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Les cicatrices laissées par le sauvetage brutal de Chypre

En complément voir les vidéos : Quand Peillon affirme que l’Union européenne et l’euro protègent les épargnants;

Et quand son frère le contredit.

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Les épargnants chypriotes se voient amputer une partie de leurs économies pour recapitaliser l’une des principales banques de l’île.

BFkFrgaCMAECgEbLes Chypriotes se sentent comme les cobayes de l’Europe. Il y a quatorze mois, la désormais fameuse troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) imposait un plan de sauvetage sans précédent pour éviter la faillite à la petite économie insulaire. En mars 2013, la troïka accorde une aide de 10 milliards d’euros. Un montant colossal, équivalent à 60 % du PIB de ce micropays de moins d’un million d’habitants, membre de la zone euro depuis 2008. La grande nouveauté, à la différence des plans de sauvetage de l’Irlande, de la Grèce ou du Portugal: les épargnants chypriotes se voient amputer une partie de leurs économies pour recapitaliser l’une des principales banques de l’île. Une mesure inédite qui fait frémir les épargnants à travers toute l’Europe. «Le cas de Chypre était extraordinaire car son PIB est extrêmement faible et la taille de son secteur financier était absolument gigantesque», relativisait récemment Jean-Claude Trichet, l’ex-patron de la BCE.

Après des mois de flou, il s’avère que les détenteurs de comptes à la Bank of Cyprus ont dû abandonner 47,5 % des montants détenus au-dessus de 100.000 euros. Les capitaux «confisqués» ont servi à recapitaliser la banque. Les épargnants pourront en théorie en récupérer une partie, dans un avenir tout à fait incertain.

Thérapie de choc

Contrairement à une idée reçue, les investisseurs russes, qui appréciaient l’accueil fiscal et bancaire chypriote, sont loin d’avoir été les seules victimes. Des milliers de ménages autochtones, qui comptaient assurer leur retraite, financer les études à l’étranger de leurs enfants ou se construire une maison, ont subitement été privés d’une partie de leur bas de laine. Aujourd’hui, les mouvements de capitaux sont encore restreints par l’État. Il est interdit de faire sortir plus de 5000 euros par mois sans justificatif.

Un peu plus d’un an après le début de cette thérapie de choc, la troïka est satisfaite du rythme des réformes engagées. Quant à l’économie chypriote, à l’image de la Grèce, qui est d’ailleurs à l’origine de la crise bancaire de l’île, elle entame sa troisième année de récession. En 2014, selon les prévisions de Bruxelles, Chypre devrait être le seul État membre de la zone euro à subir un recul du PIB (-4,8 %). En trois ans, l’économie du pays aura maigri de 13 %! Dans cette île ensoleillée toute l’année où le crédit facile, avant la crise, avait permis la prolifération de 4 × 4 rutilants et de résidences secondaires, le chômage pourrait frôler les 20 % à la fin de l’année.

Dans ces conditions, la colère contre Bruxelles, et Angela Merkel, incarnation des politiques d’austérité, est palpable chez certains. Et pourtant, aucune manifestation ou grève significative ne sont venues perturber l’île depuis qu’elle a plongé dans la crise. Mieux, le parti de droite au pouvoir, Disy, du président Nicos Anastasiades, qu’Angela Merkel a encore reçu il y a dix jours, fait la course en tête dans les sondages. Des cobayes bien dociles.

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Crise politique à Chypre, au bord de la faillite

Le parlement a refusé de voter les privatisations. Le gouvernement a démissionné. Le versement de la prochaine tranche d’aide de l’UE et du FMI est suspendu. L’île risque la faillite le 15 mars.

Ce vendredi matin, en ouverture du conseil des ministres, l’intégralité des ministres composant le gouvernement chypriote ont donné leur démission à Nikos Anastasiadies, le président de la République de Chypre. La nouvelle tombe mal pour le chef de l’État qui a demandé à ses ministres de rester à leur poste jusqu’au 15 mars.

À cette date, Chypre doit assurer le paiement de 150 millions d’euros de tombées de dettes. Sans l’aide du FMI et de l’UE, qui ont déployé un plan de sauvetage financier il y a un an, l’île n’a pas assez de liquidités pour tenir ses engagements. Elle est à la merci du versement d’une tranche d’aide de 236 millions d’euros, suspendue au vote d’un programme de privatisations. C’est justement là que le bât blesse.

Le Parlement chypriote n’a pas adopté, ce jeudi, comme prévu, le vaste programme de privatisations, jugé trop controversé. Il prévoyait la vente au secteur privé des compagnies d’électricité, de télécommunications et les deux principaux ports du pays.

Manifestations et grèves ont émaillé la semaine à Chypre. L’un des partis soutenant la Continuer la lecture de Crise politique à Chypre, au bord de la faillite

En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants

Ça fait un an que nous vous l’annoncions sur ce blog… les banques vont pouvoir vous spolier avec la complicité de l’Europe. Ces bandits de grand chemin que l’état a renfloué en 2008 avec vos impôts et en aggravant la dette, ont aujourd’hui reçu le feu vert de voler le pécule que les citoyens ont réussi à épargner.

Que les électeurs du PS, de l’UMP, des verts et du centre réfléchissent avant de voter : ils seront tenus comme responsables de la catastrophe à venir.
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Les représentants de l’Union européenne ont décidé de mettre à contribution les épargnants à partir de 2016. Après la ponction des épargnants chypriotes cette année et l’idée émise par le FMI d’une supertaxe de 10% sur le patrimoine, l’Europe vient d’entériner la participation des déposants au renflouement des banques en cas de crise grave.

L’accord, scellé mercredi 11 décembre, est passé relativement inaperçu, alors qu’il pourrait être d’une importance capitale pour les épargnants. Les Européens se sont mis d’accord sur une loi prévoyant des règles de renflouement interne des banques, ou « bail-in », afin d’éviter de faire participer les Etats au sauvetage des établissements financiers.

« Grand pas franchi ce soir: accord #BRRD pour 28 », a écrit sur son compte twitter le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, en référence à la directive sur le sauvetage des banques. « Contribuables ne seront plus premiers à payer pour erreurs des banques », a-t-il ajouté. « C’est un pas fondamental vers la réalisation de l’union bancaire », a assuré Michel Barnier dans un communiqué.

Des représentants du Parlement européen, du Conseil qui représente les Etats, et de la Continuer la lecture de En cas de crise, les banques pourront prélever les dépôts des épargnants

Chypre : les déposants trinquent plus que prévu

A la demande de la Troïka, les déposants chypriotes vont devoir convertir 47,5 % de leurs avoirs en actions de la Banque de Chypre. Une nouvelle fois, les Européens ne se montrent guère tendres avec l’île méditerranéenne.

C’est finalement une facture plus salée que prévu à laquelle doivent faire face les déposants chypriotes. Nicosie a en effet annoncé ce mardi que la recapitalisation de la Banque de Chypre (Bank of Cyprus, BoC) avait été achevée. Au prix fort.

Une facture plus salée pour les déposants

Les déposants qui disposaient de plus de 100.000 euros dans l’une des deux banques chypriotes avant le mois de mars verront 47,5 % de leurs dépôts transformés en actions de la BoC. En mars, le chiffre évoqué était de 37,5 % et ce week-end, les rumeurs faisaient de ce niveau de 47,5 % un maximum. Apparemment, d’après le quotidien de Nicosie,  Cyprus Mail, cette proportion a été réclamée par la Troïka. Le gouvernement chypriote a même ouvertement estimé qu’il aurait été possible d’imposer une coupe moins forte dans les dépôts pour recapitaliser BoC.

La priorité de la Troïka : le ratio Tier-1

Avec ce taux de conversion de 47,5 %, le ratio de solvabilité Tier-1 de BoC atteint 12,4 %, alors que la réglementation impose un niveau minimal de 9 %. Le gouvernement de Nicosie souhaitait atteindre un ratio de 9 %, officiellement prévu par le mémorandum d’avril 2013 pour 2015, pour limiter le taux de conversion à 42,5 %. Mais la Troïka a voulu jouer la sécurité pour éviter que Nicosie ne vienne à nouveau demander l’aide de l’Europe. L’appel du président chypriote en juin qui s’alarmait des difficultés de recapitalisation aura finalement eu comme conséquence de durcir encore les conditions pour les déposants chypriotes.

Les déposants devront encore attendre

La conséquence de cette décision, c’est que les sommes qui seront libérées seront moindres. 10 % des dépôts de plus de 100.000 euros avaient été libérés le 3 avril. L’accord passé entre l’UE et Chypre prévoyait alors, une fois la recapitalisation de BoC achevée de libérer encore 22,5 % des montants déposés. Finalement, seulement 12 % supplémentaire seront à nouveau à disposition des clients. Mais sous conditions : la Banque centrale de Chypre divisera ces sommes en trois portions égales qui seront libérables d’ici trois, six et neuf mois, moyennant des taux d’intérêt « supérieurs » au taux du marché. Mais la banque centrale aura la possibilité de renouveler une fois la durée initiale de ces dépôts à terme. Bref, il faudra encore attendre.

Pas de pitié pour Nicosie

Restent 30,5 % qui demeurent gelés et dont le sort n’est pas encore réglé. Encore une fois, la Troïka a montré qu’en ce qui concerne Chypre, la modération n’était pas de mise. Malgré un PIB qui pourrait reculer de 9 % à 10 % cette année, les Européens et le FMI ont voulu faire du zèle pour construire une BoC suffisamment solide afin qu’elle ne réclame plus leur aide. Et peu importe les conséquences sur une économie chypriote qui peine déjà sous le contrôle des capitaux et l’absence de crédits.

Chypre : Le nouveau cauchemar des Européens

L’appel au secours du président chypriote doit être pris au sérieux par les Européens, s’ils ne veulent pas que Chypre redevienne un cauchemar. Car les avantages de l’euro s’estompent pour le pays.

Comme la lettre du président chypriote vient de le rappeler, l’affaire chypriote n’a rien perdu de son caractère exemplaire pour le reste de l’Europe. A l’heure où le FMI reconnaît – à la grande fureur de la Commission européenne et de la BCE – des erreurs dans la gestion de la crise grecque, la troïka semble en passe de doubler la mise avec Chypre.

La quadrature du cercle bancaire

chypre1L’aide à cette petite république a en effet été montée en urgence, sous la pression de la BCE qui brandissait la menace d’une sortie de Chypre de la zone euro. Nul n’a semblé réellement prendre la mesure des conséquences et de la faisabilité des recettes préconisés. Surtout, un seul critère a servi de fil conducteur : engager le moins possible les contribuables des autres pays, tout en maintenant Chypre dans la zone euro.

Ainsi a-t-on exclu 15 milliards d’euros d’engagements grecs de toute participation au sauvetage afin de préserver les banques grecques que l’on ne voulait pas à nouveau recapitaliser. Ainsi a-t-on également maintenu dans le bilan de la Bank of Cyprus 9 milliards de créances sur la BCE au titre de l’aide à la liquidité d’urgence, l’ELA. Autant de poids que le système bancaire chypriote ne peut supporter, lui qui n’a guère dans son bilan que des dépôts qui, depuis mars, ont fondu de près d’un cinquième, malgré le contrôle des capitaux.

 

Depuis plusieurs mois, Nicosie et la troïka tente de résoudre la quadrature du cercle en Continuer la lecture de Chypre : Le nouveau cauchemar des Européens

Chypre prêt à puiser dans ses réserves d’or ?

Chypre serait prêt à vendre une partie de ses réserves d’or pour financer sa part du plan de sauvetage du système bancaire du pays.

Par Charles Sannat.

Selon le Financial Times, Chypre considérerait vendre pour 400 millions d’euros de valeur une partie de ses réserves d’or afin de contribuer au plan de sauvetage international. Les investisseurs redoutent que les marchés de métaux précieux soient perturbés par une telle action. Cela pourrait contraindre d’autres nations de la zone euro déjà confrontées aux mêmes difficultés à puiser dans leurs propres réserves d’or.

Une décision aussi importante que vendre une grande partie de ses réserves d’or nous rappelle la crise de la Corée du Sud en 1997-1998 quand le pays demanda à ses citoyens de donner tous leurs bijoux à la banque centrale pour le bien de la nation.

Jonathan Spall, Directeur de Métaux Précieux chez Barclays Capital pense que cela pourrait être un tournant décisif. Les stocks d’or des banques centrales jusqu’alors écartés des processus de sauvetage pourraient rentrer dans la danse maintenant. Un projet du plan de sauvetage, vu par le Financial Times, stipulait : « Les autorités de Chypre se sont engagées à vendre l’excédent des réserves d’or détenues par la République. »

Depuis que la crise a commencé au sein de la zone euro, soit voilà trois ans, Chypre est le premier pays membre à vendre ses réserves d’or. Afin d’arriver aux 400 millions d’euros, il leur faudra vendre plus de 10 tonnes de métal jaune alors que la banque centrale n’en détient que 13,9 tonnes. Les avoirs de la banque centrale représentent environ 62% du total des réserves officielles, selon le World Gold Council. La banque centrale italienne détient 2451 tonnes soit 70% du total des réserves alors que le Portugal en détient 383 tonnes soit 90% du total des réserves. La décision de Chypre sème la tourmente sur les marchés. Ce serait une première pour Chypre et certainement la dernière. Certains analystes déclarent qu’il est presque improbable de voir des grandes nations se mettre à vendre leur or pour réduire leurs dettes. L’approbation d’une telle action demeure dans les mains du Parlement allemand où doit se réunir un Comité de finances du Bundestag et qui donnera lieu à une session pléniaire avant la fin d’avril. L’économie de Chypre se montre bien morose : une récession plus grave serait attendue.

Les banques centrales européennes avaient convenu en 1999 de limiter leurs ventes d’or afin de conforter les prix après que le métal jaune eut connu son prix le plus bas en 20 ans, soit à 250 dollars l’once troy. Depuis, les banques centrales, auparavant vendeuses, sont devenues acheteuses, poussées par les achats massifs en Asie. L’année dernière, les banques centrales n’avaient jamais acheté autant d’or en ces 48 dernières années.

Philippe herlin : la crise Chypriote.(audio)

Hugue Sérapion recevait philippe Herlin, docteur en économie, chargé de cours au CNAM, et Élie Hatem, docteur en droit, avocat, pour une émission consacrée à la crise Chypriote et l’affaire Cahuzac.


[audio:http://www.prechi-precha.fr/wp-content/mp3/herlin.mp3]

lire le dernier article de Philippe Herlin publié sur son blog:

ALERTE : les comptes bancaires européens peuvent être officiellement spoliés

Michel Barnier en avait déjà parlé, désormais le projet de directive est officiellement mis en place : les comptes bancaires de plus de 100.000 euros seront mis à contribution en cas de crise bancaire. Chypre n’était donc qu’une première étape, comme nous l’avions dit.

En cas de faillite d’une banque, les pertes concerneront d’abord les propriétaires et actionnaires, suivis des créanciers « juniors » puis « seniors » puis, en troisième rang les déposants au-dessus de 100.000 euros. C’est seulement si cette addition s’avérait insuffisante qu’interviendrait l’argent public – y compris le fonds de secours MES (Le Figaro).

Ca c’est sur le papier. En réalité les actionnaires et les créanciers sont déjà rincés depuis Continuer la lecture de Philippe herlin : la crise Chypriote.(audio)

Les conséquences inattendues de la crise chypriote (J.Sapir)

« Promenades d’un économiste solitaire » par Jacques Sapir*

La crise de l’Euro est aujourd’hui passée dans une phase qualitativement supérieure. C’est ce que l’on peut constater à la lecture du dernier numéro de la très officielle revue Europe’s World . C’est aussi l’une des leçons de la crise chypriote. Dans ce numéro, réalisé bien avant que cette crise n’éclate, Paul de Grauwe, économiste qui dirige l’European Institute à la London School of Economics, défend la mutualisation des dettes  tandis que Kurt J. Lauke, le Président du Conseil Économique de la CDU allemande, souligne que les différentes options aujourd’hui présentes pour sauver l’Euro ont toutes un prix , qu’il soit politique ou économique. Enfin, des articles regardent les conséquences, et même la désirabilité d’un éclatement de la zone Euro. Cette conjonction ‘une réflexion de plus en plus désabusée et d’une crise constitue bien un événement marquant dans le processus d’éclatement de la zone Euro.

 Il est aujourd’hui patent que la crise chypriote a fait sauter le tabou d’une ponction sur les comptes bancaires. L’idée que Chypre constituait un cas exceptionnel, ce qu’a répété le Président Français François Hollande lors de sont interview jeudi 28 mars à la télévision, est morte et bien morte.

Klaas Knot, membre du Conseil de la BCE, a ainsi déclaré vendredi 29 mars  son accord de principe avec la déclaration très controversée de Jeroen Dijsselbloem le Président de l’Eurogroupe . Cette nouvelle doctrine découle directement des pressions allemandes. La Chancelière, Madame Angela Merkel, a saisi l’occasion de la crise chypriote pour indiquer clairement qu’il n’était pas question que le contribuable allemand continue de payer . D’où cette nouvelle doctrine qui veut que désormais, un pays en crise financière paye lui-même une large part de son plan de sauvetage. C’est une position que l’on peut parfaitement comprendre quand on connaît la situation de l’Allemagne, et en particulier la chute spectaculaire de la démographie allemande. Mais cette décision introduit un changement capital dans la gestion de la crise de la zone Euro. Elle porte en elle en réalité la fin de la zone Euro et ceci pour deux raisons.

D’une part, si l’on peut comprendre que l’on mette à contributions les actionnaires d’une banque, toucher aux déposants est largement contre-productif en raison des effets de panique (le « bank run ») que cela risque de provoquer. Cette mesure met à mal la relation de confiance entre la banque et son client, relation qui est l’essence même de l’activité bancaire. Cette rupture de la confiance fera sentir ses effets dans des pays déjà exposés à la crise, au Portugal, en Espagne et en Italie. Ceci entraînera une aggravation rapide de la crise dans les prochains mois.

D’autre part, si l’Allemagne ne veut plus payer et veut forcer les pays en crise à financer eux-mêmes les plans de sauvetage, cela va conduire à une aggravation rapide de la crise dans ces pays et, en fin de compte, ne leur laissera pas d’autre alternative qu’une sortie de l’Euro.

Cette crise se révèle ainsi non pas comme un épisode mineur, liée à un nouveau problème dans un minuscule pays de la Continuer la lecture de Les conséquences inattendues de la crise chypriote (J.Sapir)

Chypre : le coût du sauvetage gonfle à 23 milliards d’euros

On est parti de 10 milliard, ensuite 17, et puis 23… l’état doit en plus vendre son Or. La c’est la ruine. Pire que le scénario grec …. et il y a des gogos qui croit encore à ce que racontent les gouvernements en place, la troïka et les média-complices ?????

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Le coût du plan de sauvetage de Chypre est réévalué: 23 milliards d’euros au lieu des 17 milliards prévus. La différence de 6 milliards sera payée par les déposants des banques chypriotes et par l’État, prié de vendre son or.

Le gouvernement l’a annoncé ce jeudi après-midi, à la veille de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, prévue ce vendredi à Dublin. La facture du plan de sauvetage décidé le mois dernier passe de 17,5 milliards à 23 milliards d’euros. Et ce sont les Chypriotes qui devront apporter la différence, les bailleurs de fonds internationaux s’étant engagés à prêter 10 milliards (9 milliards de l’Union européenne, un milliard du Fonds monétaire international, FMI).

Le symbole en dit long sur la situation catastrophique de l’île: la banque centrale devrait vendre une partie de ses réserves d’or, à hauteur de 400 millions d’euros, pour contribuer au financement de son plan de sauvetage.

Presqu’une misère. L’essentiel de la contribution chypriote, soit 10,6 milliards d’euros, viendra de la liquidation de la banque Laiki et des ponctions opérées sur les comptes de plus de 100.000 euros déposés à la Bank of Cyprus. Le reste de la somme serait abondé par les hausses d’impôts (600 millions d’euros) et les privatisations (1,4 milliard d’euros) selon les documents de travail de la Troika cités par les agences de presse.

Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la  premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

 Le chef du gouvernement slovène, Alenka Bratusek, nommée il y a seulement trois semaines à la suite d’un scandale politique qui a fait tomber son prédécesseur, a rencontré mardi à Bruxelles le président José Manuel Barroso et le président du Conseil, Herman Van Rompuy. Leader d’un parti de centre gauche, Alenka Bratusek, 43 ans, a succédé au conservateur Janez Jansa, accusé de corruption. Tentant de faire retomber la pression médiatique de ces derniers jours, la jeune femme a d’emblée déclaré, en allusion à Chypre: «Nous ne sommes pas un paradis fiscal» et «notre endettement est parmi les plus bas d’Europe». «Nous sommes déterminés à ­résoudre nos problèmes par nous-mêmes.»

Tensions sur les marchés Continuer la lecture de Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

La garantie des dépôts de moins de 100.000 euros est un mythe

Texte de P.Herlin

Une actualité chasse l’autre et déjà on parle beaucoup moins de Chypre dans les médias. On cherche même à nous faire croire que le gros de la crise est passé parce qu’il n’y a pas eu de bank run lors de la réouverture des banques. Évidemment, puisque les restrictions sont maintenues ! Pas la peine de courir à sa banque si les retraits restent de toute façon limités à 300 euros par jour et par personne ! Le bank run est simplement remis à plus tard, car bien sûr, de nombreux investisseurs veulent quitter définitivement l’ile.

La confusion ne fait même que s’accroître sur place puisque la taxe sur les comptes de plus de 100.000 euros pourrait atteindre 60% ! En fait on ne sait même pas, il faut attendre, la banque centrale a indiqué que la décision finale serait prise « dans pas plus de 90 jours après la fin de l’évaluation »… Et le solde ne sera pas à la disposition de l’épargnant, il sera placé sur un compte bloqué pendant six mois pour les empêcher de retirer leur argent. Mais en fait on ne sait pas vraiment car de nombreuses entreprises locales ne survivraient pas à de telles dispositions.

Dans le même temps on apprend que de nombreux Chypriotes bien informés ont sorti leur argent dans les jours qui ont précédé la crise (mais le président de la république garantit une enquête exemplaire, on est rassuré), et que les clients de la filiale britannique de la banque chypriote Laïki, dont les comptes ont été transférés chez sa concurrente Bank of Cyprus, ne seront pas touchés. Les Russes sont tous des évadés fiscaux, les Anglais sont tous d’honnêtes retraités, bien sûr.

Mais il y a surtout une idée que les autorités européennes et les médias ont instillé dans l’esprit des Européens et à laquelle il faut faire un sort, c’est la garantie des dépôts inférieurs à 100.000 euros. A Chypre, effectivement, ceux-ci ne seront pas touchés. Mais pour quelle raison ? Parce que l’Europe et le FMI ont apporté 10 milliards d’euros ! Les besoins de l’ile se montent à 17 milliards, il lui faut donc trouver 7 milliards, d’où la taxe sur les « gros » comptes, mais sans ces 10 milliards, tous les comptes auraient subi une ponction.

Si une crise bancaire d’une ampleur équivalente se produisait, par exemple, en Espagne, ce n’est pas 10 milliards qu’il faudrait mettre sur la table mais plusieurs centaines. Autrement dit, impossible. Le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a parlé de « modèle » à propos de la restructuration de Chypre. Le « modèle », en l’occurrence, c’est le financement des pertes bancaires par les déposants, pas la garantie des dépôts de moins de 100.000 euros ! D’ailleurs, on le rappelle, dans la première version du plan de restructuration, ceux-ci subissait une ponction (de 6,75%).

Ce serait une lourde erreur, pour l’épargnant, de s’accrocher à ce chiffre de 100.000 euros et de se croire à l’abri.

 

Sortir de la zone euro serait « bien plus facile » pour Chypre, selon un lobby bancaire

L’Institut de la finance internationale (IIF) juge que la meilleure solution pour Chypre serait encore une dévaluation de sa monnaie, mais pour que cela soit possible il faudrait que le pays sorte de la zone euro.

« C’est le premier cas où on peut voir une forme de sortie (de la zone euro, ndlr) comme une possibilité réelle », a déclaré le chef économiste de l’Institut de la finance internationale (IIF), Philip Suttle. Une éventualité qui serait même « bien plus facile » pour un petit pays comme Chypre selon lui. La solution consistant à taxer lourdement les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros et à faire disparaître la Laïka ne fait pas l’unanimité. Si bien, que ce lobby en prône une autre : la sortie de la zone euro.

Sortir de l’euro pour dévaluer la monnaie

 « Chypre est en train de pâtir de tous les coûts liés (…) à l’euro, sans avoir aucun des bénéfices », a estimé Philip Suttle jeudi, citant la dépréciation des dépôts bancaires et la « dépression » économique qui s’annonce dans le pays. Il considère que la dévaluation de la monnaie de Chypre est inévitable, or en gardant l’euro c’est impossible.

Une sortie de l’euro préférée d’autant plus que l’IIF – qui représente les intérêts de plus de 470 établissements financiers à travers le monde – est inquiet des conséquences du plan de sauvetage chypriote sur les autres banques européennes en difficulté. « Il est quasi certain que cela va augmenter les coûts de financement (…) des banques faibles ou perçues comme faibles », en particulier en Espagne, au Portugal ou en Italie, a indiqué Philip Suttle. « Cela aggrave d’une certaine manière les défis qui attendent ces pays », a-t-il ajouté.

L’Eurogroupe achète Chypre avec l’argent des créanciers et l’épargne des déposants !

L’Union bancaire européenne est en train de voir le jour, l’Europe fédérale sous le directoire d’une Allemagne dominatrice vient de poser la première pierre de l’édifice en prenant en otage Chypre, un paradis fiscal classé sur liste noire, un exemple paraît-il !

Le plan de sauvetage chypriote décidé par l’Eurogroupe et le FMI s’articule au travers de l’action de la Troïka, encore une fois. Il suggère de prendre l’argent des créanciers et des actionnaires des banques surendettées, ainsi que celui des comptes de dépôts des déposants / épargnants !

L’Eurogroupe et son président, Jeroen Dijsselbloem, argumentent honteusement en faisant croire aux peuples que ce plan de sauvetage chypriote préserve les contribuables, les citoyens de chaque pays de la zone euro, ce qui est totalement faux et mensonger.

Le contribuable c’est vous, vous êtes un citoyen et notamment client d’une banque. Il faut bien comprendre qu’il y a plus intérêt à spolier (voler) sur votre économie placée sur un compte bancaire (votre épargne) que vous imposer un impôt dérisoire.

L’Eurogroupe veut que le plan de sauvetage qui va être exercé à Chypre sur le compte bancaire des Chypriotes serve d’exemple à l’ensemble des pays dans la zone euro ! Les pays hors-zone euro sont heureux de ne pas avoir cette monnaie unique qui va ruiner les peuples.