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Roland Dumas dit avoir « Sauvé la République » en validant les comptes irréguliers de Chirac en 1995

« C’était mon premier dossier, je venais d’entrer en fonction », a déclaré au Figaro l’ancien avocat puis ministre des Affaires Etrangères de François Mitterrand, nommé à la présidence du conseil constitutionnel par ce dernier peu avant son départ de l’Elysée en 1995.

« Je peux le dire aujourd’hui, les comptes de campagne d’Edouard Balladur et ceux de Jacques Chirac étaient manifestement irréguliers », poursuit M. Dumas. « Que faire ? C’était un grave cas de conscience. J’ai beaucoup réfléchi. Annuler l’élection de Chirac aurait eu des conséquences terribles. J’ai pensé à mon pays. Je suis un homme de devoir. Nous avons finalement décidé, par esprit républicain, de confirmer, à l’unanimité au deuxième tour, son élection présidentielle. je suis convaincu que j’ai sauvé la République en 1995« .

Selon la constitution, le rôle du Conseil constitutionnel est de veiller à la régularité de l’élection du Président de la République, examiner les réclamations et proclamer les résultats du scrutin. Le président du Conseil est nommé par le Président de la République. Il a voix prépondérante en cas de partage.

En 2011, Jacques Robert, un juriste qui siégea de 1989 à 1998 rue de Montpensier, avait affirmé au Parisien-Aujourd’hui en France avoir servi « de caution à une belle entourloupe » lors de l’examen de ces comptes. Ceux de M. Balladur « accusaient 10 millions de francs de recettes d’origine inconnue ». Ceux de Jacques Chirac l’étaient également « mais les irrégularités n’avaient pas une telle ampleur », selon lui.

Edouard Balladur et son ancien ministre de la Défense François Léotard devront s’expliquer devant la Cour de justice de la République (CJR) sur le financement de la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre en 1995, dans le volet financier de Continuer la lecture de Roland Dumas dit avoir « Sauvé la République » en validant les comptes irréguliers de Chirac en 1995

Règlement de comptes au Front de gauche

Les bons comptes font les bons amis. C’est bien connu. Il semblerait cependant que l’adage n’ait pas été suivi à la lettre par le Front de gauche. Pour Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, il ne s’agit que d’un « petit contentieux » entre son parti et le Parti de gauche. Mais un « petit contentieux » qui s’élève tout de même à 527 000 euros, soit le montant du dépassement des frais de campagne de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle. Mais comme l’a révélé Le Canard enchaîné dans son édition du 17 avril, le PG, qui estime que ces dépenses sont imputables aux fédérations du PCF, refuse de mettre la main à la poche.
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La campagne de M. Mélenchon a été une des plus onéreuses de la présidentielle. Au départ, les organisations du Front de gauche avaient été prudentes en misant sur un budget de campagne de 3,9 millions d’euros. Une fois assurées de faire plus de 5 % des suffrages exprimés au premier tour et donc d’être remboursées de leurs frais de campagne, elles avaient vu plus grand. Au final, en terme de coût de campagne, M. Mélenchon se hisse dans le trio de tête, derrière François Hollande (les comptes de Nicolas Sarkozy n’ont pas été publiés par la commission des comptes de campagne car ils font l’objet d’un recours devant le Conseil constitutionnel). Ses dépenses ont été de 9 427 731 euros, ses recettes de 9 468 161 euros et le remboursement de ses frais de campagne s’est élevé à 8 004 225 euros, soit 47,5% du plafond.

« ANCRAGE TERRITORIAL DÉCISIF »

Une fois les dons et diverses recettes ajoutés au remboursement de l’Etat, restent les fameux 527 000 euros de dépassement auxquels s’ajoutent des frais que la commission des comptes de campagne n’a pas intégré dans les remboursements. L’accord initial signé entre les différentes forces du Front de gauche prévoyait que les éventuels coûts supplémentaires seraient répartis entre elles. « A condition toutefois qu’un accord sur les dépassements ait été trouvé, comme ça a été le cas pour les dépenses nationales », souligne Martine Billard, coprésidente du PG. Pour l’ancienne députée, Continuer la lecture de Règlement de comptes au Front de gauche