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L’euro, un monstre à plusieurs têtes ?

L’euro est vraiment une monnaie bizarre : certainement pour la première fois dans l’histoire monétaire, voici UNE monnaie qui est gérée par PLUSIEURS banques centrales ! Car la création de la Banque centrale européenne (BCE) ne s’est pas accompagnée de la disparition des banques centrales nationales, ou de leur transformation en filiales régionales, elle s’y est superposée. L’ensemble forme le Système européen de banques centrales (SEBC). D’ailleurs ce sont les banques nationales de la zone euro qui sont actionnaires de la BCE. Bien sûr, la BCE pilote la politique monétaire, mais chaque banque centrale dispose d’une certaine autonomie.

La BCE peut soutenir directement les banques européennes en difficulté, on l’a vu par exemple avec les deux prêts géants de 500 milliards d’euros chacun en décembre 2011 et février 2012 (les LTRO). Mais les banques centrales des différents pays peuvent également aider leurs banques, avec leurs propres critères… Et si une banque centrale refinance une banque commerciale en acceptant en contrepartie des actifs qui ne valent rien, cela signifie qu’elle fait tourner la planche à billets ! Une telle opération se fait avec l’accord de la BCE, mais c’est tout de même inquiétant.

Cette autonomie des banques centrales nationales commence à se voir et à poser problème. Depuis quelques semaines, la presse allemande accuse la Banque de France de soutenir indument les banques françaises, avec l’accord tacite de Mario Draghi. Les STEP (Short-Term European Paper), qui sont un outil de refinancement, pèsent 445 milliards d’euros au niveau européen, mais plus de la moitié concerne la France ! Selon les Deutsche Wirtschafts Nachrichten, « il se développe en France, sous les radars, une gigantesque bulle financière ». Selon le journal français La Tribune, « on sait que la BCE avait fait état, sans jamais révéler son nom, du fait qu’une grande banque française était au bord de la faillite en raison de sa trop forte exposition au risque. »

Et on ne parle ici que de la France. Qui sait ce qui se passe vraiment dans les arrière-cuisines des banques nationales de Grèce, du Portugal, d’Espagne, d’Italie, etc. ? Et même de l’Allemagne, très réticente face à la supervision bancaire européenne que veut mettre en place la BCE ? Que cela concerne le refinancement, le contrôle des risques ou le respect de la légalité, chaque banque centrale agit à sa façon, avec ses petits arrangements et ses secrets. Ce sont autant de bombes à retardement qui grossissent au fur et à mesure que la crise bancaire s’amplifie.

En voulant respecter les susceptibilités de chaque pays, en voulant maintenir la fiction d’une banque centrale « nationale » malgré la mise en place de la monnaie unique, les promoteurs de l’euro ont créé un risque systémique interne explosif.

La France a-t-elle à nouveau sa propre sa monnaie ? la dernière rumeur

Mes chères contrariées, mes chers contrariens !

Il y avait plein de choses dont je souhaitais vous parler aujourd’hui mais je vais devoir faire un petit passage par la dernière rumeur qui commence a agiter internet.

La France a-t-elle à nouveau sa propre sa monnaie ?

C’est en tout cas le titre du dernier Edito plutôt court au demeurant écrit par Paul Krugman prix Nobel d’économie en 2008 soit dit en passant. Tout va partir de là pour commencer à se mélanger dans un immense maelstrom « internetesque » puisque cette idée va être amplifier par plusieurs articles de la presse allemande qui exprime des inquiétudes non voilées sur l’utilisation par les banques françaises du système d’aide de la BCE intitulé STEP… Cela va donner une série d’articles qui commence à faire flores sur le web français et sur les sites d’informations alternatifs.

(…)

Que nous raconte Paul Krugman ?

En réalité pas grand-chose. C’est même d’ailleurs un article étonnamment plat et vide pour un titulaire d’un prix Nobel. Juste un titre provocant comme il faut (comme je fais la même chose je ne vais pas non plus l’accabler) et essentiellement un constat, le taux d’emprunt à 10 ans de la France s’effondre à moins de 2% ce qui est du jamais vu.

Il s’interroge donc doctement sur ce que pensent les marchés et il pense donc que les marchés pensent qu’en réalité la BCE n’abandonnera pas un pays comme la France et imprimera autant de monnaie qu’il sera nécessaire pour maintenir les taux bas. Pour lui la BCE jouera son rôle de prêteur en dernier ressort. Pourtant il titre bien « La France a à nouveau sa propre monnaie » ce qui n’a strictement rien à voir avec le reste de son (très court) article qui n’apporte rien de plus que l’idée mentionnée plus haut. Mais pour ceux qui ne lisent que les grands titres (tout lire c’est fatiguant même quand c’est court) la confusion s’est déjà installée.

Pour ma part je reste persuadé que les marchés profitent d’une situation d’argent gratuit au Japon avec la nouvelle politique de la Banque Centrale japonaise qui imprime a tout va. Avec cet argent obtenu gratuitement il suffit d’acheter des bons du Trésor français pour empocher la différence sans prendre de risque, puisqu’on peut raisonnablement penser que si la France s’effondre, l’Europe s’effondre. Si l’Europe s’effondre alors le monde s’effondre. Si le monde s’effondre tout le monde s’en fichera pas mal de savoir si vous avez emprunté au Japon pour prêter à la France… Puisque tout le monde sera économiquement définitivement mort. C’est d’ailleurs ce qui explique que des gens prêtent encore à l’Espagne ou à l’Italie… C’est sans doute un raisonnement trop simple pour un prix Nobel, mais c’est un calcul éminemment rationnel que n’importe quel intervenant en salle des marchés vous confirmera.

La nouvelle de la Banque Centrale japonaise a donné lieu à une reprise massive de ce que l’on appelle le Carry Trade. J’emprunte en Yen de l’argent gratuit pour le placer dans d’autres pays et je m’empapaoute la différence sans effort. Franchement, elle n’est pas belle la vie de banquier ?

Ensuite arrive un article d’Agoravox qui mélange à peu près tout et n’importe quoi dans un cocktail absurde d’informations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, ou plus précisément tire des conclusions totalement erronées d’informations très mal interprétées.

Des articles de la presse allemande attaquent le programme de la BCE nommé STEP et voilà que la mayonnaise commence à monter sur tous les forums et blogs. Reprenons et décryptons.

Qu’est-ce que le programme STEP ?

Le programme STEP est une « convention de place » pour le marché européen de titres à court terme (Short‑Term European Paper ‑ STEP). Comme l’indique la BCE sur son site « le 5 août 2010, le Conseil des gouverneurs, ayant pris acte de la nouvelle convention de place STEP et de la responsabilité exclusive du processus d’attribution du label STEP endossée par le secrétariat STEP, a approuvé la cessation de la participation de l’Eurosystème à cette activité avec effet immédiat. De plus amples informations sur le marché STEP sont disponibles sur le site Internet de la BCE ».

Bon ça c’est pour faire sérieux, complexe et docte, passez petit peuple, c’est trop compliqué pour vous, c’est des affaires sérieuses de grands et de banquiers. Comme on m’a toujours dit que ce qui se comprend aisément s’énonce clairement je vais vous traduire le BCE en bon français d’en-bas dans le texte ! JE vais forcer un peu le trait mais c’est pour me moquer du vocabulaire technique de tous ces crétins de banquiers y compris centraux qui ne veulent surtout pas, mais alors surtout pas que les gens puissent comprendre ce qu’il font sinon ils vous diraient les choses à peu près comme ça :

En gros les banques prêtent des sous à des gens, des entreprises ou des états (c’est les agents économiques). Ces sous prêtés s’appellent des crédits ! Quand les gens, les entreprises ou les états (comme la Grèce, Chypre ou le Portugal et bientôt la France l’Italie et l’Espagne) n’arrivent plus à rembourser les crédits au banquier, ces crédits également appelées créances deviennent douteuses, c’est-à-dire pourries ou moisies… au choix, le résultat étant que le banquier concerné l’aura dans le baba ! Quand il a trop de crédit pourris… il fait faillite. Logique. Comme tout le système bancaire est dans cet état et que c’est la faillite qui menace toutes les banques la Banque Centrale Européenne a mis en place le système STEP qu’elle a décentralisée auprès de l’Eurosystème. En clair c’est chaque banque centrale nationale qui gère ce machin dans son pays.
Ainsi la Banque de France rachète aux banques commerciales leurs crédits pourris pour pas qu’elles ne fassent faillite. Et cet argent provient de la BCE qui le redonne à la Banque de France qui le refile en échange aux banques commerciales.

Pour être encore plus limpide une banque la BNP, refile ses crédits pourris qui ne seront jamais remboursés à la Banque Centrale Européenne qui ne regarde pas trop les demandes de refinancements qui arrivent de la Banque de France… Evidemment cet argent est créé de toute pièce, à partir de rien, et comme il y en a pour environ 450 milliards d’euros et que la France utilise ce système pour presque la moitié avec près de 190 milliards d’euros pour soulager nos banques commerciales cela commence à faire un peu hurler nos grands « zamis » allemands qui trouvent que l’on abuse un peu et que l’on pousse le bouchon trop loin !

Ainsi la BNP profiterait de cette facilité à hauteur de 44,5 milliards d’euros, la Société Générale emprunterait elle environ 35 milliards d’euros, 35 milliards d’euros pour Dexia (la banque qui a tout ratée sauf les stress tests), AXA qui en aurait pour à peu près 27 milliards d’euros, le Crédit Agricole pour 25 milliards d’euros, et le Crédit Mutuel pour 21 milliards Natixis… on doit bien en oublier quelques-unes…

Le Système bancaire français est solide !

Quand je repense à ce Cas-huzac qui a osé mentir dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale « droit dans les yeux »… vous vous rendez-compte ? Quelle honte, quel scandale. Je me souviens bien du Ministre Moscovici disant (mais c’était à la télé donc là sans doute que l’on a le droit de mentir) que le modèle de banques universelles à la française était excellent, qu’il était le meilleur, qu’on était les plus fort. Ho, rassurez-vous, il n’y a pas que Mosco, tous ceux d’avant nous tiennent le même discours depuis cinq ans.

Donc les banques françaises sont tellement fortes que l’on est en train de les recapitaliser indirectement pour presque 200 milliards d’euros dans le dos de nos partenaires et avec l’aimable complaisance du gouverneur Draghi qui du coup me devient plus sympathique.

Imaginez un instant que ces sous doivent sortir du budget de l’état c’est-à-dire de vos impôts et là vous voyez mieux l’ampleur du problème.

De surcroît  il serait logique que nous ayons à un moment ou à un autre un gros problème avec l’une de nos grosses banques… (mais on attendra le 23 septembre 2013 pour le dire).

L’euro va bien exploser

L’euro va bien finir par être reconfiguré (je vous rappelle que l’on ne prononcera pas le mot explosion, comme récession on inventera un autre concept positif du genre croissance négative).

La France retrouvera peut-être son franc et l’Allemagne son Mark, mais avant cela on passera sans doute par une étape intermédiaire avec un euro faible du Sud et un euro fort du Nord. Lorsque notre pays se retrouvera avec l’euro faible dans la même position actuelle que l’Allemagne avec la monnaie unique, nous finiront par lacher les autres mauvais… puisque nous serons les moins pires.
Mais pour le moment la France n’a pas retrouvé sa monnaie. Non nous ne battons pas monnaie. C’est bien la BCE qui créée la monnaie à la plus grande fureur de notre partenaire allemand qui va bien finir par en mettre quelques-uns dehors ou par se sortir eux-mêmes.

Nous n’y sommes pas encore. Mais nous y viendrons, sans doute après le 22 septembre date des élections allemandes que je vais vous rabattre les oreilles pendant les prochains mois, car c’est une échéance clef.

D’ici là on va encore essayer de gagner un peu de temps en espérant que tout cela tienne. Après ce sera l’hallali !

Charles SANNAT

Article du Yeti sur Rue89… j’aime ses articles et son travail, mais notre ami va trop vite en besogne sur cette affaire… ce qui ne changera rien à l’issue finale

Idem sur Agoravox

L’article complet de Paul Krugman… le titre n’a rien à voir avec les idées développées…. surprenant!

Document de la Banque de France sur le système STEP

Document de la BCE sur le système STEP

Article de l’AGEFI sur le système STEP

Philippe Béchade : « Plus personne ne nie que c’est la Fed qui tire les marchés depuis le début »

« Des cours qui montent et des prix qui mentent. On vit dans un mensonge et c’est ça qui m’est insupportable ».

Sur l’Irlande :

« C’est un scandale absolu…l’Irlande a obtenu 28 milliards d’euros pour renflouer ses banques. Comment les a-t-elle obtenus ? En faisant un chantage au risque systémique. Et la BCE a cédé… » L’origine du problème étant le dumping fiscal que pratique l’Irlande, « en quelque sorte, en donnant 28 milliards à l’Irlande, la BCE sponsorise, à l’intérieur même de l’Europe, un dumping fiscal qui s’exerce au détriment de la France, de l’Espagne, de l’Italie, etc. C’est incroyable ! »

Source

Philippe Herlin : Les banques européennes toujours sous perfusion de la BCE

Nous avons déjà expliqué que le risque bancaire en Europe demeure élevé (lire cet article). Un autre élément est à prendre en compte, et qui montre la profondeur de la crise : le marché interbancaire ne fonctionne toujours pas, les banques européennes sont toujours sous perfusion de la BCE !

Pour faire face au blocage du marché interbancaire et au risque de faillite de banques, la BCE avait réalisé deux prêts géants, en décembre 2011 et en février 2012, d’un montant total de 1000 milliards d’euros sur trois ans à 1% l’an (les LTRO, Long Term Refinancing Operation). Un vrai cadeau dont avaient profité plus de 500 banques européennes.

Cette planche à billets géante avait apporté une réelle détente sur les taux des dettes souveraines italienne et espagnole. La plupart des dirigeants politiques et des éditorialistes en avaient conclu que la crise était terminée… Non, elle était suspendue.

Le secteur bancaire et les autorités européennes expliquent que la crise est passée, d’ailleurs certaines banques ont commencé à rembourser par anticipation ces LTRO, expliquent-ils. Mais il faut remettre les choses en perspective, pour l’instant seuls 212 milliards d’euros ont été remboursé, soit un cinquième de la somme totale, et le rythme se ralentit, ce qui ne manque pas d’inquiéter. Les analystes de Citi jugent ce ralentissement décevant et considèrent que cela pourrait jeter le doute sur les perspectives des systèmes bancaires en Europe.

Même si la BCE n’a pas communiqué quelles banques avaient emprunté et combien, on sait que les pays du sud (Espagne, Italie, Portugal, Grèce) avaient largement profité de cette manne. Mais leur situation ne cesse de se dégrader ! La proportion des prêts en défaut grimpe dangereusement, et cela les banques peuvent le masquer un temps mais pas éternellement. On peut être certain que les banques de ces pays ne rembourseront pas ces LTRO avant terme, et d’ailleurs le pourront-elles à l’échéance ? Ce n’est même pas sûr et la BCE sera certainement obligée de faire à nouveau du quantitative easing.

Elément d’incertitude supplémentaire : la situation semble bloquée en Italie suite aux dernières élections où aucune majorité claire ne s’impose. Et rappelons que plus de la moitié des voix s’est portée sur des candidats qui veulent sortir de l’euro (Silvio Berlusconi et Beppe Grillo) !

Si seules les banques en bonne santé remboursent les LTRO par anticipation (un cinquième de la somme totale on le rappelle), il faut s’inquiéter. Quoi qu’il en soit, le système bancaire européen reste entièrement dépendant de la BCE pour fonctionner au jour le jour, et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Source

Les liquidités de la BCE continuent de soutenir le système bancaire

Les remboursements de 61 milliards d’euros prévus cette semaine pour la deuxième opération de LTRO seront inférieurs aux attentes

Certaines banques ne sont pas prêtes à dépendre entièrement des marchés financiers pour se refinancer. 356 banques de la zone euro rembourseront la semaine prochaine 61 milliards de fonds empruntés à la Banque centrale européenne dans le cadre de sa seconde opération de refinancement à 3 ans (LTRO) réalisée en février 2012, a indiqué l’institut d’émission. C’est près de deux fois moins que ce qu’avaient anticipé les marchés. Il y a tout juste un an, 800 banques avaient emprunté 529,5 milliards d’euros. Les analystes de Citi jugent cette annonce décevante étant donné que les banques présumées les plus solides de la zone euro étaient parmi les plus gros emprunteurs lors de cette deuxième opération.
En outre, ils considèrent que cela pourrait jeter le doute sur les perspectives des systèmes bancaires en Europe, et plaider en faveur de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire de la part de la BCE. Sur la base de la première tranche de remboursement de ce deuxième LTRO, JPMorgan souligne que les banques des pays coeur de la zone euro auraient dû rembourser quelque 160 milliards d’euros, et les banques espagnoles 30 milliards d’euros supplémentaires. Les remboursements réalisés dans le cadre de cette deuxième opération de refinancement seraient donc essentiellement le fait de banques de tailles plus modestes du coeur de la zone euro.
Les analystes de JPMorgan soulignent que les incertitudes entourant les élections italiennes pourraient justifier en partie la réticence des banques à rembourser, non seulement pour ce qui concerne les banques italiennes mais aussi d’autres établissements des pays coeur et périphériques. Selon eux la Banque de France et la Banque d’Italie pourraient aussi avoir poussé les banques qu’ils régulent à ne pas tout rembourser immédiatement.
Le système bancaire de la zone euro reste donc largement excédentaire en liquidités. La BCE a également indiqué que neuf banques rembourseraient la semaine prochaine 1,74 milliard d’euros de prêts contractés dans le cadre de la première opération de LTRO réalisée en décembre 2011. Le montant total de ces remboursements s’établit à 212,3 milliards d’euros, soit environ 21% sur les 1.020 milliards d’euros empruntés à la BCE dans le cadre de ses deux opérations de LTRO.

Agefi

Le summum de la confusion entre la finance virtuelle et l’économie réelle ! (P. Leconte)

« Nous sommes parvenus au summum de la confusion. Plus aucun marché financier n’a actuellement de sens puisqu’il n’y a plus de marché libre sur lequel l’offre et la demande non faussées peuvent se confronter, dans la mesure où ce ne sont plus que quelques acteurs dominants monopolistiques qui dictent leur lois et que la finance se résume à une manipulation globale permanente contradictoire des variables monétaires et des taux d’intérêt par quelques banques centrales en conflit les unes contre les autres pour obtenir le maximum de baisse de la monnaie que chacune d’entre elles émet (à des fins supposées de relance de leurs économies en situation réelle calamiteuse). Sauf la BCE qui, sous la pression de la Bundesbank et du gouvernement allemand (qui savent qu’une monnaie forte est un facteur positif dans la durée), est satisfaite de laisser l’euro s’apprécier (et ainsi de retrouver sa crédibilité bien écornée en 2011-2012).

Dans de telles conditions, tout et le contraire de tout peut se produire. Un seul conseil: vendez ou arbitrez obligations comme actions et placez vos avoirs liquides: 1/3 en cash (euros et francs suisses seulement), 2/3 en en métaux précieux (or, argent-métal, platine et palladium en options, à terme, ETF ou physique, mais surtout pas en actions des sociétés minières). Oubliez tout le reste et ne ré-ouvrez vos écrans que dans quelques semaines quand tout ce cirque aura accouché soit d’un effondrement global, soit d’une stabilisation, soit d’une nouvelle embellie, qui dans chacune des trois hypothèses vous aura probablement permis de sauver votre capital via les instruments que nous recommandons ci-dessus !

 

Vous trouverez peut-être notre attitude exagérée mais, quand on ne peut plus faire de prévision rationnelle parce toute rationalité est devenue absente, on s’abstient au lieu de vouloir paraitre plus malin que les autres ! Absolument personne n’est plus actuellement en mesure de prévoir quoi que ce soit à court terme, mis à part la faiblesse globale du dollar US index, et ceux qui disent le contraire ne sont pas sérieux.

La guerre des monnaies fiduciaires via les dévaluations dites “compétitives” est l’élément le plus négatif possible pour les actifs financiers de papier mais pas pour les actifs réels. Quant au “Central Monetary Planning” de type soviétique visant à SUPPRIMER les prix justes des métaux précieux, des actions et ou obligations, pour faire baisser les premiers et faire monter les secondes, mis en œuvre par la Federal Reserve US et quelques unes de ses acolytes, il se retournera nécessairement contre elles parce qu’elles n’ont pas assez de “biens capitaux” réels pour maintenir artificiellement tout cela et que créer toujours plus de fausse monnaie n’a jamais assuré aucun système économique, monétaire, bancaire ou de marchés financiers ! Le pays le plus riche du monde c’est l’Allemagne, qui pratique le plus possible l’orthodoxie monétaire et budgétaire, pas le Zimbabwe, qui pratique la création monétaire et le crédit extrêmes, hélas devenu le modèle des USA ! La réélection d’Obama à la présidence US et le maintien de Bernanke à la direction de la FED seront un jour, lorsque l’on écrira l’histoire vraie de la période actuelle, considérées comme LES DEUX PLUS GRANDES CATASTROPHES DU XXIe siècle.

Le grand Ludwig von Mises écrivait à ces propos dans *L’action humaine” (le meilleur livre d’économie jamais écrit dont la traduction en français est disponible sur internet) :

« Il faudra bien que l’on comprenne que les tentatives d’abaisser artificiellement, par l’extension du crédit, le taux d’intérêt qui se forme librement sur le marché ne peuvent aboutir qu’à des résultats provisoires et que la reprise des affaires, qui intervient au début, sera forcément suivie d’une rechute profonde, laquelle se traduira par une stagnation complète de l’activité industrielle et commerciale… Un boom d’expansion du crédit doit inévitablement conduire à un processus que le discours commun appelle dépression… La dépression n’étant en fait qu’un processus de réajustement, de remise en ligne des activités de production avec l’état réel des données du marché… Toute tentative de substituer des moyens fiduciaires à des biens capitaux inexistants est vouée à l’échec Il n’y a aucun moyen de soutenir un boom économique résultant de l’expansion à crédit. L’alternative est ou bien d’aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de la création monétaire, ou bien à une crise plus tard avec l’effondrement du système monétaire qui est en cause Le résultat de l’expansion du crédit est un appauvrissement général… ». D’où sa conclusion dont on peut vérifier tous les jours l’évidence : « Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales » ! »

Pierre Leconte, Forum monétaire de Genève, le 27 janvier 2013

Italie: une banqueroute de Monte dei Paschi menacerait l’Europe.

Article lu sur le Monde

On savait que Monte dei Paschi, la grande banque de Sienne, la troisième d’Italie, était en difficultés. Mais ce n’est pas pour participer  à un des somptueux diners donnés dans le superbe Palazzo Salimbeni par cette institution que Mario Draghi s’est envolé ce soir pour l’Italie. Mont de Piété créé en 1472 par les magistrats siennois, elle a pour principal actionnaire une fundazione aussi prestigieuse que peu transparente. AXA en est le troisième actionnaire avec plus de 3% du capital.

C’est au chevet de cette institution systémiquement importante pour l’Europe et le monde bancaires, que le Président de la BCE se rend, à en croire le Financial Times. Une réunion au sommet est en effet convoquée à Rome ce mardi. C’est que la faillite de la BMPS serait une catastrophe à plusieurs niveaux.

Produits dérivés, acquisition surpayée et obligations souveraines

La cause de la culbute est complexe ;  un scandale autour d’activités de la banque en produits dérivés, des opérations appelées Santorini et Alexandria, dont les contreparties sont Deutsche Bank et Nomura.

Elle est accusée d’avoir camouflé 820 millions d’euros de pertes avant l’intervention de sauvetage du Gouvernement, avec l’approbation de la fundazione.

Il y eut surtout une acquisition en 2007 pour de Banca Antonveneta : 9 milliards d’euros. Elle avait payé à Santander (qui l’avait achetée récemment a ABN Amro) une prime de 2,4 milliards. La même erreur que Royal Bank of Scotland et Fortis, au même moment : la crise des subprimes avait déjà commencé depuis mai 2007. La supervision de cette opération et de la banque était exercée par le Gouverneur de la Banca d’Italia, Mario Draghi. Il n’avait paraît-il pas le pouvoir d’arrêter l’acquisition fatale.

BMPS détient en plus des montants importants en obligations d’Etat italiennes, qui, elles aussi, ont perdu leur valeur.

Les conséquences d’une faillite pour les banques, l’Italie, et l’Europe seraient létales

  • Elle entrainerait une faiblesse contagieuse des deux autres grandes banques italiennes, Unicredit et  Intesa San Paolo, ainsi que du réseau de caisses d’épargne du pays. Ce faisant, elle menacerait l’ensemble du secteur bancaire européen à travers le marché interbancaire et provoquerait une crise de liquidité. Parmi elles, un montant substantiel prêté à 1% à 3 ans au début de 2012 par la Banque Centrale Européenne. Ancien Gouverneur de la Banca d’Italia, Mario Draghi connaît parfaitement les fils qui lient les institutions bancaires de son pays avec l’Europe et le reste du monde.
  • Une panique entrainerait un effondrement des obligations souveraines italiennes qui s’étaient améliorées suite à l’engagement pris par la BCE de soutenir l’Italie et l’Espagne. Cet engagement a rassuré, mais n’a pas encore été exécuté. Face à un risque de 2.000 milliards d’euros de titres du Tesoro italien, la BCE pourrait se trouver elle-même en difficulté, vu son bilan déjà largement surexposé en créances bancaires de l’Europe du Sud.
  • L’affaire ne s’arrêterait pas à l’Italie : la France serait aux premières loges, et en particulier BNP Paribas, qui détient la Banca Nazionale del Lavoro, elle-même la quatrième banque du pays et qui célèbre son centenaire en 2013. Qui plus est, on voit mal comment un effondrement de la dette italienne n’affecterait pas d’autres pays européens, relançant une spéculation contre les obligations souveraines.

Ce scenario pourra-t-il être évité ?

La MPS a perdu 91% de sa capitalisation boursière en cinq ans. Elle est de 3 milliards d’euros pour des fonds propres de 17 milliards, soit moins de 20%. Son nouveau Président, Alessandro Profumo, ancien patron de la banque Unicredito, cherche désespérément un investisseur stratégique. On cite JP Morgan, Deutsche Bank ou Nomura.

La Banca d’Italia a décidé samedi d’augmenter un prêt obligataire de sauvetage à 3,9 milliards d’euros. Ce prêt fait déjà hurler dans la péninsule. Mais la banque centrale n’a pas le choix.

Les moyens de cette banque centrale et de la BCE permettront-ils d’endiguer une possible banqueroute ? Il faut le souhaiter. Même si l’on y arrive sans qu’une panique éclate, il ne faudra pas oublier que, malgré quelques mois de répit, l’Europe reste vulnérable à la faillite de l’une quelconque de ses grandes banques, surtout lorsqu’elle est située dans un pays qui a une dette publique de 120% du Produit Intérieur Brut. La combinaison d’une grave faiblesse bancaire dans un pays surendetté peut être létale.

Décidément, la planche sous les pas de Mario Monti semble bien savonneuse. A coté de cette crise, la course du Palio entre les contrade (paroisses) siennoises est un  jeu d’enfant. Dans le contexte italien, à trois semaines des élections, l’ancien Ministre des Finances italien de l’époque, Giulio Tremonti, nommé par Silvio Berlusconi, se demande publiquement comment Mario Draghi, proche de Mario Monti, a pu commettre une telle bévue. Mais c’est Silvio Berlusconi qui a refusé à Mario Draghi le droit de démissionner le conseil de BMPS.

E la nave va…

Hans Werner Sinn : L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro.

Lu sur le blog d’Olivier Demeulenaere

« Il est difficile de contester la compétence de Werner Sinn. On est loin des ronrons politiciens ou des phrases creuses des officiels. Président de l’IFO allemand de recherche économique, il a toutes les distinctions imaginables dans son pays. Chaire d’Economie et de Finances Publiques à l’Université de Munich, chercheur invité à la London School of Economics, à Princeton, à Stanford, etc.

Il vient de republier un entretien dans le Handelsblatt. Comme on en parle peu, nous en profitons pour combler cette lacune et rappeler ses positions : Ce sont celles de quelqu’un qui a accès à toutes les informations, même celles que l’on cache, et qui ne pratique pas la langue de bois. Il est l’ennemi de la bien-pensance européenne. Vous ne lirez pas cela chez les économistes payés par les banques ou dans les médias.

Si on lui demande est-ce que la politique de la BCE est efficace, il répond : «Tout ce que Draghi a fait, c’est d’expliquer aux investisseurs, aux banques, aux hedge funds que les contribuables des pays encore sains allaient payer et faire en sorte que eux puissent faire leur plein sur leurs créances »

Sur la fameuse Banking Union scélerate : « Cela collectivise les dettes des banques. Ces dettes sont trois fois supérieures à celles des souverains. Ce sont normalement les créanciers qui devraient supporter les pertes, pas les contribuables, pas les retraités, pas les épargnants. Les banques devraient être autorisées à faire faillite. L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro. Elle ne va bénéficier qu’aux financiers de Wall Street, de la City et à quelques institutions financières allemandes. Les banques continuent à fonctionner sur le dos des citoyens sous couvert de la solidarité ».

Nous ne pouvons qu’applaudir la démystification de cette solidarité que l’on nous jette au visage !

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Sur l’Espagne : « La dette extérieure de l’Espagne est supérieure à toute la dette des pays en crise réunis , avec un chômage aussi gros que la Grèce. C’est une terrible combinaison. »

Cela fait plusieurs années que Sinn alerte sur ce qu’il appelle le scandale des soldes Target 2 de la Bundesbank (le système Target 2 est le système de paiement interbancaire de la zone euro). Avant la crise, Continuer la lecture de Hans Werner Sinn : L’Union Bancaire ne sauvera ni l’Europe ni l’Euro.

La BCE : «Baissez les salaires pour préserver l’euro» (vidéo)

Alors que les média nous divertissent avec des débats stupides sur la TVA et la compétitivité, alors que Montebourg fait le malin en marinière, les technocrates de l’Europe organisent la baisse des salaires pour sauver l’Euro!

c’est un  papier daté d’octobre du site Mediapart qui nous a mis la puce à l’oreille. Cet article cite une dernière étude de l’UE dans laquelle on peut lire:

« La BCE (préconise) l’ajustement des salaires aux conditions du marché … Des réformes importantes et approfondies du marché du travail sont donc nécessaires pour accroître la flexibilité de l’emploi et des salaires dans la zone euro afin de réduire le risque d’une montée persistante d’un chômage structurel et d’une baisse de la croissance potentielle« .

Traduisez: l’UE va exécuter d’ici peu le Contrat à Durée Indeterminée en France…et Hollande va devoir accepter une libéralisation du marché du travail.

Cette étude confirme ce qu’annonçaient il y a quelques semaines la directrice du FMI Christine Lagarde ( Compétitivité : l’aveu de Mme Christine Lagarde » il faudra baisser les salaires ».) et, en mars dernier, en pleine campagne électorale, le Chef économiste du crédit agricole, Nicolas Doisy.

C’est regrettable pour François Hollande mais la nécessité d’une libéralisation du marché du travail est le résultat direct d’une appartenance de la France à la zone euro. Aussi ne peut-on avoir l’une sans avoir l’autre.

ça revient à réduire un certain nombre de garanties dont bénéficient les titulaires de CDI, et donc à imposer plus de flexibilité sur les travailleurs.


 
Voir notre article : Europe: Hollande a déjà perdu, Merkel lui dit « Nein ».

Pendant ce temps on ouvre la porte aux Roumains et aux Bulgares. Bienvenue dans l’Europe de la baisse des salaires et du pouvoir d’achat ». Lire ici la Tribune sur l’ouverture des postes français aux Roumains et Bulgares: « le gouvernement vient d’élargir la listes des métiers que peuvent exercer en France les ressortissants Roumains et Bulgares. Pour ces métiers, ils pourront bénéficier de la règle la « non opposition de l’emploi »« .

On vous le répète, la France est coincée dans le carcan européen et l’euro. Il n’y a que deux solutions pour sortir de la crise:

– Soit aller vers une europe fédérale avec un gouvernement européen. Dans ce cas, on perd l’ensemble de nos souverainetés et notre modèle social. Cette solution se fera au prix d’une grosse casse, mais l’Europe fédérale sera enfin une réalité et l’euro pourra peut-être survivre. C’est cette solution qu’ont choisi les socialistes et l’UMP. Continuer la lecture de La BCE : «Baissez les salaires pour préserver l’euro» (vidéo)

Quand la BCE organise la faillite souveraine

Petite précision à l’article qui suit. Le journaliste écrit :

“Supposons que l’Espagne signe un accord MES avec l’Europe le 1er janvier 2013. La BCE va lui prêter des fonds sous forme de rachat de dette souveraine sur le marché.”

Il faut préciser qu’il s’agit du marché secondaire, donc l’argent déboursé par la BCE ne va pas à l’Espagne, mais à ses créanciers. En effet, tout achat par la BCE de sa dette sur le marché primaire, c’est à dire directement à l’Espagne serait considéré comme un financement par la BCE du déficit espagnol, ce qui est littéralement interdit par le traité européen.

Par Jacques Delpla

La restructuration des dettes souveraines excessives en zone euro est pour bientôt : c’est la Banque centrale européenne qui va la déclencher. Comment ? Avec son programme de rachat de dettes souveraines (OMT – « outright monetary transactions ») annoncé en septembre.

 

L’OMT est officiellement un mécanisme destiné à renforcer la liquidité des dettes souveraines via des rachats de dette par la BCE. Mais il est assorti d’une condition forte : le pays bénéficiaire doit signer un accord de réforme avec l’Europe (MES, Mécanisme européen de stabilité). C’est cette signature qui déclenchera la restructuration des dettes.

Revenons à la jurisprudence des restructurations des dettes souveraines depuis soixante ans. Quand un pays pauvre fait appel au FMI et aux Etats riches pour surmonter une crise financière grave, il signe un accord avec le FMI, qui stipule les mesures correctrices à entreprendre. En échange, le FMI et les Etats riches lui prêtent des fonds en urgence.

Si, quelques années après, il apparaît que le pays en détresse est incapable de rembourser ses dettes, alors sa dette souveraine est traitée au sein du Club de Paris. Là, les Etats créanciers coupent en deux la dette souveraine du pays en détresse : celle émise après la signature de l’accord FMI est considérée comme senior, intouchable et ne sera pas restructurée, celle émise avant l’accord FMI est considérée comme junior et sera restructurée – en général avec une très forte perte. Continuer la lecture de Quand la BCE organise la faillite souveraine

Jacques Sapir : « l’annonce de Mario Draghi est une capitulation en rase campagne »

Article lu sur Marianne

Jeudi dernier, la Banque centrale européenne a annoncé qu’elle rachèterait « sans limite » un certain nombre d’obligations (celles de un à trois ans) des pays en difficulté de la zone euro. Cette décision a été saluée comme décisive. Qu’en pensez-vous ?

Mon appréciation n’est pas très positive. La déclaration de Mario Draghi a été vivement saluée dans la presse. Mais quand vous lisez le communiqué -extrêmement précis- publié par la BCE, vous vous apercevez de plusieurs choses.

Tout d’abord, la BCE s’engage à faire des rachats pour les pays qui le sollicitent. Il n’est pas question d’intervenir sans qu’il y ait une demande du pays concerné, laquelle demande implique que le pays passera sous les fourches caudines des programmes dits « d’ajustement structurel », via le FESF (fond européen de stabilité financière) ou le futur MES (mécanisme européen de stabilité). Le rachat de titres de dettes se fera donc sous conditions. Il est primordial de le noter : cela viendra renforcer les politiques d’ajustement déjà menées dans toute l’Europe du Sud.

Ensuite, tout rachat devra se faire dans le cadre d’une opération de « stérilisation ». En effet, la BCE ne veut pas accroître le montant des liquidités qui circulent sur le marché. Autrement dit, chaque fois qu’elle injectera des liquidités sur des titres publics, elle en retirera sur des titres privés, qu’elle revendra. Ainsi, nous avons là un mécanisme qui va soulager les États, mais qui va durcir la question de la liquidité en circulation dans le secteur privé, donc les conditions de l’accès au crédit pour les entreprises.

On en vient donc au troisième point : tout cela implique que les rachats de dette publique, contrairement à ce qu’a dit Monsieur Draghi, ne seront pas illimités. Car le montant des rachats de dette publique que pourra faire la BCE sera strictement limité par le montant de la dette privé qu’elle détient aujourd’hui.

Quatrième point : la BCE ne rachètera que des obligations d’une durée de vie de un à trois ans. La conséquence en sera l’incitation, pour les pays, de raccourcir le délai de maturité de leur dette. Prenons l’exemple français. Continuer la lecture de Jacques Sapir : « l’annonce de Mario Draghi est une capitulation en rase campagne »