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Tribune de Louis Aliot pour Causeur : Pour une majorité euro-réformiste et patriote au Parlement européen

C’est fait. Le Mouvement 5 étoiles et la Ligue sont à quelques heures de gouverner l’Italie ensemble. La troisième économie de la zone euro se dote donc d’un gouvernement qui ne fait pas mystère de sa volonté de changer l’Union européenne. Nous vivons un moment historique. Une tribune de Louis Aliot.

Un grand mouvement se dessine sur le continent européen, consacrant des formations politiques désireuses d’adapter nos institutions aux nouveaux paradigmes et aux dangers contemporains, faisant le constat que cette Union européenne ne protège plus les peuples européens, les laissant sans défense face à la mondialisation de fait des échanges commerciaux et humains. Tant la coalition de droite en Autriche, réunissant les conservateurs de Sebastian Kurz au FPÖ, que les dirigeants des différents pays du Cercle dit de Visegràd réélus ou élus dans un fauteuil en Hongrie comme en République Tchèque, les socio-démocrates danois opposés à l’immigration, ou bien encore l’alliance italienne, montrent qu’une autre Europe et possible. Mieux, que de nombreux Européens l’espèrent.

 Toutes les propositions européennes que Macron a portées se sont heurtées à des refus.

Et nous, Français, où en sommes-nous ? Le Président Macron émet des réserves sur l’Union européenne, s’emporte bruyamment dans les médias, sans toutefois tirer les conclusions qui s’imposent, ni même prendre conscience du fait que les dernières évolutions du paysage politique continental lui rendent insurmontable la tâche qu’il s’est fixée.  Toutes les propositions qu’il a portées se sont d’ailleurs heurtées à des refus. Les listes transnationales aux élections européennes ? Niet. Le budget de l’Eurozone ? Les Allemands n’en veulent pas, tout comme d’autres chancelleries. La mutualisation des dettes ? Idem. La réforme du travail détaché ? Réduite au strict minimum.

Qu’un président célèbre le couple franco-allemand peu de temps après la cession de la branche transport d’Alstom à l’allemand Siemens avait un je-ne-sais-quoi d’indécent

L’agitation et les grands discours volontaristes sur un ton aussi Continuer la lecture de Tribune de Louis Aliot pour Causeur : Pour une majorité euro-réformiste et patriote au Parlement européen

Méric : ce que dit vraiment pour de vrai la vraie vidéo. Certaines preuves dérangent. Pourquoi ?

Texte de Causeur

Je ne sais pas si la police partage les interprétations tirées par RTL de la vidéo du meurtre de Clément Méric, mais je sais qu’elle ne partage pas celles de Libération.
Le brave quotidien de gauche hollandiste se fendait hier d’un article tortillard pour essayer de démonter, sous un titre accrocheur, ce que révélait le matin même RTL et ce que nos propres sources policières nous avaient confirmé il y a déjà trois jours :

que la vidéo de la RATP, qui n’est certainement pas au ras du bitume, mais qui permet clairement d’identifier les combattants, joue clairement en défaveur du groupuscule d’extrême gauche.

Ces images infirment donc définitivement la thèse hurlée sur toutes les ondes par une gauche de bonne conscience, Jean-Luc Mélenchon en tête, d’un malheureux Clément Méric victime d’un « assassinat », donc d’un meurtre avec préméditation.

(…) Si l’on se résume, et toujours selon la police, Clément Méric et ses amis, cornaqués par un antifa dur-à-cuire réputé pour sa pratique des sports de combat, étaient venus spécialement à la vente privée de la rue Caumartin pour en découdre. C’est-à-dire que s’il y a eu préméditation, elle était de leur côté. Dans la boutique même, ils commencent à prendre à partie des skins peu soucieux d’en venir aux mains qui en appellent à la sécurité. Celle-ci expulse les chasseurs de skins qui, têtus, se postent en bas, dans la cour, en attendant leur proie. Quand celle-ci arrive, une deuxième fois elle requiert les services des videurs qui éloignent à nouveau Clément Méric et ses camarades. Et c’est quand les skins, rassurés, se dispersent que, dissimulée un peu plus loin dans la rue, la bande d’extrême gauche tombe à bras raccourcis sur l’un d’eux. Les autres, alertés, rappliquent : une bagarre d’une « violence extrême », selon la police, se déclenche. La tragédie se noue : alors qu’Esteban Morillo lutte contre deux assaillants, Clément Méric tente de le frapper par derrière. Morillo se retourne et lui assène deux coups en pleine figure mais, et les images le confirment, c’est sans poing américain. D’ailleurs, quand les policiers perquisitionneront chez lui, il en découvriront deux, l’un vert fluo qui serait parfaitement identifiable sur une vidéo, l’autre clouté, dont les marques auraient été trouvées sur le visage de Méric s’il avait servi.

Un Méric qui, toujours selon nos informations, portait pour sa part un protège-dents, accessoire peu usité quand on est en mode shopping. La vidéo permet aussi de savoir Continuer la lecture de Méric : ce que dit vraiment pour de vrai la vraie vidéo. Certaines preuves dérangent. Pourquoi ?

Depardieu, contribuable sans frontières

Lu sur Causeur

Quel beau spectacle que celui de la vertu ! Et qu’il est réconfortant d’observer l’altruisme en actes ! De Michel Sardou à Jean-Luc Mélenchon en passant par Line Renaud, qu’elle est admirable, la France réconciliée, par la grâce – et sur le dos – de Gérard Depardieu. “Minable”, décrète l’un, Premier ministre tout de même. “Déchéance personnelle”, renchérit l’autre. Retirons-lui la nationalité française, clame le troisième, député, en arguant du fait qu’aux Etats-Unis, Depardieu devrait s’acquitter du différentiel d’impôts économisé en franchissant une frontière. Il est assez savoureux qu’un élu de la République réclame la sanction nucléaire pour un citoyen français qui a transgressé la législation américaine. On se demande où sont passées nos grandes consciences, si sourcilleuses sur l’esprit du droit et les valeurs de la République quand Nicolas Sarkozy proposait, à tort d’ailleurs, de déchoir de leur nationalité française les tueurs de flics : à l’époque, ce fut un beau charivari, un festival de “Vichy is back !” et de “la République est en danger”. La proposition de Yann Galut, aussi sotte soit-elle, n’a pas suscité le même tollé. Il faut croire que pour mes concitoyens, l’égoïsme est pire que le crime – puisque l’égoïsme est la seule chose que l’on pourrait éventuellement reprocher à Depardieu.

On suppose que les indignés qui glapissent aujourd’hui font toujours et en toutes circonstances prévaloir l’intérêt général sur leur intérêt particulier. C’est que, comme le disait drôlement Luchini sur le plateau de Michel Drucker, ces gens-là aiment donner. Pas comme Depardieu, qui affirme avoir payé 145 millions d’euros d’impôts en 45 ans, mais quand on pense à tout ce qu’il a gardé pour lui, il n’y a rien à dire, c’est un salaud.

Il n’aura échappé à personne qu’à la différence d’un Omar Sy ou d’un Yannick Noah, parfaitement cashers-de-gauche, Depardieu ne cachait pas sa sympathie pour Nicolas Sarkozy. Non ce n’est pas suspect, c’est logique: il aime Sarko, il aime l’argent. Les autres aiment leurs enfants, c’est pour ça qu’ils tentent de préserver leur patrimoine.

Chacun étant occupé à se refaire la cerise morale sur le dos du nouvel ennemi public, un certain nombre de questions sont restées sans réponse. À défaut d’y répondre, on tentera au moins de les exposer.

Primo, il me revient avoir appris à l’école qu’un bon impôt était celui qui rapportait. Et peu de temps avant l’élection présidentielle, François Hollande estimait, dans un entretien avec Edwy Plenel, que le taux de 75 % était confiscatoire. Autrement dit, si le taux actuel d’imposition fait fuir ceux qui ont les moyens de fuir, ne faudrait-il pas, au-delà des bons sentiments, s’interroger sur l’efficacité d’une politique fiscale qui aboutit à de tels résultats ?

Deuxio, ce gouvernement n’ayant pas grand-chose de nouveau à proposer en guise de politique, n’est-ce pas une vieille lune de la gauche de s’en prendre aux deux cents familles, au mur de l’argent et autres profiteurs – comme s’il suffisait, à défaut de faire payer Depardieu, de l’insulter, pour que tout aille mieux ? Bref, le cocktail ‘”mariage gay + sus aux riches !”, peut-il tenir lieu d’identité à la gauche ? (On dirait que oui, mais j’ai promis de ne pas répondre….)

Tertio, il est franchement rigolo que ces gens qui ont gravé dans le marbre la vision européenne de la concurrence et l’abolition des frontières découvrent aujourd’hui que les causes qu’ils chérissaient produisent des effets qu’ils détestent. Depardieu leur fait un pied de nez en se déclarant citoyen du monde ? Mais qui a inventé ces sornettes sinon ceux qui nous gouvernent ? De plus, a-t-on assez entendu, à gauche, que la France était un pays détestable, colonialiste et raciste: et c’est pour ce pays que Depardieu et les autres devraient se mobiliser ? Peut-on expliquer dans la même phrase qu’acheter français, comme le préconise Montebourg, est xénophobe mais que payer ses impôts en France est patriotique ?

Enfin, il y a quelque chose de sinistre dans l’emploi abondant qui est fait de la devise républicaine, alors même que son premier terme semble avoir disparu. En effet, les intransigeants défenseurs de 1789 semblent oublier que le premier mot inscrit au fronton des mairies est “liberté” – et Depardieu n’a fait qu’exercer la sienne. En revanche, ils adorent brandir la fraternité et l’égalité pour condamner leurs semblables. Au point que des esprits simples finiront par se demander si l’une et l’autre ne sont pas simplement les alibis du plus “minable” des ressentiments.