Archives par mot-clé : chine

Olivier Delamarche: Mais qui va nous acheter des biens et des services ???

Après plusieurs mois d’une reprise annoncée par les organismes comme l’OCDE, des doutes s’installent. Pour Olivier Delamarche, ces chiffres là, issus de prévisions, n’ont jamais été corrects. « La reprise on ne la voit pas dans les vrais chiffres. »

Pour notre Econoclaste, même si l’euro a baissé vis-à-vis de quelques devises et qu’on pourrait par conséquent s’attendre à une amélioration du chiffre des exportations européennes, l’absence de croissance dans les autres pays fait que tout cela n’impactera pas la croissance des pays de la Zone Euro. « On voit qu’il n’y absolument pas de croissance chinoise. On voit les importations chinoises s’effondrer. On voit les importations japonaises s’effondrer aussi. On voit les Etats-Unis qui ralentissent fortement. D’où va venir la croissance ? Qui va nous acheter des biens et des services ? Personne. »

Au final les résultats sur les entreprises européennes sont dus en très grande partie à l’effet de change. Ce sont donc des résultats comptables.

« Sur les résultats des entreprises (la baisse de l’euro) va vous faire une progression, mais une progression qui sera purement comptable. C’est-à-dire quand (les entreprises) vont rapatrier des bénéfices qui sont faits en dollars, cela fera plus d’euros dans leur portemonnaie. Ce n’est pas une amélioration des marges ou du chiffre d’affaire. »

La décorrelation des prix avec leurs fondamentaux qui devient de plus en plus importante nous amènera donc forcément à un point de rupture. Il y aura alors un retour brutal à ces valeurs pour Olivier Delamarche mais à une date inconnue parce que pour l’instant « les marchés ont décidé de jouer l’arrivée massive et permanente de capitaux pour faire mumuse et aujourd’hui c’est la seule chose qui fait monter les marchés. »

« Aujourd’hui on a une croissance américaine qui a toujours été basée sur la même chose, Continuer la lecture de Olivier Delamarche: Mais qui va nous acheter des biens et des services ???

Marine Le Pen dit-elle vrai sur les pressions de General Motors sur PSA ?

France info s’intéresse à la vérité quand c’est trop tard. ça fait longtemps que Marine Le Pen accuse l’actionnaire Général Motors d’avoir fait perdre l’un des marchés les plus juteux de Peugeot. Nous vous le disions nous même en juillet dernier : Après peugeot, Obama oblige Renault à quitter l’Iran. (+vidéo du représentant CGT)

La France a obtempéré aux injonctions de la firme américaine. Le but pour l’oncle Sam était d’empêcher Peugeot d’être le constructeur de totomobiles favoris des Iraniens. C’est réussi. Aujourd’hui que les rapports avec l’Iran s’améliorent, l’Amérique compte bien se réserver le marché pour elle toute seule, et nous on compte nos chômeurs….

Maintenant que les chinois viennent de mettre la main sur la marque au Lion, il ne faudra pas s’étonner quand demain nos usines partiront en masse au  pays de la muraille de Chine.

———-

 Alors qu’un groupe chinois entre dans le capital de PSA, la présidente du Front national craint pour l’indépendance du constructeur français. Elle affirme « que quand General Motors est entré dans le capital de PSA, sa première exigence a été de demander d’arrêter de fournir le marché iranien, un débouché considérable pour PSA ». Vrai ou faux ? Réponse ici.

CARS_2154533b

Vrai

PSA n’a jamais voulu le reconnaître. Il a toujours affirmé que ce sont les sanctions internationales contre l’Iran qui l’ont obligé à stopper les ventes à ce pays. Mais une grande partie de la presse économique et des analystes du secteur confirment que l’américain General Motors a exigé début 2012 que PSA gèle ses ventes à l’Iran, grand ennemi des Etats-Unis.

Pierre Paturel, spécialiste du secteur automobile au cabinet d’études économiques Xerfi rappelle plusieurs éléments troublants. « PSA n’avait aucun intérêt à arrêter les ventes à destination de l’Iran. Il ne faut pas oublier qu’à ce moment là, PSA vendait environ 460.000 voitures à l’Iran. C’était son 2eme marché mondial et cela représentait 800 millions d’euros de chiffre d’affaire, quelque chose d’énorme ». Pierre Paturel ajoute que « comme par hasard, PSA déclare qu’ils vont arrêter de vendre des véhicules à l’Iran pile au moment où General Motors annonce qu’il va effectivement entrer dans le capital de PSA« .

Arrêt brutal

Jusqu’à début 2012, PSA vendait des kits de montage qui étaient assemblés en Iran. Ca représentait l’équivalent de 460.000 véhicules en 2011. L’arrêt des ventes a pénalisé à la fois le consommateur iranien susceptible d’acheter une voiture du groupe français, mais aussi les iraniens qui travaillaient dans les usines d’assemblage.

Renault

Un autre élément accrédite la thèse des pressions de General Motors, il s’agit de l’attitude de Renault à cette époque. Début 2012, Renault n’a pas stoppé son commerce avec l’Iran. Aucune nouvelle sanction internationale ne l’obligeait à le faire.
En revanche, l’été dernier (en juillet 2013), Renault a finalement du arrêter ses ventes en avouant clairement que les Etats-Unis faisaient pression en menaçant de sanctions Nissan, qui est appartient à Renault, et qui est présent sur le marché américain.

Levée des sanctions

Au final, les ventes de PSA et Renault en Iran sont aujourd’hui quasi nulles, alors que les deux groupes français tenaient 40% du marché iranien en 2011.

Aujourd’hui, les sanctions internationales sont en passe d’être levées et les constructeurs américains sont maintenant dans les starting-blocks pour conquérir le marché iranien. La concurrence sera rude pour PSA et Renault.

FranceInfo

Les Chinois à l’assaut des forêts de l’Aude

Le bois issu des grandes forêts de l’Aude et des Pyrénées Orientales intéresse de plus en plus les acheteurs chinois. Un sujet “brûlant”.

Ce jour-là, au-delà de Salvezines, on ne passe plus. La neige empêche d’atteindre les hauteurs des confins de l’Aude, vers Gincla et la forêt de Boucheville, celle-là même dont on dit dans la vallée qu’elle a été “plumée par les Chinois”.

logging truck

11000 m3 exportés en 2013

Le chiffre n’est pas confirmé officiellement, mais il serait le seul dont disposent, à l’heure actuelle, les autorités en ce qui concerne l’exportation de grumes audois vers la Chine. En 2013, il s’élèvera à 11 000 m3 environ, contre… 0 m3 en 2012.

Or, la plupart des acteurs de la filière bois de l’Aude s’accordent à dire que l’achat de bois par les Chinois dans le département de l’Aude date d’au moins trois ans. En fait, le chiffre officiel serait celui des autorisations délivrées pour traiter le bois à la cyperméthrine, seul indice d’une exportation vers la Chine qui exige ce traitement.

Conclusion : soit le bois qui était vendu jusque-là à des sociétés chinoises était traité hors de l’Aude ce qui est plausible car les acheteurs sont souvent extérieurs au département. Soit il était traité en forêt, sans que personne ne le sache…

“China Shipping”

Juste après le village de Puilaurens, sur lequel veille le plus beau des châteaux “cathares”, Continuer la lecture de Les Chinois à l’assaut des forêts de l’Aude

La Chine et l’or

La Chine parle désormais ouvertement d’un remplacement du dollar en tant que devise de référence internationale.

dollar-chine-or

Xinhua, l’agence de presse officielle Chinoise, publiait récemment une lettre ouverte qui commence comme suit :

“Alors que les politiciens Américains des deux partis font encore des aller-et-retours entre la Maison Blanche et le Capitole sans pour autant parvenir à un accord viable qui permettra au retour à la normalité politique dont ils nous parlent tant, il est peut-être temps pour le reste d’entre nous de construire un monde dés-américanisé”.

Et la Chine sait déjà comment y parvenir. Elle encourage la création d’un marché international en yuans auprès des centres de Hong Kong et de Londres en laissant New York de côté, et fait la promotion d’un commerce hors-dollar en Asie au travers de la Shanghai Cooperation Organisation (SCO). Elle continue également d’accumuler ouvertement de l’or tout en encourageant ses citoyens à en faire de même.

Il n’y a plus l’ombre d’un doute. La Chine se prépare à la chute du dollar, si ce n’est qu’en tant que devise de référence mondiale. Et elle espère se protéger ainsi que ses citoyens grâce à l’or.

La Chine a énormément investi sur sa production minière domestique et produit actuellement plus de 440 tonnes d’or chaque année. Elle cherche aussi à acheter des Continuer la lecture de La Chine et l’or

La Chine veut devenir un géant mondial de l’or

Depuis deux ans, la Chine s’est lancée dans une politique d’achats massifs d’or. Les acquisitions de métal précieux auraient permis à l’Empire du milieu de devenir officieusement le 2e pays au monde pour ses réserves.

Une première salve avait été tirée en 2009: 454 tonnes d’or acquises en quelques mois. Pour les analystes, cette offensive corrigeait une incohérence économique: géant économique, l’Empire du milieu restait une puissance modeste sur le plan des réserves en métal précieux.

Ces deux dernières années, les autorités financières chinoises ont passé la vitesse supérieure: plus de 2500 tonnes d’or auraient rejoint les réserves nationales chinoises, soit autant que le montant total des stocks d’or français (2435,4 tonnes d’or). Et en 2013, la barre des 1000 tonnes devrait être franchie. Jamais aucun pays n’avait acheté un tel volume de métal jaune en une année. Le seul premier semestre avait vu les réserves gonfler de 700 tonnes (54% de plus que sur la même période de 2012).

L’or est au plus bas depuis trois ans

L’Asie se positionne désormais comme le continent qui attire le métal jaune: en dehors des pays du Moyen-Orient très gourmands traditionnellement, les deux principaux importateurs mondiaux sont désormais l’Inde et la Chine.

Des achats d’or renforcés par la moindre tension sur le marché du métal précieux: à moins de 1300 dollars l’once d’or lundi 11 novembre, les circonstances sont favorables à des acquisitions, plus qu’elles ne l’ont été depuis plus de trois ans… et la dernière vague d’achat massif.

Mais la Chine ne se contente pas d’acheter l’or à l’étranger. La production de ses mines monte en puissance: elle «devrait atteindre 430 tonnes cette année, contre seulement 403 Continuer la lecture de La Chine veut devenir un géant mondial de l’or

Chine : un média d’Etat appelle à « un monde désaméricanisé »

La Chine détient 1.277 milliards de dollars de bons du Trésor américain, et a amassé une grosse quantité d’Or afin de mettre un terme à la domination du Dollar…. il faut donc s’attendre à ce que la chine commence à revendiquer d’autres règles du jeu… et un retour à l’étalon OR…. hi,hi,hi,hi

– – – – – – – – – –

Chine : un média d’Etat appelle à « un monde désaméricanisé »

L’Agence chine nouvelle, un média d’Etat qui relaye la parole et la pensée des dirigeants du pays, a écrit ce dimanche que le monde devrait essayer de trouver un « nouvel ordre« . Un monde où les Etats-Unis, dont le shutdown affecte l’économie mondiale, n’auraient pas autant de poids.

RTX118GZ

L’agence Chine nouvelle (Xinhua) traduit en général la pensée des dirigeants chinois et visiblement ces derniers envisagent de tourner la page de l’Amérique toute puissante et de son dollar. Alors que les Etats-Unis sont paralysés par un shutdown,

« c’est peut-être le bon moment pour une planète abasourdie de commencer à envisager la construction d’un monde désaméricanisé« , indique l’Agence. Des déclarations qui interviennent avant un possible défaut de paiement des Etats-Unis si le Congrès et Barack Obama ne trouvent pas de compromis sur le plafond de la dette (avant le 17 octobre).

Le blocage à Washington menace les importantes réserves en dollars des pays créanciers. La Chine en détient pour 1.277 milliards en bons du Trésor. « Au lieu d’honorer avec responsabilité ses devoirs de leader mondial, Washington avec en tête ses propres intérêts a abusé de son statut de superpuissance et accru le chaos dans le monde en transférant à l’étranger les risques (de son système) financier« , note l’Agence Chine nouvelle.

Remplacer le dollar

L’Agence Chine nouvelle insiste également sur une réforme de la gouvernance du FMI. Elle est préparée depuis trois ans mais son entrée en vigueur est bloquée par le veto des Etats-Unis qui doivent la faire ratifier par le Congrès.

« Les économies émergentes doivent avoir davantage leur mot à dire dans les institutions financières internationales« , a plaidé le média d’Etat, évoquant la création d’une « nouvelle devise de réserve » pour remplacer le dollar et une évolution du Fonds monétaire international (FMI).

Par Elise Delève

Craquements en Chine

Par Philippe Herlin – Chercheur en finance / Contributeur pour Goldbroker.com

Il se passe des choses inquiétantes en Chine. Le marché interbancaire a connu deux accès de panique, le 7 juin et la semaine dernière, aussitôt éteints par des injections monétaires de la banque centrale, la Banque populaire de Chine, mais les tensions demeurent. Deux grandes banques commerciales (ICBC et Bank of China) ont vu leurs services online stoppés pendant plusieurs heures, les rumeurs circulent comme jamais, on parle de plus en plus d’une crise bancaire…

En fait la Chine cherche à sortir d’une gigantesque bulle de crédit : selon Fitch, sur ces cinq dernières années, le ratio du crédit par rapport au PIB est passé de 75% à 200%, une progression sans précédent sur la planète. Pour répondre à la crise de 2008 et éviter un effondrement de la production, les autorités chinoises ont en effet vigoureusement relancé le crédit bancaire pour soutenir la construction immobilière et les infrastructures. Où cela a-t-il mené ? A beaucoup d’investissements improductifs (des quartiers ou des villes entières sont vides d’habitant, comme en Espagne). Résultat la croissance baisse, et il faut rembourser !

Le crédit a d’autant plus dérapé  qu’un marché officieux s’est mis en place : les grandes entreprises, qui ont un accès facile au crédit, empruntent non pour investir mais pour prêter à leur tour à des entreprises plus petites. Une fuite en avant dangereuse, et un comportement typique d’une bulle.

La Banque populaire de Chine veut arrêter cette course sans fin, et bien sûr d’inquiétants craquements se font entendre. Il faut à la fois restreindre le crédit et assainir le système bancaire, tout en évitant l’explosion de la bulle immobilière, vaste chantier ! Si dans le même temps le pays achète de grandes quantités d’or, comme nous l’avons expliqué récemment, il est peu probable que ce comportement vertueux suffise à faire face à la montagne de dette existante.

La Chine est confrontée au même problème que le Japon, les Etats-Unis, l’Europe, c’est-à-dire sortir des politiques monétaires laxistes, qui ont prouvé leur inefficacité (pas de relance de l’activité), tout en évitant un krach. Est-ce possible ? On peut en douter étant donné la masse de dette accumulée, les nombreuses bulles, les bilans bancaires dégradés, et la quantité de mauvais investissements. Partout dans le monde, les marchés boursiers tremblent à la simple évocation d’un possible ralentissement du rythme de la planche à billets, ils sont devenus complètement dépendants des injections de liquidité des banques centrales, au détriment de toute analyse des facteurs réels.

Mais concernant la Chine se rajoute le problème du manque de transparence, de l’étroit contrôle de l’information par le pouvoir, d’une comptabilité publique très peu fiable, de relations consanguines entre les grandes entreprises et le pouvoir, et d’un taux de croissance du PIB qui relève plus de la propagande que d’une mesure objective. On n’y voit rien. On ne perçoit que des symptômes, comme ces crises de liquidité sur le marché interbancaire. L’Etat contrôle tout, ce qui lui laisse plus de possibilité de manipulation, mais le jour où il lâchera prise, il faudra s’attendre à de sacrées secousses.

La nouvelle muraille de la Chine : l’or

Texte de P.Herlin

(…)

Finalement la Chine se retrouve avec un peu les mêmes problèmes que les pays qui ont choisi la planche à billets, sauf qu’elle a un beau réseau de trains à grande vitesse au lieu d’une bulle boursière. Au moins les rails on sait qu’ils resteront, alors que les records de Wall Street…

chine-or

Et puis surtout la Chine a l’intelligence de ne pas tout parier sur des politiques monétaires et bancaires : elle achète également, dans le même temps, de très importantes quantités d’or. La banque centrale achète de l’or, et les particuliers sont encouragés à faire de même. On ne dispose pas de chiffres officiels, il s’agit d’un secret d’Etat, mais on peut estimer qu’entre l’or extrait dans le pays (400 tonnes par an) et les importations (800 tonnes), la Chine détient environ 4.000 tonnes d’or (soit l’un des stocks les plus élevés du monde), et peut être bien plus.

En 2009, un groupe de fonctionnaires et d’économistes se réunirent pour discuter des mesures à prendre afin d’augmenter les réserves d’or du pays, en suggérant qu’elles devaient atteindre 6.000 tonnes dans les 3 à 5 années suivantes, voire 10.000 tonnes dans les 8 à 10 ans.

Il faut dire, on le sait peu, que la plus ancienne monnaie papier au monde a été créée en Continuer la lecture de La nouvelle muraille de la Chine : l’or