Archives par mot-clé : crise

Venezuela : La société idéale de Mélenchon sombre dans la guerre civile, la misère et le chaos

Voilà le résultat du chavisme que Mélenchon prend pour exemple et dont il a toujours soutenu les dirigeants.
Face à Jean-Jacques Bourdin Mélenchon a même relativisé la répression qu’inflige Maduro à ses opposants en la comparant aux manifestations sur la loi El Khomri
Le Venezuela n’est pas un pays pauvre. Au contraire c’est l’un des pays les plus riches en pétrole. La situation économique est la conséquence des choix qui ont été fait par les socialistes Chavez et Maduro. Une politique de rente basé sur le pétrole, le manque de diversification industrielle,  l’endettement, l’augmentation des impôts en direction des plus fortunés et l’explosion des dépenses publiques. Aujourd’hui le pays est ruiné, les gens n’ont plus rien à manger, et il est au bord de la guerre civile.

C’est le cocktail maléfique de Mélenchon…. cette gauche a toujours échoué. Si vous voulez un avenir pour vos enfants ne votez pas Mélenchon.

A lire:
Le Venezuela au bord du gouffre
Le Venezuela, modèle de Mélenchon, au bord du défaut de paiement
Le Venezuela au bord de l’embrasement généralisé
Pourquoi le Venezuela s’enfonce dans la crise ?

Les marchés plombés par la Deutsche Bank

Pour ceux qui croient naïvement que nous sommes sortis de la crise de 2008, le réel vient de leur prouver le contraire.
Sarkozy, Merkel, Hollande, et la BCE n’ont fait que gagner du temps et ont donné notre fric gratuitement à des banques vérolées toujours au bord de la faillite.


La Deutsche Bank continue d’inquiéter les marchés. Les valeurs bancaires chutaient en Europe ce matin sur fond de craintes entourant la solidité de la première banque allemande, menacée d’une amende record aux Etats-Unis pour son rôle dans la crise des subprimes. Le titre Deutsche Bank cédait plus de 4 % à la mi-journée après avoir dévissé de près de 8 % dans les premiers échanges, sous la barre des 10 euros. Une première. Depuis son pic en 2007, l’action Deutsche Bank a perdu environ 90% de sa valeur. Continuer la lecture de Les marchés plombés par la Deutsche Bank

Olivier Delamarche: Mais qui va nous acheter des biens et des services ???

Après plusieurs mois d’une reprise annoncée par les organismes comme l’OCDE, des doutes s’installent. Pour Olivier Delamarche, ces chiffres là, issus de prévisions, n’ont jamais été corrects. « La reprise on ne la voit pas dans les vrais chiffres. »

Pour notre Econoclaste, même si l’euro a baissé vis-à-vis de quelques devises et qu’on pourrait par conséquent s’attendre à une amélioration du chiffre des exportations européennes, l’absence de croissance dans les autres pays fait que tout cela n’impactera pas la croissance des pays de la Zone Euro. « On voit qu’il n’y absolument pas de croissance chinoise. On voit les importations chinoises s’effondrer. On voit les importations japonaises s’effondrer aussi. On voit les Etats-Unis qui ralentissent fortement. D’où va venir la croissance ? Qui va nous acheter des biens et des services ? Personne. »

Au final les résultats sur les entreprises européennes sont dus en très grande partie à l’effet de change. Ce sont donc des résultats comptables.

« Sur les résultats des entreprises (la baisse de l’euro) va vous faire une progression, mais une progression qui sera purement comptable. C’est-à-dire quand (les entreprises) vont rapatrier des bénéfices qui sont faits en dollars, cela fera plus d’euros dans leur portemonnaie. Ce n’est pas une amélioration des marges ou du chiffre d’affaire. »

La décorrelation des prix avec leurs fondamentaux qui devient de plus en plus importante nous amènera donc forcément à un point de rupture. Il y aura alors un retour brutal à ces valeurs pour Olivier Delamarche mais à une date inconnue parce que pour l’instant « les marchés ont décidé de jouer l’arrivée massive et permanente de capitaux pour faire mumuse et aujourd’hui c’est la seule chose qui fait monter les marchés. »

« Aujourd’hui on a une croissance américaine qui a toujours été basée sur la même chose, Continuer la lecture de Olivier Delamarche: Mais qui va nous acheter des biens et des services ???

Viviane Reding :  » il n’y a plus de politiques intérieures nationales, il n’y a plus que des politiques européennes  » (vidéo)

Voilà, vous êtes prévenus : nous ne sommes plus une nation libre, il n’y a plus d’État Nation. Cette déclaration que l’on doit à la vice-présidente de la commission européenne aurait dû faire la affiche_coq-50Une des journaux, or elle a volontairement été occultée par nos média complices.
Nous ne sommes donc plus rien. Après un tel aveu vous ne pourrez plus prétendre que vous ne saviez pas.
Donc de deux choses l’une : 
– soit vous acceptez peureusement de vous soumettre au diktat de vos nouveaux maitres et vous deviendrez des esclaves; soit vous choisissez de sauver ce qui a été construit par nos ancêtres, et vous envoyez balader toutes ces canailles… pour cela il faut avoir le courage d’assumer un vote souverainiste et patriote !.
Nous en sommes arrivés à l’heure de vérité : il y a d’un coté les patriotes, de l’autre les mondialistes. Ceux qui, lors des prochaines élections, voteront pour l’UMP, les Verts, l’UDI, le PS, le Modem, le Front de gauche se rangeront du côté des mondialistes, et seront donc assimilables à des collabos…..

Choisis ton camp camarade !

À partir de 4mn40

Il faut lentement mais surement comprendre qu’il n’y a plus de politique intérieure nationale. Il n’y a plus que des politiques européennes qui sont partagées dans une souveraineté commune.

 

Viviane Reding,
Vice-présidente de la commission européenne.

Les 3.000 milliards de dette que nous cache l’Etat

Si l’on prend en compte les engagements de l’Etat comptabilisés « hors bilan », la dette de la France atteindrait 242,2% du PIB, contre 90,2 % actuellement.

D’après l’INSEE, la dette de la France atteint 90,2 % du PIB au 4ème trimestre 2012, soit 1.833,8 milliards d’euros. Mais si l’on prend en compte les engagements de l’Etat comptabilisés dans ce que les experts appellent le hors-bilan, la dette de la France serait beaucoup plus élevée.

Elle atteindrait 242,2 % du PIB (4923,8 milliards d’euros). C’est du moins ce que révèle le dernier rapport de la Cour des Comptes publié le 30 mai dernier.

Les engagements hors bilan retracent les obligations susceptibles d’avoir un impact significatif sur la soutenabilité financière d’un Etat sans avoir les caractéristiques obligeant une nation à les intégrer dans son bilan. On y intègre les retraites, les mécanismes européens de stabilité financières ou encore la garantie des épargnants. Continuer la lecture de Les 3.000 milliards de dette que nous cache l’Etat

Olivier Delamarche : « il n’y a que Hollande qui a cru qu la crise était finie »

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 02 juillet juin 2013 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Placements“, face à Cédric Decoeur.

« Il n’y a que François Hollande qui a cru que la crise était finie. On est en pleine crise et on accueille la Croatie qui en est à sa cinquième année de récession. Je ne vois pas comment on pourrait récupérer de la croissance aujourd’hui. La croissance américaine a été révisée à 1,8%, loin des 2,5% de départ, on est loin du compte. 12% des prêts étudiants ne sont pas remboursés dans les temps aux États-Unis. »

Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

En visite à Bruxelles la  premier ministre slovène s’est voulue rassurante sur l’état de son pays. Les marchés redoutent un nouveau plan de sauvetage à 8 milliards d’euros.

La Slovénie ne sera pas la prochaine Chypre. C’est le message qu’ont martelé mardi la premier ministre slovène et le patron de la Commission européenne alors que les marchés financiers sont braqués sur le petit pays alpin. Nombre d’experts désignent en ­effet Ljubljana, plongée dans une nouvelle récession doublée d’une crise bancaire, comme la pro­chaine capitale à sauver de la faillite.

La Slovénie deviendrait, alors le sixième État membre de la zone euro à bénéficier d’une aide internationale après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et Chypre.

 Le chef du gouvernement slovène, Alenka Bratusek, nommée il y a seulement trois semaines à la suite d’un scandale politique qui a fait tomber son prédécesseur, a rencontré mardi à Bruxelles le président José Manuel Barroso et le président du Conseil, Herman Van Rompuy. Leader d’un parti de centre gauche, Alenka Bratusek, 43 ans, a succédé au conservateur Janez Jansa, accusé de corruption. Tentant de faire retomber la pression médiatique de ces derniers jours, la jeune femme a d’emblée déclaré, en allusion à Chypre: «Nous ne sommes pas un paradis fiscal» et «notre endettement est parmi les plus bas d’Europe». «Nous sommes déterminés à ­résoudre nos problèmes par nous-mêmes.»

Tensions sur les marchés Continuer la lecture de Après Chypre, la Slovénie inquiète l’Europe

Viticulteurs : « Certains empruntent 50 euros à la banque pour manger »

On ne vous en parle pas chez claire Chazal. Mais la France s’enfonce, s’enfonce, s’enfonce…..

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lu sur l’Indépendant

« Si ça continue, il n’y aura plus que des ‘coutious’ (friches) de la Llabanère aux portes du Vallespir et de la mer aux premiers contreforts du Conflent« . Un énième coup de gueule poussé par le très pessimiste président du Syndicat des vignerons, Denis Pigouche, diront certains. Une vérité qu’il faut désormais se résoudre à accepter rétorque, de toute évidence, une bonne partie des vignerons. Parmi lesquels ceux qui ont tenu une conférence de presse, hier, en mairie d’Estagel. Etaient présents aux côtés de Denis Pigouche représentant la FDSEA, cinq viticulteurs, dont Raymond Manchon, adjoint au maire d’Estagel et membre du MoDEF (Mouvement pour la défense des exploitations familiales), Jacques Bayona, adjoint au maire de Saint-Paul- de-Fenouillet, Christian Grallet, membre de la Confédération paysanne et Jean-Michel Hylari, élu MSA grand Sud.

Même plus d’argent pour se chauffer

Jean-Michel Hylari a planté le décor : « Pour la première fois, la MSA a dû mettre en place une cellule de risques psychosociaux. Le problème, c’est qu’elle fonctionne. Et ce, avec de nombreux viticulteurs désespérés qui appellent. Il faut savoir que certains n’ont même plus d’argent pour se chauffer. Et d’autres qui vont emprunter 50 euros à la banque pour se nourrir. Sur le canton de Latour-de-France et Saint-Paul, nous avons cinq fois plus de problèmes de recouvrement qu’en 2011 pour les cotisations exploitants et dix fois plus pour les cotisations sur salaires. Sans oublier les demandes de report de paiement dont nous sommes submergés« .

Une situation qui ne surprend pas les syndicalistes quand, pour Denis Pigouche, si le problème est conjoncturel il est aussi administratif : « Deux tiers des vignerons sont assujettis au forfait et sont exclus du RSA. Le conseil général, l’Etat, le Crédit agricole doivent entendre leurs préoccupations. Il faut en finir avec ce déni de crise, aider ceux qui peuvent encore l’être et accompagner dignement vers la sortie ceux qui ne pourront pas y arriver ».

Ils ont décapitalisé jusqu’au dernier bien

Pour Jacques Bayona, viticulteur à Lesquerde, la situation a été sous estimée :

« Le revenu moyen du vigneron sur certains secteurs est de 2 200 euros à l’hectare, alors que le coût de production se situe entre 2 500 et 3 000 euros. Les viticulteurs ont vendu leur patrimoine, ils ont décapitalisé jusqu’au dernier bien. Nous sommes tombés à 660 000 hectos dans ce département contre 2 millions en 1980. C’est la plus faible récolte depuis le phylloxera. Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour mesurer le désastre ».

Des propos relayés par Christian Grallet qui demande une revalorisation urgente des productions : « Ce sont les circuits longs qui Continuer la lecture de Viticulteurs : « Certains empruntent 50 euros à la banque pour manger »

Crise en Espagne : l’heure est au bilan

Selon la Banque d’Espagne, l’économie espagnole a connu au quatrième trimestre son recul le plus marqué depuis plus de trois ans. Le PIB du pays a, en effet, baissé de 0,6 % au cours des trois derniers mois de 2012, par rapport au troisième trimestre. La banque souligne en particulier que la demande des ménages et des entreprises a chuté de 1,9 % par rapport au troisième trimestre.


Etat des lieux

 

Une situation économique qui trouve en partie son explication dans la politique de rigueur mise en place par le gouvernement de Mariano Rajoy. A titre d’exemple, depuis le 1er septembre la TVA a été augmentée et la prime de fin d’année des fonctionnaires a été supprimée. Sous la pression des marchés et de l’Union européenne, le gouvernement a multiplié les coupes budgétaires et les hausses d’impôts, pour tenter de ramener son déficit public de 9,4 % du PIB en 2011 à 6,3 % en 2012, puis à 4,5 % en 2013 et à 2,8 % en 2014.

 

Et ce n’est pas la hausse du chômage qui risque de relancer la consommation des Espagnols. Le niveau record du chômage, qui touche un quart des actifs, a indéniablement contribué à affaiblir la demande intérieure. La quatrième économie de la zone euro a en effet enregistré en janvier 132 055 chômeurs de plus qu’en décembre (+ 2,72 %). Sur un an, il y a eu 380 949 nouveaux demandeurs d’emploi (+ 8,28 %) pour arriver au total de 4 980 778 de chômeurs.

 

L’Espagne doit continuer ses efforts

 

Ces efforts consentis par les Espagnols ont cependant été salués par Mario Draghi qui n’a pas hésité à féliciter le gouvernement espagnol pour les progrès budgétaires réalisés. « La situation économique, la situation sociale sont difficiles et le peuple traverse une période pénible », a estimé le président de la Banque centrale européenne. « Mais l’Espagne est sur la bonne voie et aujourd’hui les banques en Espagne présentent un bilan beaucoup plus sain. Aujourd’huil’Espagne présente ce qui est probablement la reprise et la résolution du système bancaire la plus avancée de la zone euro », a-t-il ajouté.

 

Si l’Espagne a reçu 40 milliards d’euros de l’Union européenne afin d’assainir son secteur bancaire, le Fonds monétaire international estimait au début du mois de février que les risques qui pesaient sur l’économie espagnole, en particulier sur son secteur bancaire, restaient élevés. Aussi le FMI a-t-il exhorté les dirigeants espagnols maintenir leur politique de rigueur et de mettre « en œuvre sans exception » l’ensemble des réformes engagées.

 

Les Espagnols ne veulent plus de la rigueur

 

Mais les premiers concernés par cette politique de rigueur n’en peuvent plus. Le week-end dernier, deux grandes manifestations ont mobilisé, des milliers d’Espagnols en colère, dans une cinquantaine de villes, notamment à Madrid et à Barcelone. Samedi après-midi, ils manifestaient pour réclamer une nouvelle loi afin de mettre fin à la vague d’expulsions de propriétaires surendettés et ruinés par la crise. « Que se passe-t-il ? Nous n’avons pas de maison », scandaient-ils. En Espagne, 500 familles sont expulsées chaque jour de chez elles et récemment plusieurssuicides de propriétaires sur le point d‘être expulsés ont ému l’opinion publique.

 

Dimanche, ce sont des milliers de médecins et d’infirmières en blouse blanche qui sont descendus dans les rues de Madrid et de 15 autres villes d’Espagne, contre les privatisations des hôpitaux et les coupes budgétaires qui selon eux mettent en péril la santé publique. Le gouvernement régional de Madrid prévoit en effet de privatiser partiellement six des vingt grands hôpitaux de la région ainsi que 27 centres de santé, sur un total de 270. Un coup dur de plus pour les foyers les plus pauvres…

 

Les ONG appellent le gouvernement à lutter contre la pauvreté

 

C’est dans ce contexte, qu’Amnesty International, Greenpeace et Oxfam, ont interpellé, lundi 18 février, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, en lui demandant dans une lettre ouverte de placer la lutte contre la pauvreté parmi ses priorités : « Avec les politiques actuelles menées par le gouvernement, nous sommes en passe de devenir un pays plus pauvre, plus injuste et plus instable », ont écrit les trois organisations non gouvernementales.

 

« Les mesures adoptées par le gouvernement ont eu pour effet que presque deux millions de familles espagnoles n’ont plus aucun revenu et qu’une sur quatre vit dans la pauvreté ou dans des conditions d’exclusion sociale », ont ajouté les ONG qui exigent « une plus grande protection des droits des personnes » et « un changement dans la politique budgétaire et économique ». Reste à savoir si le gouvernement suivra les conseils de la Banque centrale européenne ou d’Amnesty International…

 

D’autres articles du même auteur sur le site de JOL Press

Les défaillances de grosses PME explosent

Le taux d’échec des entreprises inter­médiaires dépasse celui des PME et des petites entreprises qui four­nissent traditionnellement les gros bataillons des faillites.

Les entreprises françaises continuent de payer un lourd tribut à la crise. «Les défaillances restent à un niveau alarmant. L’économie française est entrée dans un cercle vicieux – destruction d’emplois, baisse d’activité», explique Yves Zlotowski, économiste en chef de l’assureur-crédit Coface. 62.000 entreprises devraient jeter l’éponge cette année. 60.641 ont sombré en 2012 selon le baromètre établi par Coface. «Le coût financier et social est en forte hausse», constate Jennifer Forest, économiste chez ­Coface. 200.911 emplois ont été ­détruits l’an dernier dans les entreprises, selon les calculs de l’assureur-crédit, soit 8,3 % de la population ­active. Ce chiffre est en augmentation de 8,5 % par rapport à 2011. Les entreprises défaillantes ont laissé une facture de 4,4 milliards d’euros à leurs fournisseurs.

«L’augmentation préoccupante des coûts s’explique par l’explosion des défaillances d’entreprise de taille intermédiaire», analyse Jean-Marc Pillu, directeur général de Coface. 45 entreprises employant entre 250 et 5000 salariés ont fait faillite entraînant la destruction de 26.520 emplois. La tendance se poursuit en ce début d’année.

Des fragilités structurelles

Les abattoirs de porcs Gad SAS, qui emploient 1700 personnes en ­Bretagne, vont déposer leur bilan la semaine prochaine. Résultat, le taux d’échec des entreprises inter­médiaires dépasse celui des PME et des petites entreprises qui four­nissent traditionnellement les gros bataillons des faillites. Signe in­quiétant, les sociétés qui chutent sont de plus en plus grosses. Une sur deux employait 386 salariés et ­réalisait 71 millions d’euros de chiffre ­d’affaires. «La crise a été révélatrice de leurs fragilités structurelles», constate Frédéric Wissocq, responsable de l’arbitrage chez ­Coface.

Les entreprises intermédiaires françaises sont en fait de «grandes» PME. Elles réalisent en moyenne 200 millions d’euros de chiffre d’affaires quand leurs concurrents allemands atteignent entre 900 millions et un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Les trois quarts sont actives en France. Celles qui exportent, vendent en Europe, notamment en Italie et en Espagne , deux pays connaissant de sérieuses difficultés économiques.Elles souffrent de ne pas traiter d’égal à égal avec les grands groupes pour lesquels elles travaillent. «Ceux-ci les considèrent comme une variable d’ajustement», observe Frédéric Wissocq. Les entreprises intermédiaires affrontent les mêmes difficultés que les PME en matière de délais de paiement. Fabriquant des produits de moyenne gamme, elles sont faiblement profitables. Faisant peu appel aux marchés financiers, elles sont enfin handicapées par une capacité d’investissement limitée. Ce qui les rend particulièrement fragiles.

Vivre en Grèce avec 400 euros (vidéo)

On ne dira jamais assez merci à François Mimolette, Sarkozy, Merkel et tous leurs amis banquiers, pour leurs gestions efficaces, leurs prévisions perspicaces, leurs promesses lucides et leurs intelligences surprenantes. Nous avons de la chance d’avoir à la tête de nos états et de l’Europe des hommes de pouvoir aussi soucieux du bien être de leurs peuples. L’euro/dollar est à 1,36, l’euro est sauvé… vive l’euro. Merci pour tout.

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George et Lia ont vu leurs revenus divisés par 5 depuis le début de la crise grecque en 2010. Sans espoir, ils rêvent aujourd’hui de quitter le pays.

Il y a deux ans, tout était différent pour ce couple : deux voitures, une moto et  une maison en location. Lui charpentier à son compte, elle vendeuse, George et Lia gagnaient plus de 2.500 euros par mois. Aujourd’hui ils vivent avec 400 euros/mois.

 » le maximum que je peux dépenser, c’est 10 euros », explique-t-George en privilégiant l’achat de couches pour sa petite fille. La viande, l’huile, ce sera pour plus tard.

Monsieur le Président, les Français ont faim !

Lettre de Pierre Jovanovic à François Hollande au sujet des cambriolages des boucheries. Selon Pierre Jovanovic ces vols relèvent d’un phénomène d’économie et de société mais certainement des faits divers.

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Monsieur le Président,

Les Français ont faim.
Et comme Louis XVI, vous ne le voyez pas.
Ils sont à bout, affamés et rayés des listes de Pôle Emploi.
Ils sont donc contraints à attaquer et/ou cambrioler des boucheries.
Ma liste ci-dessous vous évite de commander un rapport à vos habituelles commissions qui vont prendre 3 mois pour ne pas voir ce qui se passe.
Espérant que ces faits, soi-disant « divers », vous alerteront.
Cette lettre m’a été inspirée par un gendarme, Olivier, qui a aussi vu la hausse du nombre d’arrestations pour vols de nourriture.

– Une boucherie de Grainville-la-Teinturière a subi l’intrusion de cambrioleurs au cours de la nuit du 20 décembre 2012 , lire Paris Normandie.

– Deux cambriolages en une nuit zone de Bellevue. La boucherie La Charolaise a été victime d’un cambriolage. 30 kg de viande ont été dérobés ainsi que le fonds de caisse.

– Vers minuit également, l’entreprise de surgelés Crust’Armor a été visitée, plusieurs portes ayant été fracturées, lire le Telegramme.

– Près de 20.000 euros cambriolés dans une boucherie du centre ville de Nice le 27 déc 2012, lire ici Nice Matin

– Le boucher cambriolé pour la 4e fois à Bressols (Dépêche du Midi).

– Les cambrioleurs ont dérobé dans une boucherie des halles de Capbreton 8 jambons, 2 jambons blancs, 12 andouillettes, 10 saucissons, etc. lire Sud-Ouest.

– Une boucherie a été cambriolée dans la nuit de mardi à mercredi le 1er août, un peu avant 3h à Morestel dans l’Isère.

– La Roche-en-Brenil, cambriolage à la boucherie. Les voleurs étant repartis avec de l’alimentaire : jambons secs, diverses charcuteries, lire le Bien Public.

– La boucherie de la place de l’Église, à Ambrault, a été cambriolée, dimanche après-midi. Les individus sont entrés en fracturant une fenêtre à l’arrière de la boutique.

– Deux cambriolages de boucheries Orgères en Beauce dimanche 23 septembre 2012

– Peine plancher pour les voleurs de la boucherie C’est en effet une comparution immédiate qui attendait Mourad Labyb et Nabil Kateb, respectivement âgés de 23 et 22 ans. Le boucher, pour sa part, bien connu des deux prévenus puisqu’installé dans le même quartier, avait, par le passé, permis à l’un des deux de travailler derrière son comptoir ! Republicain Lorrain du 1 sept 2012

– La boucherie de Crouy (Aisne) a été mise à sac, dimanche soir. Préjudice : 3.000 euros de viande et 6.000 euros en liquide.

– Le lendemain, une autre, à Soissons, subissait presque le même sort. Lire Union Presse du 2 Mai 2012

– Boucherie Fred 82 Aucamville, un cambriolage évité

– La Bouriette : les Halles Gourmandes cambriolées 9 juillet 2012 … Selon la police, la totalité de la chambre froide du boucher a été vidée, lire l’Independant

Chute du marché auto : la crise n’explique pas tout

Lu sur le Monde

Le marché automobile français vient de faire une marche arrière de quinze ans. Le nombre d’immatriculations de voitures neuves est en effet revenu à son niveau de 1997. La faute à la crise ? Evidemment. Le contrecoup de la prime à la casse ? Certainement. Il est d’ailleurs frappant que le dernier point bas du marché remonte à la « Balladurette », qui fut suivie de la « Jupette ». Les mesures de soutien au marché mises en place pendant la crise, de 2008 à 2010, expliquent en partie la chute des ventes annoncée mercredi 2 janvier. Mais les causes du malaise sont en fait beaucoup plus structurelles.
(…)

De plus en plus de voitures d’occasion

Bref, la voiture n’a jamais été aussi présente dans notre quotidien. Imaginer que la baisse du marché s’expliquerait par le fait que les Français se détournent de l’automobile ne tient donc pas la route. Non, le problème réside plutôt dans leur capacité et/ou leur volonté de s’acheter une voiture neuve.

En 1980, 55,7 % des véhicules étaient achetés neufs. Aujourd’hui, la proportion est tombée à 41,1% au profit des véhicules d’occasion. Conséquence directe : l’âge moyen du parc automobile est passé de 5,8 à 8 ans en l’espace de trente ans. Encore plus parlant : un automobiliste garde sa voiture en moyenne 5 ans, au lieu de 3 ans et demi en 1990. Quant au kilométrage moyen, il est passé de 65 300 à 10 3470 (sources CCFA).

Autre paradoxe du marché des voitures neuves, depuis trente ans, il oscille entre 1,8 million et 2,2 millions d’unités, alors que, entre-temps, le pays a gagné près de 13 millions d’habitants. Une croissance démographique, qui a donc un effet très marginal sur les ventes de véhicules, celles-ci ne variant finalement que dans la fourchette précédemment citée au gré des aides diverses au secteur, de l’évolution du PIB et du renouvellement de l’offre des constructeurs.

L’impact de l’immobilier

La vraie question consiste donc à se demander pourquoi les Français achètent-ils aussi peu de voitures neuves. La première explication tient dans le fait que la dépense automobile se retrouve de plus en plus en concurrence avec d’autres postes, à commencer par l’immobilier.

Bilan 2012 : ethnicisation des clivages politiques et post-démocratie

Même si l’on a échappé à la fin du monde, l’année 2012 s’achève dans l’inquiétude, la morosité, voire le dégoût, pour la majorité de nos concitoyens. Retour sur une année remarquable à plus d’un titre. Le bilan de Michel Geoffroy.
Polémia

1/ L’ethnicisation des clivages politiques : l’immigration, boulet politique

2012 a vu la réélection de B. Obama qui n’a recueilli aux Etats-Unis que 39% du vote des électeurs blancs ; par contre, il a mobilisé le vote des Afro-Américains et des Hispaniques. En France, F. Hollande a été élu alors qu’il ne rassemblait ni la majorité des inscrits ni celle des votants ; par contre, il a bénéficié à 86% du vote des électeurs musulmans et, à une majorité écrasante, des voix des électeurs outre-mer.

La similitude des deux processus signifie que la grande substitution de population européenne initiée par l’oligarchie avec l’immigration de peuplement a commencé en 2012 à exercer des effets politiques nationaux d’envergure et manifestement durables.

Aux Etats-Unis comme en France, l’élément fondateur de l’identité nationale –que ce soient les descendants des colons « wasp » ou les Français de souche – est en décroissance numérique, à la différence des « minorités » ethniques : cela commence à se traduire politiquement.

En France, la gauche a misé sur l’immigration pour asseoir son assise électorale et elle entend exploiter au maximum ce filon ; d’où sa volonté de faire aboutir son projet d’ouverture des élections locales aux étrangers et, bien sûr, son attitude systématiquement laxiste sur la question des migrations.

Les élus locaux « républicains » avaient déjà compris la nécessité de courtiser le vote musulman, ce qui s’est traduit notamment par leur attitude bienveillante vis-à-vis de la construction de mosquées. En retour, la France immigrée vote pour la gauche, c’est-à-dire pour plus d’immigrés.

L’immigration n’est donc plus seulement un boulet économique et social. 2012 démontre qu’elle devient aussi un boulet politique dont le poids électoral ne se limite plus au niveau local mais pèse désormais sur les scrutins nationaux. Masse de manœuvre économique du patronat, l’immigration devient aussi la masse de manœuvre électorale de l’oligarchie pour contrer la révolte européenne qui vient.

Bonne année 2012 aux Français de souche !

2/ La progression de la menace islamiste

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Crise : nous sommes dans une situation semblable à 1789

Tout prête aujourd’hui à croire que nous vivons, en France comme en Europe, une réaction nobiliaire du même ordre que celle qui avait exaspéré les Français dans les années 1780.

 

La réaction nobiliaire est un phénomène simple à comprendre : face à un monde traversé d’innovations technologiques profondes, qui débouchent sur la révolution industrielle, face à une montée sourde de la contestation, notamment due aux inégalités fiscales, l’aristocratie se crispe sur ses privilèges.

 

Quelques événements symboliques ont jalonné cette histoire d’une réaction sociale profonde avant la Révolution. En 1775, Saint-Germain, ministre de la Guerre, introduit les châtiments corporels dans l’armée et supprime la vénalité des offices. Les roturiers fortunés ne peuvent donc plus acheter de charges d’officiers dans l’armée, puisqu’à cette époque une charge d’officier s’achetait. C’est alors une façon habile d’interdire la promotion sociale dans la troupe, c’est-à-dire la possibilité pour un roturier d’occuper un poste traditionnellement confié à un héritier de la noblesse, et de verrouiller la force militaire en y réservant les places de décision aux seuls aristocrates. En 1781, Ségur durcit par un édit resté fameux les conditions de noblesse à remplir pour accéder aux charges d’officiers. L’armée devient alors le symbole d’un ordre féodal réactionnaire, ce qui explique une grande partie de la fureur révolutionnaire à venir chaque fois que Louis XVI rassemblera des troupes dans ou autour de Paris.

 

L’apothéose de la réaction nobiliaire arrive probablement avec la querelle du droit de vote aux États Généraux. Lorsque ceux-ci se réunissent à Versailles, le roi n’a pas tranché sur les modalités de scrutin. Le vote se fera-t-il en une seule assemblée, ce qui donne au Tiers, représentant 95% de la population et la moitié seulement des représentants, une majorité de fait? Ou bien se fera-t-il par ordre, ce qui confère à la noblesse et au clergé une forte prépondérance sur le Tiers ?

 

On se souvient que le serment du Jeu de Paume du 6 mai 1789, prêté par les députés du Tiers qui se proclament «députés des Communes», pose à lui seul les bases de la Révolution : les États Généraux ne sont pas une réunion d’ordres, la France n’est pas une juxtaposition de classes sociales qui se côtoient sans se mélanger. La France est une nation où chaque ordre appartient à un tout qui délibère ensemble.

 

La réaction nobiliaire incarne le refus de cette vision nationale. Pour la noblesse de l’époque, la France n’est pas un corps où chacun a les mêmes droits. La France possède un ordre où le sommet a des privilèges naturels qui lui interdisent de partager la volonté du peuple.

 

UNE DETTE ÉCRASANTE

 

L’analogie entre l’Europe d’aujourd’hui et la France des années 1780 est d’autant plus tentante que les deux époques se caractérisent par une même crise de la dette souveraine – une dette si écrasante qu’elle détermine tout choix politique, tout programme de gouvernement, jusqu’à provoquer une situation révolutionnaire.

 

Il est difficile de projeter le montant de la dette de la France à cette époque car la France ne disposait pas d’un budget en bonne et due forme. Elle se contentait de suivre l’état du trésor royal. L’argent était levé à mesure que les besoins apparaissaient.

 

Il faut attendre 1781 pour que Necker, équivalent du ministre des Finances de l’époque, banquier genevois qui avait un profil au fond assez similaire politiquement à un Dominique Strauss-Kahn, produise un Compte-rendu au Roi synthétisant les grandes données des finances publiques. Comme il s’agit d’une opération de propagande, les chiffres sont faux et font croire aux contemporains que le budget est excédentaire.

 

Necker démissionne en mai 1781. Calonne, qui prend le poste en 1783, en a rectifié les chiffres. Le déficit ordinaire est de 70 millions de livres. Avec les dépenses militaires dues au corps expéditionnaire en Amérique, le déficit atteint 200 millions. Les recettes sont d’environ 600 millions de livres. Autrement dit, le déficit annuel se situe autour de 10% du budget total. Il avoisine les 35% si l’on inclut les dépenses de guerre.

 

Comme nous ne disposons pas d’un calcul aisé du produit intérieur brut de l’époque, il est là encore compliqué de comparer la situation de la France des années 1780 avec celle d’aujourd’hui. Cela dit, si nous retenons les chiffres élémentaires du budget actuel de la France, nous arrivons à une réalité très similaire à celle de la Révolution Française. Ainsi, avec un déficit annuel compris de 100 milliards d’euros en 2011, pour des recettes situées bon an mal an entre 300 et 350 milliards d’euros, la France des années 2010 souffre d’un besoin de financement de 30% environ de son budget. Elle ne se trouve guère éloignée de ce qu’elle connut dans les années précédant la Révolution.

 

En 2010, le déficit avait atteint 136 milliards d’euros, soit près de 40% des dépenses. Ce chiffre était bien plus lourd que ce que connaissait la France avant 1789.

 

Comble d’ironie, le financement de ce déficit se heurtait déjà aux difficultés que nous connaissons. En effet, la monarchie ne disposait pas d’une banque centrale susceptible de lui faire des avances ou des prêts à bas taux. Louis XVI était en permanence obligé de lever des fonds auprès des banquiers privés ou des épargnants, à des taux élevés. Ces créanciers de l’État disposaient ainsi d’un véritable levier sur le contenu des politiques à mener.

 

Les Anglais s’étaient doté d’un dispositif inverse. Le Trésor royal pouvait emprunter auprès de la Banque d’Angleterre, qui était un «prêteur en dernier ressort», comme on dit, ce qui n’est pas le cas de la Banque Centrale Européenne actuelle. Grâce à ce système très peu libéral, au fond, très étatiste, la couronne anglaise pouvait supporter des déficits bien plus lourds que celui de la France.

 

Toujours est-il que la dette souveraine de la France avant 1789 devient si obsédante qu’elle détermine l’ensemble de la politique royale dans les années 1780. Elle explique la valse des ministres de l’époque : Necker, Joly de Fleury, Calonne, Brienne, puis à nouveau Necker, tentent tous de juguler un déficit qui se révèle totalement hors de contrôle. Dès cette époque, la seule mission du Roi est de satisfaire ses créanciers. L’Ancien Régime meurt, parce qu’il ne peut plus faire de choix politique en dehors de cette contrainte.

 

L’INJUSTICE FISCALE

 

Une grande partie du débat de cette époque porte sur l’augmentation des recettes budgétaires. L’Ancien Régime est alors prisonnier d’un système fiscal obsolète, dont le principal inconvénient est d’être injuste, c’est-à-dire de frapper très inégalement les Français, et de singulièrement peu taxer les plus riches ou les nobles, tout en accablant les plus pauvres. « Quoique l’inégalité, en fait d’impôts, se fût établie sur tout le continent de l’Europe, il y avait très peu de pays où elle fût devenue aussi visible et aussi constamment sentie qu’en France », écrit Tocqueville.

 

De fait, plus aucun Français ne trouve de légitimité au système fiscal de cette époque.

 

L’imposition directe, par exemple, reposait surtout sur la taille.

 

Dans les pays de taille personnelle, le revenu imposable était simplement présumé. Le Conseil d’État fixait chaque année un objectif de recettes à atteindre, et les intendants du Royaume, sorte de préfets et de trésoriers payeurs mélangés, devaient simplement «faire leur chiffre». Un système en cascade descendait jusqu’au collecteur de la paroisse, qui estimait la capacité contributive des habitants du village au vu d’un certain nombre d’apparences, de signes extérieurs de richesses, dirions-nous. Il décidait alors du montant que chaque habitant paierait pour atteindre le chiffre fixé nationalement. Cette technique rudimentaire de détermination de l’impôt, qui explique facilement qu’encore aujourd’hui les Français aiment le secret sur tout ce qui touche à leurs revenus et la discrétion quant à leur patrimoine, était évidemment porteuse d’injustice et de mécontentement.

 

Dans les pays de taille réelle, l’estimation des revenus reposait sur des déclarations et des valorisations très partiales du foncier, favorables aux nobles propriétaires de longue date. Là aussi, l’impôt était vécu comme injuste, avec de fortes exemptions, des assiettes étroites et des taux élevés pour ceux qui étaient assujettis.

 

Dès cette époque, traîne l’idée qu’un impôt universel serait bien plus juste et bien plus rentable que ce vieux système impopulaire et inapproprié aux réalités du temps. L’Ancien Régime fourmille alors d’experts économiques, notamment physiocrates, qui proposent des réformes fiscales radicales destinées à améliorer les finances du royaume.

 

Le Trosne, par exemple, publie à Bâle en 1779 un traité intitulé De l’Administration provinciale et de la Réforme de l’Impôt, qui préconise la création d’un impôt universel. De façon assez significative, l’ouvrage est interdit de diffusion en France par le Garde des Sceaux, avant que sa réédition de 1788 ne soit autorisée, ce qui montre bien comment, sous le poids de la crise financière, l’Ancien Régime évolua rapidement, y compris dans ses fractions les plus conservatrices.

 

Le plus célèbre des défenseurs de l’impôt universel, à cette époque, fut probablement le père de Mirabeau. On a trop souvent oublié aujourd’hui que le Mirabeau qui fut l’un des principaux acteurs des premières années révolutionnaires, attaché à une monarchie constitutionnelle, fut le fils d’un économiste appartenant au mouvement physiocrate. Le comte Victor Riqueti Mirabeau avait écrit une Théorie de l’Impôt, parue en 1760, c’est-à-dire près de 30 ans avant une Révolution qui proclama le principe de l’universalité et de la progressivité de l’impôt dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Il y écrit notamment: «L’État a besoin d’une multitude de services méchaniques, et les ouvriers ont besoin de subsistance. Cette subsistance doit être fournie par l’universalité des sujets, puisqu’elle est employée au service de tous.»

 

Ces quelques exemples sont assez intéressants, car ils montrent que les débats qui agitent aujourd’hui les pays industrialisés sur les politiques fiscales ne sont guère des nouveautés. La question de l’universalité de l’impôt est au fondement du corps social. Celui-ci est légitime, dans la mesure où il offre à tous des services auxquels tous ont contribué à due proportion de leurs capacités.

 

Ce débat constant a systématiquement marqué les périodes révolutionnaires. Dans la France de 1789, la Révolution intervient d’abord parce que la monarchie se révèle incapable de réformer équitablement l’impôt.

 

UN ÉTAT IRRÉFORMABLE

Dès 1760, le comte Mirabeau parle des Français comme de « sujets étouffés sous tant d’entraves d’un fisc usuraire et ruineux ». Avant même l’accession de Louis XVI au pouvoir, les contemporains ont une conscience aiguë des déséquilibres profonds qu’un organisation administrative inadaptée et obsolète crée sur l’économie française.

 

Déjà la France se caractérise par un imposant appareil administratif qui tient le pays et le dirige à son profit.

 

Là encore, la lecture de Tocqueville ne manque pas d’éclairer les circonstances d’un débat encore très contemporain : « Ce qui caractérise déjà l’administration en France, c’est la haine violente que lui inspirent indistinctement tous ceux, nobles ou bourgeois, qui veulent s’occuper d’affaires publiques, en dehors d’elle. Le moindre corps indépendant qui semble vouloir se former sans son concours lui fait peur ; la plus petite association libre, quel qu’en soit l’objet, l’importune ; elle ne laisse subsister que celles qu’elle a composées arbitrairement et qu’elle préside. Les grandes compagnies industrielles elles-mêmes lui agréent peu ; en un mot, elle n’entend point que les citoyens s’ingèrent d’une manière quelconque dans l’examen de leurs propres affaires ; elle préfère la stérilité à la concurrence. Mais, comme il faut toujours laisser aux Français la douceur d’un peu de licence, pour les consoler de leur servitude, le gouvernement permet de discuter fort librement toutes sortes de théories générales et abstraites en matière de religion, de philosophie, de morale et même de politique. »

 

Cette citation frappe par son étonnante actualité. La machine administrative de l’Ancien Régime, comme celle que nous connaissons aujourd’hui, semble flotter dans une apesanteur temporelle, comme si son coût, son activité, ses décisions, se déterminaient indépendamment des contraintes qui pèsent sur la société qu’elle encadre. Et, pourvu que l’opinion n’interfère pas dans ce bel ordonnancement, elle est libre de développer les théories de son goût. L’essentiel est que le cours de l’État ne s’en trouve pas interrompu.

 

Comme de nos jours, l’Ancien Régime connaît pléthore de tentatives de réformes qui portent toutes sur des débats actuels: la libre concurrence, la place de la réglementation, la flexibilité des marchés, les rigidités de toutes sortes, mais aussi le rôle de l’industrie et la place de la production nationale.

 

Dans l’Encyclopédie, rédigée en 1758, par exemple, l’article «Grains» signé de François Quesnay, économiste physiocrate, écrit:  «Depuis longtemps les manufactures de luxe ont séduit la nation ; nous n’avons ni la soie ni les laines convenables pour fabriquer les belles étoffes et les draps fins ; nous nous sommes livrés à une industrie qui nous était étrangère ; et on y a employé une multitude d’hommes, dans le temps que le royaume se dépeuplait et que les campagnes devenaient désertes.»

 

La proposition des physiocrates, à l’époque, consiste à centrer l’économie nationale sur son avantage comparatif. Il faut que la France se consacre à ce qu’elle sait le mieux faire : l’agriculture, et qu’elle abandonne l’industrie, cause d’importations de matières premières qui déséquilibrent la balance commerciale.

 

Quesnay se fait également l’avocat de la liberté du commerce et de ses vertus économiques: «La France pourrait, le commerce étant libre, produire abondamment les denrées de premier besoin, qui pourraient suffire à une grande consommation et à un grand commerce extérieur, et qui pourraient soutenir dans le royaume un grand commerce d’ouvrages de main-d’œuvre.» L’idée est simple: grâce au libre-échange, la France pourrait exporter massivement ses produits agricoles, et importer la production industrielle qu’elle n’assurera plus elle-même. Il s’agit bien d’une organisation internationale du travail dans laquelle la France n’aurait pas besoin d’être industrialisée, puisque d’autres qu’elle pourraient produire moins cher.

 

On le voit, les débats de l’époque ne sont pas, par leur nature, très éloignés des considérations qui ont amené les pays occidentaux à laisser la Chine entrer dans l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Ils ne sont pas très éloignés non plus de ceux qui ont conduit la France à abandonner sa production industrielle durant les trente dernières années.

 

Lorsque Turgot, l’un des disciples de Quesnay, est nommé par Louis XVI, en 1774, Contrôleur général, équivalent de directeur du Budget, sous l’autorité du ministre Maurepas, il plaide sans surprise pour la libéralisation des marchés agricoles, en particulier pour un libre commerce du grain. Il préfigure en quelque sorte la conception économique néo-libérale comme réponse à la crise.

 

Mais, sous le coup d’une mauvaise récolte, les prix explosent et la population se révolte contre un système qui permet aux producteurs de vendre leurs grains sur les marchés les plus rémunérateurs, au détriment de l’approvisionnement local. La «guerre des farines» commence, qui mine le régime et maintient pour longtemps l’idée que l’ouverture des marchés est une décision suspecte.

 

En 1776, Turgot obtient du Roi la suppression des jurandes, c’est-à-dire des corporations d’Ancien Régime. Il s’agit cette fois, dirions-nous aujourd’hui, de flexibiliser le marché du travail. Les Parlements, organes consultatifs et juridictionnels territoriaux de l’époque, s’y opposent, et le Roi est obligé d’imposer la mesure par la force. Turgot est renvoyé l’année suivante.

 

Ces quelques rappels montrent comment la France des années 1780 compte déjà un parti de la libéralisation, et comment elle hésite à en reprendre les thèses. De temps à autre, le pouvoir accepte de réformer, puis la coalition des conservatismes et les révoltes populaires obligent à revenir arrière. La réforme est impossible. Et le gouffre inévitable.

 

LA CRISE DE LA REPRÉSENTATIVITÉ

Dans le même temps où le pouvoir royal se révèle incapable de prendre les décisions politiques nécessaires pour juguler la dérive financière, il s’enferme dans une profonde crise de représentativité, qui tient à la fois à des bouleversements structurels longs et à la versatilité de Louis XVI.

 

Ainsi, alors que, dès les premières années de son règne, il a rétabli le pouvoir ancien des Parlements, assemblées territoriales conservatrices s’il en fût, Louis XVI prend une disposition carrément inverse en 1787. Sous l’influence de Calonne, il décide la mise en place des assemblées locales , concurrentes de fait des Parlements, dont le rôle principal devait être de répartir les impôts. Ces assemblées sont structurées sur trois niveaux. Le niveau communal est élu au suffrage censitaire. Les assemblées de district sont élus au suffrage indirect par ordres. Les assemblées provinciales sont élues là aussi au suffrage par ordres, par les assemblées inférieures. Les élections sont alors prévues pour 1790, et, dans l’attente, le roi en nomme les membres.

 

En 1789, la moitié des assemblées s’est réunie au moins une fois. Le pays prend goût à une représentation locale qui ressemble curieusement aux trois niveaux d’administration que nous connaissons bien dans la France d’aujourd’hui, et qui se sont renforcés avec la décentralisation: la commune, le département, la région. Pour la monarchie, le pari est risqué et apparaît comme celui de la dernière chance. Faute de pouvoir convaincre les Français, et surtout la partie la plus conservatrice de ceux-ci, les «privilégiés», de la nécessité des réformes, le pouvoir cherche à contourner les institutions traditionnelles pour faire émerger une autre opinion.

 

Mais la réforme n’a guère le temps de se mettre en place. À l’été 1788, Louis XVI décide de convoquer les États Généraux pour adopter les mesures radicales dont le pays a besoin pour se sortir de la crise.

 

Ici encore, le lecture de Tocqueville nous éclaire utilement sur les conditions dans lesquelles l’Ancien Régime s’est effondré. «Au moment où la Révolution survint, on n’avait encore presque rien détruit du vieil édifice administratif de la France ; on en avait, pour ainsi dire, bâti un autre en sous-œuvre.» Pendant plusieurs décennies, les réformes administratives se sont succédées pour tenter de trouver d’improbables solutions à la crise. Mais le pouvoir n’a jamais été assez légitime pour réformer l’existant, de telle sorte que le royaume ressemble alors à un patchwork institutionnel composé de strates successives de décisions qui s’ajoutent sans jamais retrancher.

 

Dans cet univers illisible, une rupture est introduite entre le monde des gouvernants, majoritairement nobles, c’est-à-dire destinés dès la naissance à occuper des responsabilités, et le reste du corps social, qui philosophe mais n’administre pas ni ne décide. « À mesure, en effet, que le gouvernement de la seigneurie se désorganise, que les états généraux deviennent plus rares ou cessent, et que les libertés générales achèvent de succomber, entraînant les libertés locales dans leur ruine, le bourgeois et le gentilhomme n’ont plus de contact dans la vie publique. Ils ne sentent plus jamais le besoin de se rapprocher l’un de l’autre et de s’entendre ; ils sont chaque jour plus indépendants l’un de l’autre, mais aussi plus étrangers l’un à l’autre. Au XVIIIe siècle cette révolution est accomplie : ces deux hommes ne se rencontrent plus que par hasard dans la vie privée. Les deux classes ne sont plus seulement rivales, elles sont ennemies.»

 

La toile de fond de l’Ancien Régime, c’est cette fracture entre le pouvoir et le peuple, notamment avec cette classe moyenne qui disserte, qui réfléchit, qui se réunit, mais qui est exclue des décisions, simplement par défaut de démocratie. Il n’y a pas de répression, il n’y a pas de contestation directe. La réalité est beaucoup plus banale: les deux mondes coexistent sans se rencontrer, sans se mélanger, sans se voir. L’Ancien Régime fonctionne selon un système de ghetto. Il y a la Cour à Versailles, et le peuple à Paris. Les nobles ont leurs quartiers, les roturiers en ont d’autres.

 

Il est évidemment difficile de donner une représentation de notre société plus actuelle que celle-là. Éric Maurin, dans Le ghetto français, en donne un formidable aperçu, en évoquant notamment la «société de l’entre-soi». On y lit notamment: «le marché résidentiel est peut-être le lieu où se révèlent aujourd’hui, dans leur plus cruelle netteté, les nouvelles lignes de fracture de notre société, et notamment la rupture entre les classes moyennes et les élites.»

 

LE GRAND IDÉAL DES LUMIÈRES

Dans ce contexte d’implosion politique, un événement fondateur modifie radicalement le cours de l’histoire et ouvre les portes de la Révolution : l’apparition des Lumières, et de sa grande revendication idéale d’un accès libre au savoir et à la connaissance.

 

L’histoire de ce mouvement, et ses grandes figures, sont suffisamment connues pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir.

 

Ce qui est intéressant, en revanche, c’est de noter les circonstances sociales et politiques qui entourent la diffusion des Lumières.

 

La France fourmille alors d’une multitude de sociétés de pensée, d’académies, de clubs, qui mènent le débat scientifique et politique. Ce point est important, car l’effondrement de l’Ancien Régime tient largement à son incapacité à mener dans la sphère publique, dans l’espace de décision officielle, les délibérations nécessaires à sa réforme. Celles-ci sont privatisées, en quelque sorte, confiées à des structures autonomes, sans légitimité politique autre que la libre adhésion de leurs membres. L’origine de ces associations est essentiellement philosophique, voire épistémologique. Leur objet est de promouvoir une connaissance scientifique émancipée des préjugés religieux. L’observation de la nature y règne, affranchie de la révélation et de la foi.

 

Jean-Jacques Rousseau acquiert ainsi une grande notoriété en répondant à deux concours organisés par l’Académie de Dijon. En 1750, il obtient le premier prix grâce à son Discours sur les Sciences et les Arts. En 1755, il y produit le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Les sociétés scientifiques participent donc, dès le milieu du siècle, à l’affirmation d’une pensée rationaliste, y compris dans le domaine politique, libre de toute subordination à la pensée officielle.

 

L’Ancien Régime consomme le divorce profond entre les décideurs et les sujets du royaume. Non seulement il existe une dissociation physique entre l’élite investie des responsabilités qui vit dans ses quartiers, ses espaces, différents des espaces communs, mais, intellectuellement, aucun échange officiel ne se noue entre ces deux mondes. Pour imaginer les réformes, il faut s’inscrire dans une société, une association ou un think tank dirions-nous aujourd’hui.

 

Nous tenons un premier indice de l’actualité étrange de cette grande évolution de pensée qu’a incarnée la philosophie des Lumières. D’un côté, une pensée unique, catholique, monarchiste, courtisane, qui ne tolère aucun débat, aucune remise en cause. De l’autre, des sociétés qui s’agitent et bouillonnent en marge du pouvoir, en professant des idées dont l’essence est révolutionnaire, et en proclamant un droit à penser et à connaître sans intervention du pouvoir politique.

 

Il faut attendre l’arrivée de l’Internet pour retrouver une telle ferveur et une telle aspiration à la liberté du savoir vis-à-vis des préjugés des gouvernements. Car dans la revendication des groupes ou groupuscules dont certains, comme Wikileaks, sont emblématiques, on ne trouve pas autre chose que ce souffle historique des Lumières qui exige impérieusement le droit de savoir sans aucun préjugé, le droit d’accéder aux connaissances et de les transmettre sans aucune censure, fût-elle purement commerciale.

 

Le défi qui attend nos sociétés dans les années à venir est tout entier contenu dans ce mouvement. Cette révolution technologique qu’est la numérisation, dont l’une des premières réalisations fut de constituer une encyclopédie citoyenne en ligne appelée Wikipédia, donnera-t-elle à l’esprit humain l’occasion d’une nouvelle affirmation libre comme les Lumières en donnèrent l’occasion ? Ou bien les mesures de police et de surveillance contre l’Internet décrétées un peu partout dans le monde triompheront-elles de ce grand élan amoureux des libertés publiques ?