juste après d’autres banques certifiée), par le régulateur européen.

Cette fois ci, on allait voir ce qu’on allait voir, car la BCE allait s’en occuper…

Eh bien, on a vu… Mais il faut creuser – ce que bien peu ont fait…

Alors c’est quoi un Stress-Test ?

C’est un peu comme quand vous achetez une pompe pour un bassin extérieur. Vous n’avez pas envie qu’elle explose en gelant l’hiver. En général, chez vous, ça descend à -10°C. Eh bien dans un stress test, vous testez si elle n’explose pas à -20 °C, et là vous êtes tranquille.

Le principe est identique pour les banques : vous regardez si elles résistent à des environnements difficiles.

Quand on dit que les banques françaises ont passé haut la main le test, ont dit qu’elles résistent haut la main aux hypothèses du test de la BCE.

Mais bien entendu, tout repose ici sur la dureté du test : si vous testez la pompe à -2 °C, elle le passe haut la main, mais cela vous fera une belle jambe cet hiver…

Analysons donc les hypothèses de la BCE…

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Olivier Delamarche: la décision de la BCE n’est qu’une « vaste fumisterie, avec une belle opération de communication »,

Le 9 juin, les aspects des mesures de la BCE et leurs effets sur les marchés, ont été les thèmes abordés par Olivier Delamarche, associé et gérant de Platinium Gestion, dans Intégrale Placements, avec Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur, sur BFM Business. Chaque matin, Intégrale Placements, l’émission 100% placements présentée par Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Communiqué de Presse de Bernard Monot, Conseiller à la stratégie économique

La Banque Centrale Européenne vient de faire un nouveau cadeau aux banques : elle prêtera 400 Milliards d’euros aux banques privées à des taux proches de 0 sur 5 ans ! On appréciera sachant que la BCE ne fait aucun « prêt cadeau » aux Etats européens ou à tout autre secteur de l’économie réelle.

L’objectif officiel est de relancer la croissance atone de la Zone Euro en incitant les banques à prêter plus d’argent aux entreprises. Mais comme d’habitude la BCE protège de la crise de liquidité le système bancaire privé insolvable et cet argent public disparaîtra dans les marchés financiers internationaux au lieu de financer l’économie productive. Continuer la lecture de Olivier Delamarche: la décision de la BCE n’est qu’une « vaste fumisterie, avec une belle opération de communication »,

Dettes d’État : la BCE pointe le risque de bulle financière

Et oui les taux d’intérêts sont trop bas pour être honnêtes… et comme ils sont bas, les zozos qui nous gouvernent se gavent, sauf qu’au coin de la rue c’est une bulle obligataire qui risque de leur péter à la gueule…..

Super Mario a promis de l’oseille aux marchés. Sauf qu’il va se contenter de baisser les taux directeurs qui sont déjà au plus bas. Cela n’aura donc aucun effet. Les marchés seront alors très déçus…. quelle sera leur réaction???

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Francfort redoute un retournement brutal sur le marché obligataire.

La Banque centrale européenne (BCE) met clairement en garde les banques contre le risque de retournement sur le marché des dettes d’État de la zone euro, dans son rapport semi-annuel sur le risque de stabilité financière, publié mercredi. «Les préoccupations concernant la formation de déséquilibres et la possibilité d’une remise en cause brusque et désordonnée des flux d’investissement récents s’intensifient», avertit l’institution de Francfort.

Jamais les gouvernements de la zone euro n’ont emprunté si bon marché. Le regain de tension sur le marché obligataire constaté à la veille des élections européennes a été oublié. L’Italie, l’Espagne et le Portugal s’endettent à moins de 3 % à dix ans, du jamais vu depuis la création de l’euro! Malgré ses déboires économiques et politiques, la France s’endette à 1,7 % sur dix ans, au plus bas depuis 2000, si l’on exclut une fenêtre d’emprunt à 1,6 %, mi-2013.

En privé, les responsables de banques centrales s’inquiètent depuis plusieurs semaines du risque de retournement sur ce marché des dettes publiques, en raison d’une croissance plus faible, dans un contexte de ralentissement persistant en Chine et de crise en Ukraine.

Une hausse des taux d’emprunt d’État serait risquée pour les gouvernements aux finances publiques les plus fragiles, comme la France ou l’Italie. Un crack obligataire serait également très dommageable pour les bilans des banques, premières acheteuses de dettes d’État.

 

Mais les banques commerciales ont pris les devants en renforçant leurs capitaux propres depuis le troisième trimestre, un effort dont se félicite la BCE.

L’euro en baisse

Si l’institution monétaire tire la sonnette d’alarme sur la bulle obligataire, qu’elle a elle-même nourrie en abreuvant les marchés de liquidités, c’est aussi et surtout parce qu’elle veut inciter les banques à prêter davantage au secteur privé au lieu d’acheter des obligations d’État. «La BCE redoute aussi que ces dettes très bon marché ne découragent les efforts de réformes en zone euro», indique Gilles Moec, de la Deutsche Bank. Du coup, la BCE serait réticente à se lancer dans une politique d’assouplissement quantitatif, qui reviendrait à racheter de nouvelles dettes d’État, en échange de création monétaire, ce qui ferait mécaniquement baisser les taux. Mario Draghi pencherait plutôt pour une baisse du taux directeur ou pour des injections de liquidités conditionnées au volume de crédits, comme cela se fait au Royaume-Uni.

Alors que l’euro baisse face au dollar, – il est à son plus bas niveau depuis 4 mois – Continuer la lecture de Dettes d’État : la BCE pointe le risque de bulle financière

L’Union européenne contre nos salaires

Par Roberto Fiorini

L’Europe libérale qui s’est construite à Bruxelles n’avait pas de prérogatives particulières pour agir directement sur les questions salariales, qui restaient du ressort de chaque pays, et de ses partenaires sociaux. Pourtant grâce aux différentes politiques économiques dictées aux gouvernements, qui ont accepté d’abandonner leurs prérogatives économiques, elle n’a cessé d’attaquer l’emploi et les salaires pour installer le libéralisme économique et ensuite permettre à l’euro d’exister.

Le projet européen, portait, sur ses fonds baptismaux (avec le traité de Rome), l’idée d’amélioration des conditions de vie. Il est temps de faire un bilan de ces promesses, et de voir quelle a été l’action réelle de cette Europe des marchands et des financiers, qui a sacralisé le règne de la mondialisation et des systèmes économiques ouverts, au détriment de la qualité de vie des peuples.

Consciente des coups portés aux salaires et au pouvoir d’achat, l’UE n’ambitionne plus d’améliorer nos conditions de vie ; sa stratégie « UE 2020 » (* 1 p 99) envisage seulement de réduire la pauvreté ! Que de promesses trahies, que d’ambitions remisées ! Nous allons le détailler, par de nombreux moyens l’UE n’a cessé d’attaquer les salaires et de limiter leur progression.

Ambitions de nivellement de la construction

A la sortie de la guerre cette idée d’amélioration du niveau de vie fut martelée aux peuples européens, notamment dans l’article 2 du traité de Rome : « … conduire à un relèvement accéléré du niveau de vie ». Pour y parvenir sont notamment engagées des politiques visant à tenter de réduire les déséquilibres entre les différentes régions d’Europe.

L’objectif sous-jacent était d’éviter de laisser des zones pauvres, ou le chômage augmenterait, car on savait que si le chômage augmentait, certaines entreprises seraient tentées de délocaliser au sein du marché unique sans frontières (encore à naitre). Les économistes savaient aussi que les salariés seraient prêts à accepter des salaires plus bas… s’ils étaient confrontés durablement au chômage. Au début, ils ont tenté de lutter contre cela.

La crise de 1973 avait fait de la lutte contre l’inflation une priorité absolue. La cible Continuer la lecture de L’Union européenne contre nos salaires

Euro cher : Le Président de la BCE donne raison au Front National

Communiqué de Presse de Bernard Monot, Stratégiste économique du Front National et tête de liste Bleu Marine aux élections européennes 2014 dans la circonscription Massif Central – Centre

En pleine campagne des élections européennes 2014, le président de la Banque centrale européenne, a curieusement admis à Washington que l’euro cher pénalisait la reprise économique et accroissait les risques de déflation de la zone euro. Il faut dire qu’en terminant la semaine dernière à pratiquement 1,39 euro/dollar, l’euro a augmenté de 54 % depuis sa naissance en 2002 ! Ce sujet est revenu au centre du débat politique tant l’euro cher pénalise toutes les entreprises Françaises.

Il est désolant de voir toute cette classe politique UMPS impuissante qui après avoir dépossédé la France du Franc, se réveille et s’érige aujourd’hui contre la politique de taux de change néfaste de la BCE.
Messieurs Moscovici, Valls, Montebourg, Sapin, Guaino, Chatel, Lemaire etc..découvrent soudainement les méfaits de cet euro sur l’économie et l’emploi et font mine de s’élever contre Monsieur Mario Draghi; ce que le FN dénonce depuis le début.

La réalité est que cette polémique est inutile car la BCE est, par le traité de Lisbonne, indépendante des pouvoirs politiques. Monsieur M. Draghi, ex banquier de Goldman Sachs, est le seul et unique maitre à bord de cette forteresse monétaire européenne. Messieurs Hollande et Valls n’ont d’autre choix que d’exécuter la politique « d’eurostérité» voulue par Bruxelles et Francfort.

Marine Le Pen et le Front National proposent de sortir de cette camisole de force de l’euro monnaie unique pour adopter l’euro monnaie commune et passer à un nouveau Franc Français. Seule solution pour restaurer, en douceur, le plein emploi et la prospérité nationale.

LTRO = QE, ou comment la BCE fait en réalité la même politique que la Fed

ar Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

On lit régulièrement dans la presse, ou en entend de la part de responsables du monde bancaire ou politique, que la BCE ne rachète pas d’obligations souveraines contrairement à la Fed, sous-entendu « nous les Européens nous sommes plus vertueux que les Américains ». C’est totalement faux.

La BCE finance une partie de la dette des Etats, comme la Fed, mais elle utilise une voie détournée : les banques. La BCE n’acquière pas directement de la dette étatique, effectivement, mais elle prête de grande quantité d’argent aux banques qui ensuite achètent de la dette de leur Etat. Ce qui revient exactement au même.

En avril dernier, l’Etat slovène devait absolument émettre 1,1 milliards d’euros pour se financer. Personne ne veut de ce papier vu la situation catastrophique du pays, les créances douteuses équivalent à 20% du PIB, le système bancaire est donc virtuellement en faillite. Qu’à cela ne tienne, la BCE prête ce 1,1 milliard aux banques slovènes qui s’empressent de souscrire à l’émission de dette de leur pays ! Quelle différence avec la Fed qui achète directement la dette de l’Etat fédéral ? Aucune. Et continuons : Continuer la lecture de LTRO = QE, ou comment la BCE fait en réalité la même politique que la Fed

Portugal : L’État s’empare de la caisse de retraite pour soulager son service de la dette

La semaine dernière, le gouvernement portugais a donné son feu vert pour permettre aux fonds de pension de pouvoir investir davantage dans les obligations d’État portugaises.

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Désormais, les fonds de pension pourront investir jusqu’à 90% de leurs actifs en obligations souveraines, alors qu’ils étaient limités à 55% jusqu’à présent. L’écart représente environ 4 milliards d’euros, une bénédiction pour le gouvernement qui veut réduire ses coûts de financement. Le Portugal n’a pas besoin de financement supplémentaire pour 2013, mais cette nouvelle mesure devrait lui permettre de couvrir un quart de ses besoins de financement pour 2014.

La technique employée par le Portugal n’est pas nouvelle, et les économistes lui ont même trouvé un nom, parlant de «répression financière». En poussant les investisseurs captifs à placer leurs avoirs dans les obligations gouvernementales, elle permet de réduire les coûts de service de la dette publique. Lorsque les taux d’intérêt passent en dessous du taux de croissance nominal (taux de croissance majoré de l’inflation), la dette exprimée en pourcentage du PIB  tend à baisser.

« Pourquoi voudriez-vous restructurer la dette alors que la répression financière est si élégante? », demande Joseph Di Censo, un ancien fonctionnaire du FMI devenu gérant de portefeuille chez BlackRock.

Cette technique a été largement employée au sortir de la Seconde Guerre mondiale et elle Continuer la lecture de Portugal : L’État s’empare de la caisse de retraite pour soulager son service de la dette

Les Etats doivent pouvoir faire faillite !

(…) Pour Weidmann, la BCE ne peut pas résoudre la crise !

Jens Weidmann n’est pas n’importe qui puisqu’il s’agit du patron de la Banque centrale allemande surnommé la Buba. Il est également membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Il a fait deux sorties forts passionnantes lors de son intervention devant les zéconomistes sérieux d’Aix en espérant que Mosco était encore là pour l’écouter car il semble avoir besoin de quelques cours de rattrapage intensif en économie, compte tenu de ses compétences et de son poste.

La BCE n’est pas en mesure de résoudre la crise de la zone euro, elle « fait beaucoup » pour « absorber les conséquences économiques de la crise. » « Mais elle ne peut pas résoudre la crise. »

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Il a parfaitement raison car la politique monétaire accommodante ou pas de la Banque centrale européenne ne pourra jamais apporter de réponse par nature politique (n’est pas Monsieur Moscovici) aux causes suivantes :

– La mondialisation doit-elle se poursuivre avec ses cohortes de délocalisations, de fermetures d’usines, de destructions d’emplois, de diminution de notre capacité à produire des richesses donc de la croissance ?
– La politique européenne de l’austérité pardon, de la « consolidation budgétaire » qui amplifie les récessions créant de la déflation dans les pays européens et in fine leur insolvabilité doit-elle être poursuivie ?
– L’euro, une monnaie unique construite pour des raisons politiques et non pas d’efficacité économique, est-il une force pour les 17 économies hétérogènes de la zone euro ? La réponse est bien sûr que non et tout le monde le sait, alors comment sortir de cette impasse monétaire ?
– Les monceaux de dettes accumulés ne pourront jamais être remboursés. Comment en sortir alors que les remboursements étouffent les peuples et des pays entiers sans aucun espoir de réussite au bout du chemin ?

Et il ne s’agit là que des éléments les plus importants, mais cette liste n’est pas exhaustive. Il y a, par exemple, un autre point essentiel qui est la raréfaction des ressources et des matières premières.

Alors non, les réponses à ces questions, nos politiques ne veulent pas les apporter car Continuer la lecture de Les Etats doivent pouvoir faire faillite !

Olivier Delamarche invité des Experts sur BFM Business (14/06/2013)

Nicolas Doze et « l’americanodolatre » Jean-Pierre Petit n’aiment pas Delamarche. Le gérant de platinium est un cassandre, un oiseau de mauvaise augure. Aussi malin que des tartufes, ils lui demandent alors des solutions pour sortir de la crise. Delamarche leur répond qu’il n’y en a pas; quand on a choisi le mauvais chemin et que l’on tombe au fond du précipice, il est trop tard pour se renseigner sur les pistes qu’il aurait fallu suivre. Les précieuses ridicules s’indignent devant tant de muflerie. Il faut dire qu’à l’époque elles ont servi de guide pour mener le troupeau à l’abattoir et qu’elles sonnaient l’hallali contre tous ceux qui ne pensaient comme elles… Nicolas Doze et « l’americanodolatre » Jean-Pierre Petit sont grotesques et se sont méchamment fait savater par un Delamarche passablement exaspéré par leur bêtise…
On le comprend. Il est en effet insupportable de voir des libéraux pur porc défendre la politique de la planche à billet et trouver normal que l’argent du contribuable serve à sauver des banques et des états corrompus…
Un jour il faudra quand même que les citoyens de ce pays s’interrogent sur les raisons qui font que l’on puisse continuer à entendre tous ces crétins alors qu’ils se sont toujours trompés…

La politique subtile et dangereuse de Mario Draghi

En septembre dernier, Mario Draghi avait annoncé son plan OMT (Outright Monetary Transactions) : il prenait la suite du plan SMP consistant à acheter de la dette souveraine de pays en difficulté, de façon à limiter la hausse des taux et à leur permettre de se refinancer. Comme cela ne plait pas du tout aux Allemands (et ils ont bien raison, c’est de la planche à billets), le dispositif OMT est assorti de conditions drastiques puisque le pays qui souhaite en bénéficier doit auparavant demander l’aide de l’Europe et accepter un sévère plan d’assainissement des comptes public imposé par la désormais célèbre « Troïka » (La Tribune).

Résultat personne ne l’a encore demandé. Pourtant la détente sur les taux des pays européens en difficulté s’est prolongée, en apparence les choses s’améliorent. La simple annonce du plan OMT aurait suffi à rassurer les marchés, « bravo Mario » commentent les médias.

La réalité est plus subtile, et perverse : la BCE prête sans limite aux banques du pays pour qu’elles rachètent la dette de leur Etat, ce qui au fond revient au même ! Mario Draghi l’a confirmé hier lors de sa conférence de presse, les banques pourront obtenir les liquidités qu’elles souhaitent au taux directeur, qui a été abaissé de 0,75% à 0,50% (La Tribune). Et la BCE prête de l’argent y compris aux banques au bord de la faillite comme les banques slovènes, qui peuvent ensuite acheter la dette émise par Ljubljana. « Les analystes d’Aurel ETC Pollak rappellent ainsi que ce sont les banques slovènes elles-mêmes qui, le 17 avril, ont racheté le 1,1 milliard d’euros de dette émise ce jour-là, grâce au financement de la BCE » (La Tribune). Et le tour est joué. Il en va de même en Espagne, Italie, etc.

C’est de la cavalerie, de la planche à billets, mais formellement la BCE n’achète pas d’obligations d’Etat. Ce faisant la BCE acquiert un volume croissant de créances sur des banques en difficulté, ce qui n’est pas rassurant ! Posons aussi une question : les banques slovènes avaient-elles le choix ? En fait non tant les intérêts des grandes banques et des Etats sont intimement liés, et c’est le cas dans tous les pays européens. A partir de là, financer les Etats ou les banques revient au même pour la BCE. Le reste est juste un problème de communication.

P.Herlin

Et si l’euro était programmé pour s’autodétruire prochainement?

Comme je le dis depuis très longtemps l’une des raisons de la crise très profonde que nous traversons (qui est loin d’être la seule) c’est les délocalisations. Nous fermons nos usines ici pour les ouvrir dans des pays à la main d’œuvre low-cost.

Cela provoque dans les pays occidentaux un appauvrissement que certains continuent à ne pas vouloir voir mais en Grèce comme au Portugal ou en Espagne, ils ne peuvent plus dire que la mondialisation c’est le bonheur et la félicité pour les peuples.

Parallèlement, l’exigence de rendement des entreprises monte chaque année. Désormais un « ninvestisseurs » veut du 20% de croissance par an. Il est évidemment illusoire de gagner 20% tous les ans sur des marchés en croissance de … 0. Résultat ? Ravioli aux bœuf finalement au cheval, huile de tournesol avec 40 000 tonnes d’huiles de moteur (ne rigolez pas vous êtes encore en train d’en boire), lait pour bébé plein de produits toxiques moins chers que le lait… d’où la mort de quelques centaines de nourrissons.

Ça ce sont les résultats les plus graves de l’appât du gain. Moins dramatique, on vous vend de la « merdeuuu » comme dirait Jean-Pierre Coffe au prix du caviar et nous sommes dans l’ère du tout jetable, tout devant être remplacé très vite pour gagner encore plus d’argent. Finalement, il n’y a rien de pire pour le big business que quelque chose qui dure et qui se répare.

C’est dans ce contexte et vous savez comme je peux être critique qu’un projet de loi fort intéressant est en train de pointer le bout de son nez. Une loi pour lutter contre l’obsolescence programmée.

Que dit la proposition de loi contre l’obsolescence programmée ?

C’est un article de FranceTVinfo qui tente une première synthèse sur ce sujet.

« Le président du groupe Europe Ecologie-Les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, doit présenter, mardi 23 avril, une proposition de loi pour lutter contre l’obsolescence programmée. L’élu de l’Essonne dénonce un stratagème de certains industriels pour écourter la durée de vie de leurs produits afin de contraindre les consommateurs à renouveler leurs achats. Pour lui, c’est « une aberration écologique et sociale ».

Je ne suis pas un écologiste idéologique, loin de là. Mais disons-le, la croissance infinie dans un monde fini basée sur une croissance liée à une consommation de masse est une aberration intellectuelle et cela ne sera pas tenable dans le temps. Nous voyons déjà les limites d’un tel système avec la raréfaction des ressources, la pollution etc…

Plusieurs principes devraient donc être rapidement discutés.

Vers la définition du « délit d’obsolescence programmée »

Créer un tel délit permettrait d’engager des poursuites en justice. La proposition de loi prévoit jusqu’à 37 500 euros d’amende et deux ans de prison pour les industriels qui feraient usage de ce procédé.

Le texte prévoit de prolonger de six mois à deux ans le délai durant lequel le consommateur pourrait faire jouer la garantie sans besoin de prouver le défaut de conformité

La mesure qui rend les pièces détachées disponibles pendant 10 ans entend faciliter la réparation des produits. « Le droit d’utiliser des produits fiables, réparables et durables doit être garanti ».

Pour le sénateur Jean-Vincent Placé, cela « permettrait une réindustrialisation locale et la création d’emplois non délocalisables pour l’entretien et la réparation. »

Il a parfaitement raison sur ce dernier point. Réparer les choses et les rendre plus durables c’est enrichir notre pays. C’est également permettre à des entreprises françaises ou européennes de redevenir compétitives avec des offres de produits que l’on vend moins souvent, mais plus chers car beaucoup plus fiables. Logiquement le paramètre coût de la main d’œuvre tiendra moins de place dans le prix de revient.

C’est donc une véritable rupture économique qui pourrait être enclenchée avec cette loi. Les normes sont notre meilleure protection, et pourtant elles sont sous-utilisées comme outil nous permettant de sauvegarder l’emploi et l’activité économique. C’est un excellent début et ce projet de loi est vraiment à suivre. Il est simplement à redouter qu’il soit vidé par de multiples amendements de sa substantifique moelle. Mais pour une fois, je suis content des perspectives positives ouvertes par un nouveau projet de loi qui ne propose pas avant tout… un nouvel impôt !!

Justement à propos d’obsolescence programmée, et si l’euro était programmé pour s’autodétruire prochainement ? C’est en tout cas ce que pensent les analystes de la Banque CITI dont la note a été reprise dans un article de la Tribune étrangement passé sous silence.

« CITI met le feu aux poudres en prédisant la sortie de la Grèce et de Chypre de l’euroland »

« Dans une récente note sur les perspectives économiques de l’Euroland, CITI a ainsi maintenu sa prévision de sortie de la Grèce et de Chypre de la zone euro à court ou moyen terme. Nous nous attendons à ce que la zone euro reste en récession cette année et en 2014, avec des récessions très accentuées dans la plupart des pays de la périphérie, et avec de nouveaux épisodes d’agitation sur les marchés financiers est-il ainsi écrit ».

Et de rajouter : « à raison certainement, CITI considère que Chypre va être contraint de demander une restructuration de sa dette, Athènes est d’ailleurs sur la même ligne d’après des responsables politiques grecs, afin de faire la demande à la troïka d’une nouvelle restructuration ».

On voit donc bien le grand scepticisme des américains sur l’avenir de la monnaie unique. Certains argueront que pour sauver le dollar les américains doivent tuer l’euro. Pourquoi pas. Mais si l’on regarde bien, nous n’avons pas d’aide extérieure à l’Union Européenne pour nous empêtrer tout seul dans des situations économiques inextricables. Nous y arrivons parfaitement seuls et une histoire millénaire de divergences profondes, de guerres et de culture radicalement différente y sont pour beaucoup.

D’ailleurs, la FED n’a pas hésité un instant à prêter directement plus de 8 000 milliards de dollars à la BCE qui ne pouvait pas faire fonctionner sa propre planche à billets…

Le débat sur l’austérité reprend de plus belle en Europe qui s’en meurt effectivement avec comme seule alternative proposée… une relance à crédit avec de l’argent que nous n’avons pas et qui ne fonctionnera pas plus que la relance précédente… puisque nous ne produisons plus rien. Lorsque nous relançons,… c’est la Chine que nous faisons travailler. Nos amis chinois me sont fort sympathiques et ils auraient bien tort de ne pas profiter d’une telle manne, mais nous ne sommes pas obligés d’être totalement stupides.

Avec la loi sur l’obsolescence programmée, pour une fois nous arrêtons d’être bêtes, et franchement de vous à moi, une vraie bonne nouvelle de temps en temps cela fait du bien ! Mais cela n’empêchera pas l’euro d’être déjà obsolète.

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